En commençant son épître à Timothée, Paul mentionne certaines personnes qui, à en juger par ses paroles, tentaient dans l'Église d'Éphèse...
En commençant son épître à Timothée, Paul mentionne certaines personnes qui, à en juger par ses paroles, tentaient dans l'Église d'Éphèse de se présenter comme des maîtres de la Torah, sans comprendre au fond ce qu'est la Torah ni pourquoi Dieu l'a donnée à Son peuple (v. 3-7). Il est difficile de dire exactement de quelles « généalogies » l'apôtre parle, mais, d'après le contexte, on peut supposer qu'il s'agit des généalogies du Pentateuque, qui y apparaissent en grand nombre. Étant donné que certaines d'entre elles sont légendaires et que l'histoire d'autres se perd dans la profondeur des siècles, il n'y a pas lieu de s'étonner des discussions interminables que, selon Paul, l'examen de ce sujet provoquait. Pourtant, la Torah, selon le témoignage de l'apôtre, n'est nullement nécessaire pour des exercices de théologie ni pour des débats qui, en fin de compte, n'apportent spirituellement rien à personne, ne faisant qu'exciter les passions et, peut-être, les querelles. Paul rappelle de nouveau que la Torah est un instrument de pratique, non de théorie, une pratique qui a besoin d'une boussole spirituelle sur la route vers le Royaume. Il ne dit pas par hasard que la Torah n'est pas destinée au juste, mais au pécheur (v. 8-11).
Bien sûr, dans ce cas, il n'est question que d'un seul aspect de la Torah, lié à la connaissance de sa propre condition pécheresse; l'apôtre n'en examine pas les autres aspects. Mais, comme on le voit, sans avoir pleinement pris conscience de cette fonction et sans l'avoir comprise jusqu'au bout, il était impossible d'aller plus loin; il était impossible de parler de la Torah intérieure à ceux pour qui l'importance de l'observance des commandements n'était pas évidente. Pourtant, dans l'Église d'Éphèse, il y avait apparemment certains « théoriciens » de la Torah qui, ayant peut-être entendu parler de la Torah intérieure et de matières théologiques élevées, avaient décidé qu'on pouvait atteindre la perfection dans la vie spirituelle en étudiant théoriquement ce qui ne s'assimile pas sans pratique et ne porte aucun fruit. Et Paul, manifestement, appelle ceux qui se laissent entraîner par ce genre de théorisation « spirituelle » à laisser de côté leurs théories et à apprendre enfin à observer les commandements, sans lesquels on n'entre pas dans le Royaume. La vie même dans le Royaume n'est d'ailleurs pas théorie, mais pratique. Une pratique qui, comme toute vie réelle, ne se réduit à aucun concept théorique, même le plus ingénieux.