8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d’être trouvé en lui, n’ayant pas comme justice à moi celle qui vient de la Loi, mais celle par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi ; |
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, |
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts. |
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait ; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. |
13 Non, frères, je ne me flatte point d’avoir déjà saisi ; je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, |
14 et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. |
15 Nous tous qui sommes des « parfaits », c’est ainsi qu’il nous faut penser ; et si, sur quelque point, vous pensez autrement, là encore Dieu vous éclairera. |
16 En attendant, quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne. |
17 Devenez à l’envi mes imitateurs, frères, et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. |
18 Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et je le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ : |
19 leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte ; ils n’apprécient que les choses de la terre. |
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
J'aspire à mettre au premier rang de ma vie le fait de gagner le Christ. Non pas me trouver moi-même, ni acquérir une justice pour moi-même, mais précisément ce dont parle Paul : « Être trouvé en Lui, non avec ma propre justice, celle qui vient de la Loi, mais avec celle qui vient par la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. » Le Seigneur nous donne tout en ce monde, y compris la vie elle-même ; ne serait-il pas logique de nous ouvrir à Sa présence dans la gratitude et la louange envers le Créateur ? Bien plus : de Le chercher et de L'appeler sans cesse, afin de « Le connaître, ainsi que la puissance de Sa résurrection et la participation à Ses souffrances, en devenant conforme à Sa mort », dans la joie de demeurer avec Lui ? Et Jésus, avec le même amour que lorsqu'Il s'adresse à la femme pécheresse (voir Jn 8:11), nous parlera à nous aussi, dévoilant peu à peu ce que nous sommes capables d'accueillir.
Et à quoi bon tout cela ? La joie de percevoir la présence de Dieu, qui nous est accessible sur terre, ne donne qu'une faible idée de ce qui sera après la résurrection des morts (1 Co 2:9). Ne serait-ce que parce que nous pourrons nous tenir à Ses côtés et Lui prendre la main…
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d’être trouvé en lui, n’ayant pas comme justice à moi celle qui vient de la Loi, mais celle par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi ; |
Paul nous dit qu'aucun mérite, aucun travail n'est quoi que ce soit en comparaison du Christ et du Royaume. Il semblerait que la justice soit la justice, qu'elle soit la même en tout temps, et que la venue du Messie ne puisse rien y changer.
Mais il ne s'agit pas ici du chemin de la justice comme tel, qui est effectivement unique pour tous les temps, mais du Royaume et de Celui qui l'a apporté au monde. Maintenant que la route vers le Royaume est ouverte, toute l'expérience antérieure de la vie juste doit être révisée radicalement dans le contexte de cette possibilité nouvellement ouverte. Et toutes les tentatives pour l'ignorer, pour faire comme si rien n'avait changé dans le monde avec la venue du Christ, se révèlent spirituellement malhonnêtes d'avance, dévaluant en fait tous les efforts de ceux qui agissent ainsi pour vivre une vie juste.
Bien sûr, le refus d'accepter l'évidence pouvait aussi être lié à la crainte de perdre tout ce qui avait été acquis auparavant, car la venue du Messie supposait la nécessité de recommencer la vie presque à partir d'une page blanche. Une représentation très répandue à l'époque dans les milieux religieux supposait que, avec la venue du Messie, ce chemin s'achèverait, et que tous les acquis obtenus par les justes deviendraient une sorte de monnaie spirituelle avec laquelle on pourrait payer l'entrée dans le Royaume. Mais tout s'est révélé autrement : le Royaume, comme il est apparu, ne peut être acheté par aucun argent ni par aucun mérite ; il est simplement offert gratuitement à tous ceux qui cherchent. Mais on ne peut y entrer qu'en recommençant le chemin spirituel. Et Paul comprend parfaitement que le salut est encore devant lui, qu'il faut encore l'atteindre ; le fait même de participer à la vie du Royaume suppose non pas l'achèvement du chemin, mais seulement son commencement, de sorte que l'essentiel est encore devant. La justice n'est pas dévalorisée, mais le chemin du juste ne peut désormais être que le chemin du Royaume, auquel l'apôtre appelle ses lecteurs.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
Bien des paroles évangéliques devraient nous paraître étranges si nous réfléchissions vraiment à leur sens. Pourquoi, en effet, faudrait-il appeler « heureux » ceux qui pleurent, ceux qui ont faim ou ceux qui sont persécutés ? Et en quoi la « pauvreté d'esprit » peut-elle aider ? Certes, celui qui a faim et sait qu'on va bientôt le nourrir est heureux parce qu'il obtiendra bientôt ce qu'il désire. Celui qui pleure de chagrin peut être tout aussi heureux s'il est certain qu'on soulagera bientôt sa peine, tout comme le persécuté qui comprend qu'il ne lui reste plus longtemps à endurer. Mais tout cela n'est encore qu'un bonheur à venir, tandis que Jésus parle de la béatitude de ces personnes dès maintenant, alors que le triomphe du Royaume est encore futur.
Peut-être trouverons-nous une réponse en revenant au sens premier du mot « heureux » ou, plus exactement, à celui de son original hébreu, qui désignait une personne recevant de Dieu force et soutien. Tout se met alors en place : tous ceux que Jésus nomme peuvent réellement s'en remettre à Dieu dans l'attente du triomphe prochain du Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Quant à la pauvreté d'esprit qu'Il mentionne (bien que Jésus, qui parlait araméen, ait très probablement dit ici simplement « les pauvres »), elle était une condition nécessaire pour recevoir l'aide d'en haut. En effet, on ne peut se confier entièrement à Dieu que lorsqu'on sait avec certitude qu'en dehors de Lui, il n'y a véritablement personne ni rien d'autre en qui espérer. Alors le chemin vers le Royaume, auparavant d'une difficulté inconcevable, devient non pas simple, mais léger, comme le fardeau dont parle le Sauveur.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
Dans la lecture apostolique d'aujourd'hui, Paul nous propose une interprétation saisissante de l'histoire sainte. Il dit que la promesse faite à Abraham annonçait la venue du Christ, tandis que la Loi, apparue quatre cent trente ans plus tard, était une forme particulière d'aide accordée à une humanité indocile, afin que nous ne périssions pas, privés de soutien, avant notre rencontre avec le Christ.
En elle-même, la Loi, norme impersonnelle, ne nous donne pas la possibilité de rencontrer le Christ ; elle est nécessaire pour que, « en chemin » vers cette rencontre, nous ne nous détournions pas. De même, la photographie d'un être aimé nous aide, pendant une séparation, à ne pas oublier les traits de son visage ; mais ce n'est pas elle qui nous conduit à la rencontre elle-même.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
« ... Et Il passa la nuit à prier Dieu... » De ces paroles, qui nous donnent de toucher un peu l’expérience de notre Seigneur, est sortie une immense et admirable tradition d’offices nocturnes. À proprement parler, la « vigile de toute la nuit » signifie ne pas dormir toute la nuit et prier. Il est dommage qu’elle soit maintenant réduite à un office de six à huit heures du soir... Mais nous avons toujours la possibilité de ne pas dormir chez nous, et c’est une expérience étonnante. À celui qui ne l’a jamais vécue, il est très difficile d’expliquer ce que c’est.
L’essentiel que donne la nuit, c’est le silence et la solitude ; seulement dans ce silence peut-on discerner la voix de Dieu. Tout le monde est plongé dans le repos, et l’espace comme le temps perdent leur sens. Avez-vous remarqué combien le temps s’écoule tout autrement la nuit ? C’est, bien sûr, aussi une ascèse, car parfois, surtout après une journée pénible, il est difficile de ne pas s’endormir, comme se sont endormis les disciples au jardin de Gethsémani.
On peut énumérer sans fin les raisons de l’avantage de la nuit pour la prière. L’essentiel, semble-t-il, est le désir de ne jamais se séparer de Dieu, même pour quelques heures d’inconscience nocturne.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
Dans le sermon « dans la plaine », comme on appelle traditionnellement ce passage de l'Évangile selon Luc, le Seigneur parle à Ses auditeurs de ce qu'est la vraie vie et la vraie justice, du sens et des fondements moraux de la vie. Et c'est précisément à propos de ces paroles du Christ que l'évangéliste remarque que tout le peuple cherchait à Le toucher, parce qu'une force sortait de Lui. C'est une remarque très importante, car il nous faut nous souvenir que la vérité de Dieu possède une force réelle, précisément parce qu'elle est vérité.
Le Seigneur dit des choses qui sont loin d'être évidentes ; comprendre et recevoir Ses paroles, et plus encore les accomplir, est très difficile. Le bonheur des pauvres et de ceux qui ont faim, la joie de ceux qui sont persécutés pour la justice, tout cela ne découle aucunement de l'expérience de la vie humaine. Mais il nous est donné de sentir, d'éprouver dans ces paroles de Jésus la force de la vraie vie, parce qu'elles ne sont pas une simple invention d'un esprit oisif, mais la parole de Dieu qui nous est adressée.
C'est précisément pourquoi la vérité et la pureté dans nos relations les uns avec les autres deviennent le lieu où, parfois de façon tout à fait inattendue pour nous-mêmes, nous rencontrons le Dieu vivant.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
Sur les béatitudes, au cours de deux mille ans d’histoire chrétienne, on a sans doute dit et écrit plus que sur n’importe quel autre texte évangélique. Et le plus souvent, les commentateurs ont tenté d’y découvrir une parole nouvelle, dans le domaine moral, théologique ou spirituel et ascétique.
Mais une question légitime se pose : dans quelle mesure était-il nécessaire que Jésus commence Son entretien avec ceux qui L’écoutaient par l’éthique, l’ascèse ou la théologie ? Il s’adressait en effet à des croyants, dont beaucoup étaient certainement très religieux. Leur parler de normes morales n’avait pas grand sens : les commandements du Décalogue leur étaient déjà bien connus. Quant aux subtilités théologiques ou ascétiques, elles convenaient difficilement à cet auditoire assez mêlé et peu instruit.
D’ailleurs, ceux qui écoutaient Jésus attendaient une réponse à une tout autre question. À cette époque, les attentes messianiques étaient très fortes dans le peuple juif ; de nombreux prétendants au messianisme étaient déjà apparus et, bien qu’ils aient tous, ce qui n’a rien d’étonnant, échoué, l’attente ne devenait pas moins tendue, et le peuple regardait avec espérance quiconque laissait entrevoir ne serait-ce qu’un indice du Messie.
Il n’est pas étonnant que les auditeurs de Jésus aient aussi porté sur Lui-même un tel regard d’espérance. Et Il ne voulait pas tromper leurs attentes. Mais s’Il avait déclaré directement Son messianisme, cela se serait presque certainement produit : car, dans les milieux rabbiniques comme dans la conscience populaire, la personne du Messie était liée à quelque chose de guerrier et d’héroïque ; le Messie devait, selon ces représentations, être un grand roi terrestre qui rétablirait l’indépendance d’Israël et en ferait un État fort, gouverné selon les lois de la Torah. Or Jésus, bien sûr, ne pouvait rien promettre de tel au peuple. Il rappelle simplement à Ses auditeurs ce qu’attendaient les messianistes des époques antérieures, depuis le temps d’Isaïe de Jérusalem.
C’est alors, semble-t-il, qu’est né le premier mouvement messianique, dont les participants furent appelés « pauvres » ; ils acceptèrent ce nom, qui s’attacha ensuite à ceux qui menaient une vie juste et attendaient la venue du Messie. C’est donc de leur béatitude, de celle de ces messianistes, que parle Jésus. Il témoigne réellement de Son messianisme et de la proximité du Royaume, qui entre déjà dans le monde. Mais il y entre non au son des trompettes guerrières, mais doucement, dans ce silence où un cœur spirituellement attentif entend Dieu. Un Royaume dont la béatitude n’est compréhensible qu’aux pauvres.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
On peut imaginer quelle stupeur et quelle incompréhension produisaient chez les auditeurs les paroles de Jésus sur le Royaume qui vient. Là-bas, tout ne sera pas comme chez les hommes. Car la richesse, l'aisance, le bonheur, la bonne réputation d'une personne, tout cela était signe de la bénédiction de Dieu, tout cela signifiait que Dieu était content d'elle et la récompenserait encore davantage quand viendrait le temps attendu de l'accomplissement du Royaume.
Mais dans la prédication de Jésus, au centre de l'amour de Dieu se trouvent les pauvres, les affamés, ceux qui pleurent, ceux qui sont exclus de la société, tandis que les riches et les gens respectables feront l'expérience de Son jugement. Dans ce paradoxe, les différences entre les siens et les étrangers, entre les «bons» et les «mauvais», se brouillent et s'effacent: tous sont incomparables avec le Dieu infiniment miséricordieux. C'est pourquoi il ne reste à «nous qui écoutons» qu'à imiter cette miséricorde, sans faire de distinction entre justes et pécheurs; de toute façon, notre jugement ne tiendra pas devant le jugement paradoxal du Royaume du Christ.
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
«Heureux ceux qui ont faim, car ils seront rassasiés», dit l'évangéliste Luc. «Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés», dit l'évangéliste Matthieu (Mt 5:6). Ces deux textes ont un sens tout à fait différent, bien qu'ils proviennent, selon toute apparence, d'une même source. Et cela fait naître dans la conscience rationnelle perplexité et inquiétude. Mais voyons si c'est vraiment si terrible.
Nous nous souvenons tous très bien de la prière de la deuxième antienne, tirée du psaume 145: «Son espérance est dans le Seigneur son Dieu, qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, qui garde la vérité à jamais, qui rend justice aux opprimés, qui donne la nourriture aux affamés.» Mais en réalité, là, dans le psaume 145, se trouve un mot plus concret que «nourriture»: le mot pain, panem, circonstance que reflète aussi la traduction synodale. Ainsi, le Seigneur donne du pain aux affamés.
Le mot «pain» apparaît dans la Bible un très grand nombre de fois et se comprend, dans la plupart des cas, au sens le plus ordinaire. C'est pourquoi la traduction «nourriture», donnée par la Bible slavonne d'Église, ne change peut-être rien d'essentiel. Mais on peut aussi regarder les choses d'un autre côté. «Donne-nous aujourd'hui notre pain suressentiel...» - suressentiel: telle serait la traduction correspondant exactement au latin «supersubstantialem»: super, au-dessus; substantia, essence (la circonstance mentionnée plus haut de la lettre perdue est signalée, par exemple, dans le livre du célèbre philosophe russe Ivan Iline, «Les axiomes de la vie religieuse»). Ainsi, le pain du psaume 145, que le Seigneur donne aux affamés, peut être compris à la lumière du Nouveau Testament comme le pain suressentiel. Et qu'est-ce que le pain suressentiel, sinon la justice?
17 Devenez à l’envi mes imitateurs, frères, et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. |
18 Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et je le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ : |
19 leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte ; ils n’apprécient que les choses de la terre. |
20 Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, |
21 qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. |
L’apôtre Paul ne craint pas de se donner en exemple. Est-ce de la présomption, de l’assurance en soi ? Non. C’est une confiance objective dans la grâce de Dieu. Paul comprend ce que le Seigneur lui a accordé et peut donc se permettre de dire : « Frères, imitez-moi. » L’imiter en quoi ? Dans sa marche à la suite du Christ. Ce que l’apôtre Paul nous invite surtout à imiter, c’est sa compréhension que « notre cité est dans les cieux ». Lorsque nous rapportons nos actes à l’éternité, une dimension entièrement nouvelle s’ouvre. C’est dans cette dimension que Paul nous propose de penser.
3 Car c’est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l’Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J’aurais pourtant sujet, moi, d’avoir confiance même dans la chair ; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j’en ai bien davantage : |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d’Hébreux ; quant à la Loi, un Pharisien ; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l’Église ; quant à la justice que peut donner la Loi, un homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
Aujourd'hui l'apôtre Paul énumère ses «mérites» devant la Loi. Il le fait dans un seul but: expliquer qu'il renonce à mettre son espérance dans la justice non parce qu'il n'a pas et n'a jamais eu cette justice. Quand un homme «ne rentre pas» dans le cadre de la Loi, on peut l'accuser de rejeter la Loi par envie.
Mais Paul, plus que tout autre, aurait pu compter sur le salut par les œuvres de la Loi. Si ces œuvres pouvaient sauver. Mais puisque le salut n'est pas dans les œuvres, ni dans la justice, mais seulement dans le Christ, Paul «tient pour vanité», pour rien, tout ce dont il pourrait être fier. Et de quoi peut-on être fier, debout au pied de la croix du Seigneur, sachant à quel prix notre salut a été acheté?...
1 Enfin, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur... Vous adresser les mêmes avis ne m’est pas à charge, et pour vous c’est une sûreté : |
2 Prenez garde aux chiens ! Prenez garde aux mauvais ouvriers ! Prenez garde aux faux circoncis ! |
3 Car c’est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l’Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J’aurais pourtant sujet, moi, d’avoir confiance même dans la chair ; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j’en ai bien davantage : |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d’Hébreux ; quant à la Loi, un Pharisien ; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l’Église ; quant à la justice que peut donner la Loi, un homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d’être trouvé en lui, n’ayant pas comme justice à moi celle qui vient de la Loi, mais celle par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi ; |
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, |
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts. |
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait ; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. |
13 Non, frères, je ne me flatte point d’avoir déjà saisi ; je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, |
14 et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. |
15 Nous tous qui sommes des « parfaits », c’est ainsi qu’il nous faut penser ; et si, sur quelque point, vous pensez autrement, là encore Dieu vous éclairera. |
16 En attendant, quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne. |
17 Devenez à l’envi mes imitateurs, frères, et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. |
18 Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et je le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ : |
19 leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte ; ils n’apprécient que les choses de la terre. |
20 Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, |
21 qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. |
L’apôtre Paul met très souvent ses lecteurs en garde contre la tentation d’une relation légaliste avec Dieu. Il consacre le passage d’aujourd’hui de l’Épître aux Philippiens à ce problème, qui était peut-être encore plus actuel à son époque qu’à la nôtre. Il dit que seuls les disciples du Christ, qui rendent un culte à Dieu par l’Esprit et ne placent pas leur confiance dans les mérites de la chair, accomplissent véritablement la loi. Il dit qu’il possède lui-même tous les avantages d’un zélateur de la loi et qu’il est irréprochable quant à la justice de la loi. Pourtant, il tient tout cela pour rien, car il préfère lui-même — et nous appelle — à ne nous glorifier que d’une seule chose : Jésus-Christ a donné Sa vie pour nous. En effet, que peut-on opposer d’autre à toute l’horreur que nous commettons ?
1 Enfin, mes frères, réjouissez-vous dans le Seigneur... Vous adresser les mêmes avis ne m’est pas à charge, et pour vous c’est une sûreté : |
2 Prenez garde aux chiens ! Prenez garde aux mauvais ouvriers ! Prenez garde aux faux circoncis ! |
3 Car c’est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l’Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair. |
4 J’aurais pourtant sujet, moi, d’avoir confiance même dans la chair ; si quelque autre croit avoir des raisons de se confier dans la chair, j’en ai bien davantage : |
5 circoncis dès le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d’Hébreux ; quant à la Loi, un Pharisien ; |
6 quant au zèle, un persécuteur de l’Église ; quant à la justice que peut donner la Loi, un homme irréprochable. |
7 Mais tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai considérés comme un désavantage, à cause du Christ. |
8 Bien plus, désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ, |
9 et d’être trouvé en lui, n’ayant pas comme justice à moi celle qui vient de la Loi, mais celle par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi ; |
10 le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, |
11 afin de parvenir si possible à ressusciter d’entre les morts. |
12 Non que je sois déjà au but, ni déjà devenu parfait ; mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus. |
13 Non, frères, je ne me flatte point d’avoir déjà saisi ; je dis seulement ceci : oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, |
14 et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus. |
15 Nous tous qui sommes des « parfaits », c’est ainsi qu’il nous faut penser ; et si, sur quelque point, vous pensez autrement, là encore Dieu vous éclairera. |
16 En attendant, quel que soit le point déjà atteint, marchons toujours dans la même ligne. |
17 Devenez à l’envi mes imitateurs, frères, et fixez vos regards sur ceux qui se conduisent comme vous en avez en nous un exemple. |
18 Car il en est beaucoup, je vous l’ai dit souvent et je le redis aujourd’hui avec larmes, qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ : |
19 leur fin sera la perdition ; ils ont pour dieu leur ventre et mettent leur gloire dans leur honte ; ils n’apprécient que les choses de la terre. |
20 Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux, d’où nous attendons ardemment, comme sauveur, le Seigneur Jésus Christ, |
21 qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir même se soumettre toutes choses. |
Paul aborde le thème de la justice et celui de la circoncision, qui se posait alors avec acuité dans certaines Églises de Grèce et d'Asie Mineure. L'apôtre rattache la circoncision « à la justice qui vient de la Torah », en remarquant que, s'il y a quelqu'un qui pourrait se glorifier d'une telle justice, c'est bien lui, plus que ceux qui la défendent devant les frères de Philippes. Mais Paul, précisément en comparaison de ce qu'il a reçu lors de sa rencontre avec le Ressuscité, ne la tient pour rien de plus que des déchets.
Il ne s'agit pas ici du fait que l'apôtre rejette la Torah en tant que telle. Il comprend simplement trop bien (par sa propre expérience) que la Torah en tant que telle ne rend pas l'homme juste. Elle indique seulement le chemin de la justice, de l'extérieur ou de l'intérieur (si l'on parle de la Torah intérieure). Mais ce n'est pas la Torah qui rend l'homme juste, c'est Dieu, qui a donné à l'homme la Torah comme instrument sur le chemin de la justice. La Torah est une boussole spirituelle qui indique à l'homme ce chemin.
Mais pour atteindre le Royaume, il ne suffit pas de regarder la boussole ; il faut encore parcourir le chemin qu'elle indique, et là l'aide de Dieu et la participation du Sauveur Lui-même sont importantes, d'autant plus qu'Il peut aider puisqu'Il est Lui-même devenu Torah vivante. L'alternative à un tel chemin devient alors la religion, l'activité religieuse, la vie religieuse en général, qui remplace souvent la vie spirituelle. Alors, au lieu du chemin, les gens se passionnent pour toutes sortes d'offices, de rites, de cérémonies religieuses, en pensant que c'est précisément ce à quoi Dieu les appelle.
En réalité, tout ce qui vient d'être énuméré n'est que jeux humains, que les hommes inventent pour leur tranquillité et auxquels ils jouent pour leur plaisir, alors même que les joueurs les considèrent comme un moyen d'atteindre une certaine « justice » (celle que l'apôtre appelle, peut-être non sans ironie, « la justice qui vient de la Torah »). La circoncision était justement un tel jeu pour beaucoup de chrétiens de Philippes, et pas seulement de Philippes.
Pour eux, ce n'était qu'un rite religieux : ils n'avaient pas l'intention de s'engager sérieusement sur le chemin spirituel du judaïsme, le chemin de la Torah intérieure, de l'humilité, de la prière intérieure continuelle, de l'acquisition de la shekhina, en un mot, de tout ce qui était important pour les meilleurs représentants de la tradition spirituelle juive. Pour eux, la circoncision n'était qu'une sorte de jeu religieux auquel ils jouaient en pensant faire une chose importante et nécessaire. Paul considérait ces jeux comme une profanation du véritable chemin spirituel, et il avait parfaitement raison.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation. |
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. |
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » |
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, |
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. |
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. |
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas. |
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. |
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. |
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. |
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent. |
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. |
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. |
Ces paroles semblent délibérément aller à l'encontre des représentations humaines ordinaires. Pourquoi les pauvres et les affamés, ceux qui pleurent et les rejetés sont-ils soudain bienheureux, tandis que le malheur est promis aux riches, aux rassasiés et à ceux qui rient? On pourrait penser que le Christ annonce une révolution qui retournera le monde sens dessus dessous! Le Royaume de Dieu qu'il apporte sur la terre diffère réellement de façon radicale de l'ordre du monde qui nous est familier. Les relations y sont fondées sur la miséricorde du Père, non sur la lutte pour l'existence. Même croyants, nous oublions souvent que des lois tout autres règnent dans ce Royaume: nous appelons bonheur ce que le Christ appelle malheur et, inversement, nous considérons ses béatitudes comme un malheur. Combien devons-nous changer pour devenir de véritables citoyens de ce Royaume!
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation. |
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. |
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » |
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, |
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. |
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. |
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas. |
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. |
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. |
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. |
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent. |
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. |
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. |
Comme certains autres épisodes du ministère terrestre du Sauveur, Luc ne décrit pas le Sermon sur la montagne tout à fait comme Matthieu. Pour Luc, la base de l’exposé de ce que Jésus a dit pendant ce sermon devient l’opposition de deux chemins: le chemin des riches, que l’évangéliste identifie au chemin des païens, et le chemin des pauvres, qui se révèle être le chemin vers le Royaume.
En soi, l’idée des deux chemins n’est nullement nouvelle; elle est bien connue dans les textes de l’Ancien Testament, et pour Luc c’est précisément elle qui devient le prisme à travers lequel il perçoit les paroles du Sauveur. En mentionnant les pauvres, Jésus avait sans doute en vue non pas simplement les indigents, mais ceux qui comprenaient la pauvreté comme un état spirituel. Les prophètes de l’Ancien Testament parlaient déjà de tels pauvres. Et les riches se distinguent d’eux non par un critère patrimonial, mais par un critère spirituel: si les pauvres ne trouvent leur consolation que dans le Royaume (v. 20-23), les riches reçoivent la leur dans ce monde, sans avoir besoin du Royaume (v. 24-26).
Mais pour entrer dans le Royaume, il faut lui rester fidèle jusqu’au bout. C’est pourquoi ceux qui ont soif du Royaume ne peuvent pas vivre selon les lois de ce monde, qui n’est pas encore transfiguré, même si les lois du Royaume n’y agissent pas encore. Ce n’est pas un hasard si Luc met en relief, dans la prédication de Jésus, l’appel à agir envers les hommes comme nous voudrions qu’ils agissent envers nous (v. 31), en en faisant le centre de composition de la partie de son récit où il rapporte l’enseignement de Jésus à ceux qui veulent vivre selon les lois du Royaume (v. 27-36).
À première vue, cet appel rappelle la «règle d’or» bien connue, mais il y a dans la formulation du Sauveur une différence qui ne saute pas immédiatement aux yeux: si, dans sa forme traditionnelle, la «règle d’or» appelle à traiter les gens comme ils nous traitent, Jésus conseille de traiter les gens comme nous voudrions qu’ils nous traitent. Autrement dit, si nous cherchons vraiment le Royaume, dans nos relations avec les hommes, selon la parole du Sauveur, nous devons en un certain sens prendre de l’avance, leur donnant d’avance notre bonne attitude sans attendre qu’ils se manifestent d’abord envers nous.
Selon les lois de notre monde encore non transfiguré, c’est bien sûr un comportement tout à fait irrationnel: chacun sait que l’homme déchu est très peu capable de bonnes actions comme de bonne disposition envers ses prochains. Mais, d’un autre côté, une autre approche des personnes qui nous entourent ne suppose pas l’ouverture, et sans elle il est impossible d’entrer dans le Royaume. Car le Royaume est fait de telle sorte qu’on ne peut pas en jouir seul. On ne peut pas l’acquérir en se coupant de tous. Le Royaume ne peut être acquis que si l’on en devient soi-même une partie, et on ne peut le devenir que lorsque ce que nous avons reçu, nous le transmettons aux autres, à ceux qui, comme nous, cherchent la plénitude de la vie dans ce Royaume. Alors nous devenons serviteurs du Royaume, ceux que Jésus choisit pour que, par eux, tout le monde créé par Dieu devienne Royaume.
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation. |
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. |
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » |
27 « Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, |
28 bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. |
29 À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. |
30 À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas. |
31 Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. |
32 Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. |
33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. |
34 Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent. |
35 Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. |
36 « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. |
Le texte habituellement appelé les Béatitudes constitue le fondement du Sermon sur la montagne. Pourtant, à vrai dire, il est difficile de les qualifier de commandements. Qu'est-ce, en effet, qu'un commandement ? Prenons le Décalogue, les dix commandements : que sont-ils ? À première vue, un ensemble de prescriptions et de restrictions. À y regarder de plus près, les intentions de Dieu adressées à l'être humain. Et quelle que soit la manière de les envisager, un impératif. Pour les uns, extérieur — juridique ou moral. Pour les autres, intérieur — spirituel et éthique. Mais dans tous les cas, un impératif. Quelque chose qui exige d'être accompli. Suivi. Ou édifié en soi, s'il s'agit de la Torah intérieure. Il s'agit donc, dans tous les cas, d'une activité, extérieure ou intérieure. De quelque chose qui demande à l'être humain d'agir. Pour accomplir les commandements du Décalogue, il faut faire quelque chose. Il est impossible d'accomplir les Béatitudes en ce sens.
Tout au long de l'histoire chrétienne, les théologiens ont tenté de déterminer ce qu'il fallait précisément faire pour accomplir les Béatitudes. Les opinions les plus diverses ont été exprimées, ce qui ne fait que confirmer ceci : on ne peut accomplir les Béatitudes au sens où l'on parle, par exemple, d'accomplir les commandements du Décalogue. Là, il faut faire quelque chose — peu importe ici quoi exactement. Ici, il faut être. Exister. Demeurer. Là, il est question de l'activité humaine ; ici, de la qualité de l'existence. Pour accomplir ce que l'on appelle les commandements des Béatitudes, l'être humain doit commencer à vivre d'une vie autre, nouvelle.
On pourrait dire que les neuf Béatitudes se ramènent à une seule : le commandement de la vie nouvelle. Et toutes ne font que décrire sous différents angles cette vie nouvelle. Une vie que l'être humain ne possède pas. Une vie à laquelle il peut participer s'il accueille le Christ comme Roi du Royaume qui entre dans le monde, mais qu'il ne possède pas et ne peut posséder par lui-même. Tout le Sermon sur la montagne parle de la même chose : de cette vie nouvelle dans laquelle l'être humain peut entrer et qui peut entrer en lui. Sinon, il ne peut aimer ses ennemis. Et encore moins devenir parfait comme le Père céleste.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation. |
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. |
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » |
Les Béatitudes dans l’Évangile selon Luc résonnent quelque peu différemment de celles de l’Évangile selon Matthieu (Mt 5,3-12). On y entend clairement un appel social. Le Royaume de Dieu, bien sûr, n’est pas de ce monde, mais il croît dans ce monde. Toute notre « spiritualité » ne vaut rien si nous sommes prêts à accepter la souffrance des autres en répétant : « Le Seigneur a souffert et nous a ordonné de souffrir aussi. »
À nous-mêmes, oui ; mais on ne peut appeler que soi-même à la souffrance, tout comme à l’humilité et au repentir. Et nous ne sommes pas seulement appelés à souffrir, mais aussi à compatir. Seule une telle spiritualité, faite de grâce, de miséricorde et de compassion, est authentique ; c’est précisément un tel esprit que Dieu promet de nous donner.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation. |
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. |
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » |
Les paroles du Sermon sur la montagne frappent toujours par leur radicalité. Heureux les pauvres ; malheur aux riches ; réjouissez-vous, vous qui pleurez ; lamentez-vous, vous qui riez... Le Christ nous appelle à une compréhension radicale de la vie, dans laquelle le blanc auquel nous sommes habitués peut se révéler noir. Du point de vue de l'homme ordinaire, ces normes ont été inventées pour des fous, parce qu'elles contredisent la logique de la vie et l'idée communément admise d'une vie réussie.
Mais Jésus propose à ses disciples de regarder leur vie depuis l'éternité, depuis ce Royaume dont Il avait essayé de leur faire comprendre, dans de nombreuses paraboles, la valeur et la beauté absolues. Et de ce point de vue divin, nos problèmes habituels peuvent apparaître tout autres, insignifiants ou, au contraire, comme des sources d'une grande joie.
Jésus prononce ces paroles aussitôt après qu'une foule nombreuse est venue à Lui pour Le toucher et être guérie. Souvent, nous venons à Dieu en apportant nos fardeaux, désirant en être délivrés, tandis que le Seigneur nous appelle à les regarder dans la lumière de Son éternité, où l'opprobre, la soif et la pauvreté spirituelle sont les plus grandes béatitudes.
20 Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. |
21 Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. |
22 Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. |
23 Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes. » |
24 « Mais malheureux êtes-vous, les riches ! car vous avez votre consolation. |
25 Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheureux, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. |
26 Malheureux, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. » |
Jésus s’attaque à ce qu’il y a de plus précieux. « Malheur à vous, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! » — dit-il. Or c’est le plus grand désir de beaucoup d’entre nous... Nous agissons en tenant compte du regard des autres. Nous pouvons nous permettre une petite (ou une grande) bassesse — mais seulement si personne ne la voit. En revanche, nous avons peur de faire un pas contre l’opinion commune. Pourquoi ? Parce que nous voulons que tous les hommes disent du bien de nous ! C’est précisément contre cela que le Seigneur nous met en garde. Car dans une telle situation disparaît l’essentiel — la vérité objective, l’honnêteté. Si nous sommes honnêtes — par définition, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde. Mais si l’on s’adapte un peu ici, là, partout... alors on peut tout à fait parvenir à ce que tous disent du bien de nous. Et alors — malheur à nous. Parce qu’alors nous ne sommes pas dans la Vérité.
12 Or il advint, en ces jours-là, qu’il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. |
13 Lorsqu’il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu’il nomma apôtres : |
14 Simon, qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, |
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, |
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscarioth, qui devint un traître. |
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
L'évangéliste relève un fait intéressant : avant de choisir les Douze, Jésus passe toute la nuit en prière. S'il s'était agi d'un homme ordinaire, cela n'aurait rien eu d'étonnant : il fallait prendre une décision capitale, dont dépendait en grande partie la mission terrestre du Sauveur. Avant une telle décision, tout homme ordinaire aurait probablement prié toute la nuit, se tournant vers Dieu et cherchant à entendre Sa voix et à comprendre Sa volonté. Mais Jésus était toujours en parfaite communication avec Son Père céleste ; Il n'avait pas besoin de Lui reposer une question ni de préciser la réponse. Il s'agit apparemment d'autre chose. De quoi donc ? Pour nous aujourd'hui, la prière est le plus souvent une suite de questions ou de demandes adressées à Dieu. Et il faut reconnaître que la question de Sa volonté est loin d'y occuper toujours la première place.
Même lorsqu'elle l'occupe, dans notre état déchu, connaître et comprendre Sa volonté est généralement pour nous, à tout le moins, difficile ; l'accepter l'est encore davantage. Jésus, naturellement, ne connaissait pas de telles difficultés et ne pouvait les connaître. Mais la communion avec le Père Lui était, en un tel moment, absolument nécessaire. C'est elle qui constitue le fondement spirituel du Royaume. Le Royaume repose sur des relations : celles de ses habitants avec Dieu et avec le Christ, leurs relations entre eux et, bien sûr, celle du Christ Lui-même avec le Père.
Cette relation du Christ avec Son Père céleste est précisément l'appui sur lequel repose tout le Royaume. Avant de choisir les apôtres, le Sauveur avait absolument besoin de la rendre active et présente, non seulement pour Lui-même, pour qui elle demeurait toujours profonde et actuelle, mais aussi pour Ses élus. Il devait les faire entrer dans Sa relation avec le Père et, par là même, dans le Royaume. Les y faire entrer pour qu'ils puissent non seulement accomplir ce qu'Il leur avait confié, mais aussi comprendre par leur propre expérience ce qu'est la vie du Royaume. Car c'est la seule manière de la comprendre.
12 Or il advint, en ces jours-là, qu’il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. |
13 Lorsqu’il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu’il nomma apôtres : |
14 Simon, qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, |
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, |
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscarioth, qui devint un traître. |
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
Avant de choisir les douze apôtres parmi la foule nombreuse qui Le suivait, Jésus se rendit sur la montagne pour prier. À en juger par le fait qu’Il y passa toute la nuit, il s’agissait d’une décision très sérieuse et lourde de responsabilité. Il dota d’une grâce particulière ces hommes que l’évangéliste énumère par leur nom, car c’était à eux qu’il revenait de poser les fondements de l’Église future.
En énumérant ces noms, Luc nous fait nous souvenir de ce que nous savons déjà à leur sujet. Ce ne sont pas des personnages abstraits, mais des pêcheurs bien réels, des publicains, des hommes simples et sans instruction, des savants... Il devient alors évident que leur élection et leur statut particulier ne sont dus à aucun mérite de leur part, mais à la seule volonté de Dieu. Le Seigneur les a établis dans ce ministère et comptait agir Lui-même à travers eux.
Il nous arrive parfois de nous indigner et de nous demander pourquoi telle ou telle personne se trouve soudain choisie par Dieu, alors que, selon les critères terrestres, elle ne semble peut-être pas vraiment le mériter. Mais si nous nous rappelons comment le Seigneur a édifié Son Église, comment Il a agi selon Sa logique divine et non selon l’entendement humain, beaucoup de choses peuvent être acceptées.
12 Or il advint, en ces jours-là, qu’il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. |
13 Lorsqu’il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu’il nomma apôtres : |
14 Simon, qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, |
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, |
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscarioth, qui devint un traître. |
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
Dieu est vraiment avec nous en tout, Il a vraiment éprouvé comme homme tout ce que nous pouvons traverser, sauf le péché. Il y a dans notre vie des situations où il nous semble que Dieu ne peut pas connaître cela. La peur? Mais au jardin de Gethsémani, Jésus «fut saisi d'effroi et d'angoisse». La tristesse? Dieu a pleuré sur Lazare. La difficulté du choix?
Nous ne savons pas si Jésus savait, en choisissant les apôtres, que l'un d'eux Le trahirait. Peut-être ne savait-Il pas lequel. Parce qu'il y a un choix. Nous avons la même liberté de choix que Dieu. Nous pouvons ne pas L'entendre et ne pas Lui obéir. Mais nous savons avec certitude que Dieu a traversé la difficulté du choix. Nous savons par ce texte qu'avant de choisir les douze apôtres, Jésus a parlé toute la nuit seul avec le Père. Il ne Lui a donc pas été simple de choisir. Il a traversé cela aussi. Et Il nous a montré l'exemple, Il nous a montré comment choisir.
12 Or il advint, en ces jours-là, qu’il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. |
13 Lorsqu’il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu’il nomma apôtres : |
14 Simon, qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, |
15 Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, |
16 Judas fils de Jacques, et Judas Iscarioth, qui devint un traître. |
17 Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, |
18 étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, |
19 et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. |
Dans le Sermon sur la montagne, comme on appelle traditionnellement le passage de l'Évangile de Luc qui suit notre lecture d'aujourd'hui, le Seigneur parle à Ses auditeurs de la vie véritable et de la justice véritable, du sens et des fondements moraux de l'existence humaine. Et c'est précisément en lien avec ces paroles du Christ que l'évangéliste note que toute la foule cherchait à Le toucher, parce qu'une force sortait de Lui. Cette remarque est très importante, car nous devons nous rappeler que la vérité de Dieu possède une force réelle, précisément parce qu'elle est la vérité.
Ce que dit le Seigneur est loin d'aller de soi : comprendre et accueillir Ses paroles, et plus encore les mettre en pratique, est très difficile. La béatitude des pauvres et de ceux qui ont faim, la joie des persécutés pour la justice — rien de tout cela ne découle de notre expérience quotidienne. Mais il nous est donné de sentir et d'éprouver, dans ces paroles de Jésus, la force de la vie véritable, parce qu'elles ne sont pas simplement l'invention d'un esprit désœuvré, mais la parole de Dieu qui nous est adressée. C'est précisément pourquoi la vérité et la pureté dans nos relations les uns avec les autres deviennent cet espace où, parfois à notre propre surprise, nous rencontrons le Dieu vivant.
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