L’avènement du Royaume et le jour du Jugement qui le précède, Jésus les a plus d’une fois comparés, déjà au temps de Son ministère terrestre, à...
L’avènement du Royaume et le jour du Jugement qui le précède, Jésus les a plus d’une fois comparés, déjà au temps de Son ministère terrestre, à la moisson, à la récolte déjà mûre qui attend les moissonneurs et les cueilleurs. Et l’image de la vigne, dans les paraboles qu’Il a racontées, a toujours été associée au peuple de Dieu. Et voici que maintenant, dans sa vision apocalyptique, Jean voit le jour du Jugement et de l’avènement du Royaume précisément comme un jour de moisson (v. 15–16). Cette moisson, comme on le voit, achève l’histoire terrestre : le jour du Jugement est arrivé, le temps est venu de cette séparation du blé et de l’ivraie dont parlait le Sauveur dans Sa parabole (Mt 13:24–30). Et pour la « vigne », pour le peuple de Dieu (donc pour l’Église terrestre), la moisson, ou plutôt la vendange, devient le jour de la colère de Dieu ; ce n’est pas étonnant si l’on se souvient des jugements que Jésus porte sur les Églises demeurant sur la terre, auxquelles Il s’adresse par Son apôtre (v. 18–20).
Certes, le flot de sang qui sort du pressoir produit une impression terrifiante. Mais, si l’on réfléchit à l’image révélée à Jean, il n’est pas difficile de voir que nous sommes précisément devant la situation de la fin de l’histoire, lorsque le Jugement commence non parce que Dieu serait las d’attendre ou n’aurait plus de temps, mais parce qu’il n’y a manifestement plus rien à attendre : l’humanité dans son ensemble, et chaque homme destiné à passer sur la terre en particulier, ont fait leur choix, et il ne reste qu’à en tirer le bilan. Ceux qui ont choisi le Royaume versent leur sang comme des martyrs ; ceux qui ont choisi l’ordre existant des choses le versent parce que le monde, selon le témoignage du Sauveur, « gît dans le mal ». Dans un monde abîmé par le péché, l’homme n’a pas à choisir s’il versera son sang ou non ; il peut seulement choisir au nom de qui ou de quoi il le versera. Et pour l’Église terrestre, pour quiconque a avec elle un lien, ne serait-ce qu’à un faible degré, même seulement en paroles, ce choix devient particulièrement grave : de lui dépendra si celui qui choisit recevra le Royaume ou le perdra.