En parlant du pays dans lequel le peuple doit entrer, Moïse mentionne les autels païens qui doivent être entièrement détruits et anéantis. Il s'agit d'abord des autels, et non des païens eux-mêmes : car ce sont précisément les cultes païens qui constituaient le principal problème spirituel pour le peuple...
En parlant du pays dans lequel le peuple doit entrer, Moïse mentionne les autels païens qui doivent être entièrement détruits et anéantis. Il s'agit d'abord des autels, et non des païens eux-mêmes : car ce sont précisément les cultes païens qui constituaient le principal problème spirituel pour le peuple. L'un, d'ailleurs, était inséparable de l'autre : à cette époque et dans ces lieux, chaque ville et chaque tribu avaient leurs propres autels, sans lesquels la vie de la ville ou de la tribu était impensable, si bien qu'on ne pouvait détruire l'autel qu'avec ceux à qui il appartenait. Les gens, toutefois, gardaient là aussi un choix : combattre jusqu'au bout ou fuir, partir à la recherche d'un nouveau lieu où s'installer.
Le peuple devait entreprendre un travail spirituel minutieux lié à l'acquisition de l'aptitude à suivre la Torah. Il s'agit des commandements, des lois et des décisions judiciaires mentionnés dans le texte, qu'il fallait observer (dans la traduction synodale, les lois sont appelées « prescriptions », et les décisions judiciaires « lois »). Ici est décrite la logique de la fidélité à la Torah, de l'observance des commandements du Décalogue dans la vie quotidienne. En effet, que signifie une décision judiciaire, comment apparaît-elle ? Le juge qui juge selon les lois de la Torah doit avant tout évaluer la situation et les actions de personnes concrètes dans cette situation, évaluer tout cela quant à sa conformité aux commandements et aux lois existantes. Ce qui est évalué, bien sûr, ce n'est pas la personne, mais précisément l'acte concret : seul Dieu peut juger la personne. Après avoir évalué et pesé le tout, le juge doit prendre une décision concernant les actes de chacun de ceux qu'il juge : correspondent-ils aux commandements du Décalogue et à la Torah dans son ensemble, ou non ?
Mais chaque personne se trouve exactement dans la même position à l'égard d'elle-même. Quiconque veut suivre la Torah évalue de la même manière les situations dans lesquelles il se trouve et ses propres actes quant à leur conformité aux commandements du Décalogue, en ayant à l'esprit les lois de la Torah comme une sorte de base de précédents : car elles sont toutes apparues comme résultat de l'expérience de la fidélité, ou plutôt de la non-fidélité, à ces mêmes commandements. Chacun devient juge de ses actes devant Dieu, et si, lors de la rencontre face à face de l'homme avec Dieu, Dieu confirme la justesse de ce jugement, l'homme se trouve justifié devant Lui. C'est à un tel jugement de Dieu, à l'évaluation par Dieu de chaque situation, de chaque choix fait, de chaque décision prise et de chaque acte accompli, que le peuple devait apprendre. Bien sûr, tous n'étaient pas prêts à ce travail, et tous ne voulaient pas s'y livrer ; mais là déjà se trouvait le choix de chaque personne concrète, tandis que le chemin était ouvert à tous.