RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour 2P 1:1-10

« ... joignez à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la persévérance, à la persévérance la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité... » Quelle remarquable chaîne de choses dignes l'apôtre Pierre construit. Mais réfléchissons: qu'est-ce que c'est? Une échelle vers le haut? Un cercle? Une spirale? Ou simplement des mots placés sans aucune régularité? Que l'apôtre n'ait pas placé les mots dans un ordre tout à fait fortuit se voit au fait que le commencement est la foi et la fin l'amour. Cela nous fait penser à un cercle ou à une spirale, car il y a cette proximité et cette interdépendance de la foi et de l'amour. Nous sommes habitués à ce que l'un soit impossible sans l'autre, à y voir le prototype des deux principaux commandements que le Seigneur nous a donnés: l'amour de Dieu (la foi) et l'amour de l'homme (l'amour). Mais rappelons ceci. « Maintenant donc ces trois demeurent: la foi, l'espérance, l'amour; mais le plus grand des trois, c'est l'amour. » (1 Co 13:13). L'amour est plus grand. Il est donc plus haut. Mais quelle est l'essence du Royaume des Cieux? Bien sûr, l'amour. Car là il n'y a pas besoin de foi, il y a l'expérience directe de la présence commune. Cela nous pousse à penser que l'apôtre dessine comme une échelle dont l'autre extrémité, l'amour, s'appuie sur le Ciel (d'autant que cette image n'est pas nouvelle). En effet, qu'est-ce que tout premier pas? Croire, accéder à la foi, vivre la conversion; ensuite vient la croissance des vertus en soi, la maîtrise des passions, et toujours plus haut dans l'ascension. Jusqu'au point ultime, l'amour, qui, selon la parole de l'apôtre Paul, est le lien de la perfection (« Par-dessus tout, revêtez-vous de l'amour, qui est le lien de la perfection ». Col 3:14). Mais, d'autre part, il est assez difficile d'établir une hiérarchie exacte à l'intérieur, par exemple de dire que l'amour fraternel est plus élevé que la piété, et la piété plus élevée que la persévérance. En science, c'est une situation assez fréquente: une régularité semble présente, mais il n'y a pas pour autant de règle nette (des processus déterminés avec de la stochastique). C'est pourquoi on ne peut appliquer aveuglément aucun des modèles que nous avons proposés. Mais c'est là le génie de l'apôtre Pierre.