33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
Cette pensée revient maintes fois dans l’Évangile sous différentes formes. De quoi s’agit-il ? Pourquoi le Seigneur la juge-t-Il si importante ? Peut-être parce qu’Il voit que notre désir de « posséder » porte en lui une nature profondément pécheresse. C’est le désir d’assurer le fondement de notre moi autonome, indépendant de Dieu et les uns des autres, le désir de soutenir par quelque chose notre orgueil et notre élévation au-dessus des autres, de ceux qui « n’ont pas ». Or le dessein de Dieu est un univers fondé sur l’amour, c’est-à-dire sur l’interdépendance, la relation mutuelle et le don réciproque.
Jésus ne dit pas ici que nous ne devrions rien avoir; Il nous appelle à « renoncer », à ne pas accorder à ce que nous avons une trop grande importance, à ne pas considérer nos biens comme un appui tant soit peu sérieux dans notre vie, mais à placer toute notre espérance, toute notre confiance, en Dieu seul. Un exemple me revient à l’esprit. Bien sûr, les gens essaient toujours de mettre quelque chose de côté « pour les mauvais jours ». Et les personnes âgées ont souvent tendance à économiser pour leurs funérailles. Or l’Évangile parle d’un homme âgé, respecté, qui avait pris soin d’avance de ses futures funérailles et s’était préparé un tombeau coûteux... Puis il a rencontré Jésus et s’est mis à se considérer comme Son disciple, un disciple secret, parce qu’il craignait l’opinion des autorités religieuses. Mais voici que Jésus meurt sur la croix, et cet homme, Joseph d’Arimathie, perd sa peur. Il va trouver Pilate et obtient de lui la permission d’ensevelir le Seigneur. En donnant à Jésus son tombeau, il renonce à ce qu’il possède, au fondement humain de son espoir d’être respecté par les autres et de terminer dignement sa vie; et c’est précisément à ce moment qu’il cesse d’être un disciple « secret » du Christ pour devenir Son véritable disciple.
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
Cette pensée se répète dans l’Évangile de nombreuses fois sous différentes formes. De quoi s’agit-il ? Pourquoi le Seigneur la juge-t-il si importante ? Peut-être parce qu’il voit que notre désir d’« avoir » porte en lui une nature profondément pécheresse. Ce désir d’assurer le fondement de notre moi, de notre indépendance à l’égard de Dieu et les uns des autres, le désir d’appuyer par quelque chose notre orgueil et notre exaltation au-dessus des autres, de ceux qui « n’ont pas ». Or le dessein de Dieu, c’est une création fondée sur l’amour, c’est-à-dire sur l’interrelation, l’interdépendance et le don réciproque. Jésus ne dit pas ici que nous ne devrions rien posséder ; il nous appelle à « nous détacher », à ne pas accorder à ce que nous avons une importance excessive, à ne pas considérer nos biens comme un soutien tant soit peu sérieux dans notre vie, mais à mettre toute notre espérance, toute notre confiance, en Dieu seul.
L’Évangile nous donne un tel exemple. Les hommes essaient toujours de mettre quelque chose de côté « pour les jours sombres » ; chez les personnes âgées, il est même habituel d’économiser pour leurs funérailles. Et voilà que l’Évangile raconte l’histoire d’un homme âgé, respectable, qui avait pris soin à l’avance de ses futures funérailles, s’était préparé un tombeau coûteux... Puis il a rencontré Jésus et s’est mis à se considérer comme son disciple, un disciple secret, parce qu’il craignait l’opinion des autorités religieuses. Mais voilà que Jésus meurt sur la croix, et cet homme, Joseph d’Arimathie, perd sa peur. Il va chez Pilate et obtient de lui la permission d’ensevelir le Seigneur. En donnant à Jésus son tombeau, il se détache de ce qu’il possède, du fondement humain de son espoir d’être respecté par son entourage et de terminer dignement sa vie ; et c’est précisément à ce moment-là qu’il cesse d’être un disciple « secret » du Christ et devient son véritable disciple.
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
Nous avons tous appris et continuons à apprendre; mais que comprenons-nous par le mot apprendre? D’une manière générale, c’est lorsqu’on nous parle quelque chose et nous écoutons. Dans le meilleur de cas, on nous montre quelque chose, et nous regardons. Tel en est le model scolaire. Mais Jésus utilise complètement un autre model. Il appelle Ses disciples à Le suivre, de partager avec Lui Sa vie, apprendre dans le processus de cette vie, de s’efforcer à ressembler le Maitre.
Réfléchissons à présent, quelle vie Jésus Lui-même mène, quelle vie devrait assimilée Ses disciples à leur propre vie? Il n’est plus un charpentier, Il n’a pas un domicile constant (rappelez vous – «Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l'homme, lui, n'a pas où reposer la tête» - (Mt 8:20), Il n’a pas d’argent, ni de famille…Il a Lui-même renoncé à tout pour servir tous! Qu’espérons-nous, lorsque nous pensons à nous comme étant Ses disciples? Ne répétons-nous pas l’erreur des fils de Zébédée, «qui ont partagé les portefeuilles ministériels» dans le futur Royaume (Mc 10:35-37)?
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
Nous avons tous appris et continuons d’apprendre. Mais qu’entendons-nous par ce mot ? En général, quelqu’un nous dit quelque chose et nous écoutons. Dans le meilleur des cas, quelqu’un nous montre quelque chose et nous regardons. C’est le modèle scolaire. Jésus en propose un tout autre : Il appelle Ses disciples à Le suivre, à partager Sa vie avec Lui, à apprendre au fil de cette vie et à s’efforcer de ressembler au Maître.
Et ici, il convient de réfléchir à la manière dont Jésus Lui-même vit et à ce que Ses disciples doivent précisément imiter dans leur propre vie : Il n’est plus charpentier, Il n’a pas de demeure permanente (il suffit de se rappeler ces paroles : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer Sa tête » — Mt 8:20), Il n’a ni argent ni famille... Lui-même a renoncé à tout afin de servir tous.
Et qu’attendons-nous lorsque nous nous considérons comme Ses disciples ? Ne répétons-nous pas l’erreur des fils de Zébédée, qui se « partageaient les portefeuilles ministériels » dans le Royaume à venir (Mc 10:35-37) ?
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
Cette idée se répète plusieurs fois dans la Bible dans différentes versions. De quoi s’agit-il? Pourquoi le Seigneur la considère de si importante? Peut-être parce qu’Il voit que notre volonté “d’avoir” a une nature pécheresse profonde. Cette volonté va assurer la base de notre soi, notre indépendance de Dieu et des uns des autres, le désir de renforcer avec quoi que ce soit notre orgueil et de s’élever sur les autres « pauvres». Mais le plan de Dieu c’est la création basée sur l’amour c'est-à-dire interconnexion, interdépendance et du donnant-donnant.
Jésus ne dit pas ici qu’on ne devrait rien avoir, Il demande «de renoncer», de ne pas accorder beaucoup d’importance à ce que nous avons, de ne pas considérer en quoi qu’il en soit notre bien comme un support valable dans notre vie, mais de mettre tout notre espoir, toute notre espérance en Dieu. Bien sûr que les gens essaient toujours de garder quelque chose pour « le mauvais jour». Et les personnes âgées ont habitude d’économiser pour leur enterrement. On peut se rappeler de cet exemple; voila l’Évangile parle d’une de ces personnes âgées, un homme respectable, qui d’avance a pris soin de son enterrement futur, et s’est préparé un tombeau précieux… Et après, il fit connaissance avec Jésus et commença à se considérer comme un de Ses disciples, un disciple caché puisqu’il avait peur des autorités religieuses. Voila que Jésus meurt sur la croix, et cet homme appelé Joseph d’Arimathie perd la peur. Il va chez Pilate et obtient la permission d’enterrer le Seigneur. Donnant son tombeau à Jésus, il renonce à ce qu’il a, au fondement humain d’espoir pour le respect de l’entourage et d’une digne fin de la vie, mais c’est surtout en ce moment qu’il arrête d’être un disciple «caché» de Jésus et devient un vrai disciple.
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit: |
26 " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 " Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? |
29 De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: |
30 "Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever ! " |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille? |
32 Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 " C'est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s'affadir, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? |
35 Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
Jésus avertit clairement chacun de ce que coûte le chemin vers le Royaume. Et il conseille: avant de vous décider à me suivre, pesez tout calmement et sobrement. Voulez-vous ce que je peux vous donner? Êtes-vous prêts à suivre le chemin qu'il faudra suivre? Il n'y a ici, bien entendu, aucun désir d'effrayer ou de détourner du chemin vers le Royaume. Mais il y a la compréhension qu'une fois entré sur ce chemin, s'en détourner ensuite sera, si cela reste possible, accompagné de pertes spirituelles sérieuses, et peut-être pas seulement spirituelles.
Ce n'est pas par hasard que le Sauveur compare la situation de celui qui s'apprête à s'engager sur le chemin chrétien à celle d'un homme qui se prépare à construire une tour de garde dans son champ, ou à celle du dirigeant d'un pays qui s'apprête à faire la guerre à son voisin: dans les deux cas, il vaut mieux tout réfléchir avant de commencer, car en cas d'échec on peut se retrouver dans une situation bien pire que celle qui aurait existé si l'un comme l'autre avait renoncé à son projet. Le prix du chemin, selon Jésus, est le renoncement à tout ce que peut donner ce monde non transfiguré et plongé dans le mal.
Ce n'est pas par hasard que le Sauveur recourt à l'image de la croix: à l'époque évangélique elle était bien compréhensible à chacun en Judée, car tous les habitants du pays gardaient encore vive la mémoire du soulèvement qui avait eu lieu auparavant, pendant les années d'indépendance, lorsque fut réprimée la révolte organisée par la fraternité pharisienne contre Alexandre Jannée, dirigeant qui menait, selon les insurgés, une politique totalement contraire à la Torah. Alors les participants à la révolte écrasée par les autorités furent crucifiés: une exécution non seulement douloureuse, mais aussi humiliante pour tout Juif.
Jésus avertit directement tous ceux qui veulent le suivre: il faut être prêt à tout, comme furent prêts à tout pour leur foi les participants de cette révolte, que même la croix n'effraya pas. Et il ne s'agit pas ici du fait que le Royaume que Jésus a apporté dans le monde devrait être établi par la force, comme voulaient l'établir par la force les participants à la révolte sous Alexandre Jannée.
Il s'agit du fait que, selon la parole même du Sauveur, il «n'est pas de ce monde». C'est pourquoi «ce monde» lui sera toujours hostile, non pas par nature, car celle-ci peut être transfigurée et finira par l'être, mais à cause du mal qui est entré dans le monde après la chute. C'est précisément ce conflit avec les forces du mal agissant dans le monde qui rend la croix inévitable pour chaque chrétien, sous une forme ou sous une autre. Mais, manifestement, il n'y a pas d'autre route vers le Royaume. Et chacun, bien sûr, décide lui-même s'il la prend ou non.
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit: |
26 " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 " Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? |
29 De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: |
30 "Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever ! " |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille? |
32 Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
Pour connaître la volonté de Dieu, le don de sagesse est nécessaire, mais notre effort dans l'usage de ce don est également nécessaire. L'Esprit Saint envoyé d'en haut nous donne la possibilité d'évaluer les coûts et de calculer nos forces, mais c'est à nous de le faire. En même temps, Jésus indique aussi le résultat juste d'un tel calcul : les forces suffiront exactement à renoncer à tout, à prendre la croix et à Le suivre.
15 A ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! " |
16 Il lui dit : " Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : "Venez ; maintenant tout est prêt. " |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
19 Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
20 Un autre dit : "Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir. " |
21 " A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. " - |
22 "Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. " |
23 Et le maître dit au serviteur : "Va-t'en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. " " |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit: |
26 " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 " Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? |
29 De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: |
30 "Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever ! " |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille? |
32 Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 " C'est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s'affadir, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? |
35 Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
Le Royaume de Dieu vient dans ce monde, mais l'homme doit faire un pas à sa rencontre, car il est semblable à un banquet de noces auquel chacun est invité, mais où tout le monde ne veut pas venir. Beaucoup de choses dépendent de ce pas, voilà pourquoi le Christ en parle avec des paroles si graves. Il peut tout demander à l'homme, jusqu'à s'oublier soi-même pour le Royaume. Pour faire ce pas, la Bonne Nouvelle doit devenir plus importante que les choses les plus importantes pour l'homme: la maison, les biens, la famille, l'assurance de l'avenir. (Le couple araméen «aimer-haïr» signifie ici simplement «préférer».)
Mais un pas sérieux exige une décision sérieuse (peut-être même plus sérieuse que la décision du roi ou du bâtisseur de tour dans ces paraboles). Le Christ veut la confiance, mais n'exige pas la folie: l'homme doit «calculer» sobrement si, pour lui, l'Évangile vaut vraiment plus que tout le reste de la vie; et si oui, faire un pas vers lui.
1 Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l'un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu'eux étaient à l'observer. |
2 Et voici qu'un hydropique se trouvait devant lui. |
3 Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : " Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? " |
4 Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. |
5 Puis il leur dit : " Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? " |
6 Et ils ne purent rien répondre à cela. |
7 Il disait ensuite une parabole à l'adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans; il leur disait: |
8 " Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan, de peur qu'un plus digne que toi n'ait été invité par ton hôte, |
9 et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : "Cède-lui la place. " Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. |
10 Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise : "Mon ami, monte plus haut. " Alors il y aura pour toi de l'honneur devant tous les autres convives. |
11 Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. " |
12 Puis il disait à celui qui l'avait invité : " Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. |
13 Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; |
14 heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. " |
15 A ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! " |
16 Il lui dit : " Un homme faisait un grand dîner, auquel il invita beaucoup de monde. |
17 A l'heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : "Venez ; maintenant tout est prêt. " |
18 Et tous, comme de concert, se mirent à s'excuser. Le premier lui dit : "J'ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
19 Un autre dit : "J'ai acheté cinq paires de bœufs et je pars les essayer ; je t'en prie, tiens-moi pour excusé. " |
20 Un autre dit : "Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis venir. " |
21 " A son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : "Va-t'en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. " - |
22 "Maître, dit le serviteur, tes ordres seront exécutés, et il y a encore de la place. " |
23 Et le maître dit au serviteur : "Va-t'en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. |
24 Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner. " " |
25 Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et se retournant il leur dit: |
26 " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. |
27 Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. |
28 " Qui de vous en effet, s'il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? |
29 De peur que, s'il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant: |
30 "Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n'a pu achever ! " |
31 Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s'asseoir pour examiner s'il est capable, avec dix mille hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec vingt mille? |
32 Sinon, alors que l'autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. |
33 Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple. |
34 " C'est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s'affadir, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? |
35 Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
En parlant du Royaume, Jésus ne cesse de rappeler à ses auditeurs qu’il faut encore y entrer, et que cela ne se fera pas tout seul. Pour le Royaume, il faut tout quitter. Il faut être prêt à prendre sa croix. Ces paroles du Sauveur étaient tout à fait compréhensibles : ses auditeurs se souvenaient encore que, un peu plus de cent ans avant les événements évangéliques, sous le règne d’Alexandre Jannée dans la Judée alors indépendante, les participants à une révolte antigouvernementale, qui exigeaient des autorités le strict respect des normes de la Torah dans le pays, avaient été crucifiés. Les participants de cette révolte ne voulaient qu’une chose : le Royaume. Celui, bien sûr, qu’ils connaissaient. Et pour ce Royaume ils ont tout donné. Leurs représentations du Royaume ressemblaient peu à ce dont parle Jésus. Mais il donne leur résolution en exemple à ses auditeurs. Ils ont réellement tout quitté.
Pas comme les héros de la parabole de Jésus, qui refusent de venir au festin. Sous des prétextes qui semblaient tout à fait raisonnables, mais... ils refusent. Et ils perdent l’essentiel. Et leur place est prise par ceux qui n’ont rien dans ce monde. Et qui n’ont aucune raison de refuser. Une question de priorités ? Oui, bien sûr, de priorités aussi. Mais pas seulement de priorités. Ce n’est pas par hasard que Jésus parle du festin, des premiers et des derniers, de ces places où beaucoup cherchent à s’asseoir même au risque d’en être chassés.
Le Royaume n’est pas un lieu. Ni une structure. Ni une hiérarchie. Le Royaume est un état. Un état dans lequel on peut demeurer, mais qu’il est absolument impossible, pour ainsi dire, de fixer. Or on a très envie de le fixer. Les meilleures et les pires places viennent de là. Car dans le Royaume, en réalité, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises places. Il n’y a qu’un seul critère : l’homme est-il à sa place ? Est-il à cette place même que Dieu lui a destinée, ou à celle qu’il s’est choisie lui-même parce qu’il l’a jugée plus appropriée pour lui ?
De là vient aussi la question : aller au festin ou au champ qu’on vient d’acheter ? Le festin nuptial est le symbole du Royaume. Et si l’homme ne sait pas quoi choisir, cela signifie qu’il ne sait pas ce qu’est le Royaume. S’il le savait, il ne lui viendrait pas à l’esprit de comparer l’importance de la vie qu’il vit avec quoi que ce soit qui lui appartienne. La vie est plénitude, tandis que le champ acheté, les biens, même la famille, ne sont que des dérivés de cette plénitude. Ici, il importe de ne pas confondre la partie avec le tout, l’essentiel avec le secondaire. Et une seule chose peut y aider : l’expérience de la vie authentique du Royaume. Cette vie même qui est le salut.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||