La lecture d'aujourd'hui revient de nouveau au thème de l'apostasie d'Israël, et ici retentit déjà directement la menace de la défaite du pays et de la dispersion du peuple (v. 7-8). Il convient de noter que la menace d'une défaite militaire et de l'absorption du Royaume du Nord par l'Empire assyrien en pleine croissance était alors tout à fait réelle; et bien que rien de tel ne se soit produit du vivant d'Osée, peu après sa mort le royaume d'Israël fut effectivement détruit, et sa population dispersée sur tout le territoire de cet immense empire.
Cette dispersion, selon le témoignage du prophète, ne fut pas un événement fortuit; elle devint manifestement la conséquence de toute une chaîne d'événements spirituels. Tout commença par le fait que le peuple de Dieu rejeta Dieu et la Torah, la Loi, cessant en substance d'être le peuple de Dieu malgré toutes ses déclarations et sa religiosité ostentatoire (v. 1-3). Il semblerait que, dans une telle situation, le pas le plus naturel et logique aurait été le repentir et la conversion; mais, comme on le voit, rien de tel ne se produit. Comprenant qu'avec le mode de vie qu'ils avaient choisi ils n'avaient rien à attendre du soutien de Dieu, les habitants du pays commencent à s'organiser eux-mêmes, selon leurs lois et leurs notions humaines (v. 4), et cela concernait manifestement aussi bien la vie spirituelle et religieuse, les « veaux », que la vie sociale et politique.
Il faut remarquer que les lois du Royaume du Nord, à en juger par tout ce que nous en savons, correspondaient réellement assez peu aux normes de la Torah, et que la politique religieuse des autorités de cet État encourageait en substance ce paganisme qui caractérisait la majeure partie de sa population. Le résultat d'un tel choix fut qu'Israël cessa effectivement presque de se distinguer des peuples qui l'entouraient, en tout cas pour ce qui touchait à la vie spirituelle. Alors Dieu l'abandonne à l'arbitraire de son destin historique, qui, compte tenu de la situation militaire et politique qui se formait alors au Proche-Orient, devait se révéler très triste.
Bien sûr, l'attirance des autorités comme du peuple pour le paganisme était due en grande partie au fait qu'il s'associait, dans la conscience de beaucoup, soit aux bienfaits de la civilisation, soit à la puissance militaire et politique. Il n'est pas étonnant que beaucoup aient espéré atteindre l'un et l'autre en obtenant le soutien de dieux étrangers (v. 10-14). Et alors Dieu se retire, laissant son peuple boire jusqu'au bout ce qui, de loin, lui paraissait si attirant. Sous la protection de Dieu, même le monde païen, au fond cruel et impitoyable, pouvait paraître aux Juifs raisonnable et beau: car ils ne le voyaient pas en lui-même, mais comme une partie du monde de Dieu, où tout est beau. Mais dès que Dieu se retira, toute la beauté du paganisme disparut, et le mal dont il était pénétré, comme d'ailleurs tout le monde déchu, s'abattit sur eux, qui se retrouvèrent sans aucune défense. Alors il apparut que sans Dieu Israël n'est rien, qu'il ne coûte rien de l'effacer de la face de la terre, et que tout son bien-être et toute sa sécurité lui étaient assurés par son Dieu, que les habitants du pays, hélas, oubliaient si souvent.
