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La réflexion principale pour le 18 avril 2013

Que peut et qu’est-ce que ne peut pas le roi, que ça soit même un monarque absolu, le chef d’une grande puissance de son temps ? En lisant certains chapitres du Livre de Daniel, il semble parfois qu'il ne peut presque rien. Ou, au moins, ne peut pas faire l'essentiel : prendre cette décision, qui dans une situation concrète lui semble la seule juste. C’est le cas avec Darius : il ne veut pas la mort de Daniel, il serait content de changer la décision prise par lui autrefois et supprimer le décret publié par lui, mais il n’a pas capable de faire cela : les lois prises dans l'empire Perse étaient irrévocables, et même le roi ne pouvait rien faire ici. Il est difficile aujourd'hui de dire avec certitude, si tel était vraiment le cas, ou si nous avons devant nous une des nombreuses légendes sur l'empire Perse et ses dirigeants. Mais dans le cas présent ce n’est pas important : quoi qu’il en soit, l'auteur du livre a noté un trait caractéristique sur la position du dirigeant, étant à la tête de n'importe quel État, vivant d'après les lois du monde non transformé: il n'a de pouvoir ni sur lui-même, ni sur les situations, dans lesquelles il se trouve, comme régent. Et le problème ici n’est pas dans la sacralité des lois ou du pouvoir et ni dans le fait que, comme annonce le célèbre adage, «l’entourage du roi fait le roi».

Bien sûr, on peut parler dans un certain sens et dans les époques connues de la sacralité des lois, et l'influence de l'entourage sur le régent est une réalité, dont n'importe quel régent doit prendre en considération. Mais et l’une, et l'autre, et encore plusieurs choses, avec lesquelles se heurte n'importe quelle autorité, au compte final, ne représente rien d'autre que ce que l'on pourrait appeler la logique du pouvoir. Bien sûr, d’une personne concrète dépend plusieurs. Et tout de même les auteurs de tous les livres bibliques sont unanimes : il n’y a pas de bon pouvoir dans le monde déchu, il n’y a qu’une mauvaise ou très mauvaise. Et pas parce que tous ses représentants sont initialement malintentionnés, mais parce que n'importe quel État a toujours été et reste une machine, dont le mécanisme, soit fonctionne d'après les lois inhérentes, soit ne fonctionne pas du tout.

Et plus le mécanisme est complexe et a plus grande échelle, plus se manifeste en lui le mal, dans lequel, d’après la parole de l'Évangile, se trouve monde. Pour l'auteur du Livre de Samuel la théocratie vaut mieux que la monarchie, même électif, comme elle était au temps de Saul et David, pas seulement parce qu’au pouvoir se trouvent des leaders charismatiques dirigés par Dieu (dans ces mêmes livres la vraie théocratie est décrite, comme un institut ambigu et spirituellement, et politiquement), mais encore aussi (et peut-être même en premier lieu) parce qu’elle permet d'éviter la formation du mécanisme d’Etat. Bien que, certes, dans le monde déchu même la théocratie ne soit pas une panacée.

La Torah pour les prophètes, et pour les sages est la meilleure des législations possible, mais elle non plus ne fera pas la société idéale, elle ne peut le faire que, selon l'expression de Platon, «deuxième après le meilleur». Et dans une société ordinaire, dans un grand empire, il ne reste parfois au régent qu’à être tourmenté par les remords et l'incapacité d'aider celui qu’il ne trouve pas du tout coupable. Et seulement ces remords de la conscience il pourra présenter à Dieu le jour du jugement, comme la preuve de ses meilleures intentions non réalisées.

RÉFLEXIONS

 

Les actes des détenteurs du pouvoir ne leur apportent pas toujours de la joie. La question du roi perse à Daniel est révélatrice à cet égard : il n'est manifestement pas heureux de ce... 

 

L'image du souverain païen dans le livre de Daniel n'est pas peinte d'une seule couleur noire. Un tel souverain n'est pas toujours ni nécessairement l'incarnation du mal pur, une créature infernale en qui il n'y aurait rien d'humain. D'un côté... 

 

Comme on voit, les actions des gens qui se trouvent au pouvoir, ne leur apportent toujours pas la joie. La question du roi perse à Daniel est à cet égard indicative: il n'est clairement pas content de ce qui lui est arrivé de faire. Bien sûr d'une part, l'acte du roi pourrait être considéré... 

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