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RÉFLEXIONS pour 2P 1:1-10

Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ une foi d'un aussi grand prix que la nôtre,
à vous grâce et paix en abondance, par la connaissance de notre Seigneur !
Car sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété: elle nous a fait connaître Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et vertu.
Par elles, les précieuses, les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la divine nature, vous étant arrachés à la corruption qui est dans le monde, dans la convoitise.
Pour cette même raison, apportez encore tout votre zèle à joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance,
à la connaissance la tempérance, à la tempérance la constance, à la constance la piété,
à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
En effet, si ces choses vous appartiennent et qu'elles abondent, elles ne vous laisseront pas sans activité, ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ.
Celui qui ne les possède pas, c'est un aveugle, un myope; il oublie qu'il a été purifié de ses anciens péchés.
10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
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« ... joignez à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité... » Quelle remarquable chaîne de choses dignes l'apôtre Pierre construit. Mais réfléchissons: qu'est-ce que c'est? Une échelle vers le haut? Un cercle? Une spirale? Ou simplement des mots placés sans aucune régularité? Que l'apôtre n'ait pas placé les mots dans un ordre tout à fait fortuit se voit au fait que le commencement est la foi et la fin l'amour. Cela nous fait penser à un cercle ou à une spirale, car il y a cette proximité et cette interdépendance de la foi et de l'amour. Nous sommes habitués à ce que l'un soit impossible sans l'autre, à y voir le prototype des deux principaux commandements que le Seigneur nous a donnés: l'amour de Dieu (la foi) et l'amour de l'homme (l'amour). Mais rappelons ceci. « Maintenant donc ces trois demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais le plus grand des trois, c'est l'amour. » (1 Co 13:13). L'amour est plus grand. Il est donc plus haut. Mais quelle est l'essence du Royaume des Cieux? Bien sûr, l'amour. Car là il n'y a pas besoin de foi, il y a l'expérience directe de la présence commune. Cela nous pousse à penser que l'apôtre dessine comme une échelle dont l'autre extrémité, l'amour, s'appuie sur le Ciel (d'autant que cette image n'est pas nouvelle). En effet, qu'est-ce que tout premier pas? Croire, accéder à la foi, vivre la conversion; ensuite vient la croissance des vertus en soi, la maîtrise des passions, et toujours plus haut dans l'ascension. Jusqu'au point ultime, l'amour, qui, selon la parole de l'apôtre Paul, est le lien de la perfection (« Par-dessus tout, revêtez-vous de l'amour, qui est le lien de la perfection ». Col 3:14). Mais, d'autre part, il est assez difficile d'établir une hiérarchie exacte à l'intérieur, par exemple de dire que l'amour fraternel est plus élevé que la piété, et la piété plus élevée que la persévérance. En science, c'est une situation assez fréquente: une régularité semble présente, mais il n'y a pas pour autant de règle nette (des processus déterminés avec de la stochastique). C'est pourquoi on ne peut appliquer aveuglément aucun des modèles que nous avons proposés. Mais c'est là le génie de l'apôtre Pierre.

Autres réflexions

 
Pour 2P 1:1-10
Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ une foi d'un aussi grand prix que la nôtre,
à vous grâce et paix en abondance, par la connaissance de notre Seigneur !
Car sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété: elle nous a fait connaître Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et vertu.
Par elles, les précieuses, les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la divine nature, vous étant arrachés à la corruption qui est dans le monde, dans la convoitise.
Pour cette même raison, apportez encore tout votre zèle à joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance,
à la connaissance la tempérance, à la tempérance la constance, à la constance la piété,
à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
En effet, si ces choses vous appartiennent et qu'elles abondent, elles ne vous laisseront pas sans activité, ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ.
Celui qui ne les possède pas, c'est un aveugle, un myope; il oublie qu'il a été purifié de ses anciens péchés.
10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
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La deuxième Épître catholique de l’apôtre Pierre poursuit en substance les mêmes pensées que l’apôtre exprime dans...  Lire la suite

La deuxième Épître catholique de l’apôtre Pierre poursuit en substance les mêmes pensées que l’apôtre exprime dans sa première Épître. Après avoir donné à ses lecteurs une bénédiction initiale, l’apôtre parle de nouveau de ce que l’Église ancienne appelait « les deux voies ». « Il y a deux voies, l’une de la vie et l’autre de la mort », dit le début de la Didachè, ou Enseignement des douze apôtres. Mais, dans le passage d’aujourd’hui, l’apôtre Pierre complète cela par la description de la croissance progressive de l’homme dans la justice de Dieu. Aux versets 5–7, il nous appelle à grandir et pose la foi comme fondement de cette croissance. Il dit ensuite que la foi fournit le fondement de la vertu. Bien sûr, si tu ne crois pas, où trouveras-tu la force d’agir vertueusement ?

L’apôtre nous appelle ensuite à manifester, et donc à trouver, la connaissance dans la vertu. Nous suivons ici le texte grec, car la traduction synodale est approximative sur ce point. Il en est ainsi parce que seule une vie vertueuse rend l’homme capable de connaître le Seigneur Lui-même. Cette connaissance profonde et intérieure du Christ te conduit sur Sa voie. C’est la voie de la maîtrise de soi et de la patience, la voie de l’humilité. L’apôtre dit ensuite que la maîtrise de soi et la patience, et rien d’autre, constituent le fondement de la piété, dont l’expression la plus élevée est l’affection fraternelle et l’amour. Pour conclure, nous entendons une promesse étonnante qui nous donne l’espérance de la vie : « en agissant ainsi, dit l’apôtre, vous ne trébucherez jamais ».

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Pour 2P 1:5-7
Pour cette même raison, apportez encore tout votre zèle à joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance,
à la connaissance la tempérance, à la tempérance la constance, à la constance la piété,
à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
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Pierre décrit un enchaînement intéressant : de la confiance à ce que désigne le mot grec...  Lire la suite

Pierre décrit un enchaînement intéressant : de la confiance à ce que désigne le mot grec ἀρετή, de là à la connaissance, de la connaissance à ce que l'on pourrait appeler en français la retenue ou la maîtrise de soi, puis à la constance et à la piété, suivies de l'affection fraternelle et de l'amour. Que veut dire l'apôtre ? Le mot grec ἀρετή est généralement traduit par « vertu », mais il ne s'agit pas de vertus au sens de bonnes actions ou de bonnes qualités de l'âme. Le mot ἀρετή désigne avant tout l'effort pour suivre les principes qui conduisent au bien, à peu près ce que le langage du yahvisme et du judaïsme appelle l'aspiration à la justice. Manifestement, sans une telle aspiration, un chrétien ne peut avoir de vie spirituelle normale. Elle aide celui qui cherche à acquérir cette connaissance qu'un yahviste croyant ou un Juif de l'époque postexilique aurait appelée « sagesse », une connaissance qui aide celui qui cherche le chemin de la justice à ne pas s'en écarter. Et si celui qui cherche le chemin de la justice parvient à maîtriser cette « connaissance », qu'il vaudrait mieux appeler aptitude ou savoir-faire, sens que permet le mot grec correspondant, il acquiert ce que le judaïsme appelle la Torah intérieure : chacun de ses actes, chacune de ses paroles et chacun de ses choix cessent d'être fortuits ou spontanés ; ils sont d'abord évalués selon leur conformité à la Torah et aux commandements donnés par Dieu, puis seulement prononcés ou accomplis. Écrivant en grec, l'apôtre a employé pour décrire cet état intérieur du chrétien un mot que l'on pourrait traduire par « retenue » ou « maîtrise de soi ». Le mot « abstinence » a reçu dans l'usage chrétien un sens particulier quelque peu différent, bien que, dans son sens originel, il conviendrait probablement aussi. Quand celui qui cherche le chemin de la justice acquiert l'habitude de cette retenue ou maîtrise de soi, on peut dire que la Torah intérieure est devenue une partie intégrante de sa vie spirituelle ; il acquiert ce que l'apôtre appelle la « piété ». C'est seulement alors qu'il devient possible de parler de l'affection fraternelle, d'une attitude envers les frères que l'on peut appeler amour, lorsque l'on ne souhaite que le bien de tous ceux que l'on rencontre, quels que soient leur conduite et leur attitude envers soi. Et ce n'est qu'ensuite que l'on peut parler de l'amour dont le Sauveur a parlé à Ses disciples lors de la dernière Cène. Il parlait de l'amour comme du milieu et de l'espace du Royaume, qui ne peut exister dans les assemblées chrétiennes comme le Royaume manifesté dans le monde que tant que l'affection fraternelle demeure dans les relations entre les membres de la communauté. Ainsi l'apôtre décrit-il le chemin vers l'Église et le chemin vers le Royaume : depuis l'aspiration à une vie juste jusqu'au moment où la vie du Royaume se révèle dans toute sa plénitude à celui qui cherche.

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Pour 2P 1:1-11
Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ, à ceux qui ont reçu par la justice de notre Dieu et Sauveur Jésus Christ une foi d'un aussi grand prix que la nôtre,
à vous grâce et paix en abondance, par la connaissance de notre Seigneur !
Car sa divine puissance nous a donné tout ce qui concerne la vie et la piété: elle nous a fait connaître Celui qui nous a appelés par sa propre gloire et vertu.
Par elles, les précieuses, les plus grandes promesses nous ont été données, afin que vous deveniez ainsi participants de la divine nature, vous étant arrachés à la corruption qui est dans le monde, dans la convoitise.
Pour cette même raison, apportez encore tout votre zèle à joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance,
à la connaissance la tempérance, à la tempérance la constance, à la constance la piété,
à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité.
En effet, si ces choses vous appartiennent et qu'elles abondent, elles ne vous laisseront pas sans activité, ni sans fruit pour la connaissance de notre Seigneur Jésus Christ.
Celui qui ne les possède pas, c'est un aveugle, un myope; il oublie qu'il a été purifié de ses anciens péchés.
10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
11 Car c'est ainsi que vous sera largement accordée par surcroît l'entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
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S’adressant aux frères, qui regardent Pierre avec respect comme un apôtre et un témoin des jours terrestres du Christ...  Lire la suite

S’adressant aux frères (qui regardent Pierre avec respect comme un apôtre et un témoin des jours terrestres du Christ), Pierre se nomme d’abord serviteur, et seulement ensuite apôtre. En réalité, lorsque le Christ prit congé de Ses disciples, Il les appela non pas serviteurs, mais amis. Cependant, premièrement, le mot serviteur désigne non seulement une personne dépendante, mais aussi un travailleur, et servir l’Évangile est un travail. Deuxièmement, Pierre ne veut pas que son apostolat devienne pour lui un motif de s’élever au-dessus de ceux qui sont entrés dans l’Église un peu plus tard que lui.

Réfléchissant aux qualités que doit posséder un chrétien, Pierre construit une chaîne de qualités qui agissent ensemble et sont liées les unes aux autres. Il ne s’agit pas d’un jeu abstrait avec des concepts utilisé comme procédé oratoire, mais du dévoilement de liens réels, bien qu’ils ne soient pas toujours immédiatement perceptibles, entre les divers phénomènes qui existent dans le monde et tout particulièrement dans le domaine de la vie spirituelle. Aucune des qualités nommées ne peut être séparée des autres. Ainsi, la connaissance du Christ est inséparable d’un regard lucide sur nous-mêmes et, par conséquent, de l’arrachage des mauvaises herbes du péché. L’Évangile nous a été donné pour vivre, et non pour apprendre des thèses par cœur.

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Pour 2P 1:10-11
10 Ayez donc d'autant plus de zèle, frères, pour affermir votre vocation et votre élection. Ce faisant, pas de danger que vous tombiez jamais.
11 Car c'est ainsi que vous sera largement accordée par surcroît l'entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.
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Que veut dire Pierre lorsqu'il appelle les destinataires de son épître à «affermir leur vocation et leur élection»? Quant à l'élection, l'apôtre s'en tient manifestement à une vision tout à fait traditionnelle pour son époque...  Lire la suite

Que veut dire Pierre lorsqu'il appelle les destinataires de son épître à «affermir leur vocation et leur élection»? Quant à l'élection, l'apôtre s'en tient manifestement à une vision tout à fait traditionnelle pour son époque du Messie et de ce reste messianique qui devient le nouveau peuple rencontrant et accueillant le Messie. Selon ces conceptions juives, le Messie, comme le peuple de Dieu, avait été conçu par Dieu avant même la création du monde. Bien sûr, le dessein de Dieu ne concernait pas des individus séparés, mais précisément le peuple comme tout, comme peuple-communauté, communauté des fidèles dont la tâche historique principale serait de garder la révélation reçue de Dieu jusqu'au jour de la venue du Messie, où cette révélation deviendrait accessible à quiconque accueille le Messie.

Quant aux personnes individuelles, beaucoup dépendait alors du libre choix de l'homme: car naître juif ne suffisait pas encore, il fallait réaliser dans sa vie la vocation qui était potentiellement donnée à chacun né juif. Réaliser une vocation spirituelle sans choix personnel est évidemment tout à fait impossible; ainsi la question de l'appartenance au peuple de Dieu était déterminée non seulement par la naissance, mais par toute la vie. L'apôtre, manifestement, applique cette représentation traditionnelle à l'Église, ce qui n'est pas étonnant: car si l'on peut naître juif, on ne naît pas chrétien, bien que l'Église, comme le Messie Lui-même, ait sans aucun doute été conçue par Dieu avant même la création du monde. Et quiconque s'y associe s'associe à ce dessein, en devenant une partie, en devenant élu de Dieu. Mais il ne suffit pas d'entrer une fois dans l'Église; il faut encore y vivre. L'Église est la dimension terrestre du Royaume, et si l'on ne peut vivre dans le Royaume qu'en faisant des efforts spirituels constants pour ne pas le perdre, on peut dire la même chose de la vie dans l'Église; autrement, l'élection se perd facilement.

On pourrait croire que la vocation reçue de Dieu est pour toujours. Mais la vocation aussi n'est qu'une possibilité: il faut encore la déployer, la déployer tout au long de sa vie, sinon elle mourra sans s'être manifestée. Et Pierre ne se lasse pas de le rappeler, peut-être parce que, déjà de son temps, apparaissaient dans l'Église des gens sincèrement convaincus que leur premier pas sur le chemin spirituel était déjà son heureux et victorieux achèvement, que le salut et la plénitude de la vie dans le Royaume leur étaient garantis du seul fait qu'ils avaient fait confiance à leur Sauveur et reçu le baptême. L'apôtre, manifestement, veut dissiper en eux cette illusion: elle pouvait facilement leur coûter le salut. Un salut qu'il est facile de perdre et très difficile ensuite de retrouver.

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