1 Poème. De David. Quand il était dans la caverne. Prière.
2 A Yahvé mon cri! J'implore. A Yahvé mon cri! Je supplie.
3 Je déverse devant lui ma plainte, ma détresse, je la mets devant lui,
4 alors que le souffle me manque; mais toi, tu connais mon sentier. Sur le chemin où je vais ils m'ont caché un piège.
5 Regarde à droite et vois, pas un qui me reconnaisse. Le refuge se dérobe à moi, pas un qui ait soin de mon âme.
6 Je m'écrie vers toi, Yahvé, je dis : Toi, mon abri, ma part dans la terre des vivants!
7 Sois attentif à ma clameur, je suis à bout de force. Délivre-moi de mes persécuteurs, eux sont plus forts que moi!
8 Fais sortir de prison mon âme, que je rende grâce à ton nom! Autour de moi les justes feront cercle, à cause du bien que tu m'as fait.
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Nous avons devant nous une demande d’aide qui jaillit du cœur d’un homme épuisé. Cet homme est ce même David qui a vaincu de nombreux ennemis et traversé de nombreuses épreuves, celui que nous avons l’habitude de voir comme un guerrier indestructible qui surmonte parfaitement les difficultés. Mais nous entendons maintenant non la voix d’un triomphateur, non l’appel guerrier d’un héros habitué au danger, mais la voix d’un homme faible qui espère dans le Seigneur non seulement parce qu’il a l’habitude de marcher devant Lui, mais aussi parce qu’il n’a plus rien d’autre en quoi espérer : ses propres forces s’épuisent et ses ennemis deviennent toujours plus puissants...
C’est souvent précisément celui qui a l’habitude de se voir fort qui ne peut supporter d’avouer sa propre faiblesse. Mais David est prêt à se reconnaître faible, et une autre force se manifeste en cela : intérieure, discrète et souvent peu appréciée de ceux qui l’entourent. C’est la force de l’humilité, qui surpasse la force extérieure fondée sur l’étalage de sa propre « dureté ». C’est paradoxal, mais c’est ainsi : se reconnaître faible devant le Seigneur permet de recevoir les forces qu’Il donne. L’orgueil fondé sur la vantardise de ses propres forces conduit, tôt ou tard, à leur perte.
Autres réflexions
Pour Ps 142:6
6 Je m'écrie vers toi, Yahvé, je dis : Toi, mon abri, ma part dans la terre des vivants!
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Quiconque connaît un peu la vie spirituelle connaît des définitions d'états spirituels comme la «sécheresse» et quelque chose d'opposé à cette sécheresse, pour quoi l'on n'a justement pas trouvé de définition univoque, parce que, dans la vie spirituelle, le négatif nous est en général beaucoup plus compréhensible que le positif...
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Quiconque connaît un peu la vie spirituelle connaît des définitions d'états spirituels comme la «sécheresse» et quelque chose d'opposé à cette sécheresse, pour quoi l'on n'a justement pas trouvé de définition univoque, parce que, dans la vie spirituelle, le négatif nous est en général beaucoup plus compréhensible que le positif. Ce n'est pas un hasard si nous trouvons si facilement des mots pour parler du péché et de la lutte contre lui, et si difficilement pour parler de la grâce et des hauts exploits spirituels: pour le premier, les mots se trouvent facilement dans notre langue; pour le second, très difficilement.
Il en est ainsi pour l'hymnographe: il définit son état présent par le mot «sécheresse», parlant d'une «âme sèche», tandis qu'il n'ose pas définir d'une manière univoque ce vers quoi il tend; il dit seulement qu'il a besoin de Dieu comme la terre sèche de la steppe a besoin de l'humidité de la pluie. Qu'est donc cette sécheresse? D'où vient-elle?
Il est question ici, bien sûr, d'un homme qui vit une vie spirituelle pleine et qui cherche à suivre le chemin de la justice. Or le chemin de la justice suppose, premièrement, des relations avec Dieu, sans lesquelles aucune vie spirituelle n'est possible, et deuxièmement, l'observance de la Torah, des lois et des commandements donnés par Dieu, sans quoi il ne peut y avoir de relations normales avec Dieu.
L'homme qui vit une vie spirituelle pleine estime nécessaire pour lui d'observer la Torah toujours et en tout cas; pourtant la nature humaine déchue, abîmée par la chute, s'y oppose de toutes les manières, non seulement au niveau spirituel, mais aussi à tous les autres. Cette lutte de l'homme contre lui-même, si bien décrite notamment par Paul dans ses lettres, détourne parfois complètement l'homme de Dieu, déplaçant le foyer principal de l'attention de celui qui cherche le chemin juste de Dieu vers lui-même, de sorte qu'au centre de son attention se trouve non Dieu, mais sa propre humanité abîmée par le péché.
La concentration sur ses propres péchés, lorsque leur opposition devient, peut-être sans que l'homme lui-même s'en aperçoive, une fin en soi, déforme les relations de l'homme avec Dieu. Les relations normales avec Lui ne sont possibles que lorsque Lui-même est au centre, et non ce qui favorise ou, au contraire, empêche les relations avec Lui. Il suffit de concentrer l'attention non sur Lui, mais sur quoi que ce soit d'autre, même lié à Lui, pour que la vie spirituelle normale prenne fin.
C'est alors que l'homme vit la sécheresse comme un manque de cette vie de Dieu, de ce souffle vivifiant dont l'acquisition est le but et le sens de la vie spirituelle, sans lequel le chemin de la justice est impossible et l'observance même des commandements perd son sens. Et l'hymnographe cherche ce souffle, demande à Dieu ce sans quoi il ne peut vivre, ce sans quoi sa vie perd tout sens.
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1 Poème. De David. Quand il était dans la caverne. Prière.
2 A Yahvé mon cri! J'implore. A Yahvé mon cri! Je supplie.
3 Je déverse devant lui ma plainte, ma détresse, je la mets devant lui,
4 alors que le souffle me manque; mais toi, tu connais mon sentier. Sur le chemin où je vais ils m'ont caché un piège.
5 Regarde à droite et vois, pas un qui me reconnaisse. Le refuge se dérobe à moi, pas un qui ait soin de mon âme.
6 Je m'écrie vers toi, Yahvé, je dis : Toi, mon abri, ma part dans la terre des vivants!
7 Sois attentif à ma clameur, je suis à bout de force. Délivre-moi de mes persécuteurs, eux sont plus forts que moi!
8 Fais sortir de prison mon âme, que je rende grâce à ton nom! Autour de moi les justes feront cercle, à cause du bien que tu m'as fait.
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Le psalmiste implore le Seigneur de l’entendre selon Sa justice, tout en comprenant lui-même que s’Il juge réellement...
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Le psalmiste implore le Seigneur de l’entendre selon Sa justice, tout en comprenant lui-même que s’Il juge réellement selon la justice, personne ne pourra se justifier devant Lui. Mais pourquoi faire appel à la justice si l’on comprend d’avance qu’on ne la supportera pas ?
Le seul fait que nous ayons confiance en Dieu et que nous voulions suivre Ses commandements signifie que nous souhaitons connaître sur nous-mêmes la vérité qu’Il nous révélera. Et bien que nous ayons déjà compris que le Seigneur est miséricordieux et que Son jugement n’est pas formel et superficiel comme l’est souvent le jugement humain, il nous faut néanmoins, avant de Lui demander miséricorde, acquérir une vision lucide de nous-mêmes et de ce que nous faisons trop souvent. Pour bien comprendre et ressentir tout cela, il peut être utile de voir comment nos actes, qui nous sont si familiers, apparaissent de l’extérieur. Et alors nous sommes saisis d’effroi.
Mais le Seigneur, à la différence des hommes, ne se contente pas de nous laisser saisir d’effroi : Il nous sauve aussi. Il nous sauve de ce qui nous déforme, mais que nous considérons souvent, tout à fait à tort, comme une part inséparable de nous-mêmes.
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