En continuant de parler à Job, Dieu attire encore et encore son attention sur cette sagesse qui se manifeste dans tout ce qui se produit dans le monde (v. 22 – 41). À première vue, il s’agit ici de cette révélation naturelle dont avaient parlé plus d’une fois Job lui-même, ses amis et Élihu. Une telle révélation naturelle devenait souvent le point de départ de la recherche de Dieu et de la connaissance de Dieu, non seulement dans le peuple de Dieu, mais aussi dans le monde païen. Mais maintenant Job la regardait avec d’autres yeux. Auparavant, il savait que la sagesse ne se réduit pas à une certaine somme, fût-elle très vaste, de connaissances sur le monde créé. Mais maintenant, il commence apparemment à comprendre qu’il n’existe aucune connaissance qui n’ait pas de rapport avec la sagesse. En effet, Dieu montre clairement à Job que rien dans le monde ne se produit sans la providence de Dieu, bien que cette providence agisse différemment selon les cas. Elle peut faire tomber la pluie du ciel (v. 25 – 26), gouverner le mouvement des sphères célestes (v. 31 – 33), donner la nourriture aux animaux qui en ont besoin (v. 39 – 41). À première vue, il peut sembler qu’il s’agisse dans ce cas de processus purement naturels, qui se déroulent certes selon les lois établies par Dieu, mais sans Sa participation directe.
Mais Dieu parle aussitôt de la sagesse déposée dans le cœur humain et de l’intelligence qui distingue l’homme des animaux (v. 36). Il apparaît que la providence de Dieu s’étend de la même manière à l’homme et à tout le reste de l’univers. Il semblerait que cela doive rabaisser l’homme, en le mettant sur le même plan que les animaux et que toute la nature en général. Mais aux yeux de Dieu, la situation est différente. Dieu ne rabaisse pas l’homme jusqu’à l’animal ; Il élève les animaux et toute la nature jusqu’à l’homme. Et alors il devient clair que, pour Lui, il n’y a pas de tâches de premier ordre et de second ordre. Dans Son dessein, tous les éléments sont également importants, même si, bien sûr, chacun y occupe sa place. Et chaque homme est pour Dieu aussi important que tout l’univers dans son ensemble. S’il en est ainsi, l’homme n’aura pas à attendre la résolution de ses problèmes jusqu’à ce que Dieu trouve le temps de s’en occuper. Il lui suffit de s’adresser à Dieu pour recevoir des réponses à ses questions. Et avec Dieu, le monde aussi deviendra autre pour lui. Sans Dieu, le monde est vide pour l’homme ; il n’y a en lui ni sagesse ni justice. Avec Dieu, le monde acquiert l’une et l’autre, mais non pour lui-même : seulement pour l’homme dans le contexte de sa relation avec Dieu. Alors le monde se remplit de sens, ce sens que Job cherchait et que ses amis ne pouvaient l’aider à trouver.
