57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
67 Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser: |
68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, |
69 et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, |
70 selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, |
71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. |
72 Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, |
73 du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder |
74 que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions |
75 en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. |
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, |
77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; |
78 grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, |
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
80 Cependant l'enfant grandissait, et son esprit se fortifiait. Et il demeurait dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. |
Dans cet épisode, une circonstance paraît étrange si l'on se souvient des détails ethnographiques. Chez les Juifs, un fils ne pouvait recevoir le nom de son père que si celui-ci était mort pendant la grossesse de la mère. Il est difficile de dire quand cette coutume est apparue, mais, si elle existait déjà lors de la naissance de Jean, la situation de Zacharie, contraint de demeurer longtemps silencieux, apparaît tragique : on ne tient aucun compte de lui et on le traite comme s'il était mort. Les voisins et les parents, qui se réjouissent de la naissance de l'enfant et proposent de l'appeler Zacharie, disposent en réalité de ce qui ne leur appartient pas.
Pourtant, malgré les humiliations qu'il avait subies, Zacharie resta fidèle à Dieu. Nous entendons le discours inspiré de Zacharie, qui contient une prophétie, et l'évangéliste souligne qu'il parlait sous l'action de l'Esprit Saint. Mais, pour devenir capable d'être rempli de l'Esprit Saint, Zacharie dut traverser patiemment l'épreuve du rejet.
57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
67 Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser: |
68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, |
69 et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, |
70 selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, |
71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. |
72 Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, |
73 du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder |
74 que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions |
75 en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. |
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, |
77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; |
78 grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, |
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
80 Cependant l'enfant grandissait, et son esprit se fortifiait. Et il demeurait dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. |
Dans cet épisode, il y a une circonstance qui paraît étrange si l'on tient compte des détails ethnographiques. Le fait est que, chez les Juifs, un fils ne peut recevoir le nom de son père que si le père est mort pendant la grossesse de la mère. Il est difficile de dire quand cette coutume est apparue, mais si elle existait déjà au moment de la naissance de Jean, la situation de Zacharie, contraint de demeurer longtemps dans le silence, prend un aspect tragique: on ne tient pas compte de lui, on le traite comme un mort. Les voisins et les parents, réjouis par la naissance du nourrisson et proposant de l'appeler Zacharie, disposent en réalité de ce qui n'est pas leur maison.
Mais Zacharie, malgré les humiliations subies, a gardé fidélité à Dieu. Nous entendons son discours inspiré, qui contient une prophétie, et l'évangéliste note qu'il parlait sous l'action de l'Esprit Saint. Mais pour être rempli de l'Esprit Saint, Zacharie a dû traverser patiemment l'épreuve du rejet.
57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
67 Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser: |
68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, |
69 et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, |
70 selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, |
71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. |
72 Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, |
73 du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder |
74 que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions |
75 en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. |
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, |
77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; |
78 grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, |
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
80 Cependant l'enfant grandissait, et son esprit se fortifiait. Et il demeurait dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. |
La lecture d'aujourd'hui achève le récit de l'évangéliste sur la naissance de Jean le Baptiste. Il est remarquable que la fin du récit de cet événement, chez Luc, suive immédiatement le récit de l'Annonciation, qui se trouve inclus dans le récit de la conception et de la naissance miraculeuses de Jean. Une telle composition du premier chapitre de l'Évangile n'est évidemment pas fortuite. Chacun des évangélistes décrit à sa manière la réalité de ce que les théologiens appellent aujourd'hui l'Incarnation de Dieu. Pour Luc, elle a, semble-t-il, avant tout une dimension historique, plus précisément historiosophique.
Une telle approche n'était pas quelque chose de tout à fait nouveau : les textes sacrés qui existaient aux temps protochrétiens (le Pentateuque, les Premiers Prophètes et les Derniers Prophètes) étaient eux aussi des oeuvres historiosophiques ; ils exposaient l'histoire du peuple de Dieu comme histoire de la Révélation. Et l'histoire de la Révélation était naturellement, avant tout, l'histoire des relations de Dieu avec l'homme. Il n'est pas surprenant qu'elle ait été principalement l'histoire des prophètes et des justes : en effet, on ne peut connaître la révélation que grâce au témoignage de ceux qui entendent Dieu et n'ont pas peur de témoigner de ce qu'ils ont entendu.
Il est évident que, pour Luc, qui savait comment Jésus évaluait le ministère de Jean le Baptiste (Lc 7,28), ce prophète est devenu le symbole du ministère prophétique comme tel, une sorte de quintessence de toute la tradition prophétique. Ce n'est pas par hasard que l'évangéliste décrit si en détail sa naissance miraculeuse, comme pour faire comprendre que Dieu lui-même désigne Jean comme celui qui achèvera ce que les prophètes des temps anciens avaient commencé. Et Luc décrit la naissance du Messie-Christ comme un événement qui devient le centre et le sens de toute l'histoire de la Révélation.
À cet égard, la composition du premier chapitre rappelle en partie la composition de l'icône orientale, où ce qui est généralement représenté au centre et en grand n'est pas ce qu'exigerait la perspective tridimensionnelle, mais ce qui constitue le centre de sens de ce qui est représenté. Chez Luc, une telle composition a encore un sens supplémentaire : la Nativité du Christ se trouve chez lui tissée dans la trame de l'histoire, même représentée symboliquement, mais cependant tout à fait réelle. Ainsi Luc a exprimé la vérité de ce qu'on appelle aujourd'hui l'Incarnation de Dieu, sans laquelle toute l'histoire de la Révélation serait restée inachevée.
57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
67 Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser: |
68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, |
69 et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, |
70 selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, |
71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. |
72 Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, |
73 du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder |
74 que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions |
75 en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. |
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, |
77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; |
78 grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, |
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
80 Cependant l'enfant grandissait, et son esprit se fortifiait. Et il demeurait dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. |
Zacharie prononce un véritable hymne au Messie à venir. Il exprime des espérances que l'on ne peut placer qu'en Dieu : qu'enfin la paix advienne sur la terre, que le peuple de Dieu soit délivré de ses ennemis, que les hommes reçoivent le pardon pour tout ce qu'ils ont fait de mauvais devant Dieu...
Mais il n'y a pas ici seulement une attente passive du triomphe de la justice et de la paix. Chacun de ceux qui devient participant de la Nouvelle apporte sa contribution à son accomplissement : Zacharie contribue à l'accomplissement de la prophétie sur le dernier prophète, Marie reçoit la force de l'Esprit pour enfanter le Messie à venir, Jean devra préparer le peuple à Sa venue. Quelle mission repose sur nous, qui vivons deux millénaires après la Nativité ?
57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
67 Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser: |
68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, |
69 et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, |
70 selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, |
71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. |
72 Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, |
73 du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder |
74 que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions |
75 en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. |
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, |
77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; |
78 grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, |
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
80 Cependant l'enfant grandissait, et son esprit se fortifiait. Et il demeurait dans les déserts jusqu'au jour de sa manifestation à Israël. |
Le cantique de Zacharie est rempli d’images de l’Ancien Testament qui annoncent la délivrance des ennemis et la miséricorde du Seigneur envers Son peuple. La naissance de Jean inaugure une ère nouvelle dans les relations entre Dieu et les hommes. Mais il importe aussi que Zacharie lui-même ait servi l’avènement de cette ère : par son ouverture à Dieu et son obéissance à Sa parole, il a accompli le dessein divin concernant la naissance du prophète qui préparerait le chemin du Seigneur à venir. Nous devons nous souvenir qu’en répondant à l’appel de Dieu exprimé dans Sa parole, nous pouvons nous aussi contribuer à l’accomplissement des prophéties sur le Royaume de Dieu qui vient dans sa plénitude.
57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
Le jour de la Nativité de Jean le Baptiste, l'Église nous propose des lectures qui racontent les relations entre Dieu et son peuple élu. Et bien que Jean soit mentionné pour la première fois dans le Nouveau Testament, il a le rapport le plus direct avec toute l'histoire antérieure d'Israël. On parle parfois de lui comme du dernier prophète de l'Ancien Testament, et c'est réellement le cas. Fils de l'un des prêtres du Temple de Jérusalem, il devint l'héritier de toute la piété de l'Ancien Testament, et pas seulement par son origine. Il vécut la rencontre avec le Seigneur avant même sa naissance au monde, et le Seigneur l'appela « dès le sein maternel à être son serviteur, pour ramener Jacob vers lui et pour qu'Israël soit rassemblé auprès de lui » (Is 49:5).
Jean continua à porter son service à Dieu, en appelant les hommes au repentir, même après le commencement de la prédication du Christ. Mais par ses actes il « accomplissait », c'est-à-dire portait à sa plénitude, ce que tout le peuple d'Israël était appelé à faire pendant la période de l'Ancien Testament: vivre devant Dieu et témoigner au monde du Sauveur à venir. Il manifeste la sainteté la plus pleine possible pour le peuple de Dieu, le rapprochement de Dieu le plus grand qui soit possible par les forces humaines. Mais, comme le Seigneur lui-même l'a dit, « parmi ceux qui sont nés de femmes, il n'en a pas paru de plus grand que Jean le Baptiste; mais le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui » (Mt 11:11), parce que nos seuls efforts ne suffisent pas. Et le Seigneur veut que nous fassions des efforts, que nous cherchions autant que possible à nous approcher de lui; et lui complétera le reste en venant à nous.
57 Quant à Élisabeth, le temps fut accompli où elle devait enfanter, et elle mit au monde un fils. |
58 Ses voisins et ses proches apprirent que le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde à son égard, et ils s'en réjouissaient avec elle. |
59 Et il advint, le huitième jour, qu'ils vinrent pour circoncire l'enfant. On voulait l'appeler Zacharie, du nom de son père; |
60 mais, prenant la parole, sa mère dit : " Non, il s'appellera Jean. " |
61 Et on lui dit : " Il n'y a personne de ta parenté qui porte ce nom ! " |
62 Et l'on demandait par signes au père comment il voulait qu'on l'appelât. |
63 Celui-ci demanda une tablette et écrivit : " Jean est son nom " ; et ils en furent tous étonnés. |
64 À l'instant même, sa bouche s'ouvrit et sa langue se délia, et il parlait et bénissait Dieu. |
65 La crainte s'empara de tous leurs voisins, et dans la montagne de Judée tout entière on racontait toutes ces choses. |
66 Tous ceux qui en entendirent parler les mirent dans leur cœur, en disant : " Que sera donc cet enfant ? " Et, de fait, la main du Seigneur était avec lui. |
Il est frappant que toutes les œuvres merveilleuses de Dieu soient pour nous des surprises. En réalité, Dieu n’entreprend jamais rien de sérieux sans en avertir les hommes (Am 3:7). Ainsi, avant la venue du Messie, que Dieu préparait depuis plusieurs siècles, le plus grand des prophètes, Jean, est envoyé dans le monde. Sa tâche est d’être le héraut qui annonce la manifestation du Christ, de Le reconnaître et de Le montrer aux hommes. Oui, le Seigneur l’a appelé au service dès le sein de sa mère ; mais chacun de nous aussi a été créé par le même Dieu et est précieux à Ses yeux, comme il est dit dans le Psaume 138(139).
67 Et Zacharie, son père, fut rempli d'Esprit Saint et se mit à prophétiser: |
68 " Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, de ce qu'il a visité et délivré son peuple, |
69 et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David, son serviteur, |
70 selon qu'il l'avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, |
71 pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent. |
72 Ainsi fait-il miséricorde à nos pères, ainsi se souvient-il de son alliance sainte, |
73 du serment qu'il a juré à Abraham, notre père, de nous accorder |
74 que, sans crainte, délivrés de la main de nos ennemis, nous le servions |
75 en sainteté et justice devant lui, tout au long de nos jours. |
76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut; car tu marcheras devant le Seigneur, pour lui préparer les voies, |
77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés; |
78 grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu, dans lesquels nous a visités l'Astre d'en haut, |
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
La veille de Noël est l’un des jours les plus difficiles de l’année. Les textes lus aujourd’hui matin et soir expriment toute la tension accumulée en nous jusqu’à ce jour. La prophétie est bien là, on sait qu’elle s’est accomplie, nous savons déjà pourquoi et comment Dieu est venu à nous comme Homme. Mais, dans l’attente de Noël, nous vivons tous le jour où Il n’est pas encore né, alors que nous n’avons déjà plus la force d’attendre. Et si tout n’était pas ainsi ? Et si c’était une erreur, une fantaisie, l’éternelle tendance à prendre ses désirs pour la réalité ? Nous L’attendons, nous craignons de nous tromper, nous nous rassemblons pour vivre ces quelques heures qui restent avant Sa naissance.
Et lorsque nous Le verrons, l’Enfant qui nous est donné pour le Salut, nous rirons avec Zacharie de nos peurs et du fait qu’Il nous a de nouveau tirés de « l’ombre de la mort ».
79 pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. " |
Zacharie, l'un de ceux qui «attendaient la consolation d'Israël», cette consolation même qui était liée à la venue du Messie, dit que le Messie à venir devra notamment «éclairer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, en dirigeant nos pas sur le chemin de la paix». Ici apparaît devant nous l'image du Messie illuminateur, illuminateur au sens le plus littéral du mot. Dans les siècles suivants, par «illumination» on a souvent compris tout autre chose: la connaissance du monde et de l'homme, une juste vision du monde, bref, quelque chose lié d'une manière ou d'une autre à la sphère intellectuelle. Et l'on supposait que plus l'homme sait, plus il vivra correctement et plus il sera heureux. Zacharie, lui, parle de l'illumination au sens le plus littéral, spirituel, du mot.
Il a en vue cette lumière de la présence de Dieu que les croyants yahvistes de son temps et des époques précédentes connaissaient assez bien, parce que cette Présence comme lumière leur avait été révélée dès les jours de Moïse. C'est une telle lumière qui devait maintenant éclairer les hommes. Et le monde aussi: car le Royaume devait entrer dans le monde, et le monde devait devenir Royaume, entièrement pénétré de lumière. La même lumière dont le monde était pénétré au premier jour de la création et qui s'est ensuite obscurcie à cause du mal et du péché entrés dans le monde. Les ténèbres dont parle Zacharie ne sont pas physiques; ces ténèbres apparaissent là où il n'y a pas de place pour la présence de Dieu. Après la chute, le monde entier s'est trouvé dans l'ombre de la mort, qui l'a pris captif.
Et voici que vient maintenant le temps où la venue du Messie ne laissera plus de place aux ténèbres dans le monde, le libérera de la captivité, faisant du monde une partie du Royaume et rétablissant sa plénitude. Et la paix, c'est ce qui est donné à l'homme dans le Royaume. Il ne s'agit pas seulement de la paix entre les hommes qui cessent de se faire la guerre; il s'agit aussi de la paix avec Dieu, et c'est déjà une réalité nouvelle pour l'homme déchu: la présence de Dieu, qui s'ouvre à lui de l'intérieur comme partie de sa propre vie intérieure. La paix, c'est le Royaume même, mais au-dedans, dans le coeur. La paix au-dedans et la lumière au-dehors: tel se révèle à Zacharie le Royaume qui entre dans le monde avec le Messie.
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