Bible-Centre

La réflexion principale pour le 15 septembre 2017

Comme on voit, Paul évalue de manière assez sceptique la possibilité d'évaluer le christianisme de l’homme par apparence («personnalité»). Il semblerait qu’un tel scepticisme ne soit pas toujours justifié: car souvent l’apparence de l’homme (dans le sens large du mot) peut en dire beaucoup de lui: le style de vie, le comportement, même les manières donnent parfois une représentation assez complète non seulement de l’extérieur, mais aussi de l'intérieur de leur possesseur. Et tout de même, ayant réfléchi, il faut être d’accord avec l'apôtre: l’apparence comprise même largement, parle très peu de la vie chrétienne de l’homme, et peut-être même rien du tout.

Certes, si le christianisme était simplement encore une nouvelle religion, l’apparence de l’homme aurait pu dire beaucoup sur son christianisme : car la religiosité (ou son absence) est en beaucoup formée par cette même apparence. Mais le christianisme n’est pas une religion, mais la vie dans le Royaume. Et ici sans expérience personnelle d'une telle vie il est pratiquement impossible de comprendre quelque chose.

Bien sûr, on pourrait se rappeler de l'amour, la joie et plusieurs autres caractéristiques d'une telle vie, mais en effet, les reflets du Royaume sont rencontrés parfois aussi dans le monde non transformé, et si on prend en considération encore que la joie, par exemple, comme plusieurs autres, peut être provoquée par de différentes raisons spirituelles, nous arriverons involontairement à la conclusion qu’il est très difficile, voire impossible de juger combien l’homme est joint à la vie du Royaume, seulement par des signes extérieurs. Il ne reste qu’un critère : l'expérience en général. En effet : la vie du Royaume, comme la vie en général, peut être très différente extérieurement, ses formes sont pratiquement inépuisables, mais l'essence est la même, et chacun, familiarisé même un peu avec cette vie, ne la confondra jamais et avec rien, si seulement il ne voudra pas pour une quelconque raison se tromper lui-même. Et l'apôtre, comme on voit, fait appel notamment à cette expérience permettant sans doutes et hésitations de définir, si une personne particulière a une relation avec la vie du Royaume, ou pas.

Si une personne sait qu'elle vit une même vie avec le Christ (et si c'est vraiment le cas, alors il ne peut avoir de doutes chez celui qui vit la vie christique, en quelle vie il vit), alors elle le saura aussi pour une autre personne, si seulement elle sent en cette personne la présence de la même vie, que ce qu’elle vit, elle dira avec une assurance totale : nous vivons ensemble la même vie. Comme on voit, il n’y a pas d’autres critères.

Et ce n'est pas étonnant: car il ne peut pas avoir par définition dans le monde non transformé d’instruments, permettant de fixer les manifestations du Royaume. Et nous ne pouvons nous-mêmes les voir qu’autant nous n'appartenons pas à ce monde entièrement. Et Paul propose à chacun, lorsqu’il s’agit de la vie spirituelle, de s’appuyer sur ce sentiment du Royaume. Sur ce seul instrument fiable, qui nous permet de distinguer la vie du Royaume de la vie de «ce monde».

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