26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés. |
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles. |
Selon les représentations généralement acceptées dans le milieu yahvéiste et reflétées dans la Torah, l’homme ne pouvait être totalement pardonné que du péché commis involontairement, par exemple, par faiblesse ou par ignorance. Si le péché était commis expressément, c’est-à-dire consciemment et volontairement, on ne pouvait aucunement parler d’un total pardon de celui qui l’a commis. Certes, si pécheur se repentait sincèrement et s’adressait à Dieu pour la demande du pardon, Dieu pouvait le lui pardonner.
Mais les conséquences du péché, ce que dans la langue du Torah s'appelle souillure, prévalaient sur celui qui pèche volontairement tout le reste de la vie, affectant même assez souvent ses descendants. Tout a changé avec l'arrivée du Christ: le Royaume, dont les lois se distinguent fondamentalement des lois du monde non transformé est entré dans le monde. Chacun s’ayant associé au Royaume reçoit la possibilité de repartir à zéro.
Tous les péchés commis autrefois, restent dans la vie antérieure, qui se déroulait d'après les lois de notre monde pas encore transformé, et devant le chrétien nouvellement converti se trouve une feuille vierge pour une vie nouvelle, dans laquelle il ne peut et ne doit avoir place au péché.
Mais quoi, si le péché finit tout de même par pénétrer dans cette vie nouvelle ensemble avec ce qui n’est pas encore transformé, et c’est-à-dire pas encore libre du péché de la nature humaine? Alors, il est évident qu’un tel pécheur ne trouvera plus place dans le Royaume, et alors il ne lui restera que ce que les livres du Nouveau Testament appellent «les ténèbres» ou «l’étang de feu».
Heureusement pour nous, jusqu'à ce que le processus d'entrée dans le Royaume pour notre monde ne soit pas terminé, la possibilité de recommencer à zéro, d’essayer encore nous est donnée de nouveau et de nouveau. Mais cela ne rend pas la situation moins sérieuse : puisque nous ne connaissons pas, combien de temps nous avons encore en réserve. Et donc, chaque tentative peut bien s’avérer la dernière.
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés. |
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles. |
28 Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins. |
29 D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce? |
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple. |
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant ! |
32 Mais rappelez-vous ces premiers jours, où après avoir été illuminés, vous avez soutenu un grand assaut de souffrances, |
33 tantôt exposés publiquement aux opprobres et aux tribulations, tantôt vous rendant solidaires de ceux qui étaient ainsi traités. |
34 Et, en effet, vous avez pris part aux souffrances des prisonniers; vous avez accepté avec joie la spoliation de vos biens, sachant que vous étiez en possession d'une richesse meilleure et stable. |
35 Ne perdez donc pas votre assurance ; elle a une grande et juste récompense. |
36 Vous avez besoin de constance, pour que, après avoir accompli la volonté de Dieu, vous bénéficiiez de la promesse. |
37 Car encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et il ne tardera pas. |
38 Or mon juste vivra par la foi ; et s'il se dérobe, mon âme ne se complaira pas en lui. |
39 Pour nous, nous ne sommes pas des hommes de dérobade, pour la perdition, mais des hommes de foi pour la sauvegarde de notre âme. |
Il y a déjà deux mille ans, l'auteur de l'Épître aux Hébreux disait : « Encore un peu, bien peu de temps, et Celui qui vient arrivera sans tarder. » Deux mille ans, est-ce vraiment si peu ? On est tenté de se dire qu'un tel « peu de temps » ressemble à quelque chose, en mathématiques, qui tend indéfiniment vers zéro sans jamais l'atteindre. Peut-être que cette venue n'aura jamais lieu ? Et, même si elle a lieu, ce ne sera certainement pas pour nous ! De quoi s'agit-il donc ? Pourquoi l'Église a-t-elle inclus dans le canon de la Sainte Écriture des paroles qui ressemblent à une prophétie manquée ? C'est probablement parce que ce « peu, bien peu de temps » est une manière de voir du point de vue de l'Éternité. Il viendra vraiment très bientôt, mais Lui seul sait quand ce « bientôt » arrivera. Pour chacun de nous, la rencontre avec Lui ne peut qu'être inattendue. Or le moment où cette rencontre advient pour nous, c'est la mort. Si nous devions voir Dieu dans cinq minutes, pourrions-nous Le regarder dans les yeux ? Voilà ce que l'Église nous rappelle dans la lecture d'aujourd'hui.
19 Ayant donc, frères, l'assurance voulue pour l'accès au sanctuaire par le sang de Jésus, |
20 par cette voie qu'il a inaugurée pour nous, récente et vivante, à travers le voile - c'est-à-dire sa chair -, |
21 et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu, |
22 approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs nettoyés de toutes les souillures d'une conscience mauvaise et le corps lavé d'une eau pure. |
23 Gardons indéfectible la confession de l'espérance, car celui qui a promis est fidèle, |
24 et faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes; |
25 ne désertez pas votre propre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire, mais encouragez-vous mutuellement, et d'autant plus que vous voyez approcher le Jour. |
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés. |
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles. |
28 Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins. |
29 D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce? |
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple. |
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant ! |
Poursuivant son propos sur le Christ comme Grand Prêtre, l'auteur de l'épître parle des relations entre lui et les fidèles comme de l'essence de ce que les prophètes d'Israël appelaient la nouvelle alliance. En effet: l'essence de toute union-alliance consiste, en fin de compte, dans la sanctification de l'homme par Dieu, dans l'action que Dieu exerce sur l'homme en changeant sa vie spirituelle, et parfois même sa nature. Et la nouvelle union, cette nouvelle alliance même dont Jérémie a parlé le premier, supposait non seulement la Torah écrite dans le coeur, mais aussi une mesure de Présence dans la vie d'une personne et du peuple de Dieu telle qu'il n'y en avait jamais eu auparavant.
C'est cette plénitude de la Présence qui était liée à la personne du Sauveur, et c'est pourquoi l'auteur de l'épître l'appelle Grand Prêtre avec une majuscule. Mais aucune mesure de Présence, fût-elle absolue, ne garantit à l'homme le salut, la purification, la sanctification ni quoi que ce soit d'autre. L'homme est libre, et tout se détermine en fin de compte précisément par son choix.
L'auteur de l'épître rappelle que le péché commis consciemment est irréparable en ce sens qu'il est impossible de se débarrasser de ses conséquences. Il en a toujours été ainsi, et même les sacrifices de purification yahvistes étaient ici impuissants, bien que la présence de Dieu auprès des autels yahvistes fût une réalité indubitable. La venue du Christ change qualitativement la situation à cet égard: désormais on peut être délivré même des conséquences de péchés autrefois commis consciemment, parce qu'en se confiant au Christ, l'homme ne reste plus seul devant Dieu avec ses péchés.
Désormais le Christ lui-même est prêt à aider l'homme à régler les conséquences de ses péchés, pourvu seulement que l'homme se repente de ce qu'il a commis et fasse confiance à son Sauveur. Mais si quelqu'un, devenu chrétien, estime possible pour lui de pécher consciemment, cela équivaut à l'apostasie et au reniement du Christ, comme l'auteur de l'épître le rappelle à ses lecteurs.
Alors revenir en arrière devient très, très difficile: en péchant consciemment et de son plein gré, l'homme s'oppose en fait à son Sauveur. Celui-ci fait tout pour délivrer l'homme de la puissance du péché, tandis que l'homme, de son côté, se livre au pouvoir du péché, et cela en pleine conscience. Une telle vie dresse un mur entre l'homme et le Christ, même si auparavant cette même personne s'était tournée vers le Christ avec une parfaite sincérité et était devenue son disciple. Voilà ces choses fondamentales pour la vie chrétienne que l'auteur de l'épître rappelle à ses lecteurs.
19 Ayant donc, frères, l'assurance voulue pour l'accès au sanctuaire par le sang de Jésus, |
20 par cette voie qu'il a inaugurée pour nous, récente et vivante, à travers le voile - c'est-à-dire sa chair -, |
21 et un prêtre souverain à la tête de la maison de Dieu, |
22 approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs nettoyés de toutes les souillures d'une conscience mauvaise et le corps lavé d'une eau pure. |
23 Gardons indéfectible la confession de l'espérance, car celui qui a promis est fidèle, |
24 et faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes; |
25 ne désertez pas votre propre assemblée, comme quelques-uns ont coutume de le faire, mais encouragez-vous mutuellement, et d'autant plus que vous voyez approcher le Jour. |
26 Car si nous péchons volontairement, après avoir reçu la connaissance de la vérité, il n'y a plus de sacrifice pour les péchés. |
27 Il y a, au contraire, une perspective redoutable, celle du jugement et d'un courroux de feu qui doit dévorer les rebelles. |
28 Quelqu'un rejette-t-il la Loi de Moïse ? Impitoyablement il est mis à mort sur la déposition de deux ou trois témoins. |
29 D'un châtiment combien plus grave sera jugé digne, ne pensez-vous pas, celui qui aura foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour profane le sang de l'alliance dans lequel il a été sanctifié, et outragé l'Esprit de la grâce? |
30 Nous connaissons, en effet, celui qui a dit : A moi la vengeance. C'est moi qui rétribuerai. Et encore : Le Seigneur jugera son peuple. |
31 Oh ! chose effroyable que de tomber aux mains du Dieu vivant ! |
La catastrophe de l'an 70 s'est apparemment répercutée sur l'état spirituel non seulement de la Synagogue, mais aussi de l'Église. Beaucoup de communautés ecclésiales traversaient sans doute alors une crise spirituelle et, avec elle, organisationnelle. C'est manifestement à cette crise qu'étaient liés les appels de l'auteur de l'épître à ne pas abandonner les assemblées de l'Église (v. 25). On peut penser qu'une telle pratique était avant tout provoquée par la déception et le désarroi liés à la destruction du Temple et à l'arrêt des sacrifices. Il n'est pas exclu que, pour de nombreux chrétiens, et d'abord pour les judéo-chrétiens, la destruction du Temple ait signifié l'impossibilité non seulement du sacrifice, mais aussi de la fraction du pain, si bien qu'ils ne voyaient plus de sens à participer aux assemblées de l'Église. Cela n'a rien d'étonnant: les représentations juives traditionnelles de l'époque ne séparaient pas l'un de l'autre, et les Juifs comme les judéo-chrétiens voyaient dans la fraction du pain et les repas rituels dont elle était le centre la continuation du repas sacrificiel, sans lequel la fraction du pain paraissait spirituellement et religieusement tout à fait impossible.
Cependant, l'auteur de l'épître appelle ses coreligionnaires à garder l'ancien ordre de la vie ecclésiale, en indiquant que, même en l'absence du Temple et des sacrifices yahvistes traditionnels, une vie spirituelle pleine demeure possible pour les chrétiens: car Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, devenant pour Ses disciples le véritable Grand Prêtre, ne revient ni sur les promesses données une fois pour toutes ni sur l'alliance conclue une fois pour toutes (v. 19-24). Bien plus: l'auteur considère le départ de l'Église comme une trahison de cette alliance, le comparant à l'apostasie qui, selon les normes de la Torah, est punie de mort (v. 28-31). Il rappelle que la Torah admet la possibilité d'une purification seulement pour le péché commis par faiblesse ou par ignorance, mais nullement pour le péché commis consciemment et volontairement. Et l'abandon volontaire de l'assemblée ecclésiale est pour lui précisément un exemple d'un tel péché, équivalant à une apostasie volontaire (v. 26-27). Cela n'a rien d'étonnant: par la fraction du pain, qui a lieu dans l'assemblée à laquelle le Ressuscité participe directement, se réalise cette alliance nouvelle dont parlait déjà Jérémie et qui est devenue réalité avec la venue du Sauveur dans le monde. Une alliance qui ouvre le Royaume à ceux qui le cherchent. Et le refus de participer à la fraction du pain ne signifie donc rien d'autre que le refus de l'alliance, et par conséquent du Royaume.
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