Les paroles d'Abdias, adressées par lui à l'ennemi séculaire de Juda, l'Idumée, soulèvent la question de ce que l'on appelle parfois la justice historique. À première vue, il semble que le prophète ait précisément cela en vue lorsqu'il dit qu'au jour de Yahvé, le jour du Seigneur, il arrivera à l'Idumée la même chose qu'à Juda, ravagé à la grande joie de son vieil adversaire qui a profité de la situation. De quoi Abdias parle-t-il donc en mentionnant le jour de Yahvé? Du Jour du Jugement? C'est possible: les attentes apocalyptiques étaient propres à son époque. Mais on appelait parfois aussi jour de Yahvé, surtout à l'époque d'avant l'exil, les temps de tout malheur qui s'abattait sur un pays et sur un peuple, et ce malheur lui-même était tenu pour un jugement de Dieu.
Il est tout à fait possible que le prophète ait précisément cela en vue, pressentant que bientôt, après la défaite de Juda dont l'Idumée se réjouit tant, son tour viendra aussi. Il semblerait que nous ayons là le triomphe de cette justice historique: celui qui s'est réjoui du malheur d'autrui reçoit littéralement selon ses mérites, en vivant exactement ce dont il venait de se réjouir en regardant les malheurs de son voisin. Mais la justice suppose nécessairement l'observance de la Torah par celui qui veut la rétablir. Or la vengeance n'a jamais été un moyen d'accomplir le commandement: la Torah ne l'admet qu'à contrecœur dans certains cas, comme concession à une mauvaise tradition de l'humanité déchue, en lui fixant des limites nettes, mais elle ne l'encourage nullement. « Œil pour œil, dent pour dent » n'est pas une prescription, mais une limitation, nécessaire pour qu'en réponse à un œil arraché on n'arrache pas les deux yeux de l'offenseur, et qu'en réponse à une dent brisée on ne lui brise pas les trente-deux. Or, dans la situation dont parle le prophète, c'est précisément le principe « œil pour œil, dent pour dent » qui est à l'œuvre, le pire de tous les possibles du point de vue de la Torah.
Mais dans le monde déchu, c'est très souvent justement lui qui agit. Et il suppose moins l'action de Dieu que sa non-intervention dans la situation, ce que le langage théologique appelle d'ordinaire permission. Bien sûr, cette non-intervention est relative: Dieu ne donne tout de même pas aux parties ennemies une liberté complète, autrement il ne resterait finalement personne en vie sur la terre. Cependant, une telle extermination mutuelle des hommes n'entre évidemment pas dans le plan de Dieu, et il ne veut nullement les « compensations » du type dont parle Abdias. Mais si le peuple de Dieu se détourne du Créateur, il devient comme tous les autres, l'un des nombreux peuples vivant sur la terre, soumis aux lois communes à tous du monde déchu, qui supposent, comme « justice suprême », le principe « œil pour œil, dent pour dent ».
Les paroles d'Abdias, adressées par lui à l'ennemi séculaire de Juda, l'Idumée, soulèvent la question de ce que l'on appelle parfois la justice historique. À première vue, il semble que le prophète ait précisément cela en vue lorsqu'il dit que...
Les paroles d'Abdias, adressées par lui à l'ennemi séculaire de Juda, l'Idumée, soulèvent la question de ce que l'on appelle parfois la justice historique. À première vue, il semble que le prophète ait précisément cela en vue lorsqu'il dit que... Lire la suite
Dieu est un pour tous, c'est pourquoi il sauve chacun: les Judéens et les païens, les circoncis et les incirconcis, les purs et les impurs, puisqu'il ne se détourne pas du lépreux. Il sauve tous par la foi, et non par les œuvres. Mais en quoi consiste cette foi? Il apparaît que, pour que Dieu devienne notre salut, il faut non seulement écouter ses paroles, mais aussi les accomplir. Voilà le paradoxe! D'un côté, seule la foi; de l'autre, si nous n'accomplissons pas la volonté de Dieu, nous risquons de nous retrouver sous les décombres de notre propre vie.
Dieu est un pour tous, c'est pourquoi il sauve chacun: les Judéens et les païens, les circoncis et les incirconcis, les purs et les impurs, puisqu'il ne se détourne pas du lépreux. Il sauve tous par la foi, et non par les œuvres. Mais en quoi consiste cette foi?..
Dieu est un pour tous, c'est pourquoi il sauve chacun: les Judéens et les païens, les circoncis et les incirconcis, les purs et les impurs, puisqu'il ne se détourne pas du lépreux. Il sauve tous par la foi, et non par les œuvres. Mais en quoi consiste cette foi?.. Lire la suite
Nous avons lu bien des fois comment le Seigneur accomplit des miracles et sauve son peuple d'ennemis qui le surpassent de beaucoup en force. Dans la lecture d'aujourd'hui, tout est inverse. Les Syriens, ennemis d'Israël, sont peu nombreux, mais le Seigneur retire ses mains. Il guidait, il protégeait, mais ils l'ont rejeté et ont ainsi renoncé à sa protection. Il retire ses mains, il cesse de protéger, et toutes les conséquences des péchés d'Israël s'abattent sur lui. La défaite dans le combat contre les Syriens n'est que la manifestation extérieure de la terrible catastrophe spirituelle qui s'est produite en Israël.
Nous avons lu bien des fois comment le Seigneur accomplit des miracles et sauve son peuple d'ennemis qui le surpassent de beaucoup en force. Dans la lecture d'aujourd'hui, tout est inverse...
Nous avons lu bien des fois comment le Seigneur accomplit des miracles et sauve son peuple d'ennemis qui le surpassent de beaucoup en force. Dans la lecture d'aujourd'hui, tout est inverse... Lire la suite
La lecture d'aujourd'hui comprend un hymne messianique (v. 1-7) qui lie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu sans rien de remarquable du point de vue religieux. Il n'y avait pas ici de grands centres religieux yahvistes semblables à ceux qui existaient plus au sud, en Samarie; et Jérusalem, avec son Temple, était, selon les mesures locales, assez loin. Mais tout cela n'empêcha pas la Galilée d'entendre la prédication du Messie-Christ, ne l'empêcha pas de devenir le lieu où passa l'enfance du Sauveur.
La grandeur extérieure et la tradition ancienne ne favorisent pas toujours l'œuvre de Dieu. Qui sait ce qu'aurait été l'enfance de Jésus s'il l'avait passée non dans la tranquille Nazareth, mais à Jérusalem? Le dessein de Dieu exige souvent silence et discrétion, surtout au début, lorsque sa réalisation ne fait que commencer. Les desseins humains, au contraire, supposent souvent dès le début le bruit, la renommée et cette grandeur terrestre que l'homme déchu aime tant (v. 8-10).
La lecture d'aujourd'hui n'oppose pas par hasard au royaume d'Israël la Galilée méprisée de tous. L'ironie de la situation était que la Galilée appartenait, même si ce n'était pas entièrement, à cet État, mais y était considérée comme une périphérie reculée, sans intérêt pour personne et sans rien de remarquable. Toutes les grandes villes, tous les centres politiques et religieux importants du pays se trouvaient plus au sud, en Samarie. La Galilée, elle, était une région frontalière, déjà partiellement peuplée de païens, et c'est pourquoi le prophète l'appelle « païenne » (v. 1). Mais les siècles passèrent, et du royaume d'Israël, dont les dirigeants étaient fiers de la grandeur de leur pays, au fond tout petit, il ne resta que des souvenirs. Et la ville la plus connue sur cette terre aujourd'hui n'est même pas Béthel, qui fut la capitale religieuse du Nord et l'un des plus anciens centres religieux yahvistes, mais Nazareth, qui n'existait pas encore à l'époque de la prospérité du Royaume du Nord et qui, par la suite, ne se distinguait nullement par sa renommée, jusqu'à ce qu'elle soit glorifiée par Celui dont Isaïe rendait témoignage.
La lecture d'aujourd'hui comprend un hymne messianique qui lie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu sans rien de remarquable du point de vue religieux. Il n'y avait pas ici de grands centres religieux yahvistes semblables à ceux qui existaient plus au sud, en Samarie...
La lecture d'aujourd'hui comprend un hymne messianique qui lie le ministère terrestre du Messie à la Galilée, lieu sans rien de remarquable du point de vue religieux. Il n'y avait pas ici de grands centres religieux yahvistes semblables à ceux qui existaient plus au sud, en Samarie... Lire la suite
Nous avons devant nous un psaume solennel, rempli du sentiment de vénération devant la grandeur du Créateur, pénétré de la crainte de Dieu, la seule crainte qui n'abaisse pas, mais libère et élève l'homme. Le tableau majestueux de la marche du Seigneur au-dessus des peuples permet de rappeler des motifs qui nous sont bien connus par d'autres livres bibliques, gravés dans les prières composées par de nombreux justes et psalmistes. Mais voici devant nous une autre dimension de la connaissance de Dieu, et elle n'est plus saisie par l'ancien savoir, mais par une foi vivante qui a arraché au cœur du prophète une confession de fidélité.
Nous voyons une qualité nouvelle de fidélité au Créateur, inséparablement liée à la révélation sur la foi. La foi d'Habacuc ne dépend absolument pas du fait qu'il reçoive ou non quelque chose du Seigneur. Ce n'est pas pour lui demander quelque chose, ni pour résoudre des tâches pratiques quelconques, qu'Habacuc est prêt à se tourner vers lui. Non, il est prêt à le suivre de manière entièrement désintéressée: il est sûr que la justice de Dieu, en elle-même, vaut plus que les biens terrestres et la réussite de la vie. Tout le reste, nécessaire aux hommes, le Seigneur le leur donnera; comme il sera dit plus tard, cela leur sera ajouté. Mais il veut donner à l'homme beaucoup plus que celui-ci n'est capable d'imaginer à partir de son expérience terrestre.
Nous avons devant nous un psaume solennel, rempli du sentiment de vénération devant la grandeur du Créateur, pénétré de la crainte de Dieu, la seule crainte qui n'abaisse pas, mais libère et élève l'homme. Le tableau majestueux de la marche du Seigneur au-dessus des peuples permet de rappeler...
Nous avons devant nous un psaume solennel, rempli du sentiment de vénération devant la grandeur du Créateur, pénétré de la crainte de Dieu, la seule crainte qui n'abaisse pas, mais libère et élève l'homme. Le tableau majestueux de la marche du Seigneur au-dessus des peuples permet de rappeler... Lire la suite
L'histoire d'Israël est pleine d'exemples où le peu de foi du peuple le conduisait à des défaites, tandis que l'espérance en Dieu le conduisait à des victoires. Chacun de nous sait sans doute par sa propre expérience combien cela est vrai aussi dans notre vie. Le symbole le plus éclatant de cette loi fut le serpent d'airain. Quiconque levait les yeux vers le ciel pour le regarder recevait la guérison des plaies causées par l'incrédulité. Le Christ relie l'étendard sur lequel le serpent était élevé à sa Croix (Jn 3:14), témoignant ainsi qu'il est Celui en qui le nouvel Israël doit espérer: Dieu fort et Père du siècle à venir.
L'histoire d'Israël est pleine d'exemples où le peu de foi du peuple le conduisait à des défaites, tandis que l'espérance en Dieu le conduisait à des victoires. Chacun de nous...
L'histoire d'Israël est pleine d'exemples où le peu de foi du peuple le conduisait à des défaites, tandis que l'espérance en Dieu le conduisait à des victoires. Chacun de nous... Lire la suite
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