Bible-Centre

La Bible en cinq ans pour le 27 décembre 2019

La Bible de Jérusalem (fr)

2 Jean, Chapitre 1

1 Salutation., 4 Le commandement de la charité., 7 Les antichrists., 12 Conclusion.
Moi, l’Ancien, à la Dame élue et à ses enfants, que j’aime en vérité non pas moi seulement, mais tous ceux qui ont connu la Vérité —
en raison de la vérité qui demeure en nous et restera avec nous éternellement.
Avec nous seront grâce, miséricorde, paix, de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus Christ, le Fils du Père, en vérité et amour.
Je me suis beaucoup réjoui d’avoir rencontré de tes enfants qui vivent dans la vérité, selon le commandement que nous avons reçu du Père.
Et maintenant, Dame, bien que ce ne soit pas un commandement nouveau que je t’écris mais celui que nous possédons depuis le début, je te le demande, aimons-nous les uns les autres.
L’amour consiste à vivre selon ses commandements. Et le premier commandement, ainsi que vous l’avez appris dès le début, c’est que vous viviez dans l’amour.
C’est que beaucoup de séducteurs se sont répandus dans le monde, qui ne confessent pas Jésus Christ venu dans la chair. Voilà bien le Séducteur, l’Antichrist.
Ayez les yeux sur vous, pour ne pas perdre le fruit de nos travaux, mais recevoir au contraire une pleine récompense.
Quiconque va plus avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ ne possède pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, c’est lui qui possède et le Père et le Fils.
10 Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine, ne le recevez pas chez vous et abstenez-vous de le saluer.
11 Celui qui le salue participe à ses œuvres mauvaises.
12 Ayant beaucoup de choses à vous écrire, j’ai préféré ne pas le faire avec du papier et de l’encre. Mais j’espère vous rejoindre et vous parler de vive voix, afin que notre joie soit parfaite.
13 Les enfants de ta sœur Élue te saluent.
Notes:
Commentaire sur le fragment en cours
Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 a) Titre réservé aux chefs des communautés, cf. Tt 1.5.


1 b) La « Dame élue » ou la « Dame souveraine » métaphore poétique qui désigne une communauté particulière, inconnue de nous, placée sous la juridiction de l’Ancien et menacée par la propagande des faux docteurs.


3 c) La « miséricorde » n’apparaît nulle part ailleurs dans les écrits johanniques.


4 d) Littéralement « marchent dans la vérité », parce qu’ils observent les commandements dans l’amour.


6 e) Ou « Ce commandement, vous devez l’observer tel que vous l’avez appris dans le début. »


8 f) Var. (Vulg.) « vos travaux ».


9 g) Les hérétiques se croyaient « avancés » en prétendant dépasser les bornes de l’enseignement apostolique, 1 Jn 2.18, 23, pour se livrer au jeu des pures spéculations ; cf. 1 Tm 6.4 ; 2 Tm 2.16 ; Tt 3.9 ; etc.


9 h) Ce peut être aussi bien la doctrine enseignée par le Christ que la doctrine le concernant.


12 i) Var. (Vulg.) « votre joie ».


13 j) L’Église où se trouvait l’Ancien au moment où il écrivait.


En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.

1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).

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