12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait ? S’il revenait ? S’il regrettait ? S’il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ? |
15 Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! |
17 Qu’entre l’autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé ! Qu’ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » |
18 Or Yahvé s’émut de jalousie pour son pays, il épargna son peuple. |
On considère souvent les prophètes comme des prédicteurs de l’avenir, parfois heureux, mais plus souvent douloureux et terrifiant. Mais en est-il vraiment ainsi? Peut-on seulement prédire l’avenir? La réponse semble simple : Dieu a Son propre dessein, qu’Il accomplira sans aucun doute, puisqu’Il est Dieu et que nous sommes des hommes. L’avenir peut donc être prédit si Dieu le révèle au prophète, car tout doit déjà être prévu par Dieu.
Mais voici ce qui est intéressant : la langue biblique ne connaît pas de mots que l’on pourrait traduire par « destin inéluctable », « fatalité » ou « sort ». Il existe bien sûr un dessein de Dieu pour chaque homme et chaque peuple, mais il existe aussi la liberté du choix, qu’il s’agisse d’un individu ou d’un peuple. Il arrive qu’un prophète annonce un malheur proche et inévitable, mais il n’arrive presque jamais qu’il parle de ce malheur comme de quelque chose d’inéluctable.
Cette absence de prédétermination des événements futurs peut parfois même passer pour une erreur du prophète. Prenons Isaïe de Jérusalem, par exemple, qui prédit la ruine prochaine de son pays par les Assyriens. Était-ce une erreur? La Judée résista pourtant cette fois-là! Toutefois, Isaïe lui-même, déjà pendant le siège, prédit aussi que les Assyriens repartiraient bredouilles des murs de Jérusalem. C’est finalement ce qui arriva.
Les plans de Dieu peuvent-ils donc changer? Apparemment, oui. Et cela ne dépend pas de Dieu, mais des hommes, de leur choix et de leur résolution. Dieu n’a pas besoin que les hommes meurent à cause de leurs péchés; Il ne le veut pas et ne l’a jamais voulu. Si les hommes périssent à cause de leurs péchés, c’est uniquement parce que le péché sépare réellement l’homme de Dieu et L’empêche d’intervenir.
Dieu est bien sûr plus fort que l’homme, mais Il respecte trop la liberté humaine pour entrer dans la vie de celui ou de ceux qui ne Le veulent pas et ne L’attendent pas. Une catastrophe, personnelle ou nationale, devient alors la conséquence de l’impossibilité pour Dieu d’intervenir. Mais si on L’appelle malgré tout, Il est prêt à intervenir à tout moment, même lorsqu’il peut sembler qu’il est déjà trop tard. Il ne veut la mort de personne et Il est prêt à saisir toute occasion de sauver le plus grand nombre possible, sans tenir compte du fait que beaucoup, avant de se tourner vers Lui, ont tout fait pour rendre leur salut aussi difficile que possible.
12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait ? S’il revenait ? S’il regrettait ? S’il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ? |
15 Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! |
17 Qu’entre l’autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé ! Qu’ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » |
18 Or Yahvé s’émut de jalousie pour son pays, il épargna son peuple. |
Aujourd'hui commence le Grand Carême. Les textes que nous lisons parlent de ce qui est le plus important en ce temps, mais tout cela est si loin de nos représentations du jeûne. Ce que le prophète Joël appelle « déchirer son coeur » signifie toujours pour nous la tristesse et les larmes. Le Seigneur, Lui, nous donne Sa réponse, paradoxale au premier regard, qui renverse complètement le tableau. La purification est une joie, le retour vers Lui peut et doit être pour nous une fête, le jeûne est le temps de la réunion du Créateur et de la créature. Le « visage de carême » est une invention de l'homme pour justifier sa paresse et consoler sa vanité. Le Seigneur, Lui, nous appelle à arracher de notre coeur la croûte du péché, afin que toute la saleté en sorte. Alors nos visages resplendiront de la joie du Grand Carême.
12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
Le sens originel du jeûne est le deuil, qu’il s’agisse d’un deuil personnel lié, par exemple, à la mort d’un proche, ou d’un deuil collectif, par exemple à l’occasion d’un malheur national. Il n’est pas étonnant qu’un jour de deuil national, dans les rues de Jérusalem, on ait pu voir des gens exprimer publiquement leur chagrin : en Orient, une telle pratique est encore aujourd’hui assez répandue. Et l’un des gestes qui expriment le chagrin est le vêtement de dessus déchiré. Or Dieu, cependant, dit : déchirez non pas vos vêtements, mais vos cœurs. Il n’y a pas besoin de signes extérieurs ; la conversion et le repentir sont plus importants. Pourquoi donc ? Le chagrin, sincèrement exprimé, fût-ce publiquement, comme c’était l’usage à cette époque chez les Juifs, n’est-il pas un signe de repentir ? Manifestement, pas toujours. Le chagrin, bien sûr, fait réfléchir, et parfois réévaluer quelque chose dans sa vie personnelle ou collective. Mais pas toujours : il peut aussi susciter une tristesse sans issue, la haine de la vie, le désir de se venger de celui que l’on tient pour responsable de ce qui est arrivé. Et les manifestations extérieures, surtout publiques, du chagrin ne font qu’attiser ces sentiments, empêchant souvent les processus spirituels qui auraient vraiment pu aider. Ce qui peut aider, manifestement, c’est une évaluation sobre de ce qui s’est passé, le repentir des péchés commis et le recours à Dieu avec une demande d’aide. Et le prophète propose au peuple précisément cette voie : non pas celle des explosions émotionnelles, mais celle d’un travail spirituel sérieux, qui aidera à prendre les bonnes décisions et à trouver une issue à une situation qui peut paraître absolument sans espoir.
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
Dans notre vie, toutes sortes de désagréments arrivent constamment ; nous nous en sortons tant bien que mal avec la plupart d’entre eux, mais il arrive aussi quelque chose dont nous ne pouvons pas venir à bout. Alors nous disons : « malheur, catastrophe ». Et parce que nous ne pouvons rien faire, ni nous ni quelqu’un d’autre pour nous aider, nous tombons dans le désespoir. Il y a différentes façons d’exprimer ce désespoir ; dans l’ancien Israël, en signe de chagrin extrême, les gens déchiraient leurs vêtements. C’est précisément de cela que parle le prophète Joël : « Il ne faut pas déchirer les vêtements, car il n’y a pas de situations sans issue s’il y a le Seigneur ». Ayant compris que nous sommes dans une impasse, il faut de toute urgence nous tourner vers Celui qui est bon et miséricordieux, et Lui, selon Son omniscience et Sa toute-puissance, discernera une issue.
Mais il y a ici encore une autre pensée. Pourquoi nous sommes-nous retrouvés dans le malheur ? Parce que nous nous sommes fermés à Dieu, nous nous sommes endurcis dans notre égoïsme, et nos cœurs se sont couverts d’une croûte. Et le prophète dit : « Déchirez vos cœurs », — c’est-à-dire détruisez l’endurcissement de vos cœurs, ouvrez-vous aux autres, sortez de la prison de votre « moi » vers des relations vivantes avec Dieu et les hommes — et les catastrophes cesseront de vous arriver. Les désagréments et les souffrances subsisteront, mais ils ne seront plus des catastrophes.
12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait ? S’il revenait ? S’il regrettait ? S’il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ? |
15 Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! |
17 Qu’entre l’autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé ! Qu’ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » |
18 Or Yahvé s’émut de jalousie pour son pays, il épargna son peuple. |
19 Yahvé répondit et dit à son peuple : « Voici que je vous envoie le blé, le vin, l’huile fraîche. Vous en aurez à satiété. Et jamais plus je ne ferai de vous l’opprobre des nations. |
20 Celui qui vient du Nord, je l’éloignerai de chez vous, je le repousserai vers une terre aride et désolée, son avant-garde vers la mer orientale, son arrière-garde vers la mer occidentale. Il en montera une puanteur, il en montera une infection ! » (Car il a fait grand !) |
21 Terre, ne crains plus, jubile et sois dans l’allégresse, car Yahvé a fait grand ! |
22 Ne craignez plus, bêtes des champs ! les pacages des landes ont reverdi, les arbres portent leurs fruits, la vigne et le figuier donnent leurs richesses. |
23 Fils de Sion, jubilez, réjouissez-vous en Yahvé votre Dieu ! Car il vous a donné la pluie d’automne selon la justice, il a fait tomber pour vous l’ondée, celle d’automne et celle de printemps, comme jadis. |
24 Les aires se rempliront de froment, les cuves regorgeront de vin et d’huile fraîche. |
25 « Je vous revaudrai les années qu’ont dévorées la sauterelle et le yeleq, le hasîl et le gazam, ma grande armée que j’avais envoyée contre vous. » |
26 Vous mangerez tout votre soûl, à satiété, et vous louerez le nom de Yahvé votre Dieu, qui aura accompli pour vous des merveilles. (Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais !) |
Le père Alexandre Schmemann écrit dans ses «Journaux» (12 octobre 1976, p. 297): «Le commencement de la “fausse religion”, c'est l'incapacité de se réjouir, ou plutôt le refus de la joie. Or la joie est si absolument importante parce qu'elle est le fruit indubitable du sentiment de la présence de Dieu. On ne peut pas savoir que Dieu est, et ne pas se réjouir. Et c'est seulement par rapport à elle que la crainte de Dieu, le repentir et l'humilité sont justes, authentiques, féconds. Hors de cette joie, ils deviennent facilement “démoniaques”, une perversion au plus profond même de l'expérience religieuse. Religion de la peur. Religion de la pseudo-humilité. Religion de la culpabilité: tout cela est tentation, tout cela est illusion spirituelle. [...] La peur du péché ne sauve pas du péché. La joie dans le Seigneur sauve».
Mais c'est précisément de cela que le prophète Joël nous appelle aujourd'hui à nous souvenir. Oui, il parle de «jeûne, de pleurs et de lamentation». Mais en vue de quoi? Pourquoi un si grand homme que Théophane le Reclus, dans son homélie pour ce jour, ne veut-il pas voir les paroles qui suivent ces mots si tragiques? Qu'est-ce qui le pousse à interrompre ses réflexions sur une note si désespérée: «Les prêtres ne cessent de crier: “épargne, Seigneur”! Mais du Seigneur vient certainement une réponse terrible: “je n'épargnerai pas, car il n'y a personne qui cherche l'épargne”. Tous se tiennent le dos tourné au Seigneur, se sont détournés de Lui et L'ont oublié».
Tout cela est vrai, mais ce n'est pas toute la vérité, pas toute la vérité. Oui, le monde s'est corrompu, nous le voyons de nos propres yeux; mais si l'on se permet de s'arrêter sur des notes si déchirantes, alors toute notre foi sera une neurasthénie. Et elle est bien une neurasthénie pour la majorité des croyants, dont 90% devraient être adressés à des psychiatres, hélas.
Mais il suffit d'entendre au moins ce que dit aujourd'hui le prophète: «Et il arrivera en ce jour-là que les montagnes ruisselleront de vin et que les collines couleront de lait», pour aussitôt se rappeler ce que répond l'Apôtre: «La foi est la réalisation de ce qu'on espère et la conviction de ce qu'on ne voit pas» (He 11:1). Car on peut nous dire que le prophète ne fait que nous promettre que cela arrivera un jour, quelque part, et que l'accomplissement de la promesse tarde. Mais c'est justement la réalisation de ce qu'on espère qui est notre foi. Nous devons absolument nous en souvenir, et d'une certaine manière le voir et le faire dans notre vie.
12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait ? S’il revenait ? S’il regrettait ? S’il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ? |
15 Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! |
17 Qu’entre l’autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé ! Qu’ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » |
18 Or Yahvé s’émut de jalousie pour son pays, il épargna son peuple. |
19 Yahvé répondit et dit à son peuple : « Voici que je vous envoie le blé, le vin, l’huile fraîche. Vous en aurez à satiété. Et jamais plus je ne ferai de vous l’opprobre des nations. |
20 Celui qui vient du Nord, je l’éloignerai de chez vous, je le repousserai vers une terre aride et désolée, son avant-garde vers la mer orientale, son arrière-garde vers la mer occidentale. Il en montera une puanteur, il en montera une infection ! » (Car il a fait grand !) |
21 Terre, ne crains plus, jubile et sois dans l’allégresse, car Yahvé a fait grand ! |
22 Ne craignez plus, bêtes des champs ! les pacages des landes ont reverdi, les arbres portent leurs fruits, la vigne et le figuier donnent leurs richesses. |
23 Fils de Sion, jubilez, réjouissez-vous en Yahvé votre Dieu ! Car il vous a donné la pluie d’automne selon la justice, il a fait tomber pour vous l’ondée, celle d’automne et celle de printemps, comme jadis. |
24 Les aires se rempliront de froment, les cuves regorgeront de vin et d’huile fraîche. |
25 « Je vous revaudrai les années qu’ont dévorées la sauterelle et le yeleq, le hasîl et le gazam, ma grande armée que j’avais envoyée contre vous. » |
26 Vous mangerez tout votre soûl, à satiété, et vous louerez le nom de Yahvé votre Dieu, qui aura accompli pour vous des merveilles. (Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais !) |
La liturgie orthodoxe, y compris le cycle des lectures de la Sainte Écriture, prend à partir d’aujourd’hui un caractère de Grand Carême. Aujourd’hui, comme en un véritable jour de jeûne, la liturgie n’est pas célébrée, et nous lisons, à la sixième heure et aux vêpres, les paroles du prophète Joël. Deux passages du livre du prophète sont très étroitement liés au Carême qui commence, et les rédacteurs du Typikon de l’Église ont voulu qu’avant le Carême nous prêtions avec eux l’oreille à ces paroles de Dieu.
La première lecture commence par des paroles sur le sens du jeûne. Elles résonnent après la prophétie sur le jour du Seigneur, sur le fait que la venue de Dieu dans le monde est semblable à un feu qui détruit tout péché et toute injustice. Le prophète voit et décrit des tableaux de calamités innombrables qui viennent sur l’univers, « car le jour du Seigneur arrive ». Et la réponse à cette vision du prophète devient la parole du Seigneur : « Mais maintenant encore, dit le Seigneur, revenez à Moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les lamentations. Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car Il est bon et miséricordieux, patient et plein de bonté, et Il regrette le malheur ». Dieu dit que Sa volonté porte sur notre repentir et notre salut.
Mais, comme aux temps anciens (or le livre du prophète Joël a été écrit à la charnière des Ve et IVe siècles av. J.-C.), ces paroles restent actuelles pour nous : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements ». Tous les efforts que nous faisons pendant le Carême visent à nous faire pleurer, ne serait-ce qu’un instant, avec le cœur, et à trouver le Christ dans cette affliction. Le prophète en parle à la fin du passage : « Et vous, enfants de Sion, réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse dans le Seigneur votre Dieu ». Le Seigneur Jésus-Christ reprendra cette pensée dans le Sermon sur la montagne, en disant : « Mais toi, quand tu jeûnes, lave ton visage... ».
La seconde lecture, qui comprend la fin du livre du prophète Joël, nous appelle à considérer le temps qui vient comme le dernier. Le jour est venu où l’on ne peut plus remettre à plus tard le repentir et la conversion. Le Seigneur vient vers Son peuple, et ceux qui désirent obtenir la vie sortiront à Sa rencontre.
18 Or Yahvé s’émut de jalousie pour son pays, il épargna son peuple. |
19 Yahvé répondit et dit à son peuple : « Voici que je vous envoie le blé, le vin, l’huile fraîche. Vous en aurez à satiété. Et jamais plus je ne ferai de vous l’opprobre des nations. |
20 Celui qui vient du Nord, je l’éloignerai de chez vous, je le repousserai vers une terre aride et désolée, son avant-garde vers la mer orientale, son arrière-garde vers la mer occidentale. Il en montera une puanteur, il en montera une infection ! » (Car il a fait grand !) |
21 Terre, ne crains plus, jubile et sois dans l’allégresse, car Yahvé a fait grand ! |
22 Ne craignez plus, bêtes des champs ! les pacages des landes ont reverdi, les arbres portent leurs fruits, la vigne et le figuier donnent leurs richesses. |
23 Fils de Sion, jubilez, réjouissez-vous en Yahvé votre Dieu ! Car il vous a donné la pluie d’automne selon la justice, il a fait tomber pour vous l’ondée, celle d’automne et celle de printemps, comme jadis. |
24 Les aires se rempliront de froment, les cuves regorgeront de vin et d’huile fraîche. |
25 « Je vous revaudrai les années qu’ont dévorées la sauterelle et le yeleq, le hasîl et le gazam, ma grande armée que j’avais envoyée contre vous. » |
26 Vous mangerez tout votre soûl, à satiété, et vous louerez le nom de Yahvé votre Dieu, qui aura accompli pour vous des merveilles. (Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais !) |
27 « Et vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, que je suis Yahvé, votre Dieu, et sans égal ! Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais ! » |
Que le Seigneur continue de prendre soin des hommes après les épreuves qu'ils ont traversées ne nous surprend pas ; la Bible nous rappelle constamment Sa miséricorde. Nous savons aussi que les images de l'abondance des fruits de la terre symbolisent souvent non seulement le bien-être matériel, mais aussi les dons spirituels que le Seigneur accorde à Ses fidèles. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la promesse d'être rassasié soit suivie d'une prophétie sur l'effusion de l'Esprit.
Remarquons que tous seront égaux devant l'Esprit envoyé par Dieu. L'Esprit accordera Ses dons à tous ceux qui sont capables de Le recevoir, indépendamment de leur âge ou de leur position sociale. Bien plus, le salut est annoncé à quiconque invoque le nom du Seigneur, c'est-à-dire se tourne vers Lui, et non seulement à ceux qui sont nés au sein d'un peuple particulier ou qui ont été rapprochés de la structure hiérarchique du Temple. Le salut s'avère si accessible ! Et pourtant si souvent rejeté...
18 Or Yahvé s’émut de jalousie pour son pays, il épargna son peuple. |
19 Yahvé répondit et dit à son peuple : « Voici que je vous envoie le blé, le vin, l’huile fraîche. Vous en aurez à satiété. Et jamais plus je ne ferai de vous l’opprobre des nations. |
20 Celui qui vient du Nord, je l’éloignerai de chez vous, je le repousserai vers une terre aride et désolée, son avant-garde vers la mer orientale, son arrière-garde vers la mer occidentale. Il en montera une puanteur, il en montera une infection ! » (Car il a fait grand !) |
21 Terre, ne crains plus, jubile et sois dans l’allégresse, car Yahvé a fait grand ! |
22 Ne craignez plus, bêtes des champs ! les pacages des landes ont reverdi, les arbres portent leurs fruits, la vigne et le figuier donnent leurs richesses. |
23 Fils de Sion, jubilez, réjouissez-vous en Yahvé votre Dieu ! Car il vous a donné la pluie d’automne selon la justice, il a fait tomber pour vous l’ondée, celle d’automne et celle de printemps, comme jadis. |
24 Les aires se rempliront de froment, les cuves regorgeront de vin et d’huile fraîche. |
25 « Je vous revaudrai les années qu’ont dévorées la sauterelle et le yeleq, le hasîl et le gazam, ma grande armée que j’avais envoyée contre vous. » |
26 Vous mangerez tout votre soûl, à satiété, et vous louerez le nom de Yahvé votre Dieu, qui aura accompli pour vous des merveilles. (Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais !) |
27 « Et vous saurez que je suis au milieu d’Israël, moi, que je suis Yahvé, votre Dieu, et sans égal ! Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais ! » |
Selon la parole du prophète Joël, la seule chose qui puisse délivrer les hommes d'une perte inévitable au Jour du Seigneur, grand et redoutable, est le retour sincère du cœur vers Dieu. « Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements », crie le prophète aux hommes. C'est précisément dans le prolongement de ces paroles qu'il annonce, au verset 18, cette promesse : « Alors le Seigneur sera jaloux de Sa terre et aura pitié de Son peuple. Et le Seigneur répondra… » La prophétie de Joël, comme le livre de Job écrit à peu près à la même époque, dit que Dieu répond à l'appel sincère d'un cœur qui souffre réellement et dans lequel il n'y a donc ni artifice ni duplicité. Cette réponse divine devient elle-même, pour les hommes, une effusion abondante de vie qui déborde sur le monde.
La réponse de Dieu au retour des hommes vers Lui, annoncée par Joël, dépasse le cadre du discours théologique. Dieu répond, mais l'essentiel n'est même pas dans ce qu'Il dit : le fait même qu'Il réponde apporte la vie aux hommes. Ainsi, à Job, dont le récit reflète l'esprit de l'époque autant que le livre de Joël, Dieu adresse un reproche : « Qui est celui qui obscurcit la Providence par des paroles dépourvues de sens ? » Or c'est précisément dans ces paroles que Job trouve la vie et la consolation, et toutes ses questions douloureuses disparaissent. De même, Joël dit que si nous crions vers Dieu de tout notre cœur, Dieu répondra, et Sa réponse changera tout. Le prophète décrit ce don par contraste avec l'invasion dévastatrice des sauterelles : le blé, le vin et l'huile sont donnés en abondance, les ennemis disparaissent, l'herbe pousse dans les pâturages et l'arbre porte du fruit.
Par Sa réponse au retour de l'homme vers Lui, Dieu donne la pluie précoce et la pluie tardive qui assurent la récolte annuelle ; Il dédommage les hommes de toute souffrance et rassasie toute faim passée. En tout cela seront manifestées aux hommes la grandeur et la gloire de Dieu ; aussi le prophète parle-t-il en Son nom : « Vous saurez que Je suis au milieu d'Israël et que Je suis le Seigneur votre Dieu. » Mais ce n'est pas même là que le prophète voit le grand don de la réponse divine. L'apaisement de la douleur ne fait que l'accompagner, signe visible de réalités plus profondes.
Dieu répond au retour vers Lui et, dans cette réponse, Son Esprit se répand dans le cœur humain ouvert à Dieu. Dans son canon pour le Jour du Saint-Esprit, saint Théophane le Marqué (mort après 843) L'appelle « Source de vie en qui nous croyons, flot de bonté, Saint-Esprit de Dieu ». Voilà ce que Joël nous annonce : la Source de vie Elle-même entre dans le cœur qui s'est tourné vers Elle, tourmenté par la terrible domination de la mort. Le monde se transfigure en traversant une catastrophe redoutable ; le soleil se change en ténèbres et la lune en sang, mais quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Pour Joël, deux paroles, un appel et une promesse, sont indissociablement liées : « Déchirez vos cœurs… » et « Je répandrai de Mon Esprit sur toute chair… ». Le prophète voit que le retour vers Dieu et Sa réponse délivrent les hommes du destin commun de la matière périssable et les font participer à l'être divin. La prophétie de Joël parle donc non seulement de l'effusion de l'Esprit accomplie au jour de la Pentecôte, mais aussi de ce que les Pères de l'Église appelaient la déification de l'homme. Et ce don du salut, comme tout don de Dieu, dépasse infiniment toute mesure accessible à notre compréhension et à notre explication. C'est pourquoi le prophète dit que le salut est donné non seulement à Sion et à Jérusalem, mais aussi aux autres, que le Seigneur appellera eux aussi.
1 Sonnez du cor à Sion, donnez l’alarme sur ma montagne sainte ! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche ! |
2 Jour d’obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres ! Comme l’aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n’y en eut, tel qu’il n’en sera plus après lui, de génération en génération. |
3 Devant lui, le feu dévore, derrière lui, la flamme consume. Le pays est comme un jardin d’Éden devant lui, derrière lui, c’est une lande désolée ! Aussi rien ne lui échappe. |
4 Son aspect est celui des chevaux ; comme des coursiers, tels ils s’élancent. |
5 On dirait un fracas de chars bondissant sur les sommets des monts, le crépitement de la flamme ardente qui dévore le chaume, un peuple fort rangé en bataille. |
6 À sa vue, les peuples sont dans les transes, tous les visages perdent leur couleur. |
7 Ils s’élancent comme des braves, tels des guerriers, ils escaladent les murailles. Chacun va droit sa route, sans s’écarter de sa voie. |
8 Nul ne bouscule son voisin, chacun va son chemin ; à travers les traits ils foncent sans rompre leurs rangs. |
9 Ils se ruent sur la ville, s’élancent sur les murailles, escaladent les maisons, pénètrent par les fenêtres comme des voleurs. |
10 Devant lui la terre frémit, les cieux tremblent ! Le soleil et la lune s’assombrissent, les étoiles perdent leur éclat ! |
11 Yahvé fait entendre sa voix à la tête de ses troupes ! Car ses bataillons sont sans nombre, car il est puissant, l’exécuteur de ses ordres, car il est grand, le jour de Yahvé, très redoutable — et qui peut l’affronter ? |
12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait ? S’il revenait ? S’il regrettait ? S’il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ? |
15 Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! |
17 Qu’entre l’autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé ! Qu’ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » |
Pourquoi l'invasion de conquérants impitoyables et irrésistibles est-elle appelée le jour du Seigneur ? Le Seigneur n'est-Il pas bon ? Pourquoi la prophétie emploie-t-elle une comparaison si étrange ?
C'est difficile à comprendre, même si nous ne sommes pas surpris lorsque le mal reçoit sa rétribution : tout en espérant y échapper et en demandant pardon, nous comprenons malgré tout que nous méritons un châtiment. Mais rappelons-nous qu'outre le danger de devenir ouvertement l'instrument du mal, il existe aussi celui de nous habituer au bien, au point qu'il cesse, comme l'air, d'être remarqué et apprécié ; alors nous pouvons nous éloigner à la fois du bien et de Celui qui le donne sans même nous en apercevoir.
Et si nous adoptons à l'égard de Dieu un regard détaché, si nous L'imaginons loin de nous, « quelque part là-haut dans le ciel », Il peut nous donner de sentir que le monde est entre Ses mains et que, même au milieu de toutes les horreurs, Il est proche et ne nous abandonnera pas au pouvoir de l'absurde.
1 Sonnez du cor à Sion, donnez l’alarme sur ma montagne sainte ! Que tous les habitants du pays tremblent, car il vient, le jour de Yahvé, car il est proche ! |
2 Jour d’obscurité et de sombres nuages, jour de nuées et de ténèbres ! Comme l’aurore, se déploie sur les montagnes un peuple nombreux et fort, tel que jamais il n’y en eut, tel qu’il n’en sera plus après lui, de génération en génération. |
3 Devant lui, le feu dévore, derrière lui, la flamme consume. Le pays est comme un jardin d’Éden devant lui, derrière lui, c’est une lande désolée ! Aussi rien ne lui échappe. |
4 Son aspect est celui des chevaux ; comme des coursiers, tels ils s’élancent. |
5 On dirait un fracas de chars bondissant sur les sommets des monts, le crépitement de la flamme ardente qui dévore le chaume, un peuple fort rangé en bataille. |
6 À sa vue, les peuples sont dans les transes, tous les visages perdent leur couleur. |
7 Ils s’élancent comme des braves, tels des guerriers, ils escaladent les murailles. Chacun va droit sa route, sans s’écarter de sa voie. |
8 Nul ne bouscule son voisin, chacun va son chemin ; à travers les traits ils foncent sans rompre leurs rangs. |
9 Ils se ruent sur la ville, s’élancent sur les murailles, escaladent les maisons, pénètrent par les fenêtres comme des voleurs. |
10 Devant lui la terre frémit, les cieux tremblent ! Le soleil et la lune s’assombrissent, les étoiles perdent leur éclat ! |
11 Yahvé fait entendre sa voix à la tête de ses troupes ! Car ses bataillons sont sans nombre, car il est puissant, l’exécuteur de ses ordres, car il est grand, le jour de Yahvé, très redoutable — et qui peut l’affronter ? |
12 « Mais encore à présent — oracle de Yahvé — revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. » |
13 Déchirez votre cœur, et non vos vêtements, revenez à Yahvé, votre Dieu, car il est tendresse et pitié, lent à la colère, riche en grâce, et il a regret du mal. |
14 Qui sait ? S’il revenait ? S’il regrettait ? S’il laissait après lui une bénédiction, oblation et libation pour Yahvé, votre Dieu ? |
15 Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, |
16 réunissez le peuple, convoquez la communauté, rassemblez les vieillards, réunissez les petits enfants, ceux qu’on allaite au sein ! Que le jeune époux quitte sa chambre et l’épousée son alcôve ! |
17 Qu’entre l’autel et le portique pleurent les prêtres, serviteurs de Yahvé ! Qu’ils disent : « Pitié, Yahvé, pour ton peuple ! Ne livre pas ton héritage à l’opprobre, au persiflage des nations ! Pourquoi dirait-on parmi les peuples : Où est leur Dieu ? » |
On voit souvent les prophètes comme une sorte de prédicteurs de l'avenir. Pour beaucoup, un prophète est la même chose qu'un voyant. Pourtant, la figure biblique du prophète n'a rien de commun avec celle du voyant. Cela n'a rien d'étonnant. La voyance ne serait possible que si tout, dans le monde, était strictement déterminé à l'avance. Mais Dieu donne la liberté à l'être humain. Cela ne signifie évidemment pas qu'Il soit prêt à renoncer à Ses projets pour complaire à l'entêtement humain. Mais Il dispose toujours de plusieurs possibilités pour réaliser Son dessein.
Peut-être même pas de plusieurs, mais d'une infinité. Pour tous les cas où l'être humain n'en fait qu'à sa tête. La seule question est de savoir quelles personnes feront partie de Son dessein. Qui Lui dira « oui » et qui Lui dira « non ». De cela dépendra, entre autres, le prix que tel ou tel peuple devra payer pour sa participation ou sa non-participation à Ses projets. Et, en tout premier lieu, bien sûr, Son propre peuple. Ici, chaque « oui » et chaque « non » ont un poids particulier. De simples émotions, des vêtements déchirés ne suffiront pas.
Le repentir doit être véritable. Il doit atteindre le fond du cœur. De sorte qu'il soit suivi d'un changement réel de toute la vie. D'un changement de tout le système de valeurs et de priorités. Sans cela, rien ne se fera. Mais si le changement a réellement lieu, l'avenir du peuple, toute son histoire, peuvent eux aussi changer. Précisément parce que Dieu ne prédétermine rien pour personne. Ni pour un individu, ni pour un peuple. Il veut seulement inclure chaque personne et chaque peuple dans Son dessein.
Non pour tirer de chacun le maximum, mais pour qu'ensuite, lorsque Son dessein sera accompli, tous — les individus comme les peuples entiers — fassent partie de Son Royaume. Car, en fin de compte, c'est bien de cela qu'il s'agit. De savoir qui fera partie du Royaume de Dieu et qui restera en dehors. Dieu ne veut laisser personne dehors. Mais tout ne dépend pas de Lui : l'être humain est libre. Et si le « non » à Dieu se fait entendre constamment et sans fléchir, on a toutes les chances, en définitive, de rester hors de Son Royaume. On ne peut contraindre quelqu'un à aimer. Mais ce n'est pas le choix de Dieu. C'est celui de ceux qui ont refusé de Le suivre. Et Dieu respecte leur choix comme tout autre.
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