33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
La prophétie de Syméon fut inattendue pour Joseph et Marie. Ils s'étonnent. Cela peut paraître étrange : tous deux connaissaient pourtant la bonne nouvelle que le messager de Dieu avait annoncée à Marie avant même la naissance de Jésus. Et pourtant ils sont étonnés. Pourquoi ? Ici se manifeste sans doute la nature de l'homme déchu. Les particularités de la mémoire humaine. Et aussi de la perception humaine. En effet, le fonctionnement de la mémoire, comme celui de toute la nature humaine, physique et psychique, est déterminé par l'état spirituel de l'homme. Or la question de l'état spirituel est la question de ce qui prédomine dans ce flux de vie humaine que la Bible appelle l'âme, et qu'un philosophe contemporain appellerait peut-être l'existence.
Selon le dessein de Dieu, la vie de l'âme humaine devait être déterminée par le souffle de vie que Dieu avait donné à l'homme lors de la création. Par le souffle de Dieu. Mais chez l'homme déchu, selon le témoignage de la Bible, l'âme est « dans le sang ». Comme chez les animaux. Et sa qualité est déterminée, comme chez les animaux, par la nature et non par l'esprit. Or la mémoire est l'une des capacités de l'âme. L'une des fonctions de la nature psychique de l'homme.
L'homme ne peut retenir que ce qui est, au moins dans une certaine mesure, apparenté à sa propre vie. Et plus c'est apparenté, mieux, plus pleinement, plus profondément l'homme retient tel ou tel événement. Plus longtemps et plus nettement il s'en souvient. Plus l'événement lui-même devient réel pour lui. Inversement, ce qui ne touche la vie de l'homme qu'en partie, ce qui ne lui est pas apparenté, ce qui, bien qu'en soi beau, étonnant et tout à fait extraordinaire, dépasse manifestement le niveau spirituel ordinaire de sa vie, demeurera dans la mémoire humaine comme quelque chose de pas tout à fait réel.
Comme quelque chose dont on se souvient comme d'un beau rêve, mais tout de même plutôt comme d'un rêve que comme d'une réalité. Et même si la vie quotidienne rappelle sans cesse que ce qui paraissait être un rêve n'en était pas un, l'acuité de la perception s'émousse presque inévitablement. Alors tout devient ordinaire. Et vient à l'esprit la pensée : et si tout n'était pas du tout ainsi ? Et si rien de particulier ne s'était passé ? Et s'il n'y avait rien d'extraordinaire devant nous ?
Bien sûr, ni Joseph ni Marie ne pouvaient oublier ce qui leur avait été dit au sujet de Jésus. Ils attendaient sans doute quelque chose d'inhabituel. Et pourtant ce qui arrive devient pour eux une surprise attendue. Tout dépend en effet de la manière de percevoir. De ce qui domine dans le regard : l'esprit ou la nature. Si c'est la nature, alors le Royaume lui-même devient une surprise attendue. Mais ce n'est pas l'essentiel. L'essentiel est la manière dont l'homme répond à cette surprise attendue. Accueillera-t-il ce qui entre dans sa vie, ou le rejettera-t-il ? Fera-t-il un pas vers le Royaume, même dans l'étonnement et l'incompréhension, ou restera-t-il dehors ?
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Joseph et Marie étaient des personnes véritablement pieuses qui observaient les commandements, comme le montre la manière dont ils honoraient les fêtes et accomplissaient tous les rites prescrits. Au temps fixé, ils amenèrent l’enfant Jésus au Temple afin de « Le présenter au Seigneur ». À son tour, Syméon les accueille dans le Temple, lui qui gardait les Écritures depuis de longues années et qui, malgré l’apparente absurdité de la prophétie au sujet du Sauveur, continuait à attendre son accomplissement. Dieu récompense cette fidélité : Il leur montre Son salut.
N’est-ce pas cette même fidélité que le Seigneur attend de nous ? La promesse de faire de nous des fils de lumière, que chacun reçoit au baptême, commence au fil des années à nous paraître irréelle. Notre vêtement baptismal se couvre des traces des passions, au point qu’il devient difficile de comprendre à quoi il ressemblait autrefois. Seule la foi que la promesse que Dieu nous a faite autrefois ne peut être mensongère nous permet de revivre la rencontre avec Lui : la foi en Son amour, qui triomphe de tout.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Le mot « sretenie » est slave ; en russe, il signifie « rencontre ». De quelle rencontre s’agit-il donc ? De la rencontre des parents du Sauveur avec Syméon ? De leur rencontre avec la prophétesse Anne ? Bien sûr, de cela aussi. Mais en premier lieu, le récit évangélique nous parle de la rencontre du peuple de Dieu avec son Messie.
Que ce peuple se soit trouvé représenté par ceux qui attendaient la venue du Messie n’a rien d’étonnant. Ce qui étonne est autre chose : au nom du peuple, ce ne sont pas les personnes qui semblaient les plus connues parmi ceux qui l’attendaient qui le rencontrent. Certes, il n’est pas question ici du sacerdoce du Temple : le sacerdoce se montrait justement réservé et sceptique à l’égard des attentes messianiques populaires. Mais il y avait aussi la Synagogue ; dans le milieu synagogal, les attentes messianiques étaient alors très intenses. Et pourtant Dieu montra le Messie non aux chefs de la Synagogue, mais à des personnes certes connues, mais qui n’appartenaient pas au nombre des dirigeants du peuple.
Le choix peut paraître étrange, mais à y regarder de plus près, il est tout à fait explicable. Le Messie, bien sûr, était attendu alors dans le peuple juif sinon par tous, du moins par un très grand nombre. Mais la plupart de ceux qui l’attendaient avaient leurs propres représentations du Messie, de ce qu’il devait être et de ce qu’il devait faire. Or lui, entre-temps, n’avait nullement l’intention de faire presque rien de ce que le peuple simple comme les rabbins savants attendaient du Messie.
On attendait du Messie le rétablissement d’un État juif indépendant et fort, l’expulsion des païens de la terre sainte, l’établissement d’un nouveau gouvernement fondé sur la Torah, qui deviendrait l’âge d’or d’Israël. Et, bien sûr, on attendait de lui des miracles, de tels miracles qui résoudraient d’un seul coup tous les problèmes du peuple dans son ensemble comme de chacun de ceux qui lui appartenaient en particulier.
Tous attendaient le triomphe, et personne n’attendait le Jugement. Seul Syméon, qui possédait le don prophétique, comprit tout correctement. Il comprit que le Messie est Celui qui fera tomber beaucoup d’hommes et en relèvera beaucoup, comme on pouvait s’y attendre au jour du Jugement. Un tel homme pouvait voir le Messie : cela n’aurait fait naître en lui ni attentes excessives et injustifiées, ni agitation inutile. Tous les autres devaient encore attendre. Attendre le jour où le Père ferait entrer le Fils dans son ministère terrestre.
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Nous lisons dans l’Évangile comment l’Enfant Jésus est apporté pour la première fois au Temple, ce qui s’y passe et ce qu’on en dit. Connaissant l’histoire évangélique et nous souvenant que, pendant les vingt siècles écoulés, Jésus demeure un « signe de contradiction », nous ne pouvons nous étonner de rien. Le prophète Malachie nous ramène à ce qui nous échappe sur le fond des paroles lourdes de la prophétie de Syméon. La première apparition du Sauveur dans le Temple est décrite ainsi : « soudain viendra dans Son Temple le Seigneur que vous cherchez ». Tout ici déconcerte. L’homme sait-il quel Dieu il cherche ? Cherchons-nous l’Enfant qui provoque sans cesse contradictions et querelles ? Tu attends Dieu, et soudain on apporte un petit Enfant, et tu te trouves devant la nécessité d’accepter que c’est précisément Lui qui est lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
La lecture d’aujourd’hui poursuit le récit des témoignages liés à la Nativité. Et si les premiers témoins furent les bergers, voici que viennent maintenant à leur place les justes et les prophètes. À première vue, ces gens ne ressemblent pas du tout à de simples bergers. Mais il y a quelque chose de commun qui les unit : tous attendent le Messie et sont prêts à L’accueillir tel qu’Il est. Pour le prophète, ce qui compte le plus est la révélation reçue de Dieu ; il entend Dieu directement, et la question de savoir s’il peut faire confiance à ce qu’il a entendu ne se pose pas pour lui.
L’expérience prophétique de la communication directe avec Dieu est bien sûr chaque fois unique, mais malgré toute son unicité, aucun de ceux qui ont eu à entendre la voix de Dieu ne se demandait, comme disent les théologiens modernes, s’il fallait une vérification théologique : tout prophète reçoit la révélation obtenue comme une indication directe pour agir. Et si Dieu désigne l’enfant porté au Temple comme le Messie, alors cet enfant est réellement le Messie, quoi que l’on dise et quels que soient les doutes exprimés à ce sujet par les rabbins savants et les enseignants de la Torah.
La justice est un phénomène d’un autre ordre, mais il est souvent donné au juste, lui aussi, d’entendre Dieu. Et si parfois son ouïe mystique n’est pas aussi aiguë que celle du prophète, l’habitude de faire confiance à Dieu sans réserve aide le juste à s’assurer de l’authenticité de la révélation reçue. Ces personnes sont apparentées aux simples bergers non seulement par l’attente du Messie, mais aussi par leur attitude envers Dieu et envers la volonté de Dieu. On pourrait dire que, contrairement par exemple à ces mêmes pharisiens, elles sont peu religieuses. Bien sûr, elles sont toutes membres de la Synagogue, mais là, visiblement, elles ne sont pas au premier rang : il y a là des gens dont l’activité les rend peu visibles, et parfois même tout à fait invisibles.
Dans les controverses théologiques et politico-religieuses, si fréquentes dans les synagogues des temps évangéliques, elles ne participent, semble-t-il, que rarement et à contrecœur, ou pas du tout. Elles n’appartiennent à aucune école religieuse et, peut-être, n’ont même pas ce qu’on appelle ordinairement une vision religieuse du monde. Elles font simplement confiance à Dieu, qui est depuis longtemps devenu le centre et le sens de leur vie, et elles vivent en écoutant attentivement ce qu’Il leur dira. Ou bien elles gardent leurs troupeaux, comme les bergers de Bethléem. Certes, comparées aux théologiens savants, elles peuvent paraître simples et même, comme les bergers, ignorantes. Mais en revanche, elles n’auront aucun problème d’interprétation théologique de ce qu’elles ont entendu de Dieu. Ni de doutes superflus sur la fiabilité de ce qu’elles ont entendu. Voilà pourquoi il leur est donné de voir le Messie avant les autres. Y compris avant ceux qui étaient certains de Le voir les premiers.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
41 Ses parents se rendaient chaque année à Jérusalem pour la fête de la Pâque. |
42 Et lorsqu’il eut douze ans, ils y montèrent, comme c’était la coutume pour la fête. |
43 Une fois les jours écoulés, alors qu’ils s’en retournaient, l’enfant Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. |
44 Le croyant dans la caravane, ils firent une journée de chemin, puis ils se mirent à le rechercher parmi leurs parents et connaissances. |
45 Ne l’ayant pas trouvé, ils revinrent, toujours à sa recherche, à Jérusalem. |
46 Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant ; |
47 et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. |
48 À sa vue, ils furent saisis d’émotion, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! ton père et moi, nous te cherchons, angoissés. » |
49 Et il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » |
50 Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. |
51 Il redescendit alors avec eux et revint à Nazareth ; et il leur était soumis. Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. |
52 Quant à Jésus, il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes. |
Chaque homme sait qu'un jour il mourra. La mort est un phénomène unique: elle est parfaitement évidente et parfaitement fermée à ceux qui ne l'ont pas encore traversée. Dieu parle avec l'homme, et celui-ci demeure vivant. À partir de ce passage évangélique, on peut dire que l'homme qui parle avec Dieu, non pas n'importe comment, mais face à face, reçoit à la fois la vie et la mort: une vie pleine de sa présence, lumière de révélation pour tous, et la mort comme accomplissement de la promesse, comme possibilité de la rencontre pleine et définitive.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
39 Et quand ils eurent accompli tout ce qui était conforme à la Loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. |
40 Cependant l’enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grâce de Dieu était sur lui. |
Comment regardons-nous le Seigneur ? Comme Celui avec qui l’union est une joie et dont suivre la volonté est un bienfait ? Ou bien Le regardons-nous comme un chef qui nous domine et donne des ordres incompréhensibles mais qu’il faut obligatoirement exécuter ? Dans le second cas, nous risquons de nous éloigner très loin de Lui et d’ajouter de nouveaux obstacles aux nombreux amas de péchés qui entravent déjà notre communion avec Lui.
Mais Il est né parmi les hommes et a pris sur Lui non seulement les commandements qu’Il nous recommandait, mais aussi les nombreuses lois et règles de la vie en société. Par la circoncision, Il S’est uni dans la chair au peuple qu’Il avait choisi pour Sa venue dans le monde et S’est donc soumis à ses lois. Bien qu’Il soit plus grand que le Temple, Il y fut présenté en accomplissement de la loi qui s’imposait à tout enfant fragile.
La loi fut également accomplie par le fait que deux personnes, Syméon et Anne, témoignèrent prophétiquement que l’Enfant présenté au Temple était le Messie : selon la loi juive, le témoignage de deux personnes était considéré comme suffisant pour établir la véracité d’une déclaration. Bien sûr, pour ceux qui ne veulent pas reconnaître Jésus comme le Messie, aucun témoignage, si souvent répété soit-il depuis maintenant deux mille ans, ne sera suffisant. Mais cela, comme on dit, est une tout autre histoire.
21 Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. |
22 Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, |
23 selon qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur, |
24 et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. |
25 Et voici qu’il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit Saint reposait sur lui. |
26 Et il avait été divinement averti par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. |
27 Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir les prescriptions de la Loi à son égard, |
28 il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit : |
29 « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ; |
30 car mes yeux ont vu ton salut, |
31 que tu as préparé à la face de tous les peuples, |
32 lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » |
33 Son père et sa mère étaient dans l’étonnement de ce qui se disait de lui. |
34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — |
35 et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs. » |
36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanouel, de la tribu d’Aser. Elle était fort avancée en âge. Après avoir, depuis sa virginité, vécu sept ans avec son mari, |
37 elle était restée veuve ; parvenue à l’âge de 84 ans, elle ne quittait pas le Temple, servant Dieu nuit et jour dans le jeûne et la prière. |
38 Survenant à cette heure même, elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. |
En complément des autres parallèles bibliques, l'évangéliste raconte aujourd'hui comment Jésus, à l'exemple de l'ancien prophète Samuel, fut porté au Temple afin de consacrer le Premier-né à Dieu. Mais, à la différence des autres premiers-nés, qui étaient seulement, pour ainsi dire, symboliquement «offerts en sacrifice» à Dieu et rachetés auprès de Lui par des animaux sacrificiels (par exemple une paire de colombes, cf. Lévitique 12), Jésus Lui-même est appelé «rédemption», terme qui se rapporte au sacrifice.
Jésus dans le Temple devient à la fois sacrifice, signe, salut et accomplissement des prophéties, récapitulant en Lui tous les symboles et réalités bibliques. Pour l'évangéliste Luc, c'est précisément ce moment qui devient le sacrifice dans lequel le Christ accomplit la rédemption du peuple et des «païens».
Devenu participant de ce service, Siméon a accompli sa destinée en ce monde et peut maintenant partir, montrant aux lecteurs de l'Évangile que leur but, eux aussi, dans cette vie, est de devenir participants de la rédemption et du salut du monde.
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