Dans la première moitié de l'épître aux Romains, l'apôtre Paul réfléchit aux différentes propriétés de la Loi : sa sainteté et en même temps son ancienneté, la fidélité devant la Loi et le fait que c'est précisément par la Loi que "le monde est coupable devant Dieu". Pourquoi lui est-il si important d'expliquer cela à une communauté issue des païens ? Car ce n'est pas tout à fait leur histoire ; c'est l'histoire du peuple de Dieu, l'histoire des Israélites, leur chemin difficile et leurs relations avec Dieu. Tout cela, semble-t-il, ne peut pas concerner la communauté romaine.
Au fond, Paul essaie de donner à l'Église nouveau-née un avertissement important ; il place pour l'avenir une sorte de balises, de signaux de danger : n'empruntez pas le chemin qu'a pris le peuple choisi par Dieu. Oui, vous ne cherchiez pas la justice, et vous l'avez reçue par la Grâce ; vous avez accueilli le Christ comme un don inattendu et très heureux, vous êtes heureux d'être pardonnés. Mais n'oubliez pas qu'il est dangereux de chercher la justice par la loi, comme l'ont fait les Israélites : on peut alors ne pas voir le don du Seigneur et, dans les efforts pour observer ses propres prescriptions, rejeter sans s'en rendre compte la Grâce.
Comme il arrive souvent en nous, lorsque nous venons de vivre la rencontre avec le Christ, le coeur brûle. Nous sommes heureux de cette joie inespérée du pardon en Dieu, du miracle de Son amour pour nous. Mais ensuite, et cela est si naturel, le sentiment de Sa présence semble s'effacer en nous, et nous commençons à essayer de reproduire les conditions dans lesquelles ce don a été reçu. Parce qu'il nous semble que c'est seulement ainsi que nous pouvons revenir à Dieu ; ainsi naissent nos propres rites, nos prescriptions, une sorte de Loi. Alors que l'unique chemin pour rencontrer le Christ encore et encore, et c'est précisément ce que nous dit aujourd'hui l'apôtre, est la foi, non la recherche de la justice.
