La purification comme la sanctification des serviteurs de Dieu, les prêtres, s’accomplissent par le sacrifice. Cela se comprend : le sacrifice a toujours été la forme principale de communion avec Dieu, aussi bien dans le yahvisme que dans le paganisme...
La purification comme la sanctification des serviteurs de Dieu, les prêtres, s’accomplissent par le sacrifice. Cela se comprend : le sacrifice a toujours été la forme principale de communion avec Dieu, aussi bien dans le yahvisme que dans le paganisme. Le repas commun et partagé de l’homme avec Dieu ou avec les dieux, tel est le sens originel du sacrifice.
Du contact avec ses dieux ou ses esprits, le païen attendait avant tout la force ; du contact avec son Dieu, le yahviste attendait la sainteté. La participation au monde de la présence de Dieu. Au Royaume, puisqu’il était alors accessible et ouvert au monde. Cette participation est appelée dans la Bible « sanctification », et « sacré » signifie devenu partie de l’espace sacré où demeure la présence de Dieu. Elle seule peut purifier l’homme et le sanctifier.
On pourrait trouver cela étrange : dans ce cas, l’homme est préparé au service de la même manière qu’il devra ensuite exercer ce service, car le prêtre devra précisément offrir des sacrifices qui purifient et sanctifient les autres. Pourtant, si l’on réfléchit à l’essence du culte et de la communion avec Dieu, nous n’y verrons rien d’étrange. Qui donc, en effet, pourrait préparer un homme au service de Dieu, sinon Dieu Lui-même ?
Car il ne s’agit pas ici de connaissances ou de compétences particulières, ni même de pratiques spirituelles ou ascétiques spéciales. Il faut ici une expérience du genre que l’Antiquité appelait initiation, l’expérience d’un contact direct avec la réalité avec laquelle il faudra ensuite avoir affaire et interagir constamment.
Il faut que le futur prêtre ressente et vive cette réalité par sa propre expérience, puis qu’il en prenne conscience comme d’une chose qui transforme entièrement sa vie et fait de lui un autre homme. Un peu comme Abraham et Jacob ont autrefois pris conscience de quelque chose de semblable lors de leurs rencontres avec Dieu. Bien sûr, aucun rite en lui-même ne peut rien garantir ici.
Même la présence de Dieu, en elle-même, ne peut être une garantie. Tout dépend d’abord de celui qui est consacré, de son ouverture à Dieu et de sa disponibilité au changement. S’il est prêt, il a toutes les possibilités de devenir un homme vraiment nouveau et un serviteur de Dieu ; sinon, il ne restera qu’un homme déguisé, malgré tous les rites et même malgré le fait que Dieu était réellement présent là où ces rites étaient accomplis. Le choix appartient à l’homme.