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RÉFLEXIONS pour Lc 9:44-50

44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Continuant à révéler l'essence du chemin de croix qu'Il propose, le Seigneur nous parle aujourd'hui de l'abaissement de soi. L'évangéliste rapporte qu'une pensée vint aux disciples qui suivaient le Christ : lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ? Une pensée très humaine, malheureusement familière aussi à beaucoup de ceux qui Le suivent à toutes les époques. Nous avons besoin de faire l'expérience de l'amour de Dieu, de sentir que Dieu nous accueille. Le Christ répond à ce besoin en disant qu'Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

L'homme perdu doit encore ressusciter d'entre les morts et être purifié de nombreux péchés. Nous pensons souvent que Dieu nous attend au tournant tandis que nous avançons maladroitement sur ce chemin, légèrement irrité par notre lenteur. En réalité, Il est venu dans ce monde pour nous accueillir tels que nous sommes et nous conduire à Sa suite sur le chemin de la sainteté. Chaque personne doit faire elle-même l'expérience de tout cela ; sans elle, il est impossible de vivre.

Mais, sous l'influence du péché, l'âme humaine déforme ce besoin de faire l'expérience de l'amour de Dieu et le transforme en ce que la psychologie appelle une estime de soi positive. Nous dépendons de la manière dont nous nous évaluons nous-mêmes et dont les autres nous évaluent, et cela s'exprime précisément dans la pensée qui « vint » aux disciples : lequel d'entre eux pouvait être le plus grand ? Nous ne savons pas exactement s'il s'agissait de savoir qui était le plus proche du Maître, le plus juste, le plus intelligent ou simplement le plus endurant... Quant à nous, à la différence des disciples du Christ, nous nous mesurons généralement à des choses plus primitives, jusqu'à l'argent.

Ce qui importe, c'est la réponse de Jésus aux disciples. Premièrement, Il ne rejette pas l'idée même de grandeur, si chère aux hommes, mais propose une autre échelle pour se « mesurer ». Cela signifie avant tout ne pas rechercher sa propre grandeur, mais, en se considérant comme le dernier, prendre soin des autres ; et puisqu'Il S'est Lui-même abaissé jusqu'au bout pour nous sauver, cette échelle devient celle de la ressemblance avec Dieu. Deuxièmement, comme dans tout ce que Jésus dit, par exemple au sujet du pardon, Il nous propose, pour faire l'expérience de l'accueil que Dieu nous réserve, d'accueillir nous-mêmes les autres, et tout particulièrement les plus faibles et les plus insignifiants. Ainsi, Ses paroles sur ceux qui accueillent un enfant et accueillent par là Celui qui L'a envoyé deviennent une réponse directe et précise aux pensées des disciples sur la grandeur.

Autres réflexions

 
Pour Lc 9:46-50
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Les apôtres posent à Jésus l’une de ces questions dont la réponse devait flatter leur amour-propre. Manifestement, ils se considéraient...  Lire la suite

Les apôtres posent à Jésus l’une de ces questions dont la réponse devait flatter leur amour-propre. Manifestement, ils se considéraient comme des personnes particulières, « avancées », spécialement proches du Maître et donc plus importantes que les autres. Mais la réponse de Jésus se révèle tout à fait inattendue : elle bouleverse toutes leurs idées et réduit à néant toute vanité. Il s’avère qu’à l’échelle divine, ce que le monde considère comme petit devient grand et ce qu’il considère comme insignifiant devient important. Les disciples cherchaient la réponse parmi des adultes comme eux, des personnes rendues sages par l’expérience, alors qu’il leur suffisait de regarder quelque chose de tout à fait différent. Pour entrer dans le Royaume des Cieux, il est inutile de développer à l’extrême en soi les qualités appréciées par la société. Le Christ nous appelle à « naître d’en haut », à devenir tout autres. Il est étonnant que l’image la plus proche, celle qui nous indique ce que doit être cette personne nouvelle, soit celle d’un enfant sans défense que l’on peut tout simplement « prendre et placer devant Lui ».

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Pour Lc 9:49-50
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Il nous faut parcourir un assez long chemin avant de parvenir à cette pensée simple : qui n'est pas contre nous est pour nous. Il est plus facile de chercher des ennemis que de vivre parmi des compagnons de lutte et des collaborateurs. Il est plus agréable de se croire l'autorité ultime en matière de vérité que...  Lire la suite

Il nous faut parcourir un assez long chemin avant de parvenir à cette pensée simple : qui n'est pas contre nous est pour nous. Il est plus facile de chercher des ennemis que de vivre parmi des compagnons de lutte et des collaborateurs. Il est plus agréable de se croire l'autorité ultime en matière de vérité que de se reconnaître comme l'un parmi beaucoup d'autres. Il faut longtemps pour assimiler que l'on n'est pas le premier, mais le dernier parmi ceux que le Seigneur a appelés. Sur ce chemin, nous cherchons toujours à quitter « qui n'est pas contre vous est pour vous » pour aller vers « qui n'est pas avec moi est contre moi ». Nous cherchons à nous mettre sur le même plan que le Seigneur et à prendre la place du premier et du meilleur disciple, celui qui a tout compris et qui réorganisera aussitôt le monde selon sa propre compréhension. C'est précisément de cela que le Seigneur nous protège en nous donnant pour exemple l'attitude d'un enfant, d'un tout-petit, envers la hiérarchie, le pouvoir, l'avancement de carrière, notre place dans le monde et, finalement, envers ce que nous savons tout simplement de lui et de nous-mêmes.

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Pour Lc 9:50
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
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Les paroles du Sauveur disant que ceux qui ne sont pas contre les chrétiens sont par là même « pour » peuvent, au premier abord, paraître un peu étranges. En effet, combien y a-t-il dans le monde de gens qui n'ont rien contre le Christ ni même contre le christianisme, mais qui, en somme, n'ont rien non plus « pour »...  Lire la suite

Les paroles du Sauveur disant que ceux qui ne sont pas contre les chrétiens sont par là même « pour » peuvent, au premier abord, paraître un peu étranges. En effet, combien y a-t-il dans le monde de gens qui n'ont rien contre le Christ ni même contre le christianisme, mais qui, en somme, n'ont rien non plus « pour ». Ils sont simplement indifférents à tout cela, soit en demeurant agnostiques, soit en choisissant pour eux d'autres traditions spirituelles et d'autres chemins spirituels.

Peut-on appeler une telle position une position « pour » le Christ ou « pour » le christianisme ? Si l'on considère le christianisme comme une nouvelle religion, alors, bien sûr, la réponse ne peut être que négative. Toute religion a besoin de partisans, de préférence conscients, actifs et convaincus d'avoir raison, capables de répandre cette religion et de témoigner de sa vérité.

Mais le christianisme n'est pas une nouvelle religion ; il est une vie nouvelle. La vie avec le Christ dans Son Royaume, qu'Il a apporté dans le monde. Or avec la vie tout n'est pas aussi simple qu'avec les idées et les convictions politiques, sociales, scientifiques ou même religieuses. On ne devient partisan de certaines idées ou convictions que lorsqu'on les comprend et les accepte jusqu'au bout.

Bien sûr, toute religion compte parmi ses partisans des gens qui ne s'y connaissent guère, non seulement dans ses subtilités théologiques, mais parfois même dans les nuances de sa doctrine ; pourtant même ces adeptes peu versés dans les subtilités expriment leur soutien à leur religion de manière tout à fait consciente et sans équivoque, parfois même plus résolument que tous les autres. Mais avec la vie, tout n'est pas aussi simple ; souvent les gens vivent toute leur vie, ou la plus grande partie de leur vie, sans se demander du tout comment, de quoi et pourquoi ils vivent.

Il en va de même de la vie du Royaume qui, selon la parole du Sauveur, s'est désormais approché. Un homme peut parfois sentir le souffle du Royaume sans très bien comprendre ce qui lui arrive ni à quoi il a affaire. Après la venue du Christ, cela se produit souvent : le Royaume s'est approché de tous, et pas seulement des chrétiens ; c'est une réalité spirituelle objective, non une expérience spirituelle appartenant à une confession déterminée, encore moins monopolisée par elle.

Le souffle du Royaume peut aujourd'hui être ressenti par chacun, si toutefois il ne rejette pas d'avance tout ce qui est lié au Christ et au christianisme. Mais alors il apparaît qu'un homme qui, apparemment, n'a aucun rapport avec le christianisme peut se trouver « pour » le Christ et « pour » les chrétiens, à condition, bien sûr, qu'il prenne au sérieux son expérience et sa vie.

Certes, un tel christianisme « anonyme » ne garantit pas encore que l'homme s'engagera consciemment sur le chemin chrétien ; mais il ne deviendra sans doute pas non plus ennemi du Christ et des chrétiens. Cela signifie que le chemin vers le Royaume restera ouvert pour un tel homme, et que la possibilité de le parcourir pourra se conserver assez longtemps pour lui, aussi longtemps que le voudra Celui qui a apporté le Royaume dans le monde.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel...  Lire la suite

Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ceux qui veulent tout juste se mettre à la suite de Jésus, mais aussi aux disciples eux-mêmes — et à nous. Ne nous vient-il jamais « à l'esprit » de savoir lequel d'entre nous est le plus grand ? Ou ne ressentons-nous jamais le désir d'« interdire » à quelqu'un qui pense autrement ? Ou de demander à Dieu que le feu du ciel tombe sur nos ennemis, « comme Élie l'a fait » ? Savons-nous toujours de quel Esprit nous sommes ? Beaucoup d'entre nous n'ont pas seulement « mis la main à la charrue », mais ont déjà bel et bien labouré la moitié du champ. Et pourtant, regardons-nous de nouveau en arrière ?

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description...  Lire la suite

On voit que Jésus explique sans cesse à ses disciples, par différents exemples, ce qu'est la vie du Royaume, quelle elle est. Et l'évangéliste réunit ces exemples, en fait une sorte de résumé qui en contient une brève description. Voici les disciples qui se disputent pour savoir qui est le plus grand dans le Royaume. Enfin, après le Maître, bien sûr. Voici ces mêmes disciples prêts à faire éclater le tonnerre sur un village samaritain où on ne les reçoit pas. Pas pour eux-mêmes, bien sûr, mais pour le Maître. Et pour la vérité, cela va de soi.

Et voici les gens qu'ils rencontrent en chemin. L'un est prêt à partir, mais Jésus lui dit: Je n'ai nulle part où t'inviter. À un autre, Jésus dit Lui-même: suis-Moi, et celui-ci demande la permission d'enterrer son père; il reçoit une réponse qui paraît impitoyable. Comme encore un autre: la réponse est extérieurement plus douce, mais au fond elle dit: laisse, oublie tout le monde, sinon il faudra oublier le Royaume.

Qu'est-ce donc: une forme particulière de sélection? Oui, bien sûr: car Jésus voit le coeur de chacun, il est pour Lui aussi transparent que pour son Père céleste. Mais il y a aussi quelque chose de commun. Le Royaume est ouvert à chacun. Mais à une condition: il doit être à la première place dans la vie de celui qui veut l'atteindre. Dans le Royaume, on ne finit pas sa vie, on vit. Or ceux qui refusent de partir veulent, d'une manière ou d'une autre, finir leur vie. Rester avec ceux qui finissent la leur. Sans comprendre que finir sa vie, seul ou avec d'autres, peut durer indéfiniment. Dans le monde déchu, en effet, il n'y a pas de vraie vie; il n'y en a que les restes. Et il faut choisir: soit ramasser ces restes et essayer d'en tirer jusqu'à la dernière goutte, soit aller là où la vie est en abondance. Sans essayer de traîner avec soi les restes de ce semblant de vie que l'on peut trouver dans le monde déchu.

Mais là-bas, dans le Royaume, les lois sont autres. Il n'y a pas de chefs et de subordonnés, mais des services à porter, et celui qui sait mieux le faire est le principal. Au principal, dans le Royaume, ne reviennent pas les meilleures places, mais les services les plus responsables. Et là-bas, il n'est pas nécessaire de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. Dans ce monde non plus, il n'est pas nécessaire de prouver le Royaume à qui que ce soit.

Le montrer, bien sûr, est possible. Mais le prouver est insensé. Car la preuve, surtout lorsqu'elle fait appel aux tonnerres du ciel, suppose toujours le désir de convaincre de force. De contraindre à accepter, à croire. Et peu importe alors quels seront les arguments irréfutables: dans tous les cas, ils supposent que l'homme se rend devant l'inévitable, que ce soit une force à laquelle on ne peut échapper ou une évidence à laquelle on ne peut se soustraire. Le Royaume, bien sûr, est force et évidence. Mais c'est une force dont on peut s'éloigner, et une évidence que l'on peut ne pas remarquer si on le veut. Dieu ne s'impose pas, et l'homme est libre. À l'homme libre, la liberté; au sauvé, le paradis.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui est entièrement consacrée au thème du Royaume, ainsi qu'à la manière dont les hommes qui entouraient Jésus le comprenaient, y compris Ses disciples les plus proches. Et de nouveau, nous nous heurtons à une incompréhension totale, même chez les apôtres, de ce qu'est le Royaume et de ce que sont ses lois. La question même de la primauté, de savoir qui est le plus grand dans le Royaume (v. 46), y perd tout sens. Jésus a su l'expliquer en montrant aux disciples un enfant que la question de la primauté, du fait de son âge, ne préoccupe encore absolument pas (v. 47-48).

Selon les lois de notre monde pas encore transfiguré, est grand celui qui est grand par sa propre grandeur; dans le Royaume, manifestement, la grandeur propre ne signifie rien, et moins l'homme s'appuie sur elle, plus la grandeur du Royaume transparaît à travers lui. Voilà pourquoi il n'est pas nécessaire d'imposer ce Royaume par la force, comme les apôtres avaient pensé le faire dans un village samaritain où, comme d'habitude, on n'appréciait pas les Juifs (v. 51-54): car on ne peut ainsi démontrer que sa propre force et prouver sa propre importance, mais il est impossible de rapprocher les hommes du Royaume par ce moyen. Ce n'est pas par hasard que Jésus dit aux disciples qu'ils n'agissent pas selon l'esprit du Royaume: pour le Royaume, aucune violence n'est acceptable; on ne peut y faire entrer personne par la force, car pour y entrer, il faut avant tout une relation avec Dieu et avec Celui qu'Il envoie, une relation non imposée, mais librement acceptée.

Un Royaume imposé par la force n'est pas le Royaume, mais seulement son fantôme, qui peut perdre l'homme mais ne peut pas le sauver. Et puisque le Royaume n'est pas un lieu, mais une relation, il n'est limité par aucune structure; même la communauté apostolique, si on la regarde non comme une communauté de personnes vivant dans le Royaume, mais comme une sorte d'organisation chargée de propager l'idée du Royaume de Dieu, ne le limite pas. C'est pourquoi quiconque témoigne de lui au nom du Christ, en manifestant autour de lui sa puissance et son efficacité, y trouve sa place, même s'il n'a formellement aucun rapport avec la communauté apostolique (v. 49-50). Ainsi, en dissipant les mythes si répandus à cette époque dans la conscience religieuse de masse, Jésus affermit dans le coeur de Ses disciples les représentations du Royaume qui devaient les aider à traverser Sa mort sur la croix et à accueillir Sa résurrection.

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Pour Lc 9:46-62
46 Une pensée leur vint à l’esprit : qui pouvait bien être le plus grand d’entre eux ?
47 Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui,
48 et leur dit : « Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c’est moi qu’il accueille, et quiconque m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé ; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
57 Et tandis qu’ils faisaient route, quelqu’un lui dit en chemin : « Je te suivrai où que tu ailles. »
58 Jésus lui dit : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids ; le Fils de l’homme, lui, n’a pas où reposer la tête. »
59 Il dit à un autre : « Suis-moi. » Celui-ci dit : « Permets-moi de m’en aller d’abord enterrer mon père. »
60 Mais il lui dit : « Laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t’en annoncer le Royaume de Dieu. »
61 Un autre encore dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé des miens. »
62 Mais Jésus lui dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »
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Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire....  Lire la suite

Aujourd'hui, nous avons lu une petite sélection de brefs récits sur Jésus, réunis par l'évangéliste afin de montrer tout ce que Son Message a d'extraordinaire et combien il est incompatible avec les conceptions humaines normales. Dans le Royaume de Dieu qui vient, tout sera différent de ce qui est admis sur terre : les plus importants et les plus respectés seront ceux qui ont le moins de valeur aux yeux des hommes (car, avant leur majorité, les enfants n'avaient aucun droit et étaient considérés comme la propriété de leurs parents, au même titre que les esclaves, tandis que Jésus les donne en exemple aux disciples). Jésus interdit aux disciples de diviser les hommes entre « les nôtres » et « les autres », bien que ce soit un principe fondamental de la société humaine (pour comparaison, regardez les nouvelles à la télévision). Son Royaume sort de notre système de valeurs ; il est plus important même que le devoir sacré d'enterrer son père, plus important qu'une maison confortable et une famille. Il saisit l'homme tout entier : celui qui a interrogé Jésus sur Son Royaume a déjà « mis la main à la charrue », déjà commencé le chemin paradoxal vers Dieu...

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Pour Lc 9:49-56
49 Jean prit la parole et dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous. »
50 Mais Jésus lui dit : « Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous. »
51 Or il advint, comme s’accomplissait le temps où il devait être enlevé, qu’il prit résolument le chemin de Jérusalem
52 et envoya des messagers en avant de lui. S’étant mis en route, ils entrèrent dans un village samaritain pour tout lui préparer.
53 Mais on ne le reçut pas, parce qu’il faisait route vers Jérusalem.
54 Ce que voyant, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions au feu de descendre du ciel et de les consumer ? »
55 Mais, se retournant, il les réprimanda.
56 Et ils se mirent en route pour un autre village.
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Il est frappant que les disciples du Christ, jusqu’à Sa Résurrection d’entre les morts, restent prisonniers des représentations juives courantes...  Lire la suite

Il est frappant que les disciples du Christ, jusqu’à Sa Résurrection d’entre les morts, restent prisonniers des représentations juives courantes. Confrontés au refus des Samaritains, ils sont déjà prêts à prier pour que le feu descende du ciel, et ils citent le prophète Élie comme exemple à imiter.

Il faut reconnaître qu’une telle forme de prédication a paru optimale à beaucoup de chrétiens au cours des siècles. Dans un empire, on a même inventé une théorie théologique spéciale selon laquelle il fallait convertir l’empereur au christianisme, après quoi celui-ci, par le feu et par l’épée, conquérirait le monde entier et pousserait tous les peuples soumis à la foi. Tout aurait été parfait ; dommage seulement que l’empire soit tombé avant d’avoir accompli la mission qu’on lui avait confiée.

Les paroles du Christ en réponse à cette étrange pensée des disciples sont simples et sévères : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes ». Même si les empires, aujourd’hui, semblent avoir disparu (sans doute heureusement), dans la vie de chaque personne aussi cette tentation, et cette réprimande du Christ adressée à notre inclination à la violence, sont très importantes. Il ne convient pas de défendre la vérité par la force, car la Vérité triomphe sur la Croix.

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Pour Lc 9:28-45
28 Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.
29 Et il advint, comme il priait, que l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d’une blancheur fulgurante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie
31 qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu’il allait accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S’étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.
33 Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie » : il ne savait ce qu’il disait.
34 Et pendant qu’il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.
35 Et une voix partit de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le. »
36 Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu’ils avaient vu.
37 Or il advint, le jour suivant, à leur descente de la montagne, qu’une foule nombreuse vint au-devant de lui.
38 Et voici qu’un homme de la foule s’écria : « Maître, je te prie de jeter les yeux sur mon fils, car c’est mon unique enfant.
39 Et voilà qu’un esprit s’en empare, et soudain il crie, le secoue avec violence et le fait écumer ; et ce n’est qu’à grand-peine qu’il s’en éloigne, le laissant tout brisé.
40 J’ai prié tes disciples de l’expulser, mais ils ne l’ont pu. » ­
41 « Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai-je ? Amène ici ton fils. »
42 Celui-ci ne faisait qu’approcher, quand le démon le jeta à terre et le secoua violemment. Mais Jésus menaça l’esprit impur, guérit l’enfant et le remit à son père.
43 Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu.Comme tous étaient étonnés de tout ce qu’il faisait, il dit à ses disciples :
44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
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Peu après la confession de Pierre, comme on le voit, Jésus montra de manière visible aux plus proches de Ses disciples ce qu’est le Royaume et ce que devient en lui la nature humaine. Dans l’usage ecclésial, cet événement a reçu le nom de Transfiguration. Tel que le Sauveur apparut devant...  Lire la suite

Peu après la confession de Pierre, comme on le voit, Jésus montra de manière visible aux plus proches de Ses disciples ce qu’est le Royaume et ce que devient en lui la nature humaine. Dans l’usage ecclésial, cet événement a reçu le nom de Transfiguration. Tel que le Sauveur apparut devant les disciples le jour de la Transfiguration, tel devient dans le Royaume chacun, s’il accueille sa vie dans toute la plénitude qui lui est accessible. La plénitude de la vie du Royaume transfigure toute nature humaine ; mais pour que cela se produise, il faut libérer la nature à transfigurer du pouvoir du mal et du péché, comme en était libre la nature humaine du Sauveur. Puis, aussitôt après la scène de la manifestation visible du Royaume, vient une autre scène : celle du triomphe non moins visible, dans ce monde, du mal dans lequel il gît.

En effet, on peut difficilement trouver un exemple plus frappant du mal triomphant que la possession, où la puissance des ténèbres se manifeste en fait ouvertement, comme si elle lançait un défi à tout ce qu’il y a de lumineux dans le monde. Et les disciples, qui viennent de voir le Royaume triomphant entrer dans le monde, ne peuvent rien opposer à ce mal. Ils ne sont pas capables d’aider le possédé. Rien d’étonnant à cela : le Royaume n’est encore qu’au seuil ; le processus de son entrée dans le monde, au fond, n’a même pas encore commencé, tant que toute sa plénitude est entièrement concentrée dans la personne du Sauveur.

Le Royaume n’est pas de ce monde, et il restera hors du monde jusqu’à ce que Jésus achève Son chemin terrestre. Ce n’est pas un hasard si, après tous ces événements, Jésus revient de nouveau au thème de Son chemin terrestre et de Sa mort sur la croix. Il répète encore et encore : le Royaume n’est pas du tout tel que la plupart des hommes se le représentent. Il ne deviendra pas une force terrestre triomphante. Le mal ne peut pas être vaincu par une force extérieure ; dans les limites du monde déchu, il est réellement invincible. Le Royaume de Dieu est par principe impossible comme royaume de ce monde.

Le Messie ne peut pas être un vainqueur triomphant, non parce que Dieu manquerait de force pour chasser le mal du monde et le vaincre, mais parce qu’en agissant ainsi le monde disparaîtrait avec le mal dans lequel il gît. En ce sens, le salut que Jésus a apporté au monde ressemble surtout à une opération de libération d’otages, ces otages que nous sommes tous. Et une telle opération ne peut être menée qu’au prix de la mort de Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, au prix de Sa mort sur la croix. Le chemin est infiniment lourd, mais il n’y en a pas d’autre.

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Pour Lc 9:28-45
28 Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.
29 Et il advint, comme il priait, que l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d’une blancheur fulgurante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie
31 qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu’il allait accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S’étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.
33 Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie » : il ne savait ce qu’il disait.
34 Et pendant qu’il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.
35 Et une voix partit de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le. »
36 Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu’ils avaient vu.
37 Or il advint, le jour suivant, à leur descente de la montagne, qu’une foule nombreuse vint au-devant de lui.
38 Et voici qu’un homme de la foule s’écria : « Maître, je te prie de jeter les yeux sur mon fils, car c’est mon unique enfant.
39 Et voilà qu’un esprit s’en empare, et soudain il crie, le secoue avec violence et le fait écumer ; et ce n’est qu’à grand-peine qu’il s’en éloigne, le laissant tout brisé.
40 J’ai prié tes disciples de l’expulser, mais ils ne l’ont pu. » ­
41 « Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai-je ? Amène ici ton fils. »
42 Celui-ci ne faisait qu’approcher, quand le démon le jeta à terre et le secoua violemment. Mais Jésus menaça l’esprit impur, guérit l’enfant et le remit à son père.
43 Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu.Comme tous étaient étonnés de tout ce qu’il faisait, il dit à ses disciples :
44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
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La lecture d'aujourd'hui comprend deux événements qui, au premier regard, ne sont liés entre eux que chronologiquement: la Transfiguration et la guérison du fils possédé d'un homme dont le nom nous est inconnu. Et pourtant l'évangéliste ne relie pas ces deux récits par hasard. On pourrait croire...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui comprend deux événements qui, au premier regard, ne sont liés entre eux que chronologiquement: la Transfiguration (v. 28–36) et la guérison du fils possédé d'un homme dont le nom nous est inconnu (v. 38–45). Et pourtant l'évangéliste ne relie pas ces deux récits par hasard. On pourrait croire que, sur le fond de ce qui vient tout juste de se produire, une guérison de plus, même infructueuse pour les apôtres, est un événement assez ordinaire, dont on aurait pu ne pas parler.

Cependant la réaction de Jésus à cet événement fut extrêmement dure (v. 41). Bien sûr, les commentateurs ne sont pas encore parvenus à un avis unanime sur la personne à laquelle s'appliquent en premier lieu les paroles de Jésus: à l'homme qui Lui avait amené son fils, ou aux apôtres. Mais, sur ce fond, un détail important est la mention que c'est précisément après la guérison manquée que Jésus rappelle de nouveau et encore à ses disciples ses souffrances et sa mort (v. 43–44), tandis qu'eux ne peuvent absolument pas Le comprendre: quelque chose ferme aux apôtres le sens des paroles dites par le Sauveur (v. 45). Il est particulièrement remarquable qu'ils aient même eu peur d'interroger de nouveau le Maître. Jusqu'alors, Il n'avait jamais laissé leurs questions sans réponse et ne s'était pas une seule fois irrité d'une question; de quoi donc les disciples pouvaient-ils avoir peur?

Bien sûr, entendre parler de la mort du Maître de sa propre bouche était effrayant, mais les apôtres n'étaient ni des enfants ni des lâches prêts à se cacher la tête dans le sable à la vue du danger. Apparemment, ils ne comprenaient pas simplement pas, mais plutôt n'acceptaient pas les paroles de Jésus, espérant qu'elles n'étaient qu'un lapsus, un malentendu ou une sorte d'image, une parabole dont le sens serait expliqué en son temps. Car le jour de la Transfiguration, les apôtres avaient vu le Royaume déjà dans toute sa plénitude; on peut dire qu'ils étaient venus chez leur Maître, Lui qui les avait invités chez Lui afin de leur montrer sa vraie demeure. Et voilà qu'en ce jour de triomphe, Il se met soudain à leur parler de sa mort, qui ne pouvait être pour eux qu'une défaite et une catastrophe.

Cela, bien sûr, ne pouvait entrer dans leur conscience: car la résurrection, à laquelle les apôtres croyaient naturellement, restait pour eux quelque chose de trop lointain pour devenir une réalité de leur propre vie. Et c'est pourquoi ils ne croyaient tout de même pas Jésus jusqu'au bout. Or la méfiance détruit les relations, et lorsque vint le moment de la guérison, le moment du témoignage rendu au Royaume, les apôtres connurent l'échec. Peut-être est-ce en voyant cette méfiance aller si loin que Jésus jugea la situation avec une extrême sévérité. Et ce n'est pas étonnant: car c'est précisément cette incapacité, mentionnée ici par l'évangéliste, à accepter les paroles de Jésus sur sa mort et sa résurrection qui deviendra plus tard la cause du reniement de Pierre et de la trahison de Judas.

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Pour Lc 9:28-45
28 Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.
29 Et il advint, comme il priait, que l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d’une blancheur fulgurante.
30 Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie
31 qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu’il allait accomplir à Jérusalem.
32 Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S’étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.
33 Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie » : il ne savait ce qu’il disait.
34 Et pendant qu’il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.
35 Et une voix partit de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils, l’Élu, écoutez-le. »
36 Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu’ils avaient vu.
37 Or il advint, le jour suivant, à leur descente de la montagne, qu’une foule nombreuse vint au-devant de lui.
38 Et voici qu’un homme de la foule s’écria : « Maître, je te prie de jeter les yeux sur mon fils, car c’est mon unique enfant.
39 Et voilà qu’un esprit s’en empare, et soudain il crie, le secoue avec violence et le fait écumer ; et ce n’est qu’à grand-peine qu’il s’en éloigne, le laissant tout brisé.
40 J’ai prié tes disciples de l’expulser, mais ils ne l’ont pu. » ­
41 « Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai-je ? Amène ici ton fils. »
42 Celui-ci ne faisait qu’approcher, quand le démon le jeta à terre et le secoua violemment. Mais Jésus menaça l’esprit impur, guérit l’enfant et le remit à son père.
43 Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu.Comme tous étaient étonnés de tout ce qu’il faisait, il dit à ses disciples :
44 « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
45 Mais ils ne comprenaient pas cette parole ; elle leur demeurait voilée pour qu’ils n’en saisissent pas le sens, et ils craignaient de l’interroger sur cette parole.
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Les parallèles entre la Transfiguration de Jésus-Christ et les récits de Moïse et d'Élie montant sur la montagne étaient évidents pour les premiers lecteurs de l'Évangile selon Luc. Au sommet, les deux prophètes entendirent la révélation suprême, fondement du message qu'ils...  Lire la suite

Les parallèles entre la Transfiguration de Jésus-Christ et les récits de Moïse et d'Élie montant sur la montagne étaient évidents pour les premiers lecteurs de l'Évangile selon Luc. Au sommet, les deux prophètes entendirent la révélation suprême, fondement du message qu'ils apportèrent à Israël (Exode 19 ; 1 R 19). À présent, les apôtres se trouvent à leur place : avec les prophètes d'autrefois, ils se tiennent devant la Source de la révélation et, comme eux, entendent la voix du Père venant de la nuée de lumière. Ce témoignage constitue le fondement de l'Évangile qu'ils devront annoncer au monde entier : « Voici Mon Fils bien-aimé, en qui Je trouve Ma joie ! » Comme au cours des siècles passés, l'essentiel ne se révèle ni dans des formules théologiques ni sous la forme d'une doctrine secrète, mais dans ces paroles de la Lumière au sujet de la Lumière.

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