L'image du Messie était parfois perçue différemment par différents prophètes. A l’un Il Se révélait comme un Roi juste, à l'autre — comme un véritable Grand-prêtre, par exemple, Il a apparu à Isaïe de Babylone dans l'image...
L'image du Messie était parfois perçue différemment par différents prophètes. A l’un Il Se révélait comme un Roi juste, à l'autre — comme un véritable Grand-prêtre, par exemple, Il a apparu à Isaïe de Babylone dans l'image d’un serviteur, Qui ne devait compter sur aucun pouvoir terrestre.
Zacharie lui Le voit entrant dans la ville sainte sur un âne. Pratiquement de la même manière que Jésus est entré à Jérusalem peu de temps avant l'achèvement de Sa voie terrestre. Et cette image, il faut le reconnaître, est plus proche de l'image d’un serviteur, que de l'image d’un roi ou grand - prêtre. Bien sûr, comme cela, sur un âne, parfois pouvait entrer dans la ville même un serviteur domestique. Mais pas seulement lui : les ânes (plus exactement les mulets) à toutes les époques en Palestine (comme, d'ailleurs, et partout dans le Proche-Orient) étaient l’un des moyens de transport les plus moins chers. Les riches marchands transportant de grands lots de marchandises, au temps de Zacharie utilisaient les chameaux.
Les personnalités officielles, commençant par des rois eux-mêmes et en finissant par des fonctionnaires aux rangs même pas trop élevés, se déplaçaient sur les chevaux, à cheval ou dans les chars. Et les gens simples allaient sur des mulets résistants, fiables, sans prétention et peu coûteux. Et le Messie, tel que L’a vu Zacharie, entre dans la ville notamment ainsi. Il n’est pas un grand roi ou conquérant, n’est pas un grand - prêtre, Il est en effet un Homme simple, pas du tout haut placé. Mais cela ne L’empêche pas d'être le Messie.
Au temps de Zacharie, lorsque le Messie était notamment attendu comme un Roi, lorsque étaient déjà prêtes deux couronnes d'or, l’une pour le Messie attendu de jour en jour, et la deuxième pour le grand - prêtre, qui devrait Lui oindre pour le royaume, — dans tels temps, l'avertissement ou le rappel que le Messie entrera dans la ville pas sur un cheval blanc, mais sur un âne, n’était pas déplacé. De même comme au temps du service terrestre du Sauveur.
1 g) La Terre Promise comprendra, en plus du territoire d’Israël, cf. Jg 20.1, les villes araméennes, phéniciennes et philistines. L’oracle fait allusion à une marche guerrière conquérante, interprétée comme une action de Yahvé et qui préludera à l’ère messianique. C’est vraisemblablement l’action d’Alexandre après Issus (333) qui est à l’origine de ce morceau.
1 h) C’est un sens possible de l’hébreu et c’est ce qu’ont compris grec, syr. et Targ. En lisant ’aram au lieu de ’adam « homme » (confusion possible du resh et du dalet , presque identiques), on peut comprendre « À Yahvé appartient la source (ou « la perle » = la capitale, Damas) d’Aram », qui semble plus cohérent avec ce qui précède ; mais la mention des « yeux ouverts » au v. 8 (et cf. 12.4) est en faveur de la traduction adoptée.
6 i) La population mêlée résultant de la colonisation.
7 j) Allusion aux pratiques païennes de manger la chair avec le sang, cf. Lv 1.5, et de manger des viandes interdites, comme le porc, cf. Isa 65.4 ; 66.17.
7 k) Qui fut incorporé au vieil Israël.
8 l) « avant-poste » maççaba grec (cf. 1 S 14.12) ; « contre une armée » miççaba hébr.
9 m) Non pas en ce sens qu’il rend la justice, cf. Isa 11.3-5, mais en ce sens qu’il sera l’objet de la « justice » de Yahvé, c’est-à-dire de sa protection puissante, cf. Isa 45.21-25.
9 n) Le Messie sera « humble » (`anî), qualité que So 3.12 attribuait au peuple de l’avenir, cf. So 2.3. Renonçant à l’attirail des rois historiques, Jr 17.25 ; 22.4, le roi messianique aura l’ancienne monture des princes, Gn 49.11 ; Jg 5.10 ; 10.4 ; 12.14. Comparer aussi 1 R 1.38 à 1 R 1.5. Notre Seigneur a accompli cette prophétie au jour des Rameaux.
10 o) « il retranchera » grec ; « je retrancherai » hébr. — Le royaume messianique a retrouvé l’unité antique les tribus du Nord en font partie.
10 p) C’est-à-dire de la Méditerranée à la mer Morte et de l’Euphrate à l’extrême sud. La Pentecôte donnera son sens plein à l’expression.
11 q) Allusion, soit à la cérémonie du Sinaï, Ex 24.5s, soit aux offrandes sacrificielles du Temple.
11 r) Une citerne sert de geôle c’est le symbole de Babylone.
13 s) Les Grecs. L’Empire perse s’écroule alors sous les coups d’Alexandre.
15 t) « le sang » dam mss grecs ; « ils feront du bruit » hamû hébr. Peut-être correction euphémistique. On peut aussi comprendre « ils boiront, ils feront du bruit comme (sous l’effet) du vin », ce qui évoquerait la rumeur du troupeau, cf. Mi 2.12 ; Ez 36.37-38.
Le livre de Zacharie se compose de deux parties bien distinctes : 1-8 et 9-14. Après une introduction, datée d’octobre-novembre 520, deux mois après la première prophétie d’Aggée, le livre rapporte huit visions du prophète datées de février 519, 1.7 – 6.8, suivies du couronnement symbolique de Zorobabel (les réviseurs ont substitué le nom du grand prêtre Josué lorsque se fut évanoui l’espoir qu’on avait mis en Zorobabel et que le sacerdoce détint tout le pouvoir), 6.9-14. Le chap. 7 fait un retour sur le passé national et le chap. 8 ouvre des perspectives de salut messianique, l’un et l’autre à propos d’une question sur le jeûne, posée en novembre 518.
Cet ensemble bien daté et de pensée homogène est certainement authentique ; il porte cependant les marques d’une révision, faite par le prophète lui-même ou par ses disciples. Par exemple, les annonces universalistes de 8.20-23 ont été ajoutées après 8.18-19 qui est une conclusion.
Comme Aggée, Zacharie se préoccupe de la reconstruction du Temple. Mais il fait une part plus large à la restauration nationale et à ses exigences de pureté et de moralité, et l’attente eschatologique est plus pressante. Cette restauration doit ouvrir une ère messianique où le sacerdoce représenté par Josué sera exalté, 3.1-7, mais où la royauté sera exercée par le « Germe », 3.8, terme messianique que 6.12 applique à Zorobabel. Les deux Oints, 4.14, gouverneront en parfait accord, 6.13. Ainsi Zacharie fait renaître la vieille idée du messianisme royal mais l’associe aux préoccupations sacerdotales d’Ézéchiel, dont l’influence se marque sur bien des points : rôle prépondérant des visions, tendance apocalyptique, souci de la pureté. Les mêmes traits et la part faite aux anges préludent à Daniel.
La deuxième partie, 9-14, qui s’ouvre d’ailleurs par un nouveau titre, 9.1, est toute différente. Les pièces sont sans date et anonymes. Il n’est plus question ni de Zacharie, ni de Josué, ni de Zorobabel, ni de la construction du Temple. Le style est différent et fait un fréquent usage des livres antérieurs, surtout Jr et Ez. L’horizon historique n’est plus le même ; Assur et l’Égypte viennent comme les noms symboliques de tous les oppresseurs.
Ces chapitres ont très vraisemblablement été composés dans les dernières décennies du IVe siècle av. J.-C., après la conquête d’Alexandre. Malgré les efforts récemment renouvelés pour prouver leur unité, il faut admettre qu’ils sont disparates. On distingue deux sections introduites chacune par un titre, 9-11 et 12-14 ; la première est presque entièrement en vers, la seconde est presque entièrement en prose. On parle d’un Deutéro-Zacharie et d’un Trito-Zacharie. En fait ce sont deux collections elles-mêmes composites. La première utilise peut-être d’anciens morceaux poétiques, préexiliques, et se réfère à des faits d’histoire qu’il est difficile de préciser (l’application de 9.1-8 à la conquête d’Alexandre reste la plus vraisemblable). La seconde partie, 12-14, décrit en termes d’apocalypse les épreuves et les gloires de la Jérusalem des derniers temps. Mais l’eschatologie n’est pas absente de la première partie et certains thèmes se retrouvent dans les deux sections, ainsi celui des « pasteurs » du peuple, 10.2-3 ; 11.4-14 ; 13.7-9.
Cette partie du livre est importante surtout par sa doctrine messianique, d’ailleurs peu unifiée : relèvement de la maison de David, 12 Passim, attente d’un Roi messie humble et pacifique, 9.9-10, mais annonce mystérieuse du Transpercé, 12.10, théocratie guerrière, 10.3 – 11.3, mais aussi cultuelle à la manière d’Ézéchiel, 14. Ces traits s’harmoniseront dans la personne du Christ et le Nouveau Testament cite souvent ces chapitres de Zacharie ou au moins y fait allusion, ainsi Mt 21.4-5 ; 27.9 (combiné avec Jérémie) ; Mt 26.31 = Mc 14.27 ; Jn 19.37.