3 Car c'est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l'Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage: |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l'Église; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
Aujourd'hui, l'apôtre Paul énumère ses « mérites » devant la Loi. Il le fait dans un seul but : expliquer qu'il renonce à mettre son espérance dans la justice non parce qu'il n'en possède pas et n'en a jamais possédé. Lorsqu'un homme « n'entre pas » dans le cadre de la Loi, on peut l'accuser de rejeter la Loi par jalousie. Mais Paul, plus que quiconque, aurait pu compter sur le salut par les œuvres de la Loi—si ces œuvres pouvaient sauver. Or, puisque le salut n'est ni dans les œuvres ni dans la justice, mais seulement dans le Christ, Paul « tient pour une perte », pour rien, tout ce dont il aurait pu être fier. Et de quoi peut-on être fier lorsqu'on se tient au pied de la croix du Seigneur et qu'on sait à quel prix notre salut a été acheté ?...
3 Car c'est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l'Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage: |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l'Église; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
Aujourd'hui l'apôtre Paul énumère ses «mérites» devant la Loi. Il le fait dans un seul but: expliquer qu'il renonce à mettre son espérance dans la justice non parce qu'il n'a pas et n'a jamais eu cette justice. Quand un homme «ne rentre pas» dans le cadre de la Loi, on peut l'accuser de rejeter la Loi par envie.
Mais Paul, plus que tout autre, aurait pu compter sur le salut par les œuvres de la Loi. Si ces œuvres pouvaient sauver. Mais puisque le salut n'est pas dans les œuvres, ni dans la justice, mais seulement dans le Christ, Paul «tient pour vanité», pour rien, tout ce dont il pourrait être fier. Et de quoi peut-on être fier, debout au pied de la croix du Seigneur, sachant à quel prix notre salut a été acheté?...
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
Une vérité est bien connue : tout se connaît par comparaison. Il n'est pas étonnant qu'elle s'applique aussi à la vie chrétienne. Mais en quel sens ?
Bien sûr, chaque fois qu'un homme vit une conversion, et pas nécessairement à Dieu ou au Christ, mais à toute foi nouvelle pour lui, fût-elle philosophique, sa première réaction de nouveau converti devient une réévaluation de toutes les valeurs, souvent très radicale. Mais avec le temps, en règle générale, ce néophyte devient moins radical, et d'autant moins qu'il cesse davantage d'être néophyte (il en va parfois autrement, certes, mais il faut sans doute considérer cela comme une anomalie du développement spirituel).
Chez Paul, en revanche, tout est visiblement différent : sa réévaluation s'est révélée non seulement radicale, mais aussi très durable ; l'attitude qu'il exprime ici envers toutes ses anciennes connaissances, il la confirme tout au long de sa vie chrétienne. De quoi s'agit-il donc ? On ne peut en aucun cas soupçonner Paul d'immaturité spirituelle ! Visiblement, il s'agit d'autre chose.
On pourrait certes dire aussi qu'un homme qui a vécu une conversion à Dieu et qui s'est engagé sur le chemin de la justice réévalue souvent toute sa vie passée une fois pour toutes, surtout si sa vie était pécheresse et nullement compatible avec la justice. Mais on ne peut pas dire cela de Paul : il avait choisi Dieu et le chemin de la justice bien avant la rencontre sur la route de Damas. Que veut-il donc dire ?
Sans doute, pour comprendre Paul, faut-il vivre ce qu'il a vécu : l'expérience bouleversante de la réalité du Christ ressuscité et du Royaume qui, avec lui, est entré dans le monde. Sur un tel fond, tout ce qui précède devient réellement peu important, ou même totalement insignifiant. Il ne s'agit pas ici du fait que dans le Royaume aucune connaissance humaine ni aucune expérience humaine ne seraient nécessaires. Il s'agit plutôt de la qualité de cette connaissance et de cette expérience. Car toute notre expérience, par définition, se révèle être l'expérience du monde non transfiguré. Une telle expérience se révèle inévitablement limitée. Et, comme tout ce qui appartient à l'ordre non transfiguré des choses, elle doit changer dans le Royaume, être refondue, être transfigurée. Mais cela ne deviendra possible que si nous ne nous attachons pas à nos connaissances et à notre expérience dans leur ancienne qualité, vieillie. L'essentiel ici est de comprendre que, dans cette qualité, elle ne convient pas davantage au Royaume que les déchets dans une maison. Paul l'a compris en renonçant à ce qui formait auparavant le fondement de sa vie, religieuse et intellectuelle. En échange, il a reçu bien davantage : l'expérience vivante du Royaume, qui transfigure l'homme avec toutes ses connaissances.
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
La vérité connue: tout est connu dans la comparaison. Ce n'est pas étonnant qu’elle soit aussi applicable à la vie chrétienne. Mais alors dans quel sens? Certes, toutes fois, lorsque l’homme éprouve l'appel, et pas nécessairement de Dieu ou de Christ, mais en toute foi nouvelle pour lui, même si philosophique, sa première réaction, comme un néophyte, devient une réévaluation de toutes les valeurs, souvent assez radical. Mais avec le temps, en général, un tel néophyte devient moins radical, et le moins, le plus il cesse d'être néophyte (il arrive parfois que cela soit autrement, mais il faut probablement déjà considérer cela comme une anomalie du développement spirituel). Chez Paul, comme on voit : tout est autrement : sa réévaluation s'est avérée non seulement radicale, mais aussi très stable, la relation exprimée par lui ici à toutes ses anciennes connaissances, il confirme à la longueur de toute sa vie chrétienne. En quoi consiste le problème ici? Car on ne peut aucunement soupçonner Paul de l'immaturité spirituelle!
Comme on voit, le problème est ailleurs. On pourrait certes, encore dire que l’homme qui a vécu la conversion à Dieu et qui s'est engagé dans la voie de la justice réévalue assez souvent toute sa vie ancienne une fois pour toutes, particulièrement, si sa vie était une vie de péchée et aucunement compatible avec la justice. Mais on ne saurait dire de telle chose de Paul: il a choisi Dieu et la voie de la justice bien avant la rencontre sur le chemin de Damas. Qu'est-ce qu’il veut donc dire?
Probablement pour comprendre Paul, il faut éprouver ce qu'il a éprouvé : l'expérience saisissante de la réalité du Christ ressuscité et ce Royaume, qui est entré avec Lui dans le monde. Sur un tel fond, toute chose ancienne devient en effet quelque chose peu signifiant ou du tout insignifiant. Et le problème ici n’est pas que dans le Royaume aucunes connaissances humaines ou l'expérience humaine ne sont nécessaires. Le problème est plutôt dans la qualité de cette connaissance et expérience. Car n’importe quel de notre expérience par définition est l'expérience du monde non transformé. Et une telle expérience est inévitablement limitée.
Et, comme toute chose appartenant à l'ordre non transformé des choses, dans le Royaume elle doit changer, fondre, se transformer. Mais cela sera possible seulement dans le cas où nous ne tiendrons pas à nos connaissances et expériences dans leur ancienne qualité usée. Le plus important ici c’est comprendre qu'en une telle qualité elle convient au Royaume pas plus, que les ordures dans le ménage. Et Paul a compris cela, refusant ce qu'autrefois était la base de sa vie, religieuse et intellectuelle. Et a reçu en échange beaucoup plus : l'expérience vivante du Royaume transformant l’homme avec toutes ses connaissances.
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi; |
Paul nous dit qu'aucun mérite, aucun travail n'est quoi que ce soit en comparaison du Christ et du Royaume. Il semblerait que la justice soit la justice, qu'elle soit la même en tout temps, et que la venue du Messie ne puisse rien y changer.
Mais il ne s'agit pas ici du chemin de la justice comme tel, qui est effectivement unique pour tous les temps, mais du Royaume et de Celui qui l'a apporté au monde. Maintenant que la route vers le Royaume est ouverte, toute l'expérience antérieure de la vie juste doit être révisée radicalement dans le contexte de cette possibilité nouvellement ouverte. Et toutes les tentatives pour l'ignorer, pour faire comme si rien n'avait changé dans le monde avec la venue du Christ, se révèlent spirituellement malhonnêtes d'avance, dévaluant en fait tous les efforts de ceux qui agissent ainsi pour vivre une vie juste.
Bien sûr, le refus d'accepter l'évidence pouvait aussi être lié à la crainte de perdre tout ce qui avait été acquis auparavant, car la venue du Messie supposait la nécessité de recommencer la vie presque à partir d'une page blanche. Une représentation très répandue à l'époque dans les milieux religieux supposait que, avec la venue du Messie, ce chemin s'achèverait, et que tous les acquis obtenus par les justes deviendraient une sorte de monnaie spirituelle avec laquelle on pourrait payer l'entrée dans le Royaume. Mais tout s'est révélé autrement : le Royaume, comme il est apparu, ne peut être acheté par aucun argent ni par aucun mérite ; il est simplement offert gratuitement à tous ceux qui cherchent. Mais on ne peut y entrer qu'en recommençant le chemin spirituel. Et Paul comprend parfaitement que le salut est encore devant lui, qu'il faut encore l'atteindre ; le fait même de participer à la vie du Royaume suppose non pas l'achèvement du chemin, mais seulement son commencement, de sorte que l'essentiel est encore devant. La justice n'est pas dévalorisée, mais le chemin du juste ne peut désormais être que le chemin du Royaume, auquel l'apôtre appelle ses lecteurs.
1 Enfin, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur... Vous adresser les mêmes avis ne m'est pas à charge, et pour vous c'est une sûreté: |
2 Prenez garde aux chiens! Prenez garde aux mauvais ouvriers! Prenez garde aux faux circoncis! |
3 Car c'est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l'Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage: |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l'Église; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi; |
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, |
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts. |
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. |
13 Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi; je dis seulement ceci: oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, |
14 et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. |
15 Nous tous qui sommes des " parfaits ", c'est ainsi qu'il nous faut penser ; et si, sur quelque point, vous pensez autrement, là encore Dieu vous éclairera. |
16 En attendant, quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne. |
17 Devenez à l'envi mes imitateurs, frères, et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. |
18 Car il en est beaucoup, je vous l'ai dit souvent et je le redis aujourd'hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ: |
19 leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte; ils n'apprécient que les choses de la terre. |
20 Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d'où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, |
21 qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu'il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. |
L’apôtre Paul met très souvent ses lecteurs en garde contre la tentation d’une relation légaliste avec Dieu. Il consacre le passage d’aujourd’hui de l’Épître aux Philippiens à ce problème, qui était peut-être encore plus actuel à son époque qu’à la nôtre. Il dit que seuls les disciples du Christ, qui rendent un culte à Dieu par l’Esprit et ne placent pas leur confiance dans les mérites de la chair, accomplissent véritablement la loi. Il dit qu’il possède lui-même tous les avantages d’un zélateur de la loi et qu’il est irréprochable quant à la justice de la loi. Pourtant, il tient tout cela pour rien, car il préfère lui-même — et nous appelle — à ne nous glorifier que d’une seule chose : Jésus-Christ a donné Sa vie pour nous. En effet, que peut-on opposer d’autre à toute l’horreur que nous commettons ?
1 Enfin, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur... Vous adresser les mêmes avis ne m'est pas à charge, et pour vous c'est une sûreté: |
2 Prenez garde aux chiens! Prenez garde aux mauvais ouvriers! Prenez garde aux faux circoncis! |
3 Car c'est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l'Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J'aurais pourtant sujet, moi, d'avoir confiance même dans la chair; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j'en ai bien davantage: |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l'Église; quant à la justice que peut donner la Loi, une homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j'étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j'ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d'être trouvé en lui, n'ayant plus ma justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi; |
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, |
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts. |
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. |
13 Non, frères, je ne me flatte point d'avoir déjà saisi; je dis seulement ceci: oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l'avant, tendu de tout mon être, |
14 et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. |
15 Nous tous qui sommes des " parfaits ", c'est ainsi qu'il nous faut penser ; et si, sur quelque point, vous pensez autrement, là encore Dieu vous éclairera. |
16 En attendant, quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne. |
17 Devenez à l'envi mes imitateurs, frères, et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. |
18 Car il en est beaucoup, je vous l'ai dit souvent et je le redis aujourd'hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ: |
19 leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte; ils n'apprécient que les choses de la terre. |
20 Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d'où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, |
21 qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu'il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. |
Paul aborde le thème de la justice et celui de la circoncision, qui se posait alors avec acuité dans certaines Églises de Grèce et d'Asie Mineure. L'apôtre rattache la circoncision « à la justice qui vient de la Torah », en remarquant que, s'il y a quelqu'un qui pourrait se glorifier d'une telle justice, c'est bien lui, plus que ceux qui la défendent devant les frères de Philippes. Mais Paul, précisément en comparaison de ce qu'il a reçu lors de sa rencontre avec le Ressuscité, ne la tient pour rien de plus que des déchets.
Il ne s'agit pas ici du fait que l'apôtre rejette la Torah en tant que telle. Il comprend simplement trop bien (par sa propre expérience) que la Torah en tant que telle ne rend pas l'homme juste. Elle indique seulement le chemin de la justice, de l'extérieur ou de l'intérieur (si l'on parle de la Torah intérieure). Mais ce n'est pas la Torah qui rend l'homme juste, c'est Dieu, qui a donné à l'homme la Torah comme instrument sur le chemin de la justice. La Torah est une boussole spirituelle qui indique à l'homme ce chemin.
Mais pour atteindre le Royaume, il ne suffit pas de regarder la boussole ; il faut encore parcourir le chemin qu'elle indique, et là l'aide de Dieu et la participation du Sauveur Lui-même sont importantes, d'autant plus qu'Il peut aider puisqu'Il est Lui-même devenu Torah vivante. L'alternative à un tel chemin devient alors la religion, l'activité religieuse, la vie religieuse en général, qui remplace souvent la vie spirituelle. Alors, au lieu du chemin, les gens se passionnent pour toutes sortes d'offices, de rites, de cérémonies religieuses, en pensant que c'est précisément ce à quoi Dieu les appelle.
En réalité, tout ce qui vient d'être énuméré n'est que jeux humains, que les hommes inventent pour leur tranquillité et auxquels ils jouent pour leur plaisir, alors même que les joueurs les considèrent comme un moyen d'atteindre une certaine « justice » (celle que l'apôtre appelle, peut-être non sans ironie, « la justice qui vient de la Torah »). La circoncision était justement un tel jeu pour beaucoup de chrétiens de Philippes, et pas seulement de Philippes.
Pour eux, ce n'était qu'un rite religieux : ils n'avaient pas l'intention de s'engager sérieusement sur le chemin spirituel du judaïsme, le chemin de la Torah intérieure, de l'humilité, de la prière intérieure continuelle, de l'acquisition de la shekhina, en un mot, de tout ce qui était important pour les meilleurs représentants de la tradition spirituelle juive. Pour eux, la circoncision n'était qu'une sorte de jeu religieux auquel ils jouaient en pensant faire une chose importante et nécessaire. Paul considérait ces jeux comme une profanation du véritable chemin spirituel, et il avait parfaitement raison.
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