1 Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui a été accordée aux Églises de Macédoine. |
2 Parmi les nombreuses tribulations qui les ont éprouvées, leur joie surabondante et leur profonde pauvreté ont débordé chez eux en trésors de générosité. |
3 Selon leurs moyens, je l’atteste, et au-delà de leurs moyens, spontanément, |
4 ils nous ont demandé avec beaucoup d’insistance la faveur de participer à ce service en faveur des saints. |
5 Dépassant même nos espérances, ils se sont donnés eux-mêmes, d’abord au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. |
6 Aussi avons-nous prié Tite de mener encore à bonne fin chez vous cette libéralité, comme il avait commencé. |
7 Mais, de même que vous excellez en tout, foi, parole, science, empressement de toute nature, charité que nous vous avons communiquée, il vous faut aussi exceller en cette libéralité. |
8 Ce n’est pas un ordre que je donne ; je veux seulement, par l’empressement des autres, éprouver la sincérité de votre charité. |
9 Vous connaissez, en effet, la libéralité de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté. |
Le psaume 145 glorifie Dieu pour Sa miséricorde envers les pauvres, les faibles et les malades — envers ceux que les hommes (les princes et les fils des hommes) méprisent ou oublient. Mais réfléchissons : comment Dieu nous aide-t-Il le plus souvent dans nos besoins ? Par d'autres personnes, bien sûr ! S'adressant aux chrétiens de Corinthe, l'apôtre Paul les appelle à venir en aide à la communauté nécessiteuse de Jérusalem et à manifester ainsi la sollicitude de Dieu pour ses besoins. Le fait que les Corinthiens ne connaissent pas personnellement les frères de Jérusalem les rapproche de l'accomplissement de l'étonnant commandement du Christ (Mt 5,43-48) et signifie vivre non selon la chair, mais selon l'Esprit (voir la NOUVELLE PRINCIPALE). Ne pouvons-nous pas voir ici un fondement profond de l'appel chrétien à la miséricorde ?
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
Le Seigneur, en parlant de l'amour des ennemis, sait combien cela est difficile pour l'homme. C'est sans doute pour cela que Jésus laisse un tel commandement.
Souvent nous voyons des ennemis en ceux qui n'en sont pas du tout. Et que se serait-il alors passé si le Seigneur ne nous avait pas laissé ce commandement? Nous, nous estimant pleinement en droit de haïr nos ennemis, nous aurions haï ces personnes qui ne nous veulent aucun mal...
Mais, naturellement, le commandement de l'amour du prochain et de l'ennemi ne nous est pas donné seulement pour prévenir de telles situations. La paix sur la terre, malgré tout, n'est possible que par l'apaisement du coeur de chaque personne qui vit sur cette terre. Et s'il y a dans le coeur méchanceté et haine, même si elle est «juste», il n'y a pas de paix dans un tel coeur... Et seul l'amour peut pardonner tout, y compris, hélas, l'inévitable souffrance infligée, lui qui «couvre tout, croit tout, espère tout, supporte tout» (1 Co 13:7).
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
Sortez dans la rue et interrogez les 10, 20 ou 30 premières personnes rencontrées pour savoir si cela est possible. Quel sera le résultat ? Chacun désire être enfant de Dieu, héritier de Celui qui est Tout-Puissant, omniscient et qui possède tout. Mais pour cela, il faut encore aimer tous les hommes et être plein de miséricorde envers tous (voir Mt 5:48). Non, aux hommes cela est impossible.
Jésus nous donne-t-Il donc des commandements fondamentalement irréalisables ? La réponse est paradoxale : oui. Mais Il nous donne aussi la possibilité de les accomplir, parce qu’Il est Celui qui, étant déjà Fils de Dieu, les a accomplis. Ainsi l’impossible est devenu possible en Lui et par Lui, et la perfection est accessible.
1 Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui a été accordée aux Églises de Macédoine. |
2 Parmi les nombreuses tribulations qui les ont éprouvées, leur joie surabondante et leur profonde pauvreté ont débordé chez eux en trésors de générosité. |
3 Selon leurs moyens, je l’atteste, et au-delà de leurs moyens, spontanément, |
4 ils nous ont demandé avec beaucoup d’insistance la faveur de participer à ce service en faveur des saints. |
5 Dépassant même nos espérances, ils se sont donnés eux-mêmes, d’abord au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. |
6 Aussi avons-nous prié Tite de mener encore à bonne fin chez vous cette libéralité, comme il avait commencé. |
7 Mais, de même que vous excellez en tout, foi, parole, science, empressement de toute nature, charité que nous vous avons communiquée, il vous faut aussi exceller en cette libéralité. |
8 Ce n’est pas un ordre que je donne ; je veux seulement, par l’empressement des autres, éprouver la sincérité de votre charité. |
9 Vous connaissez, en effet, la libéralité de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté. |
10 C’est un avis que je donne là-dessus ; et c’est ce qui vous convient, à vous qui, dès l’an dernier, avez été les premiers non seulement à entreprendre mais encore à vouloir. |
11 Maintenant donc achevez votre œuvre, afin que l’achèvement réponde à l’ardeur du vouloir, selon vos moyens. |
12 Lorsque l’ardeur y est, on est agréé pour ce qu’on a, il n’est pas question de ce qu’on n’a pas. |
13 Il ne s’agit point, pour soulager les autres, de vous réduire à la gêne ; ce qu’il faut, c’est l’égalité. |
14 Dans le cas présent, votre superflu pourvoit à leur dénuement, pour que leur superflu pourvoie aussi à votre dénuement. Ainsi se fera l’égalité, |
15 selon qu’il est écrit : Celui qui avait beaucoup recueilli n’eut rien de trop, et celui qui avait peu recueilli ne manqua de rien.
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Dans ses lettres, Paul aborde souvent le thème de l’entraide entre les Églises chrétiennes. Dans la lettre aux chrétiens de Corinthe, il mentionne l’aide qu’il a reçue des Églises de Macédoine pendant son ministère dans cette province (v. 1–6). Il ne s’agit manifestement pas seulement de dons, mais aussi de la participation des chrétiens macédoniens à toutes les affaires de Paul qui supposaient un soutien à son activité missionnaire en Macédoine. Et l’apôtre souligne, bien sûr, non sans raison, que ses frères macédoniens se sont donnés eux-mêmes à Dieu et à lui comme ministre de Dieu (v. 5). Pour lui, une telle attitude envers le service est manifestement la véritable attitude des habitants du Royaume.
Du point de vue de notre monde pas encore transfiguré, on ne peut investir tout ce que l’on a, y compris soi-même, que dans une entreprise absolument sûre, garantie sans perte, ce qui n’existe pas dans le monde déchu. Et si l’homme décide de se consacrer à quelque chose sans réserve, il agit manifestement non selon les lois de ce monde, mais selon les lois du Royaume. Mais si, dans d’autres affaires, il peut parfois exister une certaine demi-mesure dans le don de soi, suivant le principe de «ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier», dans le témoignage rendu au Christ et au Royaume, elle est impossible et inadmissible. Ici, c’est tout ou rien.
Et pourtant, de manière paradoxale au premier regard, le don total de soi ne signifie pas ici que celui qui se donne perde tout. La volonté de tout donner se retourne en son contraire: elle se révèle ne pas être aussi pesante qu’elle aurait pu le paraître. Quand chacun est prêt à donner tout ce qu’il possède, il apparaît que, sur le plan matériel, personne ne lui demande «tout»; au contraire, à cet égard, s’établit finalement un certain équilibre, où personne ne manque de rien, même si, manifestement, personne ne vit non plus dans le luxe (v. 11–15). Mais il ne s’agit pas seulement d’une juste répartition des biens matériels. Pour l’apôtre, une telle entraide des Églises n’est rien d’autre que la projection des relations du Royaume dans la sphère matérielle. Car c’est seulement dans le Royaume qu’en donnant tout, on reçoit infiniment plus que ce que l’on a donné. Et le fait que les lois du Royaume puissent déterminer les relations des hommes dans notre monde, certes en cours de transfiguration mais pas encore transfiguré jusqu’au bout, était une preuve visible que le Royaume, selon la parole du Sauveur, s’est réellement «approché», approché au point de pouvoir déjà déterminer les relations des hommes dans notre monde, pourvu que les hommes eux-mêmes le veuillent.
1 Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui a été accordée aux Églises de Macédoine. |
2 Parmi les nombreuses tribulations qui les ont éprouvées, leur joie surabondante et leur profonde pauvreté ont débordé chez eux en trésors de générosité. |
3 Selon leurs moyens, je l’atteste, et au-delà de leurs moyens, spontanément, |
4 ils nous ont demandé avec beaucoup d’insistance la faveur de participer à ce service en faveur des saints. |
5 Dépassant même nos espérances, ils se sont donnés eux-mêmes, d’abord au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu. |
6 Aussi avons-nous prié Tite de mener encore à bonne fin chez vous cette libéralité, comme il avait commencé. |
7 Mais, de même que vous excellez en tout, foi, parole, science, empressement de toute nature, charité que nous vous avons communiquée, il vous faut aussi exceller en cette libéralité. |
8 Ce n’est pas un ordre que je donne ; je veux seulement, par l’empressement des autres, éprouver la sincérité de votre charité. |
9 Vous connaissez, en effet, la libéralité de notre Seigneur Jésus Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin de vous enrichir par sa pauvreté. |
10 C’est un avis que je donne là-dessus ; et c’est ce qui vous convient, à vous qui, dès l’an dernier, avez été les premiers non seulement à entreprendre mais encore à vouloir. |
11 Maintenant donc achevez votre œuvre, afin que l’achèvement réponde à l’ardeur du vouloir, selon vos moyens. |
12 Lorsque l’ardeur y est, on est agréé pour ce qu’on a, il n’est pas question de ce qu’on n’a pas. |
13 Il ne s’agit point, pour soulager les autres, de vous réduire à la gêne ; ce qu’il faut, c’est l’égalité. |
14 Dans le cas présent, votre superflu pourvoit à leur dénuement, pour que leur superflu pourvoie aussi à votre dénuement. Ainsi se fera l’égalité, |
15 selon qu’il est écrit : Celui qui avait beaucoup recueilli n’eut rien de trop, et celui qui avait peu recueilli ne manqua de rien.
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Dans toutes les communautés qu’il avait fondées, Paul recueillait une aide pour les frères de l’Église de Jérusalem. Depuis l’année précédente déjà, les Corinthiens désiraient prendre part au service des saints (des croyants) à Jérusalem (4). À présent, Tite, à la demande de Paul, est prêt à venir à Corinthe et à donner aux frères la possibilité de réaliser leur désir. Dans sa lettre, Paul accorde donc de l’attention à cette question et les dispose comme il convient au service qui les attend.
En mentionnant les Églises de Macédoine, qui se sont montrées « spontanément généreuses, selon leurs moyens et au-delà de leurs moyens » dans le service des saints, l’Apôtre éprouve la sincérité de l’amour des Corinthiens par le zèle des frères macédoniens. Par l’exemple de ceux qui, au milieu d’une grande épreuve de tribulations, surabondent de joie (2), Paul montre aux Corinthiens comment rendre leur don agréable à Dieu.
Son cœur se réjouit de voir le zèle des Macédoniens, qui ont donné davantage qu’on n’espérait recevoir d’eux : « ils se sont donnés eux-mêmes, d’abord au Seigneur, puis à nous par la volonté de Dieu », écrit l’Apôtre (5). Ce don total à Dieu a enrichi leur profonde pauvreté : « quand la bonne volonté existe, elle est agréée selon ce que l’on a, et non selon ce que l’on n’a pas » (12).
On ne peut s’empêcher de se souvenir de la pauvre veuve qui mit deux petites pièces dans le trésor du Temple (Mc 12:42-44). D’autres, qui étaient riches, donnaient beaucoup, mais c’est précisément cette pauvre femme qui réjouit le cœur de Jésus, car, par amour pour Dieu, elle donna tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.
Un amour aussi sincère et un tel don de soi à Dieu rendent toute offrande agréable à Ses yeux.
42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. |
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
En appelant Ses disciples et Ses fidèles à être « parfaits comme le Père céleste », Jésus poursuit ainsi et mène à son accomplissement logique la tradition qui remonte encore aux temps d’avant l’Exil. C’est alors, dans la seconde partie du livre du Lévitique, écrite vers le milieu du IXe siècle av. J.-C., qu’apparaît l’appel de Dieu régulièrement répété : « soyez saints, car Je suis saint ». Cet appel supposait qu’après avoir été sanctifié un jour à l’autel de Dieu, l’homme conserve ensuite cet état de sanctification en y demeurant constamment.
La tradition postexilique, liée aux notions de Torah intérieure et de « Torah vivante », sans lesquelles la justice était impensable, était liée au désir de réaliser ce à quoi appelait l’auteur de la seconde partie du livre du Lévitique. On voit que Jésus appelle Ses disciples et Ses fidèles à la même chose, quoique par d’autres mots. Mais Il considère comme le signe principal de la plénitude de la justice et de la plénitude de la sanctification l’amour, et cela non seulement envers les amis et ceux qui nous aiment en général, mais aussi envers les ennemis.
Bien sûr, la Torah dit certaines choses sur l’amour des ennemis, et le judaïsme postexilique considère l’amour des ennemis comme l’un des signes de la justice. Mais ni la Torah proprement dite ni la tradition postexilique n’exigent de l’homme l’amour des ennemis comme quelque chose d’absolument nécessaire. Jésus, Lui, pose manifestement la question ainsi.
Qu’est-ce donc : l’exigence d’une plénitude de justice qui était auparavant un idéal et qui doit maintenant devenir la norme ? Sans doute, oui. Mais pourquoi ? Seulement par désir de voir Ses disciples et Ses fidèles être les meilleurs hommes du monde ? Sans doute pas pour cette raison, ou du moins pas seulement pour elle. Plutôt par désir de les voir habitants du Royaume. Or, dans le Royaume, il faut précisément être parfait. Et non parce que les autres y seraient méprisés, mais parce que dans le Royaume seul cela a un sens : être parfait ou devenir parfait. Autrement, on n’y a rien à faire, car on ne peut pas participer autrement à la plénitude de la vie du Royaume. Et sans cela, le fait même d’y demeurer perd tout sens.
42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. |
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
Le commandement du Christ d'aimer ses ennemis, ceux qui nous offensent et ceux qui nous persécutent, est peut-être l'un des commandements les plus difficiles à accomplir pour nous. Bien sûr, on peut dire que l'on aime tout le monde, que l'on pardonne tout à tous et que l'on n'a pas d'ennemis, mais rares sont ceux qui peuvent le prononcer sincèrement. Car n'importe qui peut devenir l'ennemi d'un homme, même les personnes les plus proches; en réalité, c'est d'abord entre proches que surgissent le plus de tensions, ce sont eux qui blessent le plus douloureusement, c'est de leur part qu'il faut supporter les persécutions les plus lourdes. C'est peut-être pourquoi le Seigneur a dit ailleurs: « Les ennemis de l'homme seront les gens de sa maison » (Mt 10:36).
Et pourtant il nous appelle à aimer les ennemis, proches ou lointains. Et nous essayons de prier et de bénir non pas ceux qui nous plaisent, ceux qui nous font « du bien », mais ceux qu'il est le plus difficile d'aimer, ceux qui nous font souffrir. Quelqu'un peut qualifier cette approche de masochiste, mais elle ne l'est pas: elle est précisément ce que le christianisme peut opposer au masochisme, l'humilité et la douceur qui nous sont commandées non parce qu'il serait ainsi plus facile de vivre, mais parce qu'elles sont une caractéristique inséparable de notre Seigneur lui-même. Nous ne sommes pas obligés de suivre sa manière d'agir; mais si nous voulons comprendre ce qu'est le véritable amour, le véritable bonheur, il nous faudra apprendre à pardonner aux ennemis.
42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. |
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
« Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? » Il y a une sainte étonnante: mère Teresa de Calcutta. Il nous est parfois difficile de participer à l'expérience de prière des saints, parce que nous sommes tout autres. Mais elle a des paroles qui pénètrent aussitôt le cœur. Et bien qu'elles soient adressées à une autre personne, ce qui signifie qu'elle les adressait certainement aussi à elle-même, on a tout de même envie de les appeler une prière, car de telles choses ne peuvent être dites qu'en présence de Dieu. Appelons donc cela ainsi: une prière.
Et lorsqu'on y pense, il semble qu'elle soit née comme une réponse à la lecture d'aujourd'hui. Voici ce qu'elle écrivit un jour: « Les gens sont déraisonnables, illogiques et préoccupés d'eux-mêmes. Aime-les malgré tout. Si tu fais quelque chose de bon, on te reprochera de l'égoïsme et une arrière-pensée. Fais le bien malgré tout. Si tu réussis quelque chose, tu acquerras de faux amis et de vrais ennemis. Travaille malgré tout. Le bien que tu fais sera oublié dès demain. Fais le bien malgré tout. L'honnêteté et l'ouverture t'exposeront aux coups. Malgré tout, sois honnête et ouvert. Ce que tu as construit avec peine pendant de longues années peut devenir des ruines en une minute. Construis malgré tout. Ton aide est réellement nécessaire, mais lorsque tu aideras les hommes, ils pourront se jeter sur toi pour cela. Aide malgré tout. Tu donneras tout au monde, et l'on te cassera les dents. Malgré tout, donne tout au monde ».
38 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. |
39 Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; |
40 veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau ; |
41 te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui. |
42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. |
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
Il est difficile d'assimiler ce qui est dit ici. Nous sont donnés ici ces commandements mêmes dont les adversaires du christianisme ont pris l'habitude de se moquer pendant des siècles. Ne nions pas qu'il n'est pas facile non plus aux chrétiens eux-mêmes de les assimiler.
Mais remarquons que le Christ ne parle nulle part de non-résistance au mal. Lui-même, peu auparavant, dans le désert, résistait aux tentations, c'est-à-dire à ce même mal. Il s'agit ici de ne pas résister au méchant, c'est-à-dire à l'homme possédé par le mal. Mais le mal est cette maladie dont nous sommes tous infectés et dont le Christ veut nous guérir.
Dans la perception ordinaire, les paroles sur le fait de tendre la joue droite ont trop longtemps semblé être un autre nom de la faiblesse et de la capitulation. Mais, pour une raison quelconque, peu remarquent que dans bien des situations il faut du courage pour tendre la joue. Par exemple, nous sommes en droit de dire qu'un homme qui va sans armes à la rencontre d'ennemis, qu'il soit parlementaire tentant d'engager des négociations de trêve, ou celui qui va se substituer à des otages capturés, tend l'autre joue pour sauver des personnes. Et, en général, toute personne qui tente de mettre fin à une inimitié, surtout enracinée, risque d'être battue par les deux camps. Pourtant, de telles tentatives ne cessent pas.
Si l'on y réfléchit, les règles de conduite qui nous sont proposées ici sont les plus normales: ne pas se focaliser sur soi, ne pas être avare, pardonner les offenses. Mais ces commandements sont renforcés par l'appel à ne pas diviser les gens entre les nôtres et les ennemis. Au fond, le Seigneur nous appelle à commencer à mettre fin à l'inimitié et à la haine.
Et ici Jésus dévoile devant nous la hauteur à laquelle nous sommes appelés à monter. Il n'appelle pas les disciples simplement à observer les commandements ou à la piété; cela ne suffit pas: nous devons devenir parfaits, comme notre Père céleste est parfait!
Bien sûr, nous avons l'habitude de nous considérer comme de faibles pécheurs, mais ni les péchés ni les faiblesses ne doivent nous dominer, car le Christ est venu précisément pour nous en délivrer.
Ce que le Christ nous propose ici paraît encore irréalisable à la plupart des gens. Mais si nous voulons accomplir seulement ce qui est en notre pouvoir, même cela ne nous suffira pas.
33 « Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux ancêtres : Tu ne te parjureras pas, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments. |
34 Eh bien ! moi je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le Ciel, car c’est le trône de Dieu ; |
35 ni par la Terre, car c’est l’escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, car c’est la Ville du grand Roi. |
36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir. |
37 Que votre langage soit : « Oui ? Oui », « Non ? Non » : ce qu’on dit de plus vient du Mauvais. |
38 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. |
39 Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; |
40 veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau ; |
41 te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui. |
42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. |
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
Les paroles du Christ sur l'amour des ennemis suscitent sans doute le plus de débats et de tentatives d'interprétation. Certains les rejettent, défendant leur droit à la vengeance et à la haine de l'ennemi; d'autres, au contraire, répondent par l'idéologie du pacifisme et de la non-résistance. Mais il semble que, ici comme là, la force motrice soit le désir de se mettre en sécurité, d'affirmer sa propre inaccessibilité à l'ennemi, soit par la force, soit par l'indifférence. Or l'Évangile propose justement un comportement construit non sur la recherche de sa propre sécurité, non sur le repli sur soi, mais sur une réponse active à celui qui offense: «bénissez, faites du bien, priez...». Et il ne s'agit manifestement ni de pacifisme ni de savoir endurer la douleur et supporter les offenses, mais d'une science beaucoup plus difficile: savoir aimer.
31 « Il a été dit d’autre part : Quiconque répudiera sa femme, qu’il lui remette un acte de divorce. |
32 Eh bien ! moi je vous dis : Tout homme qui répudie sa femme, hormis le cas de « prostitution », l’expose à l’adultère ; et quiconque épouse une répudiée, commet un adultère. |
33 « Vous avez encore entendu qu’il a été dit aux ancêtres : Tu ne te parjureras pas, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de tes serments. |
34 Eh bien ! moi je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le Ciel, car c’est le trône de Dieu ; |
35 ni par la Terre, car c’est l’escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, car c’est la Ville du grand Roi. |
36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir. |
37 Que votre langage soit : « Oui ? Oui », « Non ? Non » : ce qu’on dit de plus vient du Mauvais. |
38 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent. |
39 Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; |
40 veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau ; |
41 te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui. |
42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos. |
43 « Vous avez entendu qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. |
44 Eh bien ! moi je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, |
45 afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. |
46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
47 Et si vous réservez vos saluts à vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? |
48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. |
Le passage d’aujourd’hui montre à quel point Dieu nous prend au sérieux. Ici, Jésus dit ce qu’il voudrait que nous soyons, sans aucune remise accordée à notre faiblesse, à notre infirmité. Et il ne nous reste, en lisant honnêtement ces paroles, qu’à être contrits : « Je ne peux pas faire cela. Et cela, je ne le peux pas non plus. Et cela non plus. » Et ainsi nous lisons jusqu’au dernier verset, le quarante-huitième, et déjà presque avec soulagement nous expirons : « Eh bien voilà, je disais bien que je ne peux pas ! »
Mais bien sûr, il y a ici la réponse à tous nos « je ne peux pas ». Seul Dieu peut être parfait, et tout l’appel du Christ à notre égard est ceci : « Donnez une place à Dieu dans votre vie, et elle deviendra parfaite ! »
1 Alleluia !Loue Yahvé, mon âme ! 2 Je veux louer Yahvé tant que je vis, je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure. 3 Ne mettez point votre foi dans les princes, dans un fils de la glaise, il ne peut sauver ! 4 Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées. 5 Heureux qui a l’appui du Dieu de Jacob et son espoir en Yahvé son Dieu, 6 lui qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qu’ils renferment !Il garde à jamais la vérité, 7 il rend justice aux opprimés, il donne aux affamés du pain, Yahvé délie les enchaînés. |
8 Yahvé rend la vue aux aveugles, Yahvé redresse les courbés, |
9 Yahvé protège l’étranger, il soutient l’orphelin et la veuve. |
8c Yahvé aime les justes, |
9c Mais détourne la voie des impies, 10 Yahvé règne pour les siècles, ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge.Alleluia ! |
1 Louez Yahvé — il est bon de chanter, notre Dieu — douce est la louange. |
2 Bâtisseur de Jérusalem, Yahvé ! il rassemble les déportés d’Israël, |
3 lui qui guérit les cœurs brisés et qui bande leurs blessures ; |
4 qui compte le nombre des étoiles, et il appelle chacune par son nom. |
5 Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure. |
6 Yahvé soutient les humbles, jusqu’à terre il abaisse les impies. |
7 Entonnez pour Yahvé l’action de grâces, jouez pour notre Dieu sur la harpe : |
8 lui qui drape les cieux de nuées, qui prépare la pluie à la terre, qui fait germer l’herbe sur les monts et les plantes au service de l’homme, |
9 qui dispense au bétail sa pâture, aux petits du corbeau qui crient. |
La concision du psaume exprime la connaissance la plus intime que l'homme possède de Dieu. Elle lui a été donnée par des siècles d'expérience des relations entre le Créateur et la création. Il est difficile de l'accepter et impossible de la rejeter. Il nous faut admettre que ni la force du cheval, ni les mérites et les réussites, ni la rapidité des jambes ne sont l'essentiel. Une seule chose importe : notre espérance en Celui qui peut nous aider à survivre. Le Créateur de tout ce qui vit, qui a placé des lois immuables au fondement du monde et nous apprend à respecter le monde qui nous est donné pour vivre—c'est en Lui seul que nous pouvons espérer et à Lui seul que nous pouvons demander aide et protection. Car, de même que dans Sa miséricorde Il aide les petits du corbeau, Il ne laissera pas non plus l'homme sans aide ni protection.
1 Alleluia !Loue Yahvé, mon âme ! 2 Je veux louer Yahvé tant que je vis, je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure. 3 Ne mettez point votre foi dans les princes, dans un fils de la glaise, il ne peut sauver ! 4 Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées. 5 Heureux qui a l’appui du Dieu de Jacob et son espoir en Yahvé son Dieu, 6 lui qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qu’ils renferment !Il garde à jamais la vérité, 7 il rend justice aux opprimés, il donne aux affamés du pain, Yahvé délie les enchaînés. |
8 Yahvé rend la vue aux aveugles, Yahvé redresse les courbés, |
9 Yahvé protège l’étranger, il soutient l’orphelin et la veuve. |
8c Yahvé aime les justes, |
9c Mais détourne la voie des impies, 10 Yahvé règne pour les siècles, ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge.Alleluia ! |
1 Louez Yahvé — il est bon de chanter, notre Dieu — douce est la louange. |
2 Bâtisseur de Jérusalem, Yahvé ! il rassemble les déportés d’Israël, |
3 lui qui guérit les cœurs brisés et qui bande leurs blessures ; |
4 qui compte le nombre des étoiles, et il appelle chacune par son nom. |
5 Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure. |
6 Yahvé soutient les humbles, jusqu’à terre il abaisse les impies. |
7 Entonnez pour Yahvé l’action de grâces, jouez pour notre Dieu sur la harpe : |
8 lui qui drape les cieux de nuées, qui prépare la pluie à la terre, qui fait germer l’herbe sur les monts et les plantes au service de l’homme, |
9 qui dispense au bétail sa pâture, aux petits du corbeau qui crient. |
En lisant les Psaumes, on se heurte sans cesse à un fait manifestement injuste : Dieu choisit certains et pas d’autres. Ce fait suscite une réaction enfantine et courroucée même chez les adultes. Pourquoi l’un reçoit-il quelque chose et pas l’autre ? Pourquoi quelqu’un a-t-il un bonbon et moi, non ?
Avec les bonbons, les choses ne sont vraiment pas si simples. Mais l’élection et la bénédiction, comme nous l’enseigne le Psaume, ne sont pas une sucette. Elles sont une responsabilité, un devoir, la conscience du poids de l’appel qui, pour chaque croyant, consiste à louer Dieu, à Le remercier et à Le chanter malgré toute l’apparente injustice du monde.
1 Alleluia !Loue Yahvé, mon âme ! 2 Je veux louer Yahvé tant que je vis, je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure. 3 Ne mettez point votre foi dans les princes, dans un fils de la glaise, il ne peut sauver ! 4 Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées. 5 Heureux qui a l’appui du Dieu de Jacob et son espoir en Yahvé son Dieu, 6 lui qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qu’ils renferment !Il garde à jamais la vérité, 7 il rend justice aux opprimés, il donne aux affamés du pain, Yahvé délie les enchaînés. |
8 Yahvé rend la vue aux aveugles, Yahvé redresse les courbés, |
9 Yahvé protège l’étranger, il soutient l’orphelin et la veuve. |
8c Yahvé aime les justes, |
9c Mais détourne la voie des impies, 10 Yahvé règne pour les siècles, ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge.Alleluia ! |
1 Louez Yahvé — il est bon de chanter, notre Dieu — douce est la louange. |
2 Bâtisseur de Jérusalem, Yahvé ! il rassemble les déportés d’Israël, |
3 lui qui guérit les cœurs brisés et qui bande leurs blessures ; |
4 qui compte le nombre des étoiles, et il appelle chacune par son nom. |
5 Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure. |
6 Yahvé soutient les humbles, jusqu’à terre il abaisse les impies. |
7 Entonnez pour Yahvé l’action de grâces, jouez pour notre Dieu sur la harpe : |
8 lui qui drape les cieux de nuées, qui prépare la pluie à la terre, qui fait germer l’herbe sur les monts et les plantes au service de l’homme, |
9 qui dispense au bétail sa pâture, aux petits du corbeau qui crient. |
Nous avons devant nous un chant qui loue la grandeur de Dieu, créateur plein de sagesse de l’univers. Tout ce qui existe dans l’univers est dans Sa main, depuis les étoiles lointaines jusqu’aux petits oiseaux. Pourtant, l’énumération de Ses œuvres commence par la mention de la construction de Jérusalem et par celle des bienfaits qu’Il a accordés aux hommes. Ce n’est pas un hasard, car le Seigneur qui se révèle dans la Bible n’est pas le « Dieu des philosophes et des savants », mais le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Il n’est pas le souverain abstrait d’un espace sans âme, mais le Dieu vivant, qui a créé l’homme à Son image et à Sa ressemblance et qui est entré dans une relation étroite avec les hommes.
Lorsque le psalmiste propose de chanter pour Dieu à tour de rôle, nous pensons d’abord à ceux qui avaient été établis pour servir et chanter à tour de rôle dans le Temple. Mais nous pouvons aussi penser que tous les fidèles, et non seulement les chantres consacrés à un ministère particulier, sont appelés à chanter, c’est-à-dire à l’union priante avec le Seigneur. Car Il frappe à la porte de chacun.
1 Alleluia !Loue Yahvé, mon âme ! 2 Je veux louer Yahvé tant que je vis, je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure. 3 Ne mettez point votre foi dans les princes, dans un fils de la glaise, il ne peut sauver ! 4 Il rend le souffle, il retourne à sa glaise, en ce jour-là périssent ses pensées. 5 Heureux qui a l’appui du Dieu de Jacob et son espoir en Yahvé son Dieu, 6 lui qui a fait le ciel et la terre, la mer, et tout ce qu’ils renferment !Il garde à jamais la vérité, 7 il rend justice aux opprimés, il donne aux affamés du pain, Yahvé délie les enchaînés. |
8 Yahvé rend la vue aux aveugles, Yahvé redresse les courbés, |
9 Yahvé protège l’étranger, il soutient l’orphelin et la veuve. |
8c Yahvé aime les justes, |
9c Mais détourne la voie des impies, 10 Yahvé règne pour les siècles, ton Dieu, ô Sion, d’âge en âge.Alleluia ! |
1 Louez Yahvé — il est bon de chanter, notre Dieu — douce est la louange. |
2 Bâtisseur de Jérusalem, Yahvé ! il rassemble les déportés d’Israël, |
3 lui qui guérit les cœurs brisés et qui bande leurs blessures ; |
4 qui compte le nombre des étoiles, et il appelle chacune par son nom. |
5 Il est grand, notre Seigneur, tout-puissant, à son intelligence point de mesure. |
6 Yahvé soutient les humbles, jusqu’à terre il abaisse les impies. |
7 Entonnez pour Yahvé l’action de grâces, jouez pour notre Dieu sur la harpe : |
8 lui qui drape les cieux de nuées, qui prépare la pluie à la terre, qui fait germer l’herbe sur les monts et les plantes au service de l’homme, |
9 qui dispense au bétail sa pâture, aux petits du corbeau qui crient. |
Le chant d'action de grâce ne jaillit pas seulement du cœur d'un psalmiste particulier ; il reflète les sentiments de tout le peuple et exprime sa reconnaissance envers le Créateur pour tout ce qu'Il a fait en faveur du peuple qu'Il a choisi. Mais Il envoie aussi aux autres peuples le vent et la neige, la possibilité d'une vie paisible, des récoltes abondantes et de nombreux autres dons. On ne peut pas dire que ces dons soient modestes ; ils sont souvent plus abondants que ceux accordés aux descendants d'Abraham.
Mais aux fils d'Abraham, Il a donné Sa parole et Ses lois. Celui qui a l'habitude de tout évaluer selon les critères du bien-être matériel ne perçoit pas immédiatement la valeur de ce don ; pourtant, c'est précisément ce don, discret parmi les dons manifestes de la nature, qui se révèle le plus important.
Celui que Dieu distingue n'est pas celui qui profite largement des fruits qu'Il a créés, mais celui avec qui Il demeure en communion.
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