RÉFLEXIONS pour Jb 26:1-14
Job ironise aux dépens de Bildad, mais il n’y a aucune ironie dans ses paroles lorsqu’il parle de la grandeur du Créateur : pour lui, elle ne souffre ni doute ni diminution. On pourrait même dire qu’enfin Job et l’un de ses accusateurs sont d’un même avis, s’il n’existait pas quelques différences essentielles dans leurs conceptions de Dieu.
Bildad comme Job éprouvent crainte et tremblement devant Dieu, mais ceux-ci ne sont pas les mêmes chez l’un et chez l’autre. Dans la crainte de Bildad, on ressent trop fortement la terreur humaine devant la force et la puissance ; il est donc difficile de dire s’il aime Dieu ou s’il ne fait que le craindre. L’âme humaine est ainsi faite que l’attitude envers Dieu se projette souvent sur l’attitude envers les hommes, et inversement (« celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » 1 Jn 4:20). La dureté de Bildad envers Job ne doit donc pas nous surprendre.
Job, lui, est ouvert à Dieu. Sa crainte n’est pas une terreur panique, mais la révérence devant sa grandeur sans limites. Job a cependant aussi conscience de la grandeur de l’homme qui, malgré toute sa petitesse et sa faiblesse, est destiné par Dieu à être le couronnement de la création. Il y a de l’humilité dans le cœur de Job, mais aucun accablement, car malgré tous ses doutes et ses accès de désespoir, il est capable d’aimer le Créateur.
