Bible-Centre

La réflexion principale pour le 15 novembre 2024

L'Ecclésiaste revient sans cesse au thème de la vie dans le présent. Ou plutôt dans le Présent. Justement ainsi, avec une majuscule. Même s'il paraît ne parler ni de Dieu ni d'illuminations mystiques, mais simplement de joie. On dirait même qu'il ne parle pas de la Joie. Mais le fait est qu'une joie qui rend vraiment l'homme joyeux et paisible ne peut être que la Joie avec une majuscule, et rien d'autre.

Et si celui qui se réjouit ne vit pas pour autant d'illuminations mystiques particulières ni d'états de conscience modifiés, peut-être n'est-ce pas nécessaire? Le grand prophète d'Israël, Élie, avait déjà compris que Dieu peut être proche même lorsqu'Il se tait. Qu'on peut L'entendre plutôt dans le silence intérieur, dans le silence apophatique, que dans la tempête, le feu ou le tremblement de terre, comme Élie en avait l'habitude dans sa vie antérieure.

Car, au bout du compte, toutes les illuminations, révélations et expériences naissent de ce même silence intérieur. Du silence apophatique. Mais tout cela doit encore naître. La joie et la paix, elles, accompagnent toujours la présence de Dieu. Elles sont la forme de sa manifestation dans notre monde et la manière de son existence dans notre cœur. Mais la joie de la présence de Dieu ne peut exister que dans le Présent.

Dans le Présent, que l'homme vit d'ordinaire comme l'instant actuel, comme le moment arrêté ici et maintenant. Dans l'appel «arrête-toi, instant, tu es beau!», il y a plus de sens qu'il ne paraît au premier regard. Et il ne s'agit pas seulement de garder avec nous pour toujours les meilleurs instants. Il s'agit du fait que seul l'instant arrêté peut être beau. L'instant sorti des espaces et des temps qui composent la mauvaise infinité du monde créé, gâté par la chute. L'instant qui contient à la fois la plénitude du monde créé et l'éternité de Dieu.

De tels instants sont toujours dans le présent. Ils sont, à proprement parler, le véritable présent: non les souvenirs du passé qui n'est plus, ni les rêves d'un avenir qui n'est pas encore, mais le présent comme seule réalité authentique. Et puisque toute joie authentique vient de Dieu, on ne peut la vivre que dans le présent. Dans l'instant arrêté. Chercher le bonheur dans l'avenir, en revanche, est une occupation inutile, dépourvue de sens et fatigante.

Le demain heureux attendu se déplacera sans cesse au lendemain, comme dans le célèbre poème pour enfants sur le singe qui n'arrivait jamais à attendre le jour de demain: chaque jour arrivé se révélait de nouveau être aujourd'hui. Vivre dans l'attente infinie d'un avenir qui n'arrive jamais et travailler pour lui est une occupation vraiment fatigante. Et dépourvue de sens. Car seul la présence de Dieu peut donner sens à tout, et elle est toujours dans le présent. Toujours ici et maintenant.

RÉFLEXIONS

 

Dans ses réflexions sur le sens de la vie, l'Ecclésiaste revient sans cesse à l'idée de l'inutilité de toutes... 

Questions - réponses

 En quoi consistent les deux approches de la compréhension de la vie (points communs, différences) dans le livre de l'Ecclésiaste et dans le Sermon sur la montagne (Évangile selon Matthieu, chapitres 5 à 7) ? En quoi consistent le but, le sens et la valeur de la vie ?
 

Ces deux textes bibliques, si différents à première vue, reflètent une conception unique de la vie. Le fondement de la compréhension de la vie chez l'Ecclésiaste réside peut-être dans le fait que, dans le cadre de la vie terrestre... 

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