Observer la vérité, ce n'est pas seulement ne pas tromper, ne pas cacher, ne pas faire l'hypocrite, ne pas flatter ; c'est aussi ne pas se cacher. Très souvent, nous cachons aux autres et à nous-mêmes nos péchés et nos sentiments. Observer la vérité, c'est...
Observer la vérité, ce n'est pas seulement ne pas tromper, ne pas cacher, ne pas faire l'hypocrite, ne pas flatter ; c'est aussi ne pas se cacher. Très souvent, nous cachons aux autres et à nous-mêmes nos péchés et nos sentiments. Observer la vérité, c'est se tenir devant les hommes et devant le Christ. Ne pas chercher à dissimuler son visage derrière le masque de l'autojustification.
C'est difficile. C'est presque impossible si nous sommes agressifs. Si nous attendons le jugement des hommes et le craignons. Notre capacité de tortue à nous cacher dans notre carapace nous oblige à attendre constamment jugement et accusation. Nous nous fermons nous-mêmes à la miséricorde. Nous ne nous rendons pas, comme des criminels convaincus que leur faute ne sera pas prouvée. De là vient ce sentiment permanent d'être acculé, cette peur constante avec laquelle il est impossible de vivre et à cause de laquelle nous nous enfermons dans la dépression. À cause d'elle aussi, nous accusons sans cesse tout le monde et tout ce qui nous entoure.
La miséricorde qu'il faut pratiquer, c'est la capacité de voir d'autres personnes tourmentées par la peur d'être condamnées, par la peur que leur vrai moi soit dévoilé. C'est la capacité d'accueillir les personnes sans déformer les sentiments et les relations réels par cette peur. La peur de la chaleur humaine. La peur de l'amour, de l'attention, de la patience d'autrui, que nous jugeons inutiles pour nous.
Nous consentons à nous éloigner de tout ce qu'il y a de meilleur chez les hommes, nous repoussant nous-mêmes dans un coin lointain et froid de l'Univers. Là où la lumière du Christ, la lumière de Son amour, qui éclaire les hommes, ne nous atteindra pas, pensons-nous, et ne nous forcera pas à souffrir de honte et de notre propre petitesse. Mais lorsque, à travers la douleur qui arrache de nous le masque de la duplicité, nous acquérons le monde entier, alors nous acquérons la vie, la vérité sur nous-mêmes, l'image du Christ en chaque homme et la gloire de ceux qui ont vaincu le péché et le désespoir.