9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand, |
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. » |
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges. |
Simon le Magicien est une figure très contemporaine. Aujourd’hui encore, il n’est pas difficile de rencontrer des magiciens et des médiums qui se font passer pour quelqu’un de grand et dont beaucoup confondent la puissance avec celle de Dieu. Pour beaucoup, il est devenu habituel de placer le christianisme sur le même plan que d’autres systèmes de pensée et de l’« enrichir » en l’associant à des pratiques occultes et autres pratiques « paranormales ».
Simon le Magicien crut et fut baptisé. Mais son exemple nous montre le premier cas où l’inertie de la spiritualité antérieure continue de se manifester et même de s’accentuer après la conversion. On comprend que les puissances auxquelles une personne s’est longtemps adressée ne veuillent pas la laisser échapper ; mais cette personne doit elle-même distinguer clairement la foi nouvellement acquise de ses anciens attachements. Simon pensait que la puissance de l’Esprit Saint était semblable aux puissances auxquelles il avait eu affaire jusque-là, mais beaucoup plus grande. Il semble que c’est là, et pas seulement dans le désir d’obtenir le don de Dieu contre de l’argent, dans la volonté d’introduire dans la vie spirituelle des rapports d’achat et de vente, que résidait l’erreur de Simon.
Plus tard, de nombreuses légendes naquirent autour de Simon le Magicien, selon lesquelles il serait revenu à la pratique de la magie ; mais le livre des Actes interrompt son récit à son sujet sur des paroles évoquant la possibilité de son repentir. Cette possibilité lui était offerte, et elle reste ouverte à ses imitateurs d’aujourd’hui, pourvu qu’ils reviennent à la raison. Mais il n’est pas davantage dit s’il s’est repenti. Simon demande aux apôtres de prier pour lui, estimant manifestement qu’ils sont plus puissants que lui, mais il ne prie pas lui-même. Quelque chose, de toute évidence, l’en empêchait...
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. |
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. |
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient. |
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. |
8 Et la joie fut vive en cette ville. |
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand, |
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. » |
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges. |
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes. |
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux. |
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. |
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné. |
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. |
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint. |
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent. |
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. » |
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent ! |
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. |
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ; |
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. » |
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. » |
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains. |
Le terme « simonie » est entré dans l'usage ecclésiastique dès le Moyen Âge. Il désignait l'achat et la vente de charges dans l'Église. Il est évident qu'il vient du nom du magicien Simon, mentionné dans les Actes, qui semblait s'être converti et avoir renoncé à la magie, mais... demeurait pourtant magicien en un certain sens. Certes, les disciples médiévaux du Simon biblique avaient manifestement perdu en ambition : ils voulaient obtenir une charge ecclésiastique contre de l'argent, tandis que Simon visait plus haut. Il voulait s'acheter un peu de grâce. Autant que son argent le permettrait. Et c'est là quelque chose de plus sérieux qu'une charge dans l'Église. C'est ici que commence le plus intéressant et le plus révélateur. La vente des charges ecclésiastiques est facile à comprendre : toutes les structures de l'Église sont l'œuvre de mains humaines. L'achat et la vente de places dans ces structures se comprennent aussi humainement, si répugnants soient-ils. Mais, avec la grâce, la question devient vraiment intéressante. Comment Simon se représentait-il la grâce, s'il était convaincu qu'elle pouvait s'acheter ou se vendre ?
Probablement à peu près comme cette énergie surnaturelle qu'il avait lui-même cherché toute sa vie à maîtriser. Il avait sans doute obtenu certains succès, puisque ses nombreuses « pratiques magiques » réussissaient. Le magicien est toujours certain que l'énergie dont il sent la présence, même s'il n'en a pas clairement conscience, cette énergie qui sous-tend l'univers, est réelle. Et qu'on peut la maîtriser. Surtout, qu'il y parviendra lui-même. Sans cette certitude, il n'y a pas de magicien. Ni de magie. Mais voici que le magicien rencontre des manifestations de la puissance de Dieu. De la puissance du Royaume.
Et... il se convertit facilement et rapidement. Puis il demande qu'on lui vende de la grâce. Étrange conversion ! Pourtant, à bien y réfléchir, cela n'a rien d'étonnant. Pas plus qu'il n'y a là, évidemment, de véritable conversion. Il y a seulement la reconnaissance d'un fait évident pour le magicien : il existe dans le monde une puissance qui dépasse tout ce à quoi il a eu affaire jusqu'alors. Et il y a des gens qui possèdent cette puissance : voilà comment le magicien voit la situation. Il faut s'entendre avec ces gens. Il faut adopter leur religion : pour le magicien, le christianisme ne sera jamais qu'une religion ; comme vie du Royaume, il lui est par définition inconnu. À la limite, le magicien peut même admettre l'existence de Dieu, s'il voit que la puissance vient de Lui. Mais il ne pourra jamais se confier à Dieu. Car se confier à Lui, c'est Le reconnaître non seulement plus fort, mais aussi supérieur à soi.
Pour Le reconnaître ainsi, le magicien doit cesser d'être magicien. Cesser d'être ce qu'il est. Tant que cela ne s'est pas produit, sa religion repose sur le principe du donnant-donnant. Dieu est plus fort : il faut donc conclure un marché avec Lui, afin qu'Il partage Sa puissance. Peut-être par l'intermédiaire de certaines personnes, de certains médiateurs qui ont accès à Sa puissance. Mais... soudain, à la grande surprise de Simon, les apôtres lui adressent une réprimande sévère. Et il comprend quelque chose : sinon tout, du moins une partie.
Il comprend que ces hommes portent quelque chose qui ne s'achète pas avec de l'argent. Ce n'est pas que Dieu refuse de partager Sa puissance avec l'homme. C'est que cette puissance fait partie de Son Royaume. On ne peut la recevoir qu'en entrant dans le Royaume, avec l'amour de Dieu, comme l'une de ses manifestations. Hors du Royaume et sans l'amour de Dieu, le magicien restera magicien, quelle que soit la religion qu'il professe et aussi souvent qu'il s'adresse à Dieu. On ne peut pas conclure de marché avec Lui. On peut seulement se donner entièrement à Lui et tout recevoir de Lui en retour. Tout le Royaume, dans toute sa plénitude.
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre. En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. |
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations. |
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. |
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. |
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. |
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient. |
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. |
8 Et la joie fut vive en cette ville. |
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand, |
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. » |
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges. |
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes. |
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux. |
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. |
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné. |
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. |
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint. |
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent. |
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. » |
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent ! |
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. |
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ; |
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. » |
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. » |
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains. |
Il est intéressant que l'Évangile annoncé par les disciples, séparé du don de l'Esprit Saint qui est donné aux croyants par les apôtres, puisse facilement se transformer en un nouvel enseignement magique ésotérique. C'est précisément ainsi que Simon le Magicien le perçoit. Ne connaissant ni la liberté ni la grâce de l'Esprit Saint, ni les relations avec Dieu fondées exclusivement sur la miséricorde et sur le don libre de la communion, il pense que dans la vie chrétienne on peut acheter ou vendre quelque chose. Cette erreur est très universelle. Dès que nous perdons, ou oublions, cette expérience de la joie en Dieu, dès que nous cessons de vivre par l'Esprit, nous commençons aussitôt à penser qu'on peut gagner quelque chose auprès de Dieu, Le forcer à faire quelque chose, ou Le soudoyer d'une manière quelconque.
1 Saul, lui, approuvait ce meurtre. En ce jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l’Église de Jérusalem. Tous, à l’exception des apôtres, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie. |
2 Cependant des hommes dévots ensevelirent Étienne et firent sur lui de grandes lamentations. |
3 Quant à Saul, il ravageait l’Église ; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison. |
4 Ceux-là donc qui avaient été dispersés s’en allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. |
5 C’est ainsi que Philippe, qui était descendu dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. |
6 Les foules unanimes s’attachaient à ses enseignements, car tous entendaient parler des signes qu’il opérait, ou les voyaient. |
7 De beaucoup de possédés, en effet, les esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et d’impotents furent également guéris. |
8 Et la joie fut vive en cette ville. |
9 Or il y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la magie et jetait le peuple de Samarie dans l’émerveillement. Il se disait quelqu’un de grand, |
10 et tous, du plus petit au plus grand, s’attachaient à lui. « Cet homme, disait-on, est la Puissance de Dieu, celle qu’on appelle la Grande. » |
11 Ils s’attachaient donc à lui, parce qu’il y avait longtemps qu’il les tenait émerveillés par ses sortilèges. |
12 Mais quand ils eurent cru à Philippe qui leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ, ils se firent baptiser, hommes et femmes. |
13 Simon lui-même crut à son tour ; ayant reçu le baptême, il ne lâchait plus Philippe, et il était dans l’émerveillement à la vue des signes et des grands miracles qui s’opéraient sous ses yeux. |
14 Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. |
15 Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l’Esprit Saint leur fût donné. |
16 Car il n’était encore tombé sur aucun d’eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. |
17 Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils recevaient l’Esprit Saint. |
18 Mais quand Simon vit que l’Esprit Saint était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent. |
19 « Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi : que celui à qui j’imposerai les mains reçoive l’Esprit Saint. » |
20 Mais Pierre lui répliqua : « Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d’argent ! |
21 Dans cette affaire il n’y a pour toi ni part ni héritage, car ton cœur n’est pas droit devant Dieu. |
22 Repens-toi donc de ton mauvais dessein et prie le Seigneur : peut-être cette pensée de ton cœur te sera-t-elle pardonnée ; |
23 car tu es, je le vois, dans l’amertume du fiel et les liens de l’iniquité. » |
24 Simon répondit : « Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur, afin que rien ne m’arrive de ce que vous venez de dire. » |
25 Pour eux, après avoir rendu témoignage et annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de nombreux villages samaritains. |
La lecture d'aujourd'hui nous donne l'occasion de considérer le Royaume sous un angle nouveau, peut-être un peu inattendu. Il s'agit de l'histoire d'un magicien nommé Simon (v. 9–24). En lisant le récit, on remarque aussitôt que, très peu de temps après l'arrivée de Philippe dans la ville, Simon devint l'un de ses auditeurs les plus attentifs et semblait déjà prêt à devenir l'un de ses disciples (v. 9–13). Mais lorsque les apôtres arrivèrent dans la ville et prièrent pour que l'Esprit descende sur les nouveaux convertis, Simon vint leur proposer de l'argent, demandant en échange cette puissance de prière qui rendait possible la descente de l'Esprit sur ceux pour lesquels ils priaient (v. 18–19).
À première vue, un tel désir de la puissance de Dieu chez un magicien pourrait sembler étrange et contre nature. Pourtant, si l'on réfléchit à l'essence de la magie, on n'y verra rien de particulièrement étrange. Depuis longtemps, les magiciens considéraient le monde comme l'expression et l'incarnation d'une certaine force ou énergie surnaturelle, dont la maîtrise était tenue pour le but de la magie et le sens de la vie du magicien. Apparemment, Simon avait lui aussi obtenu dans ce domaine certains résultats, peut-être non négligeables (v. 10–11). Mais voici qu'un inconnu apparaît dans la ville : il semble mieux connaître cette force et la manier avec maîtrise. Simon voulut bien sûr devenir le disciple de ce mystérieux prédicateur et, sa décision prise, ne le quitta plus (v. 13). Il a probablement négligé le baptême, le jugeant inutile pour lui-même.
Apparemment, comme la plupart des magiciens, Simon était un athée pratique. S'il pensait à Dieu, c'était probablement en se disant que Dieu ne pouvait ni l'aider ni l'entraver : le magicien doit acquérir lui-même la force, sans faire appel à aucun dieu ni à aucun esprit. Lorsqu'il fut convaincu que les apôtres possédaient réellement une puissance tout à fait réelle, capable de transformer l'être humain, il voulut naturellement apprendre à la maîtriser comme eux.
Mais tout se révéla à la fois plus simple et plus compliqué que Simon ne l'avait prévu. Il apparut qu'il ne s'agissait pas simplement d'une puissance, mais du Royaume entrant dans le monde, dont cette puissance n'était qu'une manifestation. Or Simon voulait acquérir la puissance sans le Royaume. Ce n'est pas par hasard que Pierre juge son état spirituel avec une extrême sévérité (v. 22–23). Le problème n'est pas que la force dont le magicien veut se rendre maître soit mauvaise en elle-même. En définitive, il n'y a rien d'originellement démoniaque dans le monde : le diable n'est pas capable de créer, il ne peut que gâter et pervertir ce qu'il n'a pas créé. Ce qui est effrayant est ailleurs : même lorsqu'il entre en contact avec le Royaume, le magicien reste toujours fermé aux autres, y compris à Dieu, et demeure absolument égocentrique. Le Royaume, au contraire, suppose une ouverture totale à Dieu et au prochain. À en juger par la réaction de Simon aux paroles de Pierre (v. 24), il commence probablement à le comprendre. Et peut-être fait-il ainsi son premier pas vers le Royaume.
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