1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière. |
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
Les paraboles de Jésus sont quelque chose entre de petites histoires amusantes de la vie quotidienne et des énigmes : par elles, Il explique en langage humain simple l’inexprimable, le Message de Son Royaume. Beaucoup commencent ainsi : « Le Royaume de Dieu est semblable à ce qui arrive quand... », puis Il dessine une situation familière aux auditeurs, leur ouvrant le sens de Son Évangile.
Ainsi, la parabole la plus connue raconte comment la Parole de Dieu, semblable à une semence, doit tomber dans une bonne terre pour porter du fruit et ne pas disparaître en vain. L’évangéliste complète remarquablement la parabole en donnant aussitôt après le récit de la famille de Jésus, où Il adresse aux disciples une nouvelle énigme, exprimant le même Message, mais en d’autres mots : « Celui qui écoute la Parole et la met en pratique est entré dans Ma famille ».
Il ne reste aux auditeurs qu’à comparer ces paraboles-énigmes pour comprendre en quoi consiste le Royaume que leur Maître a apporté sur la terre. Par son livre, l’évangéliste propose cette tâche non plus seulement au petit cercle des disciples, mais à tous les lecteurs de l’Évangile.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière. |
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
La parole, la semence que sème le semeur, porte en elle le germe du Royaume des Cieux. Tombant dans notre cœur, elle commence à produire l'épi d'une vie nouvelle. Mais dans cette parabole, le semeur n'agit pas seul. Sans le sol, c'est-à-dire sans nous, la semence ne peut germer. Comme le remarque Jésus, plus nous participons à ce processus, plus nous portons de fruit. Il en résulte une apparente injustice: plus nous sommes riches, plus nous nous enrichissons. Pourtant, il s'agit probablement moins de richesse spirituelle que de la part de notre capital — temps, attention, forces et, enfin, toute notre vie — que nous sommes prêts à investir dans ce processus commun de croissance du Royaume.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
Parmi les paraboles sur le Royaume racontées par le Sauveur, la parabole du semeur, la parabole de la parole que Dieu sème dans le cœur humain, occupe une place particulière. Le Royaume et la parole: comment sont-ils liés? Comment la parole qui entre dans le cœur humain est-elle liée au Verbe? Le Verbe avec une majuscule s’incarne dans le Christ. Et la parole de Dieu avec une minuscule? Comment entre-t-elle dans le cœur de l’homme? Quelle est-elle, cette parole? La parole par laquelle Dieu crée le monde. La parole que les prophètes entendent. La parole qui, comme le dit l’hymnographe, ne revient pas à Dieu sans avoir accompli sa mission. Il s’avère qu’elle est donnée à chacun. Elle est semée, comme des semences dans un champ, d’une main généreuse. Seulement, elle n’est pas toujours reçue comme une terre bien préparée reçoit les semences.
Cela se comprend: la parole n’est pas simplement une révélation donnée une fois pour toutes. C’est l’instrument de l’action de Dieu, que Dieu utilise pour transformer l’homme. Pour le préparer à la plénitude de la communion avec Dieu. À la vie dans le Royaume. Or l’homme ne le veut pas toujours. Pour des raisons très diverses. Parfois simplement parce qu’il n’a pas le temps. Si la parole de Dieu n’est pas l’essentiel pour l’homme, si Dieu se trouve pour lui quelque part au bord du chemin qu’il suit, la parole de Dieu ne deviendra jamais dans son cœur l’instrument de l’action divine. Mais même si elle le devient, ce n’est pas encore tout.
La vie spirituelle, en effet, n’est pas pour un jour, ni pour un mois, ni pour un an. Elle est pour toujours. Et si un homme a aujourd’hui du temps pour «la spiritualité», mais pas demain, alors sa «spiritualité» mérite vraiment les guillemets. Et bien sûr, il faut aussi la fermeté au temps des épreuves. L’homme qui désire une vie juste, une vie avec Dieu, a toujours été l’ennemi du mal dans lequel repose le monde déchu. Et le chrétien lui est doublement ennemi: car non seulement il n’accepte pas lui-même ce mal, mais il apporte encore dans le monde le Royaume qui détruit le mal sans pitié, sans lui laisser de place dans la création.
Il n’est pas étonnant que, si ce monde hait en général les justes, il haïsse doublement les justes chrétiens. Et pourtant, les persécutions en elles-mêmes ne sont pas aussi redoutables que ce refus quotidien et organique de la vie spirituelle qui caractérise le monde déchu. Les persécutions mobilisent spirituellement; leur absence relâche. Ce n’est qu’en surmontant l’une et l’autre que l’on peut commencer une vie spirituelle normale. Avec dans le cœur la parole qui reflète ce Verbe même qui s’est incarné dans le Christ. Et qui, si on la laisse transformer son cœur, le rendra capable d’accueillir la vie du Royaume dans toute la plénitude accessible à l’homme.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
La lecture d'aujourd'hui se termine par les mots « et beaucoup d'autres, qui L'assistaient de leurs biens ». Ainsi passe devant nous une suite de personnes inconnues de tous, sauf de Dieu, qui ont apporté à Ses pieds tout ce qu'elles avaient, Lui donnaient toute leur vie et n'exigeaient rien en retour. Car leur unique et principale récompense était la possibilité d'être auprès de Jésus.
1 Et il advint ensuite qu'il cheminait à travers villes et villages, prêchant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui, |
2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et de maladies: Marie, appelée la Magdaléenne, de laquelle étaient sortis sept démons, |
3 Jeanne, femme de Chouza, intendant d'Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui les assistaient de leurs biens. |
Encore et encore, l'Évangile nous dit qu'il y a place pour tous dans l'Église, que chacun peut suivre le Christ « proclamant et annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu ! ». Chacun, quel que soit son passé. Même lorsque nous sommes chrétiens depuis longtemps, nous pensons souvent que le passé ne peut pas être changé. Croire que Dieu tient dans ses mains notre présent et notre avenir n'est pas si difficile. Nous savons qu'il sait tout de notre passé. Mais il est très difficile de croire qu'il peut aussi changer le passé : il peut changer notre rapport à un passé lourd au point qu'il cesse d'influer sur notre vie ; il peut guérir les blessures reçues dans notre petite enfance, dont nous pouvons même ne pas nous souvenir, bien qu'elles déforment notre vie, notre perception de la réalité, notre compréhension de nous-mêmes, notre relation aux autres.
Nous voyons quels hommes et quelles femmes suivent le Christ à travers les villes et les villages. Ils sont différents, blessés, sans instruction, anciens possédés, malades, pécheresses et pécheurs ; et tous peuvent porter la Bonne, la Joyeuse Nouvelle, la nouvelle que le Royaume de Dieu vient sur la terre, la nouvelle que pour Dieu le temps n'existe pas et qu'il a le pouvoir de tout changer si nous lui permettons d'entrer dans notre coeur. Mais ce n'est pas seulement par la prédication que nous pouvons servir Dieu. Chez d'autres, le service est plus discret, silencieux. Ce n'est pas forcément la prière solitaire d'un reclus dans une cellule, ni le travail d'un médecin ou d'une infirmière. Servir Dieu peut aussi être ce que nous percevons très rarement ainsi : « beaucoup d'autres ... le servaient de leurs biens ». C'est-à-dire qu'elles aidaient matériellement. Elles nourrissaient, donnaient à boire, habillaient, accueillaient pour la nuit. Elles pouvaient ne faire aucun exploit, ne jamais prêcher. Elles partageaient simplement avec générosité ce qu'elles avaient.
Oui, bien sûr, dans l'Évangile, le Christ dit qu'« il est difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux ». Mais le riche, dans ce sens, n'est pas celui qui possède simplement beaucoup ; c'est celui qui ne comprend pas que ses biens lui ont été donnés par Dieu, qu'ils ne lui appartiennent pas. Ce n'est qu'en commençant à donner qu'il peut entrer dans le Royaume. En commençant à donner, il deviendra riche autrement. Car on ne peut donner que ce qui est à soi ; on ne donne pas ce qui appartient à autrui, et en décidant d'arracher quelque chose de soi, on acquiert le Royaume.
Nous sommes appelés à servir Dieu par les dons que lui-même nous a donnés : pour l'un, c'est le don de la parole ; pour un autre, le don de comprendre les autres ; pour un autre encore, le don d'aider par ses biens, que Dieu donne aussi.
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
Pourquoi le Christ distingue-t-Il ainsi les apôtres des «autres», à qui il n'est donné de connaître que par paraboles? Ces paroles étonnent souvent beaucoup. En effet, nous lisons cette explication, donnée seulement aux apôtres, mais sommes-nous donc meilleurs que ceux qui n'ont entendu que la parabole? Non, pas meilleurs. Mais l'Écriture est donnée à l'Église; les «Mystères du Royaume de Dieu» ne peuvent être connus que par ceux qui sont déjà ensemble, qui suivent le Christ sans être seuls, qui sont prêts à partager la vie, les joies et les peines avec les prochains que Dieu leur a donnés. Les 12 apôtres n'étaient pas sans péché, mais ils étaient rassemblés autour du Christ, comme nous sommes rassemblés dans l'Église, Corps du Christ. Et ensemble nous pouvons recevoir la Parole; dans l'Église, l'écoute et la compréhension de la Parole de Dieu nous sont données par l'Esprit Saint.
Et Dieu nous a aussi donné la liberté. C'est peut-être aussi pour cela qu'Il parlait en paraboles à ceux qui n'avaient pas encore décidé, comme les Apôtres, de Le suivre. L'explication de la parabole du Semeur est si simple et claire que le choix devient trop aigu; tout le monde ne peut pas s'y résoudre. L'explication de cette parabole est si catégorique qu'elle peut effrayer celui qui est «du dehors». À vrai dire, elle nous effraie nous aussi, car nous ne pouvons pas ne pas voir à quel point nous ressemblons peu à une terre fertile. Et Dieu préserve notre liberté; c'est pourquoi, en parlant par paraboles, Il nous laisse la liberté du choix: «Que celui qui a des oreilles pour entendre entende!». Nous pouvons nous décider à entendre, demander à Dieu des «oreilles qui entendent»; alors nous entendrons, nous comprendrons, et devant nous se dressera un choix très redoutable et très simple: avec Dieu, ou sans Dieu.
4 Comme une foule nombreuse se rassemblait et que de toutes les villes on s'acheminait vers lui, il dit par parabole: |
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
Cette parabole expose remarquablement l’histoire de la prédication chrétienne au cours des vingt derniers siècles. Lorsque nous entendons reprocher aux chrétiens leur conduite indigne, nous pouvons et devons même acquiescer humblement à beaucoup des exemples cités, pas à tous, mais ce n’est pas ici la question, et reconnaître que, dans certains cas, le grain est tombé sur la pierre, tandis que dans d’autres il a été étouffé par les mauvaises herbes. Voilà pourquoi, en bien des endroits, on ne voit pas de bonne récolte, bien que les semences aient été de la meilleure qualité.
Mais il est beaucoup plus important de nous confronter nous-mêmes à cette parabole : dans quel état se trouve mon propre sol ? Ne me suis-je pas endurci ? N’ai-je pas cessé d’arracher mes mauvaises herbes ? Si nous répondons honnêtement à ces questions et à d’autres semblables, nous pouvons nous heurter à une ruse du malin : tu es comme tu es et tu ne deviendras pas meilleur, alors n’essaie même pas de recevoir le grain et de porter du fruit. Mais ce n’est pas vrai, et il ne faut pas nous donner un diagnostic définitif dicté par l’ennemi qui cherche à enlever les grains semés. L’âme de chacun de nous est capable de changer et peut, à différents moments, être des sols différents. Avec l’aide de Dieu, une terre pierreuse peut devenir un sol noir et fertile.
5 " Le semeur est sorti pour semer sa semence. Et comme il semait, une partie du grain est tombée au bord du chemin ; elle a été foulée aux pieds et les oiseaux du ciel ont tout mangé. |
6 Une autre est tombée sur le roc et, après avoir poussé, elle s'est desséchée faute d'humidité. |
7 Une autre est tombée au milieu des épines et, poussant avec elle, les épines l'ont étouffée. |
8 Une autre est tombée dans la bonne terre, a poussé et produit du fruit au centuple. " Et, ce disant, il s'écriait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! " |
9 Ses disciples lui demandaient ce que pouvait bien signifier cette parabole. |
10 Il dit : " A vous il a été donné de connaître les mystères du Royaume de Dieu ; mais pour les autres, c'est en paraboles, afin qu'ils voient sans voir et entendent sans comprendre. |
11 " Voici donc ce que signifie la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. |
12 Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés. |
13 Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui accueillent la Parole avec joie quand ils l'ont entendue, mais ceux-là n'ont pas de racine, ils ne croient que pour un moment, et au moment de l'épreuve ils font défection. |
14 Ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui ont entendu, mais en cours de route les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie les étouffent, et ils n'arrivent pas à maturité. |
15 Et ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur noble et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur constance. |
Comme beaucoup d'autres paraboles du Sauveur, la parabole du semeur est une parabole du Royaume et de la vie spirituelle. Ou, plus exactement, une parabole sur ce qui empêche l'homme d'avancer vers le Royaume. Bien sûr, si l'on comprend par le champ où sort le semeur le monde entier (et le semeur, dans ce cas, doit évidemment être le Sauveur Lui-même), on pourrait aussi interpréter la parabole comme une parabole sur différents hommes, chacun ayant ses propres problèmes dans la vie spirituelle.
Et pourtant, à y regarder de plus près, il est difficile de ne pas remarquer qu'il s'agit des problèmes les plus typiques, et il arrive souvent qu'ils se manifestent tous dans la vie spirituelle d'une même personne à différentes étapes. Bien entendu, si l'homme ne parvient pas à résoudre le problème suivant qui se dresse devant lui, il lui faudra oublier la suite du chemin spirituel. S'il y parvient, une nouvelle étape commencera dans sa vie spirituelle. Mais pour que l'on puisse parler d'une quelconque vie spirituelle, l'homme doit apprendre à écouter et à entendre Dieu et les témoins de Dieu.
Entendre non pas superficiellement, non pas comme nous écoutons d'ordinaire aujourd'hui d'une oreille distraite les sons et les paroles qui nous parviennent dans la rue, mais écouter en pénétrant ce qui est entendu, en le laissant entrer dans le cœur, toucher ce « moi » profond qui constitue le centre spirituel de notre personnalité. Mais entendre ne suffit pas. Il faut la résolution d'accomplir ce qui a été entendu. La décision prise, le choix fait, changent inévitablement toute la vie de celui qui a fait ce choix ; et si le choix est fait en faveur du Christ et du Royaume, l'opposition du monde est inévitable.
Bien sûr, elle ne se traduit pas toujours par des persécutions ouvertes, mais l'opposition, dans une mesure ou sous une forme ou une autre, existe dans tous les cas. C'est alors que l'intégrité spirituelle est importante, car elle permet à l'homme de rester ferme dans ce qui concerne le choix qu'il a fait. Mais il existe dans le monde quelque chose de plus dangereux pour la vie spirituelle que les persécutions : l'agitation quotidienne. En effet, toute pression extérieure, et plus encore les persécutions, favorisent normalement la mobilisation intérieure, psychologique, des persécutés ; et la mobilisation psychologique favorise presque toujours une vie spirituelle plus intense.
L'agitation mondaine quotidienne, elle, ne favorise aucune mobilisation psychologique ; au contraire, elle ne fait que relâcher psychologiquement. Et conserver l'intensité nécessaire de la vie spirituelle dans une telle situation est plus difficile que pendant les épreuves ; il faut pour cela accorder une attention particulière au problème. Mais si celui qui cherche le Royaume surmonte aussi cet obstacle, il se trouvera au seuil qu'il cherchait. Bien sûr, arriver au seuil du Royaume n'est pas encore la fin du chemin ; devant celui qui cherche l'attendent la vie du Royaume et le chemin du témoin. Mais c'est déjà une vie spirituellement autre, une vie nouvelle.
16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière. |
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
«Il leur répondit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique». Aujourd'hui nous lisons des paroles du Seigneur qui parlent de l'amour entre une mère et son enfant comme de quelque chose qui dépasse les sentiments terrestres et devient pour nous comme un pont vers la connaissance de l'amour de Dieu. Les parallèles sont si étroits que ces paroles, comme celles du livre de Jésus fils de Sirach, coupent et heurtent l'oreille si on les lit non pas dans la prière, mais de manière ordinaire.
Mais pour essayer de comprendre, tournons-nous vers le livre des Psaumes. «N'ai-je pas apaisé et calmé mon âme, comme un enfant sevré auprès de sa mère? Mon âme est en moi comme un enfant sevré» (Ps 130:2). Beaucoup de ce dont parle le Seigneur est une réponse directe à l'interrogation du livre des Psaumes; cela se comprend, car ce livre est comme le résumé de tous les soupirs de prière, de tout ce que nous voulons dire à Dieu, tandis que le Christ est le centre de ce que le Seigneur veut nous dire.
Regardons donc cette image de l'enfant sevré du sein de sa mère. C'est ainsi que l'homme se sent dans le monde. Tout homme qui cherche le sens de sa vie et de celle de ceux qu'il aime, qui cherche un amour que la corruption n'effraie pas, qui cherche les sources de ce sentiment indicible du sacré qu'il ressent dans sa poitrine. C'est une image d'une intensité extrême... Le Seigneur a enfanté l'homme dans le monde, l'a nourri et l'a laissé s'éloigner de Lui, et l'homme voudrait tant de nouveau enfouir son petit visage contre Sa poitrine; sans Lui, il a si peur, il est si triste, si seul, si froid et si affamé. Ce sont les sentiments de l'homme.
Mais voici que le Christ dit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu... La réunion de la mère avec l'enfant, et des soeurs et des frères les uns avec les autres, a eu lieu; l'harmonie a été rétablie par Sa venue dans ce monde. Seulement, chose étrange, tout est inversé: l'image de la mère et celle de l'enfant semblent changer de place. Est-ce par hasard? Est-ce venu à propos? Simplement parce que telle était la situation: Sa mère était venue, Ses frères étaient venus?
Mais rien n'est fortuit. Rien n'est dépourvu de sens. Comme le disait le grand physicien Einstein, «le Seigneur Dieu ne joue pas aux dés». Donc, en tout, absolument en tout, nous pouvons chercher du sens. Pourquoi donc les images ont-elles ainsi changé de place par rapport au livre des Psaumes? Peut-être parce que l'amour pur est une relation entre deux êtres fondamentalement égaux, ou plus exactement commensurables. Nous ne pouvons pas aimer une fourmi, elle est trop petite; mais nous pouvons aimer un chaton. Or Dieu est bien plus parfait que nous que nous ne sommes plus parfaits qu'une fourmi; nous sommes beaucoup moins commensurables avec Lui. Et lorsque cette logique est brisée, on ne peut plus simplement appliquer les relations entre une mère et son enfant aux relations entre Dieu et Son enfant. Ce n'est qu'un pont. Un pont que l'on peut franchir pour commencer à connaître l'amour de Dieu. Ainsi, l'inversion ne change rien: l'essentiel est que la logique de l'incommensurabilité soit percée, l'essentiel est que l'intégrité soit rétablie.
Mais il y a aussi un sens plus simple. Peut-être Jésus nous dit-Il que nous ne sommes plus petits, que nous ne sommes plus des nourrissons; Dieu nous a sevrés de Son sein en nous faisant venir dans ce monde. Mais désormais, malgré tout Son amour pour nous, Il ne peut plus nous remettre au sein. On ne met pas au sein un enfant de cinq ans.
16 " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d'un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière. |
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
Jésus est souvent appelé Maître, et pour nous aussi il en est ainsi. Mais chacun de nous doit parfois tenir un tel rôle ; il vaut donc la peine pour nous aussi d'apprendre du Maître. Ces trois versets de l'Évangile selon Luc permettent d'entrevoir la méthode pédagogique de Jésus.
Après avoir raconté une parabole développée (celle du semeur) et en avoir donné l'explication aux disciples, Il continue selon la manière traditionnelle des maîtres juifs : de façon aphoristique. Un exemple classique de cette méthode est le livre des Proverbes, composé presque entièrement d'aphorismes. L'aphorisme en lui-même est déjà une image, qui agit sur l'imagination des auditeurs et les provoque à la réflexion. Le passage parallèle dans l'Évangile selon Marc (peut-être le plus ancien des Évangiles), Mc 4:21, montre mieux l'absence de lien entre ces paroles de Jésus, tandis que l'Évangile selon Matthieu les répartit même dans différents chapitres.
Luc s'adresse à des lecteurs hellénisés, peu habitués à un tel style, et il insère des liens logiques, « car », « donc », ce qui donne à ces paroles la qualité d'un texte continu permettant de suivre la logique du développement de la prédication de Jésus. La première image (la lampe) dit que la nouvelle annonce qu'entendent les disciples n'est pas destinée à un « usage interne », mais à être transmise à d'autres. La deuxième parole suggère l'inutilité de « jouer à cache-cache » : tout vient au jour. Puis vient l'inattendu « prenez donc garde à la manière dont vous écoutez », qui appelle à une attention particulière, et le paradoxe, exprimé à maintes reprises par Jésus, sur l'action et l'inaction.
Tout cela, rassemblé, fait naître chez les auditeurs une nouvelle représentation du mode de vie qui les attend : une interaction sérieuse, intéressée, active et sans peur avec les autres hommes.
17 Car rien n'est caché qui ne deviendra manifeste, rien non plus n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. |
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
Nous pouvons avoir des relations assez diverses avec la Parole de Dieu, mais le Seigneur, dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, ne met en avant que deux points principaux. D'abord, l'attention, la disposition à écouter la Parole. Dieu parle doucement, et pour L'entendre il faut un silence extérieur et intérieur, ainsi que le désir de L'entendre. Ensuite, le Christ parle de la mise en pratique de la Parole. « Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez » ; et, en expliquant, le Seigneur appelle « celui qui a » celui qui entend et met en pratique. Pour un tel homme, la Parole de Dieu est intelligible, elle le remplit de vie, elle devient elle-même sa vie. Celui qui n'entend pas, et surtout ne met pas en pratique (c'est-à-dire écoute en vain) la Parole, perd jusqu'à la capacité même d'entendre.
Au fond, le seul qui entende véritablement le Père céleste et accomplisse Sa volonté est le Seigneur Jésus Lui-même. C'est pourquoi les hommes qui Le suivent sur le chemin de l'écoute et de l'accomplissement de la Parole de Dieu deviennent proches de Lui, deviennent Sa famille. Et cette parenté qui nous unit au Seigneur Jésus n'est pas moins forte que les liens du sang qui unissent les hommes. C'est précisément pourquoi le Seigneur dit que ceux qui écoutent et accomplissent la Parole sont honorés du nom de Ses frères et de Sa Mère. Et il est d'une importance exceptionnelle pour nous tous que la famille de Jésus, Son Église, soit rassemblée par Lui non selon les signes de la parenté charnelle, mais selon celui de l'obéissance au Père. C'est précisément ainsi que Sa Mère est devenue la Vierge de Nazareth, qui a dit : « Voici la servante du Seigneur ». C'est précisément ainsi que nous entrons tous dans Son Église, nous qui sommes si éloignés de Son peuple.
18 Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ! Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il croit avoir lui sera enlevé. " |
Plus précisément, « même ce qu’il pense avoir ». Jésus ne veut absolument pas dire quelque chose comme le proverbe « l’argent va à l’argent ». Il parle de relations avec Dieu auxquelles nous ne sommes pas habitués : des relations de confiance et de respect, et finalement d’amour. Dieu propose Ses relations à tous, mais ne les impose à personne. L’homme qui accepte librement ce don entre dans un processus sans fin de développement de ces relations, dont le but est la déification de l’homme, la plénitude de son entrée dans la vie de Dieu. Mais l’homme qui considère que tout va bien pour lui, que les relations avec Dieu qu’il croit avoir lui suffisent, se ferme par là même à Dieu, ne reçoit pas de Lui ce que Dieu donne, et rompt donc même les faibles fils qui le maintenaient encore à flot dans cette vie. « Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez » ; réglez vos « récepteurs » sur la longueur d’onde de la grâce de Dieu.
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
La situation décrite par l'évangéliste Luc dans ce passage peut susciter l'étonnement et même l'indignation. Les proches de Jésus viennent à Lui ; ils ne L'empêchent pas de parler, mais attendent patiemment dehors, et Lui ne sort pas pour les voir. Une question légitime se pose : peut-on traiter ainsi ses proches, est-ce chrétien ?
Mais si nous lisons attentivement ces lignes, nous comprendrons que le Seigneur ne s'adresse pas à Sa mère et à Ses frères, mais à ceux qui L'entourent ; c'est précisément pour eux qu'Il dit cela. À la différence de la conception vétérotestamentaire de la parenté, qui supposait des liens du sang, le Christ part d'une compréhension entièrement nouvelle des relations. Il apparaît que le Seigneur devient proche de celui qui entend Sa Parole. Chaque être humain reçoit le privilège d'être frère ou sœur du Seigneur. Et aucune limite nationale, géographique ou temporelle ne peut borner ces relations.
19 Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. |
20 On l'en informa : " Ta mère et tes frères se tiennent dehors et veulent te voir. " |
21 Mais il leur répondit : " Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. " |
Pour beaucoup, ces paroles sont une pierre d'achoppement ; il leur semble que Jésus est ici dur envers les proches. Mais Jésus ne rejette pas la parenté selon la chair ; Il élève la parenté selon l'esprit. De même que la parenté corporelle se définit par une certaine unité génétique avec le parent, la parenté spirituelle a pour source l'unique Père ; mais si la première n'a jamais été choisie par nous, la seconde est notre libre consentement à la volonté du Père. C'est pourquoi il n'y a pas d'exploit dans la parenté corporelle, tandis qu'il y a un exploit dans la parenté spirituelle, et Jésus nous propose un tel exploit.
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