45 et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché.
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Les livres bibliques ne nous disent rien ou presque rien sur le sort des morts au l’au-delà. Et le peu que nous connaissons, c’est à peine qu’on peut considérer comme un élément propre aux révélations Yahvistes. Les représentations du shéol, du royaume des morts, du monde des ténèbres, qui tôt ou tard attend tout un chacun, existaient chez tous les peuples du Proche-Orient antique, et pas seulement chez eux. Il n’y a rien d’original, rien de proprement yahviste en eux.
On aurait pu dire que la révélation yahviste est entièrement concentrée sur la résurrection, qui attend tout le monde le jour du Jugement, lorsque chacun reçoit selon le mérite conformément à sa vie vécue sur terre. Et que se passe-t-il avant le Jugement? La Bible ne répond pas à cette question, en nous envoyant vers les représentations traditionnelles d’avant Bible. Mais tout de même à l'époque d’hellénisme, quelques siècles avant l'arrivée du Christ, dans le milieu judaïque il y avait certaines représentations sur le sort du juste au l’au-delà.
Leur essence conduisait en ce que, contrairement à ceux qui n’ont pas connu le chemin de la justice, le juste évite le shéol. Par la grâce de Dieu au moment de la mort il s'immerge dans un certain sommeil, semblable à celui terrestre, pour se réveiller le jour du jugement et recevoir la récompense méritée. Ainsi il évite l'existence pénible dans le monde des ténèbres, dont on peut appeler vie, seulement avec grand étirement.
Dans ces représentations fondées non pas sur les textes bibliques, mais sur la tradition judaïque, il est clair qu’est reflétée la compréhension du fait que le Dieu miséricordieux ne peut pas laisser Sa personne à son propre sort, lui livrant au pouvoir du monde des ténèbres; idée venante des représentations du Royaume, comme une plénitude de la vie de Dieu, dans laquelle il n’y a pas de place pour la mort.
Autres réflexions
Pour 2M 12:45
45 et s’il envisageait qu’une très belle récompense est réservée à ceux qui s’endorment dans la piété, c’était là une pensée sainte et pieuse. Voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché.
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Les livres bibliques nous disent peu de chose, ou presque rien, sur l'état après la mort, qu'il soit bon ou mauvais. La tradition païenne est beaucoup plus informative à cet égard : dans les religions égyptienne et grecque, il existe non seulement un enseignement développé sur l'au-delà...
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Les livres bibliques nous disent peu de chose, ou presque rien, sur l'état après la mort, qu'il soit bon ou mauvais. La tradition païenne est beaucoup plus informative à cet égard : dans les religions égyptienne et grecque, il existe non seulement un enseignement développé sur l'au-delà, mais aussi une réflexion pleinement élaborée sur la rétribution posthume. La Bible, elle, se concentre non sur l'existence posthume, mais sur cette résurrection universelle qui attend tous les hommes au jour du Jugement et de la venue du Messie.
Le peu que la Bible dit de l'au-delà comme tel ne relève pas proprement de la tradition yahviste. On peut plutôt parler ici d'une tradition préyahviste, prébiblique, dont certains éléments sont entrés dans le yahvisme et se sont reflétés dans la Bible. Telles sont les représentations bibliques du shéol, du monde des ombres, où tous sans exception vont après la mort et où il n'y a pas de différence entre ceux qui furent justes dans le monde des vivants et ceux qui péchèrent durant leur vie terrestre. De telles conceptions étaient propres à presque tous les peuples de la terre depuis les temps préhistoriques, et il n'y a là rien de proprement yahviste.
C'est sur la base de telles représentations que se sont ensuite développées, dans certaines religions païennes, notamment égyptienne et grecque, des théories de la rétribution posthume. Et pourtant, dans le yahvisme, certaines pensées sont apparues sur ce qui se passe après la mort, différentes de celles qui sont liées à l'image du shéol, bien que cela se soit produit assez tard, plus tard que chez les peuples voisins. Mais même ces pensées étaient inséparables de la réflexion sur la résurrection universelle. On voit qu'à l'époque des guerres maccabéennes, vers le milieu du IIe siècle avant Jésus-Christ, elles étaient déjà assez répandues. Le fait est que le shéol, par sa nature même, apparaissait aux yahvistes croyants comme un lieu assez sombre, que les justes ne méritaient manifestement pas.
C'est pourquoi, dès la période hellénistique, des représentations ont commencé à prendre forme dans le yahvisme au sujet d'un au-delà plus approprié aux justes. Pourtant, elles différaient radicalement de celles des peuples voisins, par exemple de celles des Égyptiens. En Égypte, comme dans tout le monde païen, l'au-delà était généralement un état définitif pour l'homme, puisque la doctrine de la réincarnation ne s'était pas largement répandue dans la région du Proche-Orient. Du point de vue yahviste, au contraire, il s'agissait d'un état intermédiaire, précédant le jour du Jugement dernier et la résurrection universelle, où chaque juste recevrait sa récompense. La seule question était de savoir où le juste devrait passer le temps séparant le jour de sa mort du jour du Jugement.
À l'époque hellénistique, la réponse à cette question prit la forme d'une réflexion sur la vie après la mort du juste, qui soit s'endort dans un sommeil profond et paisible afin de se réveiller au jour de la résurrection universelle et de recevoir la récompense méritée, soit est plongé dans un état de contemplation calme et profonde de la gloire de Dieu, dont il sortira en ce même jour du Jugement. Il n'y avait pas d'opinion unique, mais on supposait qu'en tout cas le juste échappait au shéol.
C'est précisément afin de l'éviter avec certitude que l'on offrait parfois des sacrifices de purification pour les morts récents, en général lorsqu'ils avaient eu l'intention de les offrir eux-mêmes mais n'avaient pas pu le faire à cause d'une mort inattendue. Il n'y avait là rien d'étonnant : les justes, pensait-on, ne vont pas au shéol mais directement devant le trône de Dieu, là même où, selon les idées généralement admises à cette époque, montait l'encens des sacrifices. Dans ce cas, le sacrifice n'était pas vain : il était porté au compte du juste qui ressusciterait au jour du Jugement.
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