Pour les prêtres, les normes et règles de pureté rituelle ont toujours été particulièrement strictes. Cela se comprend: il s'agissait de personnes qui, pendant tout le temps de leur service, demeuraient...
Pour les prêtres, les normes et règles de pureté rituelle ont toujours été particulièrement strictes. Cela se comprend: il s'agissait de personnes qui, pendant tout le temps de leur service, demeuraient auprès de l'autel, sans quitter le parvis de la Demeure ou, plus tard, du Temple. Pour de telles personnes, tous les assouplissements liés au maintien de la pureté étaient idéalement exclus complètement, et dans la réalité réduits au minimum. Dans le monde déchu, il est généralement impossible à l'homme d'éviter complètement l'impureté. L'impureté y est la conséquence de la chute. Dieu, cela va de soi, n'a rien créé d'impur, et pour Lui le monde demeure pur, de même qu'il demeure pour Lui le Royaume.
L'impureté existe pour nous et pour notre monde dans la mesure où nous nous sommes séparés de Dieu, séparant de la plénitude du Royaume la part de la création que nous avons réussi à entraîner avec nous. C'est cette séparation qui engendre l'impureté dans le monde: elle est la conséquence de la déchirure du monde et de son éloignement de Dieu. Ses formes sont variées, mais toutes sont d'une manière ou d'une autre des manifestations de cette mort entrée dans le monde avec le péché. L'homme porte cette mort en lui, et c'est pourquoi il pèche, actualisant en lui ce qui le prive de vie. Il en a toujours été ainsi et il en sera ainsi jusqu'à la transfiguration complète de la nature humaine; mais avant la venue du Christ, l'impureté du monde agissait elle aussi assez fortement sur l'homme, puisqu'elle était propre au monde.
Cette action se superposait à l'action en l'homme de son propre péché, qui était pour lui la source principale de souillure. Pour l'homme dont le service exigeait l'état de sanctification, il était absolument nécessaire de réduire au minimum toute souillure, aussi bien celle qui venait de son propre péché que celle qui était liée à l'action d'une impureté extérieure. De là viennent les règles plus strictes de pureté rituelle pour les prêtres: ils ne pouvaient pas se souiller même temporairement, même dans les cas où cela était admissible pour les autres.
C'est pourquoi un homme physiquement déficient ne pouvait pas accomplir le service sacerdotal: toute déficience de ce genre était perçue comme une manifestation de la même souillure présente dans le monde. L'homme, bien sûr, n'était aucunement coupable d'en avoir subi l'effet, mais cet effet le rendait néanmoins impropre au service, de même que telle ou telle déficience physique peut rendre une personne impropre à un travail spécifique exigeant une santé parfaite ou certaines aptitudes physiques particulières.