L’alliance que Dieu a conclue avec David, a joué un grand rôle dans le devenir et le développement des traditions messianiques yahvistes. Au départ, comme on voit, il s'agit de l'union-alliance avec David, comme le fondateur de la dynastie de Jérusalem...
L’alliance que Dieu a conclue avec David, a joué un grand rôle dans le devenir et le développement des traditions messianiques yahvistes. Au départ, comme on voit, il s'agit de l'union-alliance avec David, comme le fondateur de la dynastie de Jérusalem. Il n’y a rien de surprenant ici : son histoire commençait seulement avec David, et si on prend en considération le fait que ni Israël, ni la Judée n'ont jamais été des monarchies absolues, préserver le pouvoir aux successeurs de David aurait été quelque chose de difficile sans l'aide de Dieu. Mais c’est seulement la mesure historique terrestre de l’alliance conclue avec David.
Déjà au temps des derniers prophètes, on commence à le [l’alliance] regarder un peu autrement. Cela n'est pas étonnant : car et l'image du Royaume de Dieu change considérablement grâce au sermon, avant tout, d’Isaïe de Jérusalem. Avant, le Royaume était perçu, comme une réalité spécialement terrestre, politico-religieux.
Et on regardait l’alliance avec David, comme une garantie du fait qu'un jour ce projet politico-religieux, né dans le milieu des leaders du mouvement des tout premiers prophètes, se réalisera. Mais il s’était déjà révélé à Isaïe que le Royaume de Dieu ne sera pas lié aux réformes seulement, qu'il faut parler ici de l'intervention directe de Dieu, d’une révélation spéciale, d’une plénitude de Sa présence, telle que le peuple de Dieu ne connaissait pas avant.
Alors l'image du dirigeant du Royaume de Dieu change : il n’est plus déjà un simple «oint», comme étaient bénits par les prophètes ou les prêtres tous les rois d'Israël, et après de la Judée, on commençait à le regarder, comme un serviteur spécial de Dieu, participant à la mise en oeuvre de Ses plans, peut-être même doté des capacités extraordinaires – bref, comme un oint avec la majuscule, le Messie.
Et puis commencera la transformation graduelle de l'image de ce Messie semi-mythique en l'image d’un Messie réel, Celui-là même, dont nous racontent les livres du Nouveau Testament. Les transformations, qui prendront plus d’un siècle, s'achevant seulement dans la conscience de ceux qui se rencontreront avec Lui personnellement et rejoindront Son Royaume.
13 d) Ce v., qui se réfère évidemment à Salomon, est souvent considéré comme une addition, car la promesse divine porte d’abord sur la descendance.
Les livres de Samuel ne formaient qu’un seul ouvrage dans la Bible hébraïque. La division en deux livres remonte à la traduction grecque, qui a également joint Samuel et Rois sous un même titre : les quatre livres des Règnes ; la Vulgate les appelle les quatre livres des Rois. Le Samuel hébreu correspond aux deux premiers. Ce titre provient de la tradition qui attribuait au prophète Samuel la composition de cet écrit.
Le texte est l’un des plus mal conservés de l’Ancien Testament. La traduction grecque des Septante donne un texte assez souvent différent, qui remonte à un prototype dont les grottes de Qumrân ont livré d’importants fragments. Il existait donc plusieurs recensions hébraïques des livres de Samuel.
On y distingue cinq parties : a) Samuel, 1 S 1-7 ; b) Samuel et Saül, 1 S 8-15 ; c) Saül et David, 1 S 16 à 2 S 1 ; d) David, 2 S 2-20 ; e) suppléments, 2 S 21-24.
L’ouvrage combine ou juxtapose des sources et des traditions diverses sur les débuts de la période monarchique. Il y a une histoire de l’arche et de sa captivité chez les Philistins, 1 S 4-6, où Samuel ne paraît pas et qui se continuera dans 2 S 6. Elle est encadrée par un récit de l’enfance de Samuel, 1 S 1-3, et par un récit qui présente Samuel comme le dernier des Juges et anticipe la libération du joug philistin, 7. Samuel joue un rôle essentiel dans l’histoire de l’institution de la royauté, 1 S 8-12, où l’on a distingué depuis longtemps deux groupes de traditions : 1 S 9 ; 10.1-16 ; 11 d’une part et 1 S 8 ; 10.17-24 ; 12 d’autre part. On a appelé le premier groupe une version « monarchiste » de l’événement et le second, une version « anti-monarchiste »; cette dernière serait postérieure. En fait, les deux traditions sont anciennes et représentent seulement des tendances différentes ; de plus, le second courant n’est pas si « anti-monarchiste » qu’on le dit, il est seulement opposé à une royauté qui ne respecterait pas les droits de Dieu. Les guerres de Saül contre les Philistins sont racontées dans 13-14, avec une première version du rejet de Saül, 13.7b-15a ; une seconde version de ce rejet est donnée dans 15, en liaison avec une guerre contre les Amalécites. Ce rejet prépare l’onction de David par Samuel, 1 S 16.1-13. Sur les débuts de David et ses démêlés avec Saül, des traditions parallèles et, semble-t-il, également anciennes ont été recueillies dans 1 S 16.14 – 2 S 1, où les doublets sont fréquents. La fin de cette histoire se trouve dans 2 S 2-5 : la royauté de David à Hébron, la guerre philistine et la prise de Jérusalem assurent la confirmation de David comme roi sur tout Israël, 2 S 5.12. Le chap. 6 reprend l’histoire de l’arche ; la prophétie de Natân, 7, est ancienne mais a été remaniée ; le chap. 8 est un sommaire rédactionnel. À partir de 2 S 9 commence un long récit qui ne s’achèvera qu’au début des Rois, 1 R 1-2. C’est l’histoire de la famille de David et des luttes autour de la succession au trône, écrite dans la première moitié du règne de Salomon peut-être en utilisant des témoignages directs. Elle est interrompue par 2 S 21-24, qui rassemble des pièces d’origine diverse sur le règne de David.
En dehors de la grande histoire de 2 S 9-20, il est possible que d’autres ensembles aient été constitués dès les premiers siècles de la monarchie : un premier cycle de Samuel, deux histoires de Saül et de David. Il se peut aussi que ces ensembles aient déjà été combinés aux environs de l’an 700, mais les livres ne reçurent leur forme définitive que dans la grande histoire deutéronomiste. Cependant l’influence du Deutéronome est ici beaucoup moins apparente que dans Juges et Rois. On la décèle en particulier dans les premiers chapitres de l’ouvrage, notamment 1 S 2.22-36 ; 7 et 12, peut-être dans un remaniement de la prophétie de Natân, 2 S 7, mais le récit de 2 S 9-20 a été conservé à peu près sans retouche.
Les livres de Samuel couvrent la période qui va des origines de la monarchie israélite à la fin du règne de David. L’expansion des Philistins – la bataille d’Apheq, 1 S 4, se situe vers 1050 – mettait en danger l’existence même d’Israël et imposa la monarchie. Saül, vers 1030, débute comme un continuateur des Juges, mais sa reconnaissance par toutes les tribus lui confère une autorité générale et permanente : la royauté est née. La guerre de libération commence et les Philistins sont rejetés chez eux, 1 S 14 ; les rencontres ultérieures se font en bordure du territoire israélite, 1 S 17 (Vallée du Térébinthe), 28 et 31 (Gelboé). Ce dernier combat tourne au désastre et Saül y meurt, vers 1010. L’unité nationale est à nouveau compromise, David est sacré roi à Hébron par les Judéens, et les tribus du Nord lui opposent Ishbaal, descendant de Saül, réfugié en Transjordanie. Cependant, le meurtre d’Ishbaal rend l’union possible et David est reconnu comme roi par Israël.