Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Lc 9:9

Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
Masquer

Hérode a toujours redouté la venue du Messie. D’ailleurs, il ne croyait sans doute pas vraiment au Messie. Il serait plus juste de dire qu’il craignait tous les mouvements messianiques qui éclataient périodiquement dans différentes parties de la Palestine. Cela se produisait plus souvent en Judée, mais parfois aussi en Galilée, que gouvernait Hérode. Hérode croyait difficilement sérieusement en Dieu, mais il croyait tout à fait qu’un nouveau mouvement messianique pouvait conduire à la perte de son pouvoir.

Or, aux temps évangéliques, beaucoup de légendes et d’images populaires étaient liées au Messie. Elles n’étaient pas toujours enracinées dans les livres sacrés : tout aussi souvent, sinon plus souvent, leurs sources étaient précisément les traditions populaires, les légendes, parfois étrangement entrelacées avec des motifs mythologiques. L’un de ces motifs était lié à la figure du grand prophète ancien Élie. Dans les premiers livres prophétiques, plus précisément dans le deuxième livre des Rois, il est question de l’enlèvement d’Élie au ciel. À partir de ce récit, le peuple vit naître la légende selon laquelle, avant la venue du Messie, Élie reviendrait sur la terre pour annoncer Sa venue.

Hérode n’était pas croyant, mais, à en juger par les témoignages de ses contemporains, il était très superstitieux. Il avait peur des morts. Non pas, bien sûr, de ceux qui reposaient dans leurs tombeaux, mais de ceux qui, lui semblait-il, pouvaient sortir de ces tombeaux et se venger de lui. Hérode ne croyait évidemment pas à la résurrection, mais il craignait les ombres sorties des tombeaux, tout comme les héros des légendes populaires descendant du ciel. Et maintenant il était dans la perplexité.

Il avait déjà fait exécuter Jean le Baptiste. Et il regrettait cette exécution : elle n’entrait apparemment pas dans ses plans. La décision avait été prise, comme il arrivait souvent avec Hérode, dans l’emportement, par sottise et légèreté. Et maintenant il lui sembla que cet Inconnu était venu venger Jean. Hérode ne comprenait pas le sens de ce qui se passait, mais par une sorte de sentiment subconscient il devinait le lien entre Jean exécuté et cette menace nouvelle et incompréhensible. Cela ne le rapprocha pourtant pas de la compréhension de ce qui se passait. Pour comprendre, l’instinct et l’intuition ne suffisent pas ; il faut une claire vision spirituelle, que donne la foi. Une vision qu’Hérode n’avait pas et ne pouvait pas avoir.

Autres réflexions

 
Pour Lc 9:9
Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
Masquer
Hérode a toujours craint la venue du Messie. D'ailleurs, il ne croyait pas vraiment au Messie. Il serait plus juste de dire qu'il craignait tous les mouvements messianiques qui éclataient périodiquement dans différentes parties de la Palestine. Cela arrivait plus souvent en Judée, mais parfois aussi en Galilée...  Lire la suite

Hérode a toujours craint la venue du Messie. D'ailleurs, il ne croyait pas vraiment au Messie. Il serait plus juste de dire qu'il craignait tous les mouvements messianiques qui éclataient périodiquement dans différentes parties de la Palestine. Cela arrivait plus souvent en Judée, mais parfois aussi en Galilée, que gouvernait Hérode. Hérode ne croyait guère sérieusement en Dieu, mais il croyait pleinement qu'un nouveau mouvement messianique pouvait le conduire à perdre le pouvoir.

Or, aux temps évangéliques, beaucoup de légendes et d'images populaires étaient liées au Messie. Elles n'étaient pas toujours enracinées dans les livres sacrés: tout aussi souvent, sinon plus, leurs sources étaient précisément des traditions populaires, des légendes, parfois étrangement mêlées à des motifs mythologiques. L'un de ces motifs était lié à l'image du grand prophète ancien Élie. Dans les livres des premiers prophètes, plus précisément dans le quatrième Livre des Rois, il est question de l'enlèvement d'Élie au ciel. Dans le peuple, à partir de ce récit, naquit la légende selon laquelle, avant la venue du Messie, Élie reviendrait sur terre pour annoncer Sa venue.

Hérode n'était pas croyant, mais à en juger par les témoignages de ses contemporains, il était très superstitieux. Il craignait les morts. Non pas ceux, bien sûr, qui reposaient dans leurs tombeaux, mais ceux qui, selon lui, pouvaient sortir de ces tombeaux et se venger de lui. Hérode ne croyait évidemment pas à la résurrection, mais il redoutait les ombres sorties des tombeaux. De même que les héros de légendes populaires descendus du ciel. Et maintenant il était dans la perplexité.

Il avait déjà fait exécuter Jean le Baptiste. Et il regrettait cette exécution: elle n'entrait pas, semble-t-il, dans ses plans; la décision avait été prise, comme cela arrivait souvent avec Hérode, sous le coup de l'emportement, de la sottise et de la légèreté. Et maintenant il lui sembla que cet Inconnu était venu venger Jean. Hérode ne comprenait pas le sens de ce qui se passait, mais, par une sorte de sentiment subconscient, il devinait le lien entre Jean exécuté et cette nouvelle menace incompréhensible. Cela ne l'approcha pourtant pas de la compréhension. Pour comprendre, l'instinct et l'intuition ne suffisent pas; il faut une claire vision spirituelle, que donne la foi. Une vision qu'Hérode n'avait pas et ne pouvait pas avoir.

Masquer
 
Pour Lc 9:7-9
Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
Masquer
Comme on le voit, la prédication de Jésus Lui-même et de Ses disciples suscite peur et incompréhension chez les autorités, et d'abord chez Hérode. En principe, il n'y a là rien d'étonnant...  Lire la suite

Comme on le voit, la prédication de Jésus Lui-même et de Ses disciples suscite peur et incompréhension chez les autorités, et d'abord chez Hérode. En principe, il n'y a là rien d'étonnant : les autorités (aussi bien locales que romaines, en la personne de leurs représentants en Palestine) se méfiaient généralement, à cette époque, de toutes sortes de mouvements religieux et politico-religieux en Palestine en général, et en Judée en particulier. Elles surveillaient avec une attention particulière tout mouvement, même seulement naissant, où se trouvait le moindre soupçon de messianisme. Rien d'étonnant à cela : les représentations messianiques populaires de l'époque auraient inévitablement transformé tout mouvement messianique en insurrection dirigée aussi bien contre Rome que contre ses protégés locaux, comme Hérode, qui avait le statut d'allié romain (l'alliance était ici une forme historiquement constituée de vassalité plus ou moins honorable). Mais la peur d'Hérode, selon toute apparence, n'était pas seulement due à ces considérations parfaitement rationnelles. Sa peur était plutôt, semble-t-il, précisément irrationnelle.

Ayant entendu parler de Jésus et de Sa prédication, puis de la prédication des apôtres envoyés par Lui, Hérode se mit à s'agiter fébrilement, essayant de comprendre ce que tout cela signifiait. Jean était-il ressuscité des morts ? Ou bien l'ancien prophète Élie était-il redescendu des cieux, lui dont les traditions populaires disaient qu'après avoir quitté la terre sur un char céleste, il reviendrait peu avant le jour du Jugement dernier et la venue du Messie ? C'était manifestement la peur d'un débauché et d'un meurtrier, la peur d'un pécheur qui craignait une rétribution venue soit de Dieu, soit des « zélateurs » zélotes, soit de quelque autre force encore inconnue de lui et donc encore plus terrible.

Comme on le voit, le meurtre de Jean le Baptiste fut la goutte d'eau qui déclencha dans l'âme du gouvernant pécheur une véritable tempête de peurs et de manies jusque-là refoulées. Ce n'est pas un hasard si l'évangéliste mentionne qu'Hérode aimait s'entretenir avec Jean, même lorsque celui-ci se trouvait déjà en prison par son ordre, à lui Hérode. Hérode haïssait Jean, le craignait et, paradoxalement, tout de même, sinon l'aimait, du moins éprouvait de la sympathie pour lui. Le contact avec Jean était nécessaire à Hérode.

Il est possible que ce contact avec le juste apaisait les forces des ténèbres qui nichaient déjà dans son cœur, de même que le contact avec David les apaisait dans l'âme d'un autre gouvernant pécheur, Saül. Et l'exécution de Jean, qu'Hérode ne voulait pas du tout, libéra les ténèbres qui nichaient dans l'âme d'Hérode de la dernière barrière qui les empêchait de s'emparer définitivement du cœur du roi pécheur. Et Hérode se mit à s'agiter, pressentant une fin triste et inévitable. Une fin qui arriva assez vite.

Masquer
 
Pour Lc 9:1-27
Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
Masquer
La lecture d'aujourd'hui réunit plusieurs courts récits, mais le Christ et les disciples se trouvent au centre de chacun d'eux...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui réunit plusieurs courts récits, mais le Christ et les disciples se trouvent au centre de chacun d'eux. Dans tous ces passages, Il leur accorde un don particulier : l'unité. Elle peut prendre des formes très différentes : la confiance et l'espérance communes en Dieu, leur expérience commune de témoins oculaires des miracles et des guérisons, un repas partagé, la fraction des pains multipliés, une confession de foi commune, le fait de suivre ensemble Jésus sur le chemin de la souffrance et—pour résumer tout cela—l'expérience partagée du Royaume venu avec puissance. Ce chemin d'unité nous est ouvert à nous aussi : dans la prière commune, dans la fraction du pain, dans la foi partagée—dans une relation avec Jésus où il ne s'agit plus seulement de ma foi personnelle, mais de la prise de conscience qu'en vivant ensemble, les uns avec les autres et avec Lui, nous devenons un seul Corps.

Masquer
 
Pour Lc 9:1-27
Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
Masquer
La lecture d'aujourd'hui nous propose plusieurs événements que Luc relie entre eux, en faisant les maillons d'une même chaîne. Le passage commence par la description de la manière dont Jésus...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous propose plusieurs événements que Luc relie entre eux, en faisant les maillons d'une même chaîne. Le passage commence par la description de la manière dont Jésus envoie les douze apôtres prêcher (v. 1–10), se poursuit par l'histoire de la multiplication miraculeuse des pains (v. 11–17), et s'achève par le récit de la confession de Pierre, qui comprend un entretien de Jésus (v. 18–27). Et ce lien, bien sûr, n'est pas fortuit. Car Jésus envoie ses disciples témoigner du Royaume, et témoigner non seulement par la parole, mais aussi par les actes, de sorte que le témoignage soit confirmé par une manifestation visible du Royaume, comme les guérisons (v. 1–2). Et la prédication des apôtres, on le voit, eut du succès, attirant l'attention non seulement du peuple, mais aussi des autorités (v. 7–9).

Ensuite arriva ce que, peut-être, même les apôtres n'attendaient pas. Le miracle de la multiplication des pains, on le voit, fut une surprise même pour eux. Pour nourrir la foule rassemblée, ils étaient prêts à agir par les méthodes les plus ordinaires (v. 12–13), tandis que Jésus attendait autre chose d'eux: Il leur ordonna de se comporter comme s'ils se trouvaient dans le Royaume (v. 14–16). Et alors se produisit réellement ce qui ne pouvait aucunement se produire selon les lois de notre monde, encore non transfiguré, mais qui est possible dans le Royaume: une petite quantité de nourriture suffit à tous, et même avec surabondance, si bien que, si la foule rassemblée avait été encore plus nombreuse, chacun en aurait eu assez (v. 17).

Ce fut pour tous, et avant tout bien sûr pour les apôtres eux-mêmes, une expérience très importante du Royaume. Jusque-là, ils avaient été témoins de la manière dont la puissance du Royaume agit dans le monde encore non transfiguré, dans un monde où son action se manifeste, d'une façon ou d'une autre, en s'opposant au mal dans lequel ce monde demeure. Mais maintenant les apôtres virent le Royaume de l'intérieur, tel qu'il sera lorsque le monde sera entièrement transfiguré et renouvelé. Une telle expérience du séjour dans le Royaume triomphant ne pouvait évidemment pas rester sans trace, et la confession de Pierre en fut peut-être la conséquence (v. 18–20).

Alors Jésus avertit ses disciples qu'avant que la victoire du Royaume, qu'ils avaient déjà eu en partie l'occasion de voir, devienne complète, Lui-même devra passer par la croix, et ceux qui Le suivront devront partager cette croix avec Lui (v. 21–27). Ainsi, en faisant participer ses disciples au Royaume, Jésus leur parle en même temps du prix du Royaume. Du prix de la transfiguration du monde et de sa délivrance du mal dans lequel la chute l'a plongé.

Masquer
 
Pour Lc 9:1-27
Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
18 Et il advint, comme il était à prier, seul, n’ayant avec lui que les disciples, qu’il les interrogea en disant : « Qui suis-je, au dire des foules ? »
19 Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des anciens prophètes est ressuscité » ­
20 « Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ? » Pierre répondit : « Le Christ de Dieu. »
21 Mais lui leur enjoignit et prescrivit de ne le dire à personne.
22 « Le Fils de l’homme, dit-il, doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter. »
23 Et il disait à tous : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive.
24 Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera.
25 Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?
26 Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, de celui-là le Fils de l’homme rougira, lorsqu’il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges.
27 « Je vous le dis vraiment, il en est de présents ici même qui ne goûteront pas la mort, avant d’avoir vu le Royaume de Dieu. »
Masquer
Luc ne fait qu'effleurer toute une série d'événements dont les autres évangélistes, surtout Matthieu, parlent plus en détail. Il accorde la place principale à la confession de Pierre et aux paroles de Jésus sur sa mort et sa résurrection prochaines. Cette présentation a sa logique. Tout d'abord...  Lire la suite

Luc ne fait qu'effleurer toute une série d'événements dont les autres évangélistes, surtout Matthieu, parlent plus en détail. Il accorde la place principale à la confession de Pierre et aux paroles de Jésus sur sa mort et sa résurrection prochaines. Cette présentation a sa logique. Tout d'abord, le Sauveur donne à ses disciples de ressentir la puissance du Royaume et d'apprendre par leur propre expérience comment cette puissance agit dans le monde. Et pas seulement à eux: la multiplication miraculeuse de cinq pains et de deux poissons pour nourrir des milliers de personnes n'est elle aussi possible que dans le Royaume. Rien d'étonnant à cela: lorsqu'il s'agit du Royaume, il est plus facile de montrer que de raconter. Cependant, même ceux qui ne s'intéressaient pas auparavant au témoignage du Christ commencent à le remarquer, par exemple Hérode, qui redoutait en général tous les mouvements messianiques susceptibles de menacer son pouvoir.

C'est précisément pourquoi, aussitôt après la confession de Pierre, Jésus explique aux disciples combien le messianisme qu'il a apporté au monde est différent. Bien sûr, les apôtres ne comprirent pleinement tout ce que Jésus leur disait que le jour de la Pentecôte. Mais c'est juste après la confession de Pierre qu'il commença à leur parler de son messianisme et de son chemin. Il s'efforce en quelque sorte de tout clarifier dès le départ, afin que ses disciples n'associent pas son ministère messianique aux conceptions messianiques populaires traditionnelles.

Dès le commencement, le Sauveur fait tout son possible pour que ses disciples comprennent autant qu'ils le peuvent de ce qu'ils devront comprendre pleinement en son temps. Cela se comprend: le Golgotha était devant eux. Il fallait préparer autant que possible les disciples à ce qui les attendait, et ce qui les attendait, c'était le choc lié à l'effondrement complet de toute leur vision et de tout leur sentiment du monde. Seule l'expérience du Royaume pouvait les aider à le surmonter—non pas le royaume terrestre des représentations populaires, mais le véritable Royaume, celui que le Sauveur a apporté au monde.

Les apôtres acquirent l'expérience du Royaume, autant qu'elle était alors possible, après être partis prêcher seuls, sans leur Maître. Les nouvelles conceptions du Royaume se révélèrent plus difficiles: elles n'entraient pas dans la tête des disciples, ne trouvaient pas place dans leur conscience. Il ne restait plus qu'à se fier à leur intuition et, surtout, aux relations personnelles qui les liaient à Jésus. Pourtant, il dit aux apôtres tout ce que les paroles humaines peuvent exprimer au sujet de son chemin terrestre et de son ministère terrestre. Ensuite, chacun accueille de ses paroles autant qu'il est capable d'en accueillir.

Masquer
 
Pour Lc 9:1-17
Ayant convoqué les Douze, il leur donna puissance et pouvoir sur tous les démons, et sur les maladies pour les guérir.
Et il les envoya proclamer le Royaume de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni besace, ni pain, ni argent ; n’ayez pas non plus chacun deux tuniques.
En quelque maison que vous entriez, demeurez-y, et partez de là.
Quant à ceux qui ne vous accueilleront pas, sortez de cette ville et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. »
Étant partis, ils passaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.
Hérode, le tétrarque, apprit tout ce qui se passait, et il était fort perplexe, car certains disaient : « C’est Jean qui est ressuscité d’entre les morts »;
certains : « C’est Élie qui est reparu »; d’autres : « C’est un des anciens prophètes qui est ressuscité. »
Mais Hérode dit : « Jean ! moi je l’ai fait décapiter. Quel est-il donc, celui dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
10 À leur retour, les apôtres lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Les prenant alors avec lui, il se retira à l’écart, vers une ville appelée Bethsaïde.
11 Mais les foules, ayant compris, partirent à sa suite. Il leur fit bon accueil, leur parla du Royaume de Dieu et rendit la santé à ceux qui avaient besoin de guérison.
12 Le jour commença à baisser. S’approchant, les Douze lui dirent : « Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et fermes d’alentour pour y trouver logis et provisions, car nous sommes ici dans un endroit désert. »
13 Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils dirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
14 Car il y avait bien cinq mille hommes. Mais il dit à ses disciples : « Faites-les s’étendre par groupes d’une cinquantaine. »
15 Ils agirent ainsi et les firent tous s’étendre.
16 Prenant alors les cinq pains et les deux poissons, il leva les yeux au ciel, les bénit, les rompit et il les donnait aux disciples pour les servir à la foule.
17 Ils mangèrent et furent tous rassasiés, et ce qu’ils avaient eu de reste fut emporté : douze couffins de morceaux !
Masquer
En envoyant les douze apôtres prêcher, le Seigneur leur confie la mission d’annoncer le Royaume de Dieu et de rendre témoignage...  Lire la suite

En envoyant les douze apôtres prêcher, le Seigneur leur confie la mission d’annoncer le Royaume de Dieu et de rendre témoignage à ceux qui veulent accueillir leur témoignage. Au début du chapitre suivant, Il confie la même mission aux soixante-dix apôtres. Les Douze comme les Soixante-dix sont appelés à s’en remettre à Dieu et à ne pas emporter de provisions superflues pour le voyage. La différence caractéristique que relève l’évangéliste Luc est que les douze apôtres reçoivent également la puissance et la mission de chasser les esprits mauvais et de guérir les maladies. C’est précisément pourquoi, dès la génération chrétienne suivante, on disait que le Christ « avait établi Son Église sur le fondement des douze apôtres ». Il les avait en effet revêtus de Sa propre puissance et de Son autorité, et leur avait confié la mission qu’Il accomplissait Lui-même dans Son ministère. La particularité de la mission des douze apôtres signalée par Luc est importante, car elle caractérise non seulement leur tâche à ce moment précis, mais aussi l’essence de l’Église que le Seigneur édifie. Comme les apôtres, toute l’Église apostolique poursuit sur terre ce ministère du Christ : annoncer le Royaume et guérir la nature humaine blessée.

Masquer

Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible.

Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit.