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RÉFLEXIONS pour Dn 3:14-20

14  Et Nabuchodonosor leur dit : "Est-il vrai, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, que vous ne serviez point mes dieux et ne fassiez pas adoration à la statue d'or que j'ai élevée?
15  Etes-vous disposés, quand vous entendrez sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, à vous prosterner et à faire adoration à la statue que j'ai faite? Si vous ne lui faites pas adoration, vous serez incontinent jetés dans la fournaise de feu ardent; et quel est le dieu qui vous délivrerait de ma main?"
16  Shadrak, Méshak et Abed-Nego répondirent au roi Nabuchodonosor : "Point n'est besoin pour nous de te donner réponse à ce sujet
17  si notre Dieu, celui que nous servons, est capable de nous délivrer de la fournaise de feu ardent, et de ta main, ô roi, il nous délivrera;
18  et s'il ne le fait pas, sache ô roi, que nous ne servirons pas ton dieu, ni n'adorerons la statue d'or que tu as élevée."
19  Alors le roi Nabuchodonosor fut rempli de colère et l'expression de son visage changea à l'égard de Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Il donna ordre de chauffer la fournaise sept fois plus que d'ordinaire
20  et à des hommes forts de son armée de lier Shadrak, Méshak et Abed-Nego et de les jeter dans la fournaise de feu ardent.
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Tout chrétien sait que les temps de persécution mettent à l’épreuve la fidélité à Dieu et au Christ. La littérature hagiographique rapporte souvent des miracles qui ont accompagné le témoignage des martyrs chrétiens. La fiabilité de ces récits est une question à part. Pourtant, les héros du Livre de Daniel, lorsqu’ils se préparent à témoigner de leur fidélité au Dieu d’Israël, ne semblent nullement attendre un miracle. Non qu’ils l’excluent entièrement : ils admettent parfaitement que Dieu, s’Il le veut, peut les préserver même dans la fournaise ardente.

Mais ils ne font pas dépendre leur témoignage de ce miracle, pas plus que les martyrs chrétiens ne faisaient dépendre le leur des miracles. En effet, il s’agit de témoigner de la fidélité à Dieu et au Christ, non de la puissance divine. Dieu, bien sûr, peut toujours intervenir et manifester Sa puissance, s’Il le juge nécessaire. Sinon, c’est la mort même du martyr qui deviendra témoignage.

En effet, dans un monde où la vie était la valeur suprême, la disposition à mourir ne pouvait signifier que l’une de ces deux choses. Ou bien, pour celui qui allait à la mort, la cause pour laquelle ou la personne pour laquelle il mourait comptait davantage que sa propre vie — mais cela aurait paru à tous manifestement absurde. Mourir pour une idée est un phénomène des temps modernes, un phénomène de l’ère chrétienne. Une telle mort n’est possible que comme une sorte de martyre quasi chrétien. Ou bien celui qui va à la mort connaît une autre vie, la vie dans toute sa plénitude.

La vie terrestre ne constitue qu’une petite part de cette plénitude, et le martyr est prêt à renoncer à cette petite part pour le tout. Voilà ce qu’est le témoignage : le témoignage que les paroles du témoin sur Dieu, sur le Christ et sur le Royaume ne sont pas de simples paroles, mais une réalité — sa réalité, celle du Royaume dans lequel il vit. Ce que ses bourreaux tiennent pour la réalité n’est qu’une ombre pâle et une mauvaise parodie de la réalité du Royaume. Le moment venu, elle disparaîtra avec le mal qui imprègne le monde déchu tandis qu’il redevient le Royaume.

Autres réflexions

 
Pour Dn 3:13-14
13  Alors, frémissant de colère, Nabuchodonosor manda Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Aussitôt on amena ces gens devant le roi.
14  Et Nabuchodonosor leur dit : "Est-il vrai, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, que vous ne serviez point mes dieux et ne fassiez pas adoration à la statue d'or que j'ai élevée?
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Les persécutions qui s'abattirent sur les fidèles après le décret de Nabuchodonosor s'associent aussi bien aux événements de la fin du règne du roi Nabuchodonosor...  Lire la suite

Les persécutions qui s'abattirent sur les fidèles après le décret de Nabuchodonosor s'associent aussi bien aux événements de la fin du règne du roi Nabuchodonosor qu'aux événements du temps d'Antiochus Épiphane, quand fut écrit le livre de Daniel. Aujourd'hui, on peut tenir pour établi que le dernier souverain du royaume néo-babylonien, Balthazar, réalisa réellement une certaine réforme religieuse qui provoqua le mécontentement du clergé local. Certains historiens supposent qu'au cours de cette réforme il exposa, entre autres, les statues sacrées à la vue de tous, faisant ainsi du culte des dieux une cérémonie publique (auparavant, les statues et images sacrées étaient cachées au fond des temples, dont l'accès était fermé aux non-initiés). Apparemment, cela conduisit à un conflit non seulement avec la corporation sacerdotale babylonienne, mais aussi avec la Synagogue ; il est possible que ses membres les plus actifs, qui refusaient de participer à ce genre de manifestations religieuses païennes publiques, aient réellement subi des persécutions, bien que nous n'en ayons aujourd'hui aucune information précise.

Il n'est pas exclu cependant que certaines traditions concernant ces persécutions aient été conservées dans la Synagogue, et que l'auteur du livre de Daniel les ait utilisées en attribuant les réformes elles-mêmes non à Balthazar, mais à son prédécesseur sur le trône, Nabuchodonosor. Or, sous Antiochus Épiphane, quelque chose de semblable se répéta à une échelle beaucoup plus vaste, et nous en savons assez sur les persécutions d'Antiochus, notamment grâce aux livres des Maccabées conservés jusqu'à notre époque. Antiochus, qui se considérait sérieusement comme fils de Zeus, ordonna d'installer des autels de Zeus dans toutes les villes du pays, y compris bien entendu Jérusalem, et en même temps ses propres autels : il se considérait lui-même, sinon comme un dieu, du moins comme un demi-dieu. À Jérusalem, évidemment, il ne trouva pour ses autels aucun autre lieu que la cour du Temple. On imagine aisément la réaction des Juifs devant un tel sacrilège : il y avait profanation du Temple, et donc de la ville ; on se souvint des temps de l'exil babylonien, ainsi que de la prédication des anciens prophètes sur la venue du Messie et l'avènement du Royaume messianique après les persécutions qui s'abattraient sur les fidèles peu avant ces événements. Pourtant l'auteur du livre n'est nullement un enthousiaste exalté : son Daniel n'est pas le héros de traditions anciennes à qui un salut miraculeux serait garanti par les lois du genre. Il ne sait qu'une chose : son affaire est de garder fidélité à Dieu ; que Dieu le sauve ou non de la mort dans une situation concrète, cela relève de Dieu et ne dépend pas de l'homme. Mais c'est précisément une telle fidélité, et non l'attente d'un miracle inévitable, qui devient le gage du salut.

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Pour Dn 3:1-33
Le roi Nabuchodonosor fit une statue d'or, haute de 60 coudées et large de six, qu'il dressa dans la plaine de Dura, dans la province de Babylone.
Le roi Nabuchodonosor manda aux satrapes, magistrats, gouverneurs, conseillers, trésoriers, juges et juristes, et à toutes les autorités de la province, de s'assembler et de se rendre à la dédicace de la statue élevée par le roi Nabuchodonosor.
Lors s'assemblèrent satrapes, magistrats, gouverneurs, conseillers, trésoriers, juges et juristes et toutes les autorités de la province pour la dédicace de la statue qu'avait élevée le roi Nabuchodonosor, et ils se tinrent devant la statue qu'avait élevée le roi Nabuchodonosor.
Le héraut proclama avec force : "A vous, peuples, nations et langues, voici ce qui a été commandé
à l'instant où vous entendrez sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, vous vous prosternerez et ferez adoration à la statue d'or qu'a élevée le roi Nabuchodonosor.
Quant à celui qui ne se prosternera ni ne fera adoration, il sera incontinent jeté dans la fournaise de feu ardent."
Sur quoi, dès que tous les peuples eurent entendu sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, se prosternèrent tous les peuples, nations et langues, faisant adoration à la statue d'or qu'avait élevée le roi Nabuchodonosor.
Cependant certains Chaldéens s'en vinrent dénoncer les Juifs.
Ils dirent au roi Nabuchodonosor : "O roi, vis à jamais!
10  O roi, tu as promulgué un décret prescrivant à tout homme qui entendrait sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, de se prosterner et de faire adoration à la statue d'or,
11  et arrêtant que ceux qui ne se prosterneraient ni ne feraient adoration seraient jetés dans la fournaise de feu ardent.
12  Or voici des Juifs que tu as assignés aux affaires de la province de Babylone : Shadrak, Méshak et Abed-Nego; ces gens n'ont pas tenu compte de tes ordres, ô roi; ils ne servent pas ton dieu et ils n'ont pas fait adoration à la statue d'or que tu as élevée."
13  Alors, frémissant de colère, Nabuchodonosor manda Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Aussitôt on amena ces gens devant le roi.
14  Et Nabuchodonosor leur dit : "Est-il vrai, Shadrak, Méshak et Abed-Nego, que vous ne serviez point mes dieux et ne fassiez pas adoration à la statue d'or que j'ai élevée?
15  Etes-vous disposés, quand vous entendrez sonner trompe, pipeau, cithare, sambuque, psaltérion, cornemuse et toute espèce de musique, à vous prosterner et à faire adoration à la statue que j'ai faite? Si vous ne lui faites pas adoration, vous serez incontinent jetés dans la fournaise de feu ardent; et quel est le dieu qui vous délivrerait de ma main?"
16  Shadrak, Méshak et Abed-Nego répondirent au roi Nabuchodonosor : "Point n'est besoin pour nous de te donner réponse à ce sujet
17  si notre Dieu, celui que nous servons, est capable de nous délivrer de la fournaise de feu ardent, et de ta main, ô roi, il nous délivrera;
18  et s'il ne le fait pas, sache ô roi, que nous ne servirons pas ton dieu, ni n'adorerons la statue d'or que tu as élevée."
19  Alors le roi Nabuchodonosor fut rempli de colère et l'expression de son visage changea à l'égard de Shadrak, Méshak et Abed-Nego. Il donna ordre de chauffer la fournaise sept fois plus que d'ordinaire
20  et à des hommes forts de son armée de lier Shadrak, Méshak et Abed-Nego et de les jeter dans la fournaise de feu ardent.
21  Ceux-ci furent donc liés, avec leur manteau, leurs chausses, leur chapeau, tous leurs vêtements, et jetés dans la fournaise de feu ardent.
22  L'ordre du roi était péremptoire; la fournaise étant excessivement brûlante, les hommes qui y portèrent Shadrak, Méshak et Abed-Nego furent brûlés à mort par la flamme du feu.
23  Quant aux trois hommes Shadrak, Méshak et Abed-Nego, ils tombèrent tout liés dans la fournaise de feu ardent.
24  Et ils marchaient au milieu de la flamme, louant Dieu et bénissant le Seigneur.
25  Azarias, debout, priait ainsi, ouvrant la bouche, au milieu du feu, il dit
26  Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères, et vénéré, et que ton nom soit glorifié éternellement.
27  Car tu es juste en toutes les choses que tu as faites pour nous toutes tes oeuvres sont vérité toutes tes voies droites, tous tes jugements vérité.
28  Tu as porté une sentence de vérité en toutes les choses que tu as fait venir sur nous et sur la ville sainte de nos pères, Jérusalem. Car c'est dans la vérité et dans le droit que tu nous as traités à cause de nos péchés.
29  Oui, nous avons péché et commis l'iniquité en te désertant, oui, nous avons grandement péché; tes commandements, nous ne les avons pas écoutés,
30  nous ne les avons pas observés, nous n'avons pas accompli ce qui nous était commandé pour notre bien.
31  Oui, tout ce que tu as fait venir sur nous, tout ce que tu nous as fait, en jugement de vérité tu l'as fait.
32  Tu nous as livrés aux mains de nos ennemis, gens sans loi, et les pires des impies, à un roi injuste, au plus mauvais qui soit sur toute la terre,
33  et aujourd'hui nous ne pouvons ouvrir la bouche, la honte et l'opprobre sont la part de ceux qui te servent et qui t'adorent.
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La prière des jeunes gens et le cantique qui glorifie tout ce que Dieu a créé, tout comme l’histoire même de Sidrac, Misac et Abdénago...  Lire la suite

La prière des jeunes gens et le cantique qui glorifie tout ce que Dieu a créé, tout comme l’histoire même de Sidrac, Misac et Abdénago refusant d’adorer la statue d’or et traversant l’épreuve du feu, sont souvent mentionnés dans les livres ultérieurs de la Sainte Écriture (1 Macc 2:59; He 11:34) et, par la suite, dans la liturgie chrétienne. Ce n’est pas un hasard si ce témoignage de foi occupe une telle place dans la vie de l’Église. Ici, nous voyons clairement la communauté d’esprit qui relie l’Ancien et le Nouveau Testament, les justes et les saints du peuple élu et de l’Église du Christ. De même que les jeunes gens témoignaient devant Nabuchodonosor que « notre Dieu, que nous servons, peut nous sauver de la fournaise ardente et nous délivrera de ta main, ô roi », de même l’apôtre Paul disait dans les épreuves : « le Dieu à qui j’appartiens et que je sers ».

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