2 Comme tu sais bien soutenir le faible, secourir le bras sans vigueur !
3 Quels bons conseils tu donnes à l’ignorant, comme ton savoir est fertile en ressources !
4 Mais ces discours, à qui s’adressent-ils, et d’où provient l’esprit qui sort de toi ?
5 Les Ombres tremblent sous terre, les eaux et leurs habitants sont dans l’effroi.
6 Devant lui, le Shéol est à nu, la Perdition à découvert.
7 C’est lui qui a étendu le Septentrion sur le vide, suspendu la terre sans appui.
8 Il enferme les eaux dans ses nuages, sans que la nuée crève sous leur poids.
9 Il couvre la face de la pleine lune et déploie sur elle sa nuée.
10 Il a tracé un cercle à la surface des eaux, aux confins de la lumière et des ténèbres.
11 Les colonnes des cieux sont ébranlées, frappées de stupeur quand il menace.
12 Par sa force, il a brassé la Mer, par son intelligence, écrasé Rahab.
13 Son souffle a clarifié les Cieux, sa main transpercé le Serpent Fuyard.
14 Tout cela, c’est l’extérieur de ses œuvres, et nous n’en saisissons qu’un faible écho. Mais le tonnerre de sa puissance, qui le comprendra ?
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Job ironise aux dépens de Bildad, mais il n’y a aucune ironie dans ses paroles lorsqu’il parle de la grandeur du Créateur : pour lui, elle ne souffre ni doute ni diminution. On pourrait même dire qu’enfin Job et l’un de ses accusateurs sont d’un même avis, s’il n’existait pas quelques différences essentielles dans leurs conceptions de Dieu.
Bildad comme Job éprouvent crainte et tremblement devant Dieu, mais ceux-ci ne sont pas les mêmes chez l’un et chez l’autre. Dans la crainte de Bildad, on ressent trop fortement la terreur humaine devant la force et la puissance ; il est donc difficile de dire s’il aime Dieu ou s’il ne fait que le craindre. L’âme humaine est ainsi faite que l’attitude envers Dieu se projette souvent sur l’attitude envers les hommes, et inversement (« celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » 1 Jn 4:20). La dureté de Bildad envers Job ne doit donc pas nous surprendre.
Job, lui, est ouvert à Dieu. Sa crainte n’est pas une terreur panique, mais la révérence devant sa grandeur sans limites. Job a cependant aussi conscience de la grandeur de l’homme qui, malgré toute sa petitesse et sa faiblesse, est destiné par Dieu à être le couronnement de la création. Il y a de l’humilité dans le cœur de Job, mais aucun accablement, car malgré tous ses doutes et ses accès de désespoir, il est capable d’aimer le Créateur.
Autres réflexions
Pour Jb 26:1-14
1 Job prit la parole et dit :
2 Comme tu sais bien soutenir le faible, secourir le bras sans vigueur !
3 Quels bons conseils tu donnes à l’ignorant, comme ton savoir est fertile en ressources !
4 Mais ces discours, à qui s’adressent-ils, et d’où provient l’esprit qui sort de toi ?
5 Les Ombres tremblent sous terre, les eaux et leurs habitants sont dans l’effroi.
6 Devant lui, le Shéol est à nu, la Perdition à découvert.
7 C’est lui qui a étendu le Septentrion sur le vide, suspendu la terre sans appui.
8 Il enferme les eaux dans ses nuages, sans que la nuée crève sous leur poids.
9 Il couvre la face de la pleine lune et déploie sur elle sa nuée.
10 Il a tracé un cercle à la surface des eaux, aux confins de la lumière et des ténèbres.
11 Les colonnes des cieux sont ébranlées, frappées de stupeur quand il menace.
12 Par sa force, il a brassé la Mer, par son intelligence, écrasé Rahab.
13 Son souffle a clarifié les Cieux, sa main transpercé le Serpent Fuyard.
14 Tout cela, c’est l’extérieur de ses œuvres, et nous n’en saisissons qu’un faible écho. Mais le tonnerre de sa puissance, qui le comprendra ?
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La réponse de Job à la remarque de Bildad se révéla, comme on pouvait s'y attendre, sarcastique...
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La réponse de Job à la remarque de Bildad se révéla, comme on pouvait s'y attendre, sarcastique (v. 2 – 4). Pour lui, qui cherchait la rencontre avec le Dieu vivant, les lieux communs commençaient déjà à ressembler à une véritable moquerie. Comme pour parodier son ami, Job prononce lui-même un discours bref mais expressif qui glorifie la grandeur de Dieu (v. 5 – 14). Il veut en quelque sorte dire à Bildad que, s'il faut en venir à un concours d'éloquence, il ne sera pas le dernier dans cette compétition. Mais Job n'a pas le cœur aux exercices oratoires: sa vie touche à sa fin, et l'essentiel, il ne l'a toujours pas appris. La remarque de Bildad sur l'incompréhensibilité des voies de Dieu n'était certes qu'un lieu commun, mais Job n'en était plus aux lieux communs; il lui fallait non des lieux communs, mais des réponses aux questions qui le tourmentaient. Il ne peut pas traiter les paroles avec la même légèreté que ses amis.
Pour Bildad, ce qu'il disait, au fond, ne signifiait rien: ce n'était qu'une remarque générale. Pour Job, en revanche, c'était une réponse à la question qu'il avait posée, et une réponse tout à fait déplacée. Brasser du vent n'entrait nullement dans ses plans, et il percevait, non sans raison, les tentatives de l'entraîner dans un bavardage vide au lieu d'une conversation sérieuse comme une sorte de moquerie. C'est ainsi qu'on parle habituellement aux enfants ou aux personnes mentalement malades; or Tsophar avait déjà laissé entendre que Job disait ce qu'il disait parce qu'il n'était pas dans son bon sens.
En répondant à ces accusations, Job prononce donc un discours dans l'esprit qui était proche et compréhensible à ses amis, comme s'il voulait leur montrer que tous leurs arguments et leurs lieux communs lui sont aussi bien connus qu'à eux, et qu'il ne rejette nullement cette part de vérité, contenue dans les limites de la religion, que ces lieux communs portent en eux. Mais Job veut aussi atteindre l'intelligence et le cœur de ses amis; il veut les convaincre que leur vérité n'est pas la vérité ultime, qu'il existe quelque chose de plus grand, cela même que lui, Job, cherche et ne parvient pas à trouver. Pour les amis de Job, la grandeur de Dieu, qui se révèle dans la beauté et l'harmonie de l'univers, se trouve être presque la forme suprême de la révélation; l'expérience de la communion personnelle avec Dieu, parmi les trois, semble connue d'Éliphaz seul, mais elle n'occupe pas non plus une place centrale dans sa vie. Pour Job, en revanche, c'est maintenant précisément cette expérience qui passe au premier plan; la grandeur de Dieu, qui se révèle dans Sa création, est pour lui un axiome. Mais cette révélation naturelle ne suffit pas à Job, car elle ne répond en rien aux questions qui le préoccupent. Il veut recevoir une réponse de Dieu Lui-même, tandis qu'il semble à ses amis qu'un homme sain d'esprit et de mémoire ferme ne se mettrait jamais à exiger quoi que ce soit de Dieu, encore moins une réponse à des questions sans lesquelles, pensaient les amis de Job, on peut très bien vivre.
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