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La Bible en cinq ans pour le 9 novembre 2016

La Bible de Jérusalem (fr)

Josué, Chapitre 11

I. Conquête de la Terre Promise> 1 8. LA CONQUÊTE DU NORD, 1 Coalition des rois du Nord., 5 Victoire de Mérom., 10 Prise de Haçor et des autres villes du Nord., 15 Le mandat de Moïse exécuté par Josué., 21 Extermination des Anaqim.
Lorsque Yabîn, roi de Haçor, eut appris cela, il fit informer Yobab, roi de Mérom, le roi de Shimrôn, le roi d’Akshaph
et les rois habitant au nord, la montagne, la plaine au sud de Kinnerot, le bas-pays et les crêtes de Dor à l’ouest.
Les Cananéens se trouvaient à l’orient et à l’occident, les Amorites, les Hittites, les Perizzites, et les Jébuséens dans la montagne, les Hivvites au pied de l’Hermon, au pays de Miçpa.
Ils partirent ayant avec eux toutes leurs troupes, un peuple nombreux comme le sable au bord de la mer, avec une énorme quantité de chevaux et de chars.
Tous ces rois s’étaient donné rendez-vous et ils vinrent camper ensemble aux eaux de Mérom pour combattre Israël.
Yahvé dit alors à Josué : « Ne les crains pas car demain, à la même heure, je les livrerai tous, percés de coups, à Israël ; tu couperas les jarrets de leurs chevaux et tu brûleras leurs chars. »
Josué, avec tous ses gens de guerre, les atteignit à l’improviste près des eaux de Mérom et tomba sur eux.
Yahvé les livra aux mains d’Israël qui les battit et les poursuivit jusqu’à Sidon-la-Grande et jusqu’à Misrephot-Maïm et jusqu’à la vallée de Miçpa au levant. Il les battit jusqu’à ne pas leur laisser un survivant.
Josué les traita comme Yahvé lui avait dit : il coupa les jarrets de leurs chevaux et livra leurs chars au feu.
10 En ce temps-là, Josué revint et s’empara de Haçor ; il frappa le roi d’un coup d’épée. Haçor était jadis la capitale de tous ces royaumes.
11 On passa aussi au fil de l’épée tout ce qui s’y trouvait de vivant, en vertu de l’anathème. Il ne resta aucun être animé et Haçor fut livrée au feu.
12 Toutes les villes de ces rois, ainsi que tous leurs rois, Josué s’en empara et les passa au fil de l’épée en vertu de l’anathème, comme l’avait ordonné Moïse, serviteur de Yahvé.
13 Pourtant, toutes les villes qui se dressaient sur leurs collines de ruines, Israël ne les incendia pas, sauf Haçor que Josué incendia.
14 Et toutes les dépouilles de ces villes, y compris le bétail, les Israélites les prirent comme butin. Mais tous les êtres humains, il les passèrent au fil de l’épée, jusqu’à les exterminer. Ils ne laissèrent aucun être animé.
15 Ce que Yahvé avait ordonné à son serviteur Moïse, Moïse l’avait ordonné à Josué, et Josué l’exécuta sans omettre un seul mot de ce que Yahvé avait ordonné à Moïse.
16 C’est ainsi que Josué prit tout le pays : la Montagne, tout le Négeb et tout le pays de Goshèn, le Bas-Pays, la Araba, la montagne d’Israël et son Bas-Pays.
17 Depuis le mont Pelé, qui s’élève vers Séïr, jusqu’à Baal-Gad, dans la vallée du Liban, au pied du mont Hermon, il s’empara de tous leurs rois qu’il fit frapper à mort.
18 Pendant de longs jours, Josué avait fait la guerre à tous ces rois ;
19 nulle cité n’avait fait la paix avec les Israélites, sauf les Hivvites qui habitaient Gabaôn ; ils les prirent toutes en combattant.
20 Car Yahvé avait décidé d’endurcir le cœur de ces gens pour combattre Israël, afin qu’ils soient anathèmes et qu’il n’y ait pas pour eux de rémission, mais qu’ils soient exterminés, comme Yahvé l’avait ordonné à Moïse.
21 En ce temps-là, Josué vint extirper les Anaqim de la Montagne, d’Hébron, de Debir, de Anab, de toute la montagne de Juda et de toute la montagne d’Israël : il les voua à l’anathème avec leurs villes.
22 Il ne resta plus d’Anaqim dans le pays des Israélites, sauf à Gaza, à Gat et à Ashdod.
23 Josué prit tout le pays, exactement comme Yahvé l’avait dit à Moïse, et il le donna en héritage à Israël, selon sa répartition en tribus.Et le pays se reposa de la guerre.
Lire la suite:Josué, Chapitre 12
Notes:
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Commentaire sur le livre
Notes sur la partie

1 e) Le chap. 11, conquête du Nord, est construit selon un plan strictement parallèle à celui du chap. 10, autour d’un noyau historique qui est ici la victoire des eaux de Mérom.


1 f) Au sud-ouest du lac Hulé, cf. 1 R 9.15 ; 2 R 15.29 ; Jr 49.28s. Les fouilles du tell de Haçor, le plus vaste de toute la Palestine, cf. v. 10, confirment que cette très grande ville fut complètement détruite et incendiée à la fin du « Récent Bronze », époque où l’on s’accorde à placer l’invasion israélite. — Le Yabîn de Haçor est entré indûment dans le récit de Jg 4.


1 g) « Mérom » grec ; « Madôn » hébr.


2 h) « crêtes », en hébreu naphot, terme qui n’est employé qu’en rapport avec Dor (trois fois) ; cf. 17.11.


7 i) C’est-à-dire la source dont dépendait Mérom, qu’il faut peut-être localiser au Tell el-Khureibeh, à 15 km à l’ouest de Haçor, sur un plateau permettant l’évolution des chars. — L’explication de la victoire israélite, malgré la supériorité militaire des Cananéens (cf. 17.16 ; l’armée n’aura pas de charrerie avant Salomon, 1 R 9.19 ; 10.26s), est peut-être donnée aux vv. 6-7, 9, où il faudrait voir la cause et non la conséquence de la victoire.


10 j) C’est là un épisode de l’installation des tribus du Nord qui ont eu une histoire différente de celle de la Maison de Joseph.


20 k) Cf. Dt 7.2s ; 20.16-18, où sont données les raisons de cette extermination la conquête est une guerre sainte, le pays de Yahvé doit être purifié de toute présence païenne, Israël est un peuple saint, donc séparé, Dt 7.6, qui doit être préservé de toute compromission qui le rendrait infidèle. Cela ne s’est pas réalisé, cf. notes sur 10 et Jg 1. Le motif de cet échec (fautes d’Israël) et la raison pour laquelle Dieu l’a permis (épreuve imposée au peuple) sont donnés dans Jg 2.20—3.4, voir Jg 2.6.


21 l) Sur les Anaqim, voit Dt 1.28. Cette notice rédactionnelle ne s’accorde pas avec la conquête d’Hébron par Caleb, 15.13-14 cf. 10.28.


Le livre de Josué se divise en trois parties : a) la conquête de la Terre Promise, 1-12 ; b) la répartition du territoire entre les tribus, 13-21 ; c) la fin de la carrière de Josué, et spécialement son dernier discours et l’assemblée de Sichem, 22-24. Il est certain que ce livre n’a pas été écrit par Josué lui-même, comme l’a admis la tradition juive, et qu’il met en œuvre des sources variées. Dans la première partie, on reconnaît, dans les chap. 2-9, un groupe de traditions qui se rattachent très probablement au sanctuaire benjaminite de Gilgal. Les chap. 2 et 9, l’histoire d’une femme, Rahab, et celle d’un groupe d’étrangers, les Gabaonites, encadrent ce premier ensemble littéraire. Dans les chap. 10-11, on trouve deux histoires de batailles, celle de Gabaôn et celle de Mérom, auxquelles est rattachée la conquête de tout le sud puis de tout le nord du pays. L’histoire des Gabaonites, chap. 9, en enjambant sur 10.1-6, fait le lien entre ces deux groupes de chapitres, vraisemblablement réunis avant la fin de l’époque monarchique.

Les traditions recueillies dans les chap. 3-8 ont été conservées à Gilgal, un sanctuaire de Benjamin ; la figure de Josué, qui est un Éphraïmite, pourrait bien y être secondaire ; sa présence dans les récits veut souligner que, dès avant la royauté, l’entrée en Canaan s’est faite sous un chef unique. L’aspect étiologique de ces récits, c’est-à-dire leur souci d’expliquer des faits ou des situations qui restent observables, est indéniable et obéit à une motivation historique. Dans les récits relatifs à Jéricho, chap. 6, et à Aï, chap. 8, l’historicité des événements rapportés est difficile à prouver et ne reçoit pas l’appui des découvertes archéologiques.

La seconde partie est un exposé géographique d’un genre tout différent. Le chap. 13 localise les tribus de Ruben et de Gad et la demi-tribu de Manassé, déjà installées par Moïse en Transjordanie, d’après Nb 32, cf. Dt 3.12-17. Les chap. 14-19 concernent les tribus à l’ouest du Jourdain et combinent deux sortes de documents : une description des limites des tribus, qui est d’une précision très inégale et qui remonte pour le fond à l’époque prémonarchique, et des listes de villes qui ont été ajoutées. La plus détaillée est celle des villes de Juda, 15, qui, complétée par une partie de villes de Benjamin, Jos 18.25-28, répartit les villes en douze districts ; elle reflète une division administrative du royaume de Juda, probablement sous Josaphat. En manière de compléments, le chap. 20 énumère les villes de refuge dont la liste n’est pas antérieure au règne de Salomon ; le chap. 21, sur les villes lévitiques, est une addition postérieure à l’Exil, qui utilise cependant les souvenirs de l’époque monarchique.

Dans la troisième partie, le chap. 22, sur le retour des tribus d’outre-Jourdain et l’érection d’un autel au bord du fleuve, porte les marques de rédactions deutéronomiste et sacerdotale ; il a pour origine une tradition particulière dont l’âge et le sens sont incertains. Le chap. 24 préserve le vieux et authentique souvenir d’une assemblée à Sichem et du pacte religieux qui y fut conclu.

À la rédaction deutéronomiste, on peut attribuer, outre des retouches de détail, les passages suivants : 1 (en grande partie) ; 8.30-35 ; 10.28-43 ; 11.11-24 ; 12 (sauf la liste) ; 22.1-8 ; 23 ; la révision de 24. La manière dont le chap. 24, retouché dans l’esprit du Deutéronome, a été maintenu à côté du chap. 23, qui s’en inspire mais est d’une autre main, fournit l’indice de deux éditions successives du livre.

Celui-ci présente la conquête de toute la Terre Promise comme le résultat d’une action d’ensemble des tribus sous la conduite de Josué. Le récit de Jg 1 offre un tableau différent : on y voit chaque tribu luttant pour son territoire et souvent mise en échec ; c’est une tradition d’origine judéenne, dont les éléments ont pénétré dans la partie géographique de Josué, Jos 13.1-6 ; 14.6-15 ; 15.13-19 ; 17.12-18. Cette image d’une conquête dispersée et incomplète est plus proche de la réalité historique, que l’on ne peut restituer que d’une manière conjecturale. L’installation dans le Sud de la Palestine se fit à partir de Cadès et du Négeb et surtout par des groupes qui ne furent que progressivement intégrés à Juda : les Calébites, Qenizzites, etc., et les Siméonites. L’installation en Palestine centrale fut l’œuvre des groupes qui traversèrent le Jourdain sous la conduite de Josué et qui comprenaient les éléments des tribus d’Éphraïm-Manassé et de Benjamin. L’installation dans le Nord eut une histoire particulière : les tribus de Zabulon, Issachar, Asher et Nephtali étaient établies depuis un temps indéterminé et ne sont pas descendues en Égypte. À Sichem, elles se rallièrent à la foi yahviste que le groupe de Josué avait apportée et elles acquirent leurs territoires définitifs en luttant contre les Cananéens qui les avaient asservies ou qui les menaçaient. Dans ces différentes régions, l’installation se fit en partie par des actions guerrières, en partie par une infiltration pacifique et par des alliances avec les précédents occupants du pays. Il faut retenir comme historique le rôle de Josué dans l’installation en Palestine centrale, depuis le passage du Jourdain jusqu’à l’assemblée de Sichem. Considérant la date qui a été indiquée pour l’Exode (Introduction au Pentateuque), on peut proposer la chronologie suivante : entrée des groupes du Sud vers 1250, occupation de la Palestine centrale par les groupes venant d’outre-Jourdain à partir de 1225, expansion des groupes du Nord vers 1200 av. J.-C.

De cette histoire complexe, que nous ne restituons que par hypothèse, le livre de Josué donne un tableau idéalisé et simplifié. Il est idéalisé : l’épopée de la sortie d’Égypte se continue dans cette conquête où Dieu intervient miraculeusement en faveur de son peuple. Il est simplifié : tous les épisodes se sont polarisés autour de la grande figure de Josué, qui mène les combats de la Maison de Joseph, 1-12, et à qui est attribuée une répartition du territoire qui ne s’effectua pas par lui ni d’un coup, 13-21. Le livre s’achève par les adieux et la mort de Josué, 23, 24 ; ainsi, du début à la fin, il en est le personnage principal. En lui, les Pères de l’Église ont reconnu une préfiguration de Jésus : non seulement il porte le même nom sauveur, mais le passage du Jourdain, introduisant avec lui dans la Terre Promise, est le type du baptême en Jésus qui introduit à Dieu, et la conquête et la répartition du territoire sont devenues l’image des victoires et de l’expansion de l’Église.

Cette terre de Canaan est bien, dans l’horizon de l’Ancien Testament, le vrai sujet du livre : le peuple, qui avait trouvé son Dieu au désert, reçoit maintenant sa terre, et il la reçoit de son Dieu. Car c’est Yahvé qui a combattu pour les Israélites, Jos 23.3-10 ; 24.11-12, et leur a donné en héritage le pays qu’il avait promis aux Pères, 23.5, 14.

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