6 Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur ; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu’il rend grâce à Dieu. Et celui qui s’abstient le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu. |
7 En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ; |
8 si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. |
Dans l'Église de Rome, la question de l'observance — ou non — des prescriptions religieuses du judaïsme se posait avec une certaine acuité : la communauté chrétienne locale était très diverse. Elle devait compter nombre de Juifs : la diaspora romaine était l'une des plus importantes de l'Empire, et beaucoup d'entre eux avaient certainement accueilli le Christ.
Mais les anciens païens y étaient probablement tout aussi nombreux. Rome était la plus grande ville de l'Empire ; beaucoup de ses habitants s'intéressaient au judaïsme et à divers mouvements spirituels nouveaux, si bien que le terrain était très favorable à la prédication. C'est précisément lorsque les Juifs rencontraient, dans la communauté chrétienne, des païens de la veille que surgissaient diverses tensions, principalement liées à l'observance du sabbat et de la cacherout. Les païens, même ceux qui s'intéressaient activement au judaïsme et fréquentaient la synagogue — on les appelait généralement, dans les milieux juifs, les « craignant Dieu » —, n'étaient pas tenus de respecter ces prescriptions. Devenus chrétiens, ils n'y voyaient ni sens ni nécessité pour eux-mêmes. Pour eux, tous les jours se valaient, et ils continuaient à manger de la viande non casher achetée sur les marchés romains sans hésitation ni crainte. Mais, à la même table, se trouvaient des Juifs qui ne pouvaient guère prendre sur la table d'un païen que quelques légumes ou fruits : le caractère casher de tout le reste était douteux, et un Juif pratiquant, observant tous les commandements de sa religion, n'aurait même pas touché à un aliment non casher. Il en allait de même pour le sabbat et les autres fêtes juives : tout un système d'interdictions et de restrictions rituelles s'appliquait aux Juifs, qui ne suscitait chez l'ancien païen qu'un sourire.
Une question se posait naturellement : fallait-il considérer l'observance des normes et prescriptions vétérotestamentaires du judaïsme comme obligatoire pour tous les chrétiens ? En principe, le concile apostolique de Jérusalem, réuni peu avant la rédaction de la lettre, avait répondu par la négative : les païens qui accueillaient le Christ n'étaient nullement obligés de devenir juifs. Mais, dans la pratique, le problème était plus large : la religion a-t-elle une valeur en elle-même pour le chrétien ? Donne-t-elle un avantage à ceux qui la gardent ? Paul ne répond pas ici aussi nettement que l'auraient peut-être souhaité certains destinataires de sa lettre. Il laisse la décision à chaque membre de l'Église, n'exigeant qu'une chose : ne pas imposer à autrui sa religion ou son absence de religion.
Paul comprend parfaitement que le christianisme n'est pas une religion nouvelle destinée à remplacer le judaïsme ou certains cultes païens, mais une vie avec le Christ dans Son Royaume. La religion peut y aider certains, qui sont alors libres de l'utiliser pour atteindre leur but. Pour d'autres, elle sera plutôt un obstacle : il ne faut pas la leur imposer en exigeant le respect de normes et de règles qui leur sont inutiles. L'essentiel est la vie dans l'amour du Christ ; mieux vaut laisser le reste à l'appréciation de chacun, y compris la religion elle-même.
7 En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ; |
8 si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. |
En quoi l'existence de l'homme diffère-t-elle de l'être de toute autre créature? D'abord par la question du sens: pourquoi, pour quoi est-ce que je vis? Une existence dépourvue de sens est vide et indigne de l'homme, et il en va de même d'une vie vécue pour soi-même: c'est la vie d'une plante ou d'un animal, non celle d'un homme. L'homme ne peut pas toujours dire qu'il a déjà trouvé et défini pour lui-même ce sens, mais la recherche même de ce sens remplit déjà sa vie de contenu.
Et voici que nous lisons aujourd'hui ce que l'apôtre Paul écrit de sa vie, lui qui en a trouvé le sens sur le chemin de Damas (Ac. 9). Pour lui, l'essentiel, ce sont les relations avec Dieu, l'appartenance à Dieu. C'est Dieu, qui a créé le monde selon son dessein, qui donne son sens à toute créature; notre être a du sens quand il correspond à ce sens divin. Il en résulte que nous ne vivons pas pour nous-mêmes, mais pour le Seigneur. Tout moment de notre existence lui appartient, y compris la mort. Cela signifie que la mort n'est pas un événement très important dans notre vie, parce qu'elle ne change rien à l'essentiel: notre appartenance à Dieu.
8 si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. |
9 Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. |
Parfois lors des conversations sérieuses entre les gens, se forme l’impression que l’événement le plus important de la vie humaine est la mort. Seulement après la rencontre avec la mort ou après une réflexion la concernant, que nous commençons à estimer la vie et même peut-être réfléchir par rapport à Dieu. Pour l'apôtre Paul (et en général dans le christianisme) c’est tout le contraire.
Dieu, Son existence éternelle, Sa plénitude de la vie, est à la première place. Le suivant selon la signification de faits est notre appartenance à Lui. Et c’est déjà sous cette lumière qu’on examine la question de notre vie humaine et de la mort. Et il s’avère alors que ma mort physique ne change rien en ce qu'est plus signifiant : en l'existence de Dieu et en mon appartenance à Lui, - et donc, elle n’est pas trop importante dans ma vie, elle ne peut pas cesser ma vie. En ceci, se consiste probablement la victoire Christique sur la mort dans mon cas concret.
1 À celui qui est faible dans la foi, soyez accueillants sans vouloir discuter des opinions. |
2 Tel croit pouvoir manger de tout, tandis que le faible ne mange que des légumes : |
3 que celui qui mange ne méprise pas l’abstinent et que l’abstinent ne juge pas celui qui mange ; Dieu l’a bien accueilli. |
4 Toi, qui es-tu pour juger un serviteur d’autrui ? Qu’il reste debout ou qu’il tombe, cela ne concerne que son maître ; d’ailleurs il restera debout, car le Seigneur a la force de le soutenir. |
5 Celui-ci préfère un jour à un autre ; celui-là les estime tous pareils : que chacun s’en tienne à son jugement. |
6 Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur ; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu’il rend grâce à Dieu. Et celui qui s’abstient le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu. |
7 En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même ; |
8 si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur. |
9 Car le Christ est mort et revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. |
10 Mais toi, pourquoi juger ton frère ? et toi, pourquoi mépriser ton frère ? Tous, en effet, nous comparaîtrons au tribunal de Dieu, |
11 car il est écrit : Par ma vie, dit le Seigneur, tout genou devant moi fléchira, et toute langue rendra gloire à Dieu.
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12 C’est donc que chacun de nous rendra compte à Dieu pour soi-même. |
13 Finissons-en donc avec ces jugements les uns sur les autres : jugez plutôt qu’il ne faut rien mettre devant votre frère qui le fasse buter ou tomber. — |
14 Je le sais, j’en suis certain dans le Seigneur Jésus, rien n’est impur en soi, mais seulement pour celui qui estime un aliment impur ; en ce cas il l’est pour lui. — |
15 En effet, si pour un aliment ton frère est contristé, tu ne te conduis plus selon la charité. Ne va pas avec ton aliment faire périr celui-là pour qui le Christ est mort ! |
16 N’exposez donc pas votre privilège à l’outrage. |
17 Car le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint. |
18 Celui en effet qui sert le Christ de la sorte est agréable à Dieu et approuvé des hommes. |
19 Poursuivons donc ce qui favorise la paix et l’édification mutuelle. |
20 Ne va pas pour un aliment détruire l’œuvre de Dieu. Tout est pur assurément, mais devient un mal pour l’homme qui mange en donnant du scandale. |
21 Ce qui est bien, c’est de s’abstenir de viande et de vin et de tout ce qui fait buter ou tomber ou faiblir ton frère. |
22 Cette foi que tu as, garde-la pour toi devant Dieu. Heureux qui ne se juge pas coupable au moment même où il se décide. |
23 Mais celui qui mange malgré ses doutes est condamné, parce qu’il agit sans bonne foi et que tout ce qui ne procède pas de la bonne foi est péché. |
« Heureux celui qui ne se condamne pas dans le choix qu’il fait. » Se condamner soi-même, c’est ne pas accomplir ce que nous prenons sur nous devant Dieu. Ne pas nous condamner dans notre choix, c’est ne pas regarder en arrière ni nous abandonner à l’imagination, ne pas supposer : « Qu’aurait-il pu arriver si... ? » C’est l’habitude de marcher droit devant Dieu dans le secret du cœur. C’est savoir mener une vie patiente sans envier ceux qui vivent autrement. Il arrive que nous regardions ceux qui n’observent pas le jeûne et pensions que leur vie est plus facile, plus gaie, plus simple. Nous reculons alors devant notre choix du Christ. Par le doute et l’imagination, nous laissons entrer dans notre vie la duplicité et la méfiance envers Dieu.
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