Nous avons devant nous un psaume solennel, rempli du sentiment de vénération devant la grandeur du Créateur, pénétré de la crainte de Dieu, la seule crainte qui n'abaisse pas, mais libère et élève l'homme. Le tableau majestueux de la marche du Seigneur au-dessus des peuples permet de rappeler des motifs qui nous sont bien connus par d'autres livres bibliques, gravés dans les prières composées par de nombreux justes et psalmistes. Mais voici devant nous une autre dimension de la connaissance de Dieu, et elle n'est plus saisie par l'ancien savoir, mais par une foi vivante qui a arraché au cœur du prophète une confession de fidélité.
Nous voyons une qualité nouvelle de fidélité au Créateur, inséparablement liée à la révélation sur la foi. La foi d'Habacuc ne dépend absolument pas du fait qu'il reçoive ou non quelque chose du Seigneur. Ce n'est pas pour lui demander quelque chose, ni pour résoudre des tâches pratiques quelconques, qu'Habacuc est prêt à se tourner vers lui. Non, il est prêt à le suivre de manière entièrement désintéressée: il est sûr que la justice de Dieu, en elle-même, vaut plus que les biens terrestres et la réussite de la vie. Tout le reste, nécessaire aux hommes, le Seigneur le leur donnera; comme il sera dit plus tard, cela leur sera ajouté. Mais il veut donner à l'homme beaucoup plus que celui-ci n'est capable d'imaginer à partir de son expérience terrestre.
