La lecture d'aujourd'hui comprend un hymne messianique (v. 1-7) qui lie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu sans rien de remarquable du point de vue religieux. Il n'y avait pas ici de grands centres religieux yahvistes semblables à ceux qui existaient plus au sud, en Samarie; et Jérusalem, avec son Temple, était, selon les mesures locales, assez loin. Mais tout cela n'empêcha pas la Galilée d'entendre la prédication du Messie-Christ, ne l'empêcha pas de devenir le lieu où passa l'enfance du Sauveur.
La grandeur extérieure et la tradition ancienne ne favorisent pas toujours l'œuvre de Dieu. Qui sait ce qu'aurait été l'enfance de Jésus s'il l'avait passée non dans la tranquille Nazareth, mais à Jérusalem? Le dessein de Dieu exige souvent silence et discrétion, surtout au début, lorsque sa réalisation ne fait que commencer. Les desseins humains, au contraire, supposent souvent dès le début le bruit, la renommée et cette grandeur terrestre que l'homme déchu aime tant (v. 8-10).
La lecture d'aujourd'hui n'oppose pas par hasard au royaume d'Israël la Galilée méprisée de tous. L'ironie de la situation était que la Galilée appartenait, même si ce n'était pas entièrement, à cet État, mais y était considérée comme une périphérie reculée, sans intérêt pour personne et sans rien de remarquable. Toutes les grandes villes, tous les centres politiques et religieux importants du pays se trouvaient plus au sud, en Samarie. La Galilée, elle, était une région frontalière, déjà partiellement peuplée de païens, et c'est pourquoi le prophète l'appelle « païenne » (v. 1). Mais les siècles passèrent, et du royaume d'Israël, dont les dirigeants étaient fiers de la grandeur de leur pays, au fond tout petit, il ne resta que des souvenirs. Et la ville la plus connue sur cette terre aujourd'hui n'est même pas Béthel, qui fut la capitale religieuse du Nord et l'un des plus anciens centres religieux yahvistes, mais Nazareth, qui n'existait pas encore à l'époque de la prospérité du Royaume du Nord et qui, par la suite, ne se distinguait nullement par sa renommée, jusqu'à ce qu'elle soit glorifiée par Celui dont Isaïe rendait témoignage.
