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La Bible en cinq ans pour le 22 janvier 2022

La Bible de Jérusalem (fr)

1 Samuel, Chapitre 20,  vers 1-41

III. Saül et David> 1 Jonathan favorise le départ de David.
1 David s’était enfui des cellules qui sont à Rama. Il vint dire devant Jonathan : « Qu’ai-je donc fait ? Quelle est ma faute et quel est mon péché envers ton père pour qu’il en veuille à ma vie ? »
2 Il lui dit : « Ah non ! Tu ne mourras pas ! Mon père ne fait rien, d’important ou non, sans qu’il me le révèle. Pourquoi mon père m’aurait-il caché cette affaire ? C’est impossible ! »
3 David fit ce serment et dit : « Ton père sait très bien que j’ai trouvé grâce à tes yeux et il s’est dit : « Que Jonathan ne sache rien, de peur qu’il n’en soit peiné. » Mais, par la vie de Yahvé et par ta propre vie, il n’y a qu’un pas entre moi et la mort. »
4 Jonathan dit à David : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? »
5 David dit à Jonathan : « C’est demain la nouvelle lune et je devrais m’asseoir avec le roi pour manger, mais tu me laisseras partir et je me cacherai dans la campagne jusqu’au soir.
6 Si ton père remarque mon absence, tu diras : « David m’a demandé avec instance d’aller à Bethléem, sa ville, car c’est là qu’a lieu le sacrifice annuel pour tout le clan. »
7 S’il dit : « C’est bien », ton serviteur est sauf, mais s’il se met en colère, sache que le malheur est décidé de sa part.
8 Tu agiras avec fidélité envers ton serviteur, car tu as amené ton serviteur à conclure avec toi un pacte au nom de Yahvé. Si je suis en faute, fais-moi mourir toi-même. Pourquoi m’amènerais-tu jusqu’à ton père ? »
9 Jonathan reprit : « Loin de toi cette pensée ! Si je savais vraiment que mon père est décidé à faire venir sur toi le malheur, est-ce que moi je ne t’en informerais pas ? »
10 David dit à Jonathan : « Qui m’en informera si ton père te répond durement ? »
11 Jonathan dit à David : « Viens, sortons dans la campagne », et ils sortirent tous deux dans la campagne.
12 Jonathan dit à David : « Par Yahvé, Dieu d’Israël ! je sonderai mon père après-demain ; si cela va bien pour David et si je ne t’envoie pas de message et que je ne t’informe pas,
13 que Yahvé fasse à Jonathan ceci et qu’il ajoute encore cela ! S’il paraît bon à mon père d’amener le malheur sur toi, je t’en informerai, je te laisserai partir et tu t’en iras sain et sauf. Que Yahvé soit avec toi comme il fut avec mon père !
14 N’est-ce pas, si je suis encore vivant, n’est-ce pas ? tu agiras envers moi avec la fidélité qu’exige Yahvé, n’est-ce pas ? Si je meurs,
15 ne retire jamais ta fidélité à ma maison, même pas lorsque Yahvé aura supprimé les ennemis de David, un par un, de la surface du sol. »
16 Jonathan conclut un pacte avec la maison de David : « Yahvé en demandera compte à David. »
17 Jonathan fit prêter serment à David par l’amitié qu’il lui portait, car il l’aimait de toute son âme.
18 Jonathan lui dit : « C’est demain la nouvelle lune et on remarquera ton absence, car ta place sera vide.
19 Au troisième jour, tu descendras vite et tu iras à l’endroit où tu t’étais caché le jour de l’affaire ; tu t’assiéras près de la pierre du Départ.
20 Pour moi je tirerai trois flèches sur le côté comme pour viser ma cible.
21 J’enverrai le servant : « Va ! Trouve la flèche. » Si je dis au servant : « La flèche est en deçà de toi, prends-la », viens, c’est que cela va bien pour toi et qu’il n’y a rien, par la vie de Yahvé.
22 Mais si je dis au garçon : « La flèche est au-delà de toi », pars, car Yahvé te fait partir.
23 Quant à la parole que nous avons échangée, moi et toi, Yahvé est témoin pour toujours entre nous deux. »
24 Donc David se cacha dans la campagne. La nouvelle lune arriva et le roi se mit à table pour manger.
25 Le roi s’assit à sa place habituelle, la place contre le mur, Jonathan se plaça en face, Abner s’assit à côté de Saül et la place de David resta inoccupée.
26 Cependant, Saül ne dit rien ce jour-là, car il se disait : « C’est un accident. Il n’est pas pur ; certainement il n’est pas pur. »
27 Le lendemain de la nouvelle lune, le second jour, la place de David resta inoccupée et Saül dit à son fils Jonathan : « Pourquoi le fils de Jessé n’est-il venu au repas ni hier ni aujourd’hui ? »
28 Jonathan répondit à Saül : « David m’a demandé avec instance d’aller à Bethléem.
29 Il m’a dit : « Laisse-moi partir, je te prie, car nous avons un sacrifice de clan à la ville ; et mon frère m’en a donné l’ordre. Maintenant donc, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, laisse-moi m’échapper, que j’aille voir mes frères. » Voilà pourquoi il n’est pas venu à la table du roi. »
30 Saül s’enflamma de colère contre Jonathan et il lui dit : « Fils d’une dévoyée ! Ne sais-je pas que tu prends parti pour le fils de Jessé, à ta honte et à la honte de la nudité de ta mère ?
31 Aussi longtemps que le fils de Jessé vivra sur la terre, tu n’affermiras pas ta royauté. Maintenant, fais-le chercher et amène-le-moi, car il est passible de mort. »
32 Jonathan répondit à son père et lui dit : « Pourquoi serait-il mis à mort ? Qu’a-t-il fait ? »
33 Saül brandit sa lance contre lui pour le frapper, et Jonathan sut que la mort de David était chose décidée de la part de son père.
34 Jonathan se leva de table très en colère, et il ne mangea rien en ce second jour de la nouvelle lune, car il était peiné au sujet de David, parce que son père l’avait insulté.
35 Le lendemain matin, Jonathan sortit dans la campagne pour le rendez-vous avec David ; il était accompagné d’un jeune servant.
36 Il dit à son servant : « Cours et trouve les flèches que je vais tirer. » Le servant courut et Jonathan tira la flèche de manière à le dépasser.
37 Quand le servant arriva vers l’emplacement de la flèche tirée par Jonathan, celui-ci lui cria : « Est-ce que la flèche n’est pas au-delà de toi ? »
38 Jonathan cria encore au servant : « Vite ! Dépêche-toi, ne t’arrête pas. » Le servant de Jonathan ramassa la flèche et revint vers son maître.
39 Le servant ne savait rien, seuls Jonathan et David savaient de quoi il s’agissait.
40 Jonathan remit les armes à son servant et lui dit : « Va et porte cela à la ville. »
41 Le servant rentra. David se leva du côté du tertre, il tomba la face contre terre et se prosterna trois fois, puis ils s’embrassèrent l’un l’autre et ils pleurèrent ensemble abondamment.
Lire la suite:1 Samuel, Chapitre 20
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 w) Récit d’une autre tradition que 19.1-7, et parallèle à 19.11-17. Dans un cas la fille, dans l’autre le fils du roi sauvent David.


1 x) Suture rédactionnelle ; d’après le récit qui suit, David n’est pas encore séparé de Saül.


5 y) Marquée par une fête religieuse, Isa 1.13-14 ; Os 2.13 ; Am 8.5 ; cf. 2 R 4.23, comportant des sacrifices, Nb 10.10 ; 28.11s.


5 z) Après « au soir » on omet « le troisième » avec le grec.


10 a) La question suppose qu’il est dangereux pour les deux amis de se rencontrer. La réponse viendra au v. 18. Les vv. 11-17 sont une addition, qui envisage déjà un transfert de pouvoir de Saül à David.


16 b) Le pacte porte sur la descendance de Jonathan et suppose la royauté de David. La seconde partie du v. est une formule de menace en cas de violation du pacte. L’hébr. parle des « ennemis de David », manière d’atténuer la gravité de la menace, mais le pacte concerne le seul David.


17 c) Le v. insiste sur le serment prêté par David en invoquant l’amour de ce dernier pour Jonathan. L’expression, sans être identique, rappelle celle de 18.3.


19 d) Rappel d’un épisode qui ne nous a pas été conservé, ou influence rédactionnelle de 19.1-7. Au v. 19 la « pierre du Départ » est un lieu-dit qui doit être proche du « tertre » mentionné au v. 41.


25 e) Avec le grec ; « se leva » hébr.


26 f) Un « accident », une pollution involontaire rend impur jusqu’au soir, d’après Lv 15.16 ; Dt 23.11.


34 g) Le premier motif est inspiré par le v. 3 et a pu être introduit tardivement dans le texte ; le second se réfère au v. 30.


41 h) Désignation du même lieu qu’au v. 19, mais sous une autre forme. La fin du v. est de traduction incertaine.


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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1 Samuel, Chapitre 20,  vers 42

III. Saül et David> 1 Jonathan favorise le départ de David.
42 Jonathan dit à David : « Va en paix. Puisque nous avons prêté serment tous deux au nom de Yahvé, que Yahvé soit entre moi et toi, entre ma descendance et ta descendance, à jamais. »

1 Samuel, Chapitre 21,  vers 1

III. Saül et David> 1 Jonathan favorise le départ de David.
1 David se leva et partit, et Jonathan rentra en ville.
Lire la suite:1 Samuel, Chapitre 21
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

20:42 i) Les vv. 40-42 sont ajoutés, car le stratagème des flèches n’a de raison d’être que si David et Jonathan ne peuvent pas communiquer directement ; ils supposent les vv. 11-17.


Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.

Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.

On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.

L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.

En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.

Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.

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