Dans le milieu auquel l'apôtre Paul s'adressait, le voile sur la tête était principalement l'expression de la soumission. C'est ce qui explique la coutume pour les femmes de le porter : le voile sur la tête de la femme dénotait sa dépendance vis-à-vis de son mari (et en son absence, de son père, de son frère ou de son fils)...
Dans le milieu auquel l'apôtre Paul s'adressait, le voile sur la tête était principalement l'expression de la soumission. C'est ce qui explique la coutume pour les femmes de le porter : le voile sur la tête de la femme dénotait sa dépendance vis-à-vis de son mari (et en son absence, de son père, de son frère ou de son fils). Une femme sans protecteur masculin (mari, père, frère ou fils) n'était pas un membre à part entière de la société. En fait, elle ne possédait aucun droit civil ou de propriété. En même temps, le voile sur la tête est également devenu un signe de chasteté de la femme, de son appartenance à son mari (et, sous-entendu, à personne d'autre). Une femme qui ne portait pas de voile sur la tête était considérée comme une « femme de mœurs légères ». Dès lors, on comprend pourquoi l'apôtre recommande aux femmes chrétiennes de porter un voile, particulièrement dans l'église (à cette époque, les chrétiens étaient souvent accusés de débauche cultuelle, et l'exigence de Paul s'opposait à cette accusation).
En recommandant aux hommes de ne pas se couvrir la tête pendant la prière, l'apôtre Paul cherche à souligner la distinction entre les sexes. Dans une société antique très licencieuse, où prospéraient diverses « orientations », comme on dit aujourd'hui, cela était aussi d'une grande actualité. Notez que l'apôtre fait appel précisément à la distinction, et non à l'inégalité des sexes. Le fait est que dans la plupart des sociétés antiques, en particulier celles d'Orient, les femmes n'étaient généralement pas admises à la prière au temple et au culte. Cela s'appliquait notamment au judaïsme. Les seules exceptions étaient quelques cultes orgiaques débridés, mais il ne s'agit pas de cela ici…
Dans ses recommandations, l'apôtre ne cherche pas à établir des normes de piété juives ou non juives. Il formule plutôt une nouvelle norme, commune aux chrétiens d'origine juive et aux chrétiens d'origine païenne. Il s'inspire des coutumes de la société locale, conférant ainsi à sa foi un caractère véritablement universel. En raison de leur nouveauté, ces normes étaient assez difficiles tant pour les anciens Juifs que pour les anciens païens, et en même temps, elles n'avaient pratiquement aucune coloration folklorique ou nationale. Il est particulièrement important de garder cela à l'esprit en raison du caractère folklorique de l'attitude contemporaine envers le christianisme…
Cependant, les normes de piété proposées par Paul étaient parfaitement compréhensibles pour les chrétiens de toute origine, ainsi que pour les incroyants qui les entouraient. C'est précisément à eux que l'apôtre Paul pense en appelant (ici et ailleurs) à ne pas leur donner occasion de chute. En termes modernes, il exige que tous les chrétiens soient habillés décemment, d'une manière appropriée à leur statut, à leur âge et à leur sexe. C'est cette règle vestimentaire convenable que Paul appelle au verset 16 la coutume des Églises.