Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour Ep 4:20-24

20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ,
21 si du moins vous l’avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus,
22 à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes,
23 pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement
24 et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité.
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Pour Paul, la tâche principale de la vie chrétienne, qui constitue le sens du christianisme, est la transfiguration de l'homme, la transformation qualitative de la nature humaine. Et l'apôtre rappelle avant tout qu'une telle transformation, même lorsqu'elle n'est encore qu'en cours, ne permet aucun péché conscient. Au début, bien sûr, personne ne peut maîtriser ses émotions ; cela vient avec l'expérience. Mais dès que cette maîtrise devient possible, l'homme doit se séparer de tout ce qui ne correspond pas à la Torah intérieure, laquelle devient désormais l'instrument principal de la transformation de sa nature. Au début, par exemple, il est difficile de ne pas céder à une colère qui peut submerger l'âme avant que le néophyte ait eu le temps de réagir. Mais si ce même néophyte continue de nourrir en lui la colère qui vient de s'enflammer alors qu'il pourrait déjà s'en libérer, il s'agit désormais de son choix, dont il répondra devant Dieu. Et surtout, entretenir consciemment et volontairement un état qui ne favorise pas une relation normale avec Dieu détruit la vie spirituelle de l'homme et le freine sur le chemin de la vie chrétienne dans lequel il s'est engagé.

Au début du chemin, il peut arriver à chacun de perdre un instant conscience de soi, emporté par une vague émotionnelle ou intellectuelle. Mais on ne peut pas vivre dans un tel état d'oubli, en s'enfonçant dans l'abîme des états psychiques et psychophysiques pécheurs et en se livrant, selon les paroles de l'apôtre, à « la débauche jusqu'à l'insensibilité ». Le renouvellement de l'homme consiste précisément en ce que ces états incontrôlés deviennent de moins en moins nombreux dans sa vie avec le temps. En effet, ces états qui conduisent au péché ne sont qu'un cas particulier et une manifestation concrète de l'inconscience propre à la vie de l'homme déchu en général, de cet automatisme irréfléchi qui exclut par lui-même toute relation profonde, que ce soit avec Dieu, avec le Christ ou avec quelque autre personne. On ne peut se libérer de tout cela qu'en étant « renouvelé par le souffle de l'intelligence », comme l'apôtre décrit ce processus.

Par « intelligence », Paul entend ici ce que les livres bibliques appellent habituellement le « cœur » : le « moi » spirituel de l'homme qui recèle le « souffle de vie » de Dieu. Au plus profond du « moi » spirituel du chrétien se révèle aussi le souffle du Royaume, qu'il éprouve en entrant dans la relation du Père avec le Fils. À la différence des Juifs, les Grecs désignaient traditionnellement cette profondeur par un mot généralement traduit en français par « intelligence », et Paul, qui écrivait ses épîtres en grec, l'emploie lui aussi afin de rendre son propos compréhensible à ceux auxquels la tradition grecque était plus proche que la tradition juive.

C'est depuis cette profondeur spirituelle du « moi » humain, derrière laquelle se tient la présence réelle de Dieu, qu'agit le souffle du Royaume qui renouvelle l'homme. Non pas immédiatement, bien sûr : ce processus exige, pour s'achever, plus de temps que la durée de la vie terrestre d'un homme. Mais l'essentiel est qu'il ait commencé : il est tout à fait possible d'être prêt pour le jour du triomphe complet du Royaume et du retour du Sauveur, à condition, bien sûr, de ne pas s'arrêter ni se détourner du chemin.

Autres réflexions

 
Pour Ep 4:17-32
17 Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement
18 et leurs pensées enténébrées : ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement du cœur,
19 et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d’impureté.
20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ,
21 si du moins vous l’avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus,
22 à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes,
23 pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement
24 et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité.
25 Dès lors, plus de mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain ; ne sommes-nous pas membres les uns des autres ?
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ;
27 il ne faut pas donner prise au diable.
28 Que celui qui volait ne vole plus ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler de ses mains, au point de pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux.
29 De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d’édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l’entendent.
30 Ne contristez pas l’Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption.
31 Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes.
32 Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.
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En appelant les chrétiens de l’Église d’Éphèse à une vie nouvelle dans le Christ, l’apôtre Paul explique en détail le lien de cause à effet...  Lire la suite

En appelant les chrétiens de l’Église d’Éphèse à une vie nouvelle dans le Christ, l’apôtre Paul explique en détail le lien de cause à effet entre la foi et ce que nous appellerions aujourd’hui le caractère moral d’une personne. Il dit que l’ignorance et l’endurcissement du cœur des païens entraînent l’obscurcissement de l’intelligence. C’est précisément cela qui éloigne l’homme de la vie de Dieu. En s’éloignant toujours davantage de Lui, l’homme atteint l’insensibilité. Le mot grec employé ici peut se traduire par « anesthésie, incapacité à ressentir la douleur ». La Vulgate, traduction latine de saint Jérôme, emploie un mot qui signifie désespoir ou absence d’espoir. Il s’agit en substance de l’état où l’intelligence humaine émoussée ne peut entendre la voix de sa propre conscience, ne peut ressentir la douleur causée par ses propres actes ni compatir à la douleur d’autrui. Surtout, cette insensibilité nous prive de la possibilité de voir la douleur atroce que nos bassesses infligent au Créateur. C’est pourquoi, dit l’apôtre Paul, l’homme se livre à une débauche et à une impureté extrêmes et sans frein. Leur moteur est le vide intérieur qui se forme parce que le cœur insensible est privé de communion avec Dieu. La débauche et l’impureté ne peuvent combler ce vide ; c’est pourquoi, dit l’apôtre, nous nous y livrons avec insatiabilité et avidité. C’est la chute ultime : une mort sans retour. Une issue à cette chute désespérée s’ouvre parce que la Vérité elle-même Se manifeste à l’homme dans le Christ. Nous sortons de l’état d’ignorance et d’endurcissement du cœur qui, comme l’apôtre l’a montré plus haut, nous mène à une mort sans espoir, et nous recevons en don la possibilité de tout recommencer. C’est pourquoi il nous appelle à nous défaire—littéralement, à nous dépouiller—du vieil homme, à renouveler l’esprit de notre intelligence et à revêtir l’homme nouveau. Tout dépend donc de notre choix. Il est en outre essentiel que nous participions ainsi à la vie de Dieu et que, au lieu de l’insensibilité, nous devenions capables non seulement de connaître la vérité, mais de la sentir de tout notre être. Au lieu de l’anesthésie païenne, l’homme acquiert la capacité de voir la souffrance du Crucifié et, grâce à elle, de choisir la vérité. De toujours choisir la vérité.

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Pour Ep 4:17-32
17 Je vous dis donc et vous adjure dans le Seigneur de ne plus vous conduire comme le font les païens, avec leur vain jugement
18 et leurs pensées enténébrées : ils sont devenus étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qu’a entraînée chez eux l’endurcissement du cœur,
19 et, leur sens moral une fois émoussé, ils se sont livrés à la débauche au point de perpétrer avec frénésie toute sorte d’impureté.
20 Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ,
21 si du moins vous l’avez reçu dans une prédication et un enseignement conformes à la vérité qui est en Jésus,
22 à savoir qu’il vous faut abandonner votre premier genre de vie et dépouiller le vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes,
23 pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement
24 et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité.
25 Dès lors, plus de mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain ; ne sommes-nous pas membres les uns des autres ?
26 Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché : que le soleil ne se couche pas sur votre colère ;
27 il ne faut pas donner prise au diable.
28 Que celui qui volait ne vole plus ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler de ses mains, au point de pouvoir faire le bien en secourant les nécessiteux.
29 De votre bouche ne doit sortir aucun mauvais propos, mais plutôt toute bonne parole capable d’édifier, quand il le faut, et de faire du bien à ceux qui l’entendent.
30 Ne contristez pas l’Esprit Saint de Dieu, qui vous a marqués de son sceau pour le jour de la rédemption.
31 Aigreur, emportement, colère, clameurs, outrages, tout cela doit être extirpé de chez vous, avec la malice sous toutes ses formes.
32 Montrez-vous au contraire bons et compatissants les uns pour les autres, vous pardonnant mutuellement, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.
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En appelant les chrétiens d'Éphèse à une vie spirituelle normale et pleine, Paul parle de la nécessité pour eux...  Lire la suite

En appelant les chrétiens d'Éphèse à une vie spirituelle normale et pleine, Paul parle de la nécessité pour eux d'être renouvelés par le «souffle («l'esprit») de l'intelligence», afin de devenir autres, des hommes nouveaux, capables de vivre une vie juste conformément au dessein de Dieu sur l'homme et sur sa vocation. Cette vie nouvelle, l'apôtre la considère comme chrétienne au sens propre du mot (v. 20-24). Un tel appel correspond pleinement aux conceptions de la vie spirituelle généralement admises dans le milieu rabbinique au temps de Paul. Leur quintessence est exprimée par le célèbre appel à aimer Dieu «de tout son coeur, de tout son être («de toute son âme») et de toutes ses forces» (Dt 6:5). La vie spirituelle de l'homme est déterminée par le choix de son coeur, qui, dans la langue de la Bible, désigne ce centre de la personne humaine où se fait le choix et où se prennent les décisions qui déterminent les relations de l'homme avec Dieu et avec les hommes, ainsi que le système de valeurs qui détermine toute sa vie. En grec, depuis l'Antiquité déjà, on a commencé à l'appeler «intelligence»; et les philosophes grecs rattachaient à la notion d'«intelligence» ce que les auteurs bibliques écrivant en hébreu mettaient dans la notion de «coeur». C'est précisément l'action spirituelle («l'esprit») de cette «intelligence-coeur» qui renouvelait l'homme, et avant tout son monde intérieur, ce que la Bible appelle ordinairement «l'âme», par quoi il faut entendre ici non pas le principe personnel auquel nous sommes habitués, mais la force vitale intérieure.

Paul parle en ce sens du «renouvellement de l'homme intérieur», ce qui n'a rien d'étonnant: le renouvellement spirituel de l'homme commence toujours de l'intérieur, même si, dans un cas normal, il ne se limite jamais à son seul monde intérieur. Et l'apôtre, en parlant du renouvellement de «l'homme intérieur», estime lui aussi que celui-ci doit être suivi d'un changement de toute la vie du converti. Ce n'est pas par hasard qu'il oppose deux modes de vie: l'ancien, que beaucoup de chrétiens d'Éphèse menaient manifestement auparavant, avant leur conversion (v. 17-19), et le nouveau, auquel Paul les appelle (v. 25-32). Mais si autrefois, avant la venue du Christ dans le monde, il s'agissait de choisir ou de rejeter le chemin de la justice, il s'agit désormais de choisir ou de rejeter le Royaume et le salut. Et l'apôtre appelle de nouveau les fidèles à rester fidèles jusqu'au bout, après avoir choisi le Royaume.

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