28 Or vous, mes frères, à la manière d’Isaac, vous êtes enfants de la promesse. |
29 Mais, comme alors l’enfant de la chair persécutait l’enfant de l’esprit, il en est encore ainsi maintenant. |
30 Eh bien, que dit l’Écriture : Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme libre. |
31 Aussi, mes frères, ne sommes-nous pas enfants d’une servante mais de la femme libre. |
1 C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage. |
2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. |
3 De nouveau je l’atteste à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu à l’observance intégrale de la Loi. |
4 Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce. |
5 Car pour nous, c’est l’Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu’espère la justice. |
6 En effet, dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité. |
7 Votre course partait bien ; qui a entravé votre élan de soumission à la vérité ? |
8 Cette suggestion ne vient pas de Celui qui vous appelle. |
9 Un peu de levain fait lever toute la pâte. |
10 Pour moi, j’ai confiance qu’unis dans le Seigneur vous n’aurez pas d’autre sentiment ; mais qui vous trouble subira sa condamnation, quel qu’il soit. |
Qu’est-ce que la liberté, et existe-t-elle en ce monde ? Dans le passage d’aujourd’hui de l’Épître aux Galates, l’apôtre Paul souligne : « ...tenez ferme dans la liberté que le Christ nous a donnée... car, dans le Christ, ίσχύει (a force, a de l’importance)... la foi agissant par l’amour » (le texte grec porte « δι’ », par l’amour). La liberté est donc la soumission de la vie à la vérité principale et unique, la foi agissant par l’amour, plutôt qu’aux variations passagères du mode de vie, qui dépendent des circonstances. Être libre signifie donc croire et agir avec amour.
Pour l’apôtre, les considérations sur les droits de l’homme n’ont pas leur place ici, car la liberté et son absence ne prennent leur véritable sens que devant le Tout-Puissant. C’est pourquoi il ne parle pas de la présence ou de l’absence de liberté de professer sa foi : celle-ci n’est pas accordée par ce monde sous la forme de la liberté de conscience, mais elle est réalisée personnellement par chacun lorsqu’il suit Jésus.
1 C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage. |
Les belles-lettres ont décrit maintes fois le problème de l'esclave libéré. En se trouvant tête à tête avec sa liberté, avec sa nouvelle vie, où il n'y a aucuns devoirs, où tu décides tout seul, l’homme commence le plus souvent à regretter l'esclavage. L'habitude à la position d'esclave, à la vie, où tout est déterminé, force à chercher tout le temps des voies habituelles. Et ça devient nécessaire de trouver de nouveau le moyen à être l'esclave.
La sortie de l'esclavage spirituel et la réception du Christ est beaucoup plus douloureuse. La liberté spirituelle, que nous commençons tout à coup à sentir, ne se manifeste pas d'habitude en quelque chose d’extérieur. Il est plus complexe de garder en soi le don soudain, immérité, mais possédant une valeur incroyablement haute.
Quand nous découvrons en nous le désir d’une vie ancienne, tranquille, il nous semble que c'est notre problème personnel, dont personne ne comprend. Cependant, l'appel de l'apôtre Paul de rester libre, liberté que nous avons acquise, il y a de cela déjà deux mille années est l’un des plus actuel pour tous les chrétiens. Et c’est uniquement parce que nous sommes insuffisamment successifs dans l'exécution de ces instructions, que notre vie le plus souvent ne ressemble complètement pas à ce que devrait être un témoignage du Christ.
2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. |
3 De nouveau je l’atteste à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu à l’observance intégrale de la Loi. |
En parlant de la circoncision comme d'un retour à l'esclavage, Paul a manifestement en vue la dynamique spirituelle liée à l'action de la Torah dans l'homme. Il dit directement aux partisans de la circoncision obligatoire : si vous vous faites circoncire, vous devez accomplir la Torah dans toute sa plénitude. Il ne s'agit pas seulement d'observer toutes les prescriptions religieuses du judaïsme, mais de parcourir tout le chemin spirituel indiqué par la Torah, depuis sa compréhension purement extérieure, morale et religieuse, jusqu'au travail spirituel qu'implique la notion de Torah intérieure. Sinon, comprise seulement religieusement, la Torah perd tout sens spirituel, et la circoncision devient une sorte de jeu religieux qui, en lui-même, ne mène l'homme nulle part et ne fait que le détourner du véritable chemin spirituel.
L'apôtre ne s'oppose pas à la Torah ; il ne veut simplement pas que l'observance de la Torah se transforme en une sorte de divertissement religieux, par lequel beaucoup se rassuraient encore en pensant qu'ils faisaient désormais pour Dieu et pour le Christ tout ce qu'il fallait. Beaucoup, sans doute, en se faisant circoncire, se sentaient des chrétiens « corrects », et ils commençaient à voir dans le christianisme non un chemin spirituel ni la vie du Royaume, mais une religion « correcte ».
Dans ce cas, en général, la vie religieuse remplaçait insensiblement la vie spirituelle, et c'est précisément contre cette substitution que Paul met en garde les chrétiens de Galatie. Il leur dit : voulez-vous vraiment devenir juifs, parcourir tout le chemin spirituel qu'ont suivi les meilleurs représentants de la Synagogue ? Dans ce cas, suivez la Torah dans toute sa plénitude. Passez de la Torah extérieure à la Torah intérieure ; essayez de devenir vous-mêmes une Torah vivante ; apprenez par votre propre expérience ce que cela donne et ce qui résulte de telles tentatives. L'apôtre savait de quoi il parlait : dans une autre de ses épîtres, l'Épître aux Romains, il a lui-même décrit ses tentatives pour réaliser dans sa vie l'idéal de la Torah vivante.
Échec total, crise spirituelle, puis rencontre avec le Ressuscité sur le chemin de Damas : tout cela est le chemin même de Paul, chemin que pourtant aucun des chrétiens galates qui se faisaient circoncire n'avait l'intention de suivre. Le chemin de la Torah ne les intéressait pas ; ils voulaient simplement un peu de religion pour varier la vie et apaiser l'âme. Il n'est pas étonnant qu'une telle position n'ait pu susciter chez l'apôtre rien d'autre que l'indignation : lui prenait tout à fait au sérieux la Torah, le Christ, le Royaume et son propre chemin spirituel. Et voyant certains « maîtres » profaner tout ce qui était pour lui absolument important, il ne pouvait rester calme.
2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. |
Dans sa lettre à l'Église de Galatie, Paul parle de la circoncision avec une grande fermeté: celui qui se fait circoncire ne tire aucun profit du Christ. À première vue, une telle affirmation peut paraître manifestement incohérente: parmi les chrétiens de ce temps, les circoncis étaient presque la majorité, et Paul lui-même en faisait partie. Il ne s'agit clairement pas du fait même de la circoncision. D'ailleurs, à en juger par le contexte de la lettre, on voit facilement qu'il est question ici d'anciens païens qui se faisaient circoncire après être déjà devenus chrétiens. Et c'était tout autre chose: pour eux, la circoncision devenait une sorte de rite religieux obligatoire, sans lequel on n'entre pas dans l'Église et on ne devient pas chrétien.
C'est du moins ce qu'affirmaient ceux qui appelaient les nouveaux convertis chrétiens à se faire circoncire. Or cela, Paul ne pouvait déjà plus l'accepter. Il ne s'agit pas ici de position ni d'opinions théologiques, mais de l'expérience de l'apôtre. Il savait trop bien qu'aucune religion ni aucun effort entrepris dans un cadre religieux ne conduisent, au fond, à rien. Paul, lorsqu'il était encore Saul, avait fait tout ce qu'il pouvait pour atteindre l'idéal et devenir ce qu'on appelait alors une Torah vivante. Il s'efforçait de suivre la Torah avec une sincérité totale et dans toute sa plénitude, et il subit une défaite complète.
Seule la rencontre du Ressuscité sur le chemin de Damas le sauva de l'effondrement spirituel. Et voici qu'il entend maintenant les affirmations de gens persuadés que les relations avec le Christ ne suffisent pas au salut, qu'il faut absolument les compléter par la circoncision, sans quoi rien ne marchera! Et cela alors que, même dans la Torah, la circoncision n'est appelée qu'un «signe de l'alliance»! Non pas le sens de cette alliance, ni même une condition fondamentale quelconque, mais seulement un signe!
Bien sûr, refuser le signe de l'alliance conclue avec Dieu n'est nullement un mérite. Mais placer le salut dans le signe? Pour Paul, c'était tout simplement absurde. Il comprenait pourtant que, pour certains, il en était réellement ainsi. Et cet état des choses ne signifie qu'une chose: ces gens espèrent davantage en leur religiosité qu'en Christ. Ici, il ne faut vraiment pas compter sur l'aide et l'intervention du Christ. On peut, en étant religieux, chercher et trouver le Christ.
On peut même construire des relations avec Lui tout en restant, pas trop toutefois, un homme religieux. Mais trouver le Christ et ensuite se mettre à chercher encore une religion sans laquelle on ne pourrait prétendument pas se passer, cela signifie tout simplement ne pas comprendre qui l'on a rencontré. Pour le chrétien, les relations avec le Christ sont par définition précieuses en elles-mêmes, nécessaires et suffisantes; elles ne demandent aucun ajout ni aucun «complément». Et si un homme ne le comprend pas, cela signifie qu'il n'est pas encore tout à fait chrétien. Ou pas chrétien du tout.
2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. |
Dans sa lettre à l'Église de Galatie, Paul parle de la circoncision avec une grande fermeté: celui qui se fait circoncire ne tire aucun profit du Christ. À première vue, une telle affirmation peut paraître manifestement incohérente: parmi les chrétiens de ce temps, les circoncis étaient presque la majorité, et Paul lui-même en faisait partie. Il ne s'agit clairement pas du fait même de la circoncision. D'ailleurs, à en juger par le contexte de la lettre, on voit facilement qu'il est question ici d'anciens païens qui se faisaient circoncire après être déjà devenus chrétiens. Et c'était tout autre chose: pour eux, la circoncision devenait une sorte de rite religieux obligatoire, sans lequel on n'entre pas dans l'Église et on ne devient pas chrétien.
C'est du moins ce qu'affirmaient ceux qui appelaient les nouveaux convertis chrétiens à se faire circoncire. Or cela, Paul ne pouvait déjà plus l'accepter. Il ne s'agit pas ici de position ni d'opinions théologiques, mais de l'expérience de l'apôtre. Il savait trop bien qu'aucune religion ni aucun effort entrepris dans un cadre religieux ne conduisent, au fond, à rien. Paul, lorsqu'il était encore Saul, avait fait tout ce qu'il pouvait pour atteindre l'idéal et devenir ce qu'on appelait alors une Torah vivante. Il s'efforçait de suivre la Torah avec une sincérité totale et dans toute sa plénitude, et il subit une défaite complète.
Seule la rencontre du Ressuscité sur le chemin de Damas le sauva de l'effondrement spirituel. Et voici qu'il entend maintenant les affirmations de gens persuadés que les relations avec le Christ ne suffisent pas au salut, qu'il faut absolument les compléter par la circoncision, sans quoi rien ne marchera! Et cela alors que, même dans la Torah, la circoncision n'est appelée qu'un «signe de l'alliance»! Non pas le sens de cette alliance, ni même une condition fondamentale quelconque, mais seulement un signe!
Bien sûr, refuser le signe de l'alliance conclue avec Dieu n'est nullement un mérite. Mais placer le salut dans le signe? Pour Paul, c'était tout simplement absurde. Il comprenait pourtant que, pour certains, il en était réellement ainsi. Et cet état des choses ne signifie qu'une chose: ces gens espèrent davantage en leur religiosité qu'en Christ. Ici, il ne faut vraiment pas compter sur l'aide et l'intervention du Christ. On peut, en étant religieux, chercher et trouver le Christ.
On peut même construire des relations avec Lui tout en restant, pas trop toutefois, un homme religieux. Mais trouver le Christ et ensuite se mettre à chercher encore une religion sans laquelle on ne pourrait prétendument pas se passer, cela signifie tout simplement ne pas comprendre qui l'on a rencontré. Pour le chrétien, les relations avec le Christ sont par définition précieuses en elles-mêmes, nécessaires et suffisantes; elles ne demandent aucun ajout ni aucun «complément». Et si un homme ne le comprend pas, cela signifie qu'il n'est pas encore tout à fait chrétien. Ou pas chrétien du tout.
4 Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce. |
5 Car pour nous, c’est l’Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu’espère la justice. |
Aux temps évangéliques, on regardait la Torah (la Loi) de diverses manières. Pour la plupart des Juifs croyants, la Torah était une sorte de code moral et juridique qui devait être accepté et observé sans réserve. On tenait alors pour évident que ce code était praticable. Et au niveau auquel se limitait la majorité religieuse, l'accomplissement de la Torah ne posait réellement aucun problème insoluble. Certes, cela demandait des efforts, mais les personnes sincèrement religieuses ne ménagent généralement pas ces efforts. Et après avoir fait cet effort, après avoir accompli la Torah, comme il leur semblait, jusqu'au bout, de telles personnes se considéraient naturellement comme des justes. En effet : de leur propre point de vue, du point de vue de l'homme religieux, elles n'avaient rien à se reprocher. Que Dieu aurait-Il encore pu exiger d'elles ? Il avait exposé Ses exigences dans la Torah, et elles l'avaient accomplie.
Cependant, il existait en ces temps-là un autre regard sur la Torah et sur la vie spirituelle. Un regard qui, déjà, en réalité, sortait du cadre de la religiosité juive traditionnelle, et même du cadre de toute religiosité en général. Il s'agissait alors de la Torah intérieure. D'une Torah perçue non comme un code juridique ou moral, mais comme une révélation de la volonté de Dieu. De la volonté de Dieu au sens le plus littéral. Au sens des intentions de Dieu adressées à l'homme. Des intentions qui doivent déterminer toute la vie spirituelle de l'homme, et même toute sa vie en général. Devenir ce noyau spirituel qui seul peut rendre l'homme juste, s'il détermine sa vie tout entière.
Lorsqu'il parle de la Torah, Paul oppose souvent la Torah intérieure à la Torah extérieure. Et il ne s'agit pas du fait qu'il serait un adversaire de principe de toute religiosité. Il sait simplement trop bien, par sa propre expérience, que la religion n'a encore jamais rendu personne juste, et qu'elle ne le peut pas non plus.
L'homme religieux peut faire beaucoup pour Dieu. Mais dans la vie spirituelle, l'essentiel n'est pas de faire, mais d'être. Ce qu'il faut, ce n'est pas un ensemble de bonnes oeuvres et d'actes pieux, mais un changement qualitatif de la vie. Et ici, la religion se révèle impuissante : elle change en effet l'homme de l'extérieur, au moyen des normes et des règles qu'elle propose. Les véritables changements se produisent toujours de l'intérieur. Ici, il faut précisément la Torah intérieure, mais l'homme déchu n'est justement pas capable de la mener à sa plénitude. Le péché originel l'en empêche.
Et cela aussi, l'apôtre le comprend parfaitement : il a lui-même essayé de vivre ainsi et a subi un échec complet, qu'il a lui-même décrit avec une entière franchise dans l'Épître aux Romains. Il ne reste que l'espérance en ce souffle de Dieu, le souffle du Royaume, qui seul peut rendre l'homme juste. Certes, c'est reconnaître sa propre faillite spirituelle. Mais mieux vaut reconnaître l'évidence et acquérir la plénitude de la vie du Royaume que tenter de faire bonne figure dans une mauvaise situation et tout perdre.
7 Votre course partait bien ; qui a entravé votre élan de soumission à la vérité ? |
Dans ses lettres, Paul compare souvent la vie chrétienne à une course, et les chrétiens à des coureurs dans un stade, en compétition les uns avec les autres. Ainsi, ici encore, l'apôtre compare les destinataires de sa lettre à des coureurs qui avaient bien commencé leur course, mais que quelque chose a arrêtés au point qu'ils n'entendent plus la voix de la vérité. Le contexte immédiat montre qu'il s'agit de l'attrait pour cette religiosité qui n'a jamais suffi à une vie vraiment juste.
Le symbole de cette religiosité devient la circoncision, à laquelle, semble-t-il, certains membres de l'Église de Galatie liaient leur vie spirituelle plus encore qu'au Christ. Et c'est là que leur chemin spirituel s'arrête. Il s'arrête précisément comme chemin qu'ils devaient parcourir ou courir, et qui devait passer par une communion et une union directes avec le Christ. Le chemin du chrétien est le chemin du Royaume, non celui de la religion. Mais ce n'est pas tout.
Paul ne dit pas par hasard aux destinataires de sa lettre qu'ils se sont arrêtés. Ils n'ont pas pris un autre chemin, ils ne sont pas revenus en arrière: ils se sont précisément arrêtés. Rien d'étonnant à cela: la religiosité peut aider l'homme sur le chemin spirituel, mais elle peut aussi l'entraver. Et la vie religieuse comme telle n'a pas de rapport direct avec la vie spirituelle, même si elle lui est liée. Elle lui est liée surtout comme la forme au contenu. Ou, plus exactement, comme une source de formes pour le contenu dont la vie spirituelle est remplie dans la part qui concerne la communion avec Dieu.
C'est là que la religion peut réellement se révéler utile. Mais non lorsqu'elle devient une fin en soi. Non lorsque la vie religieuse remplace la vie spirituelle, cette dynamique des relations qui lient l'homme à Dieu et aux autres, et qu'aucune religion ne peut remplacer. Ici, il ne peut vraiment être question que d'un arrêt sur le chemin spirituel. Et si cet arrêt dure assez longtemps, peut-être même d'un refus de ce chemin: l'homme peut se satisfaire de la seule religion, s'il fait ce choix. Mais alors il faudra parler seulement et précisément de religion, et non de christianisme.
1 C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage. |
2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. |
3 De nouveau je l’atteste à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu à l’observance intégrale de la Loi. |
4 Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce. |
5 Car pour nous, c’est l’Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu’espère la justice. |
6 En effet, dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité. |
7 Votre course partait bien ; qui a entravé votre élan de soumission à la vérité ? |
8 Cette suggestion ne vient pas de Celui qui vous appelle. |
9 Un peu de levain fait lever toute la pâte. |
10 Pour moi, j’ai confiance qu’unis dans le Seigneur vous n’aurez pas d’autre sentiment ; mais qui vous trouble subira sa condamnation, quel qu’il soit. |
11 Quant à moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? C’en est donc fini du scandale de la croix ! |
12 Qu’ils aillent jusqu’à la mutilation, ceux qui bouleversent vos âmes ! |
En parlant de la circoncision, Paul la compare à l'esclavage, appelant ses lecteurs à demeurer des hommes libres (v. 1). Il dit directement aux chrétiens de Galatie que, s'ils se font circoncire, le Christ ne leur servira à rien (v. 2). À première vue, une telle déclaration contredit les propres paroles de l'apôtre, dites toutefois à un autre moment et à un autre propos, selon lesquelles la circoncision ne fait obstacle ni au salut ni à la demeure dans le Royaume. La clé pour comprendre cette parole si dure de Paul est l'exigence de l'apôtre envers celui qui se fait circoncire: observer toute la Torah intégralement (v. 3). Paul, on le voit, n'est pas contre la circoncision; il n'est pas contre la religion comme telle, pourvu qu'elle n'empêche pas d'entrer dans le Royaume, et il n'est certainement pas contre la Torah. Mais il s'oppose résolument à ce jeu religieux auquel, semble-t-il, se sont adonnés les chrétiens de Galatie. Il rappelle aux Galates qu'en Christ la question de la circoncision perd tout sens, qu'elle n'a en général aucun rapport avec le Royaume (v. 6). On ne se justifie pas par la Torah, et les chrétiens de Galatie doivent le savoir (v. 4-5).
Mais ce n'est pas tout. Le fait est qu'ils ne traitent pas non plus la circoncision comme la Torah le prescrit. Pour un Juif croyant observant la Torah, la question de la circoncision devenait parfois une question de vie et de mort, comme ce fut le cas, par exemple, sous le règne d'Antiochos Épiphane, quand on circoncisait en secret et que la peine de mort était prévue pour cela. Dans une telle situation, la circoncision devenait la conséquence d'un choix profond, spirituel, auquel tout le monde ne se décidait pas. Mais ici la situation était différente: la circoncision était utilisée précisément pour éviter des problèmes que Paul lui-même, manifestement, ne cherchait pas à éviter de cette façon (v. 11). Pour l'apôtre, on le voit, la circoncision est une chose trop sérieuse pour être utilisée comme couverture. Et il appelle les chrétiens de Galatie à la traiter avec le même sérieux. Il leur rappelle qu'en acceptant la circoncision, ils choisissent un autre chemin, non celui dont Paul leur avait témoigné et sur lequel ils marchaient auparavant (v. 7-8). Ce n'est pas une bagatelle; la trahison commence par peu de chose (v. 9). Et si certains de ceux qui prêchent la circoncision dans l'Église de Galatie ne comprennent pas toute la gravité de la situation, tant pis pour eux (v. 10).
La circoncision, comme la religion en général, n'est en soi ni bonne ni mauvaise. Tout dépend de ce qu'elle est pour l'homme: le choix d'un chemin ou un jeu auquel on joue en partie pour éviter des ennuis. Dans le premier cas, il n'est pas exclu que le chemin choisi conduise tout de même l'homme au seuil du Royaume, comme cela arriva à Paul lui-même; avant la rencontre sur la route de Damas, il n'aurait pas osé penser que la circoncision pût être spirituellement inutile. Le second chemin ne mène nulle part, parce qu'il ne mène justement nulle part: il rappelle surtout un tour de cour de récréation sur lequel on peut courir indéfiniment. Et l'apôtre ne veut absolument pas que, pour ses frères galates, courir en rond devienne l'occupation principale.
1 C’est pour que nous restions libres que le Christ nous a libérés. Donc tenez bon et ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage. |
2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. |
3 De nouveau je l’atteste à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu à l’observance intégrale de la Loi. |
4 Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce. |
5 Car pour nous, c’est l’Esprit qui nous fait attendre de la foi les biens qu’espère la justice. |
6 En effet, dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision ne comptent, mais seulement la foi opérant par la charité. |
7 Votre course partait bien ; qui a entravé votre élan de soumission à la vérité ? |
8 Cette suggestion ne vient pas de Celui qui vous appelle. |
9 Un peu de levain fait lever toute la pâte. |
10 Pour moi, j’ai confiance qu’unis dans le Seigneur vous n’aurez pas d’autre sentiment ; mais qui vous trouble subira sa condamnation, quel qu’il soit. |
11 Quant à moi, frères, si je prêche encore la circoncision, pourquoi suis-je encore persécuté ? C’en est donc fini du scandale de la croix ! |
12 Qu’ils aillent jusqu’à la mutilation, ceux qui bouleversent vos âmes ! |
Savez-vous ce qui arrive à quelqu’un qui tombe dans une fondrière ? Il s’enfonce lentement dans la boue liquide, et plus vigoureusement il essaie d’en sortir, plus vite le marécage l’aspire. Cela ressemble beaucoup à l’existence de l’homme pécheur : une lente agonie, une incapacité totale à faire face à la situation et une absence absolue de liberté. Pour l’apôtre Paul, il est évident que l’humanité est esclave du péché et qu’elle a besoin de la libération que Dieu seul peut donner et que le Christ apporte en ce monde. Il l’a déjà apportée et l’a déjà donnée à ceux qui croient en Lui ! Une vie nouvelle a commencé, hors du marécage ; les mouvements ne sont plus entravés et ne rapprochent plus de la perdition. Et voilà que Paul voit avec amertume les hommes recommencer à se lier pieds et mains, pour ne pas faire un mouvement de trop, « au cas où quelque chose tournerait mal » et où il faudrait ensuite en répondre. De nouveau, les hommes accumulent commandement sur commandement ; de nouveau, ils placent les traditions des anciens au-dessus de la Parole de Dieu. Ô Galates insensés ! Vous souvenez-vous du film intitulé « Ce doux mot : liberté » ? Doux ? Peut-être... Difficile, oui ; mais toute autre voie est indigne de l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.
11 Vous me faites craindre de m’être inutilement fatigué pour vous. |
12 Devenez semblables à moi, puisque je me suis fait semblable à vous, frères, je vous en supplie. Vous ne m’avez nullement offensé. |
13 Mais vous le savez, ce fut une maladie qui me donna l’occasion de vous évangéliser la première fois, |
14 et, malgré l’épreuve que vous était ce corps infirme, vous n’avez marqué ni mépris ni dégoût ; mais vous m’avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus. |
15 Que sont donc devenues les félicitations que vous vous adressiez ? Car je vous rends ce témoignage : s’il avait été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. |
16 Alors, suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? |
17 Leur attachement pour vous n’est pas bon ; ils veulent vous séparer de moi, pour vous attacher à eux. |
18 Il est bien de s’attacher les autres pour le bien, pour toujours, et non pas seulement quand je suis près de vous, |
19 mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. |
20 Que ne suis-je près de vous en cet instant pour adapter mon langage, car je ne sais comment m’y prendre avec vous. |
21 Dites-moi, vous qui voulez vous soumettre à la Loi, n’entendez-vous pas la Loi ? |
22 Il est écrit en effet qu’Abraham eut deux fils, l’un de la servante, l’autre de la femme libre ; |
23 mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. |
24 Il y a là une allégorie : ces femmes représentent deux alliances ; la première se rattache au Sinaï et enfante pour la servitude : c’est Agar |
25 (car le Sinaï est en Arabie) et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui de fait est esclave avec ses enfants. |
26 Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et elle est notre mère ; |
27 car il est écrit : Réjouis-toi, stérile qui n’enfantais pas, éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs ; car nombreux sont les enfants de l’abandonnée, plus que les fils de l’épouse.
|
28 Or vous, mes frères, à la manière d’Isaac, vous êtes enfants de la promesse. |
29 Mais, comme alors l’enfant de la chair persécutait l’enfant de l’esprit, il en est encore ainsi maintenant. |
30 Eh bien, que dit l’Écriture : Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme libre. |
31 Aussi, mes frères, ne sommes-nous pas enfants d’une servante mais de la femme libre. |
Pourquoi Paul parle-t-il d'un « fils né selon la chair » ? Ce n'est pas parce qu'il veut rabaisser l'alliance de Dieu avec le peuple d'Israël. Cette alliance n'était nullement une théorie : c'était un véritable accord entre le Dieu vivant et Son peuple. Cependant, la Nouvelle Alliance est une promesse nouvelle, et désormais l'Ancienne n'a pas de force sans la Nouvelle. Dieu n'a pas repris Ses paroles ni Ses promesses, mais on ne peut plus les considérer en dehors du contexte de la Nouvelle Alliance. De plus, seule la Nouvelle Alliance, seule l'Église du Christ, nous donne la possibilité d'un contact direct avec Lui par les sacrements. Dieu parlait aux justes de l'Ancien Testament depuis la nuée ; à nous, Il peut parler directement dans notre cœur, où Il entre par les sacrements.
11 Vous me faites craindre de m’être inutilement fatigué pour vous. |
12 Devenez semblables à moi, puisque je me suis fait semblable à vous, frères, je vous en supplie. Vous ne m’avez nullement offensé. |
13 Mais vous le savez, ce fut une maladie qui me donna l’occasion de vous évangéliser la première fois, |
14 et, malgré l’épreuve que vous était ce corps infirme, vous n’avez marqué ni mépris ni dégoût ; mais vous m’avez accueilli comme un ange de Dieu, comme le Christ Jésus. |
15 Que sont donc devenues les félicitations que vous vous adressiez ? Car je vous rends ce témoignage : s’il avait été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner. |
16 Alors, suis-je devenu votre ennemi en vous disant la vérité ? |
17 Leur attachement pour vous n’est pas bon ; ils veulent vous séparer de moi, pour vous attacher à eux. |
18 Il est bien de s’attacher les autres pour le bien, pour toujours, et non pas seulement quand je suis près de vous, |
19 mes petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous. |
20 Que ne suis-je près de vous en cet instant pour adapter mon langage, car je ne sais comment m’y prendre avec vous. |
21 Dites-moi, vous qui voulez vous soumettre à la Loi, n’entendez-vous pas la Loi ? |
22 Il est écrit en effet qu’Abraham eut deux fils, l’un de la servante, l’autre de la femme libre ; |
23 mais celui de la servante est né selon la chair, celui de la femme libre en vertu de la promesse. |
24 Il y a là une allégorie : ces femmes représentent deux alliances ; la première se rattache au Sinaï et enfante pour la servitude : c’est Agar |
25 (car le Sinaï est en Arabie) et elle correspond à la Jérusalem actuelle, qui de fait est esclave avec ses enfants. |
26 Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et elle est notre mère ; |
27 car il est écrit : Réjouis-toi, stérile qui n’enfantais pas, éclate en cris de joie, toi qui n’as pas connu les douleurs ; car nombreux sont les enfants de l’abandonnée, plus que les fils de l’épouse.
|
28 Or vous, mes frères, à la manière d’Isaac, vous êtes enfants de la promesse. |
29 Mais, comme alors l’enfant de la chair persécutait l’enfant de l’esprit, il en est encore ainsi maintenant. |
30 Eh bien, que dit l’Écriture : Chasse la servante et son fils, car il ne faut pas que le fils de la servante hérite avec le fils de la femme libre. |
31 Aussi, mes frères, ne sommes-nous pas enfants d’une servante mais de la femme libre. |
On le voit, le principal problème des chrétiens de Galatie tenait à ce que, selon les propres mots de Paul, ils voulaient être «sous le pouvoir de la Torah» («sous la loi», v. 21). Ce désir a très bien pu naître en eux après le départ de Paul, qu'ils avaient, selon son propre témoignage, accueilli «comme un messager de Dieu» (v. 12-14). La liberté du Royaume dont l'apôtre leur avait, semble-t-il, témoigné pouvait paraître excessive aux Galates, comme cela arrive parfois à des néophytes en quête d'une «main ferme». Et alors la place de Paul fut tout naturellement prise par ceux que l'apôtre appelle des «zélateurs impurs» (v. 17-18). Dans ce cas deviennent tout à fait compréhensibles et explicables l'autoritarisme de ces nouveaux «pasteurs», déjà mentionné dans l'épître, et leurs prétentions à l'exclusivité, de même que le fait que, malgré tout cela, on les traitait dans l'Église de Galatie avec respect et, semble-t-il, même avec une certaine crainte.
Paul, quant à lui, leur propose une parabole fondée sur le matériau du Livre de la Genèse. Il leur rappelle l'histoire bien connue de la naissance d'Ismaël, venu au monde avant Isaac, bien qu'il ne fût pas le fils d'Abraham né de Sara, celui dont Dieu avait parlé à Abraham. C'est pourquoi l'apôtre dit que l'un des deux fils est né «selon la chair», c'est-à-dire uniquement selon une volonté humaine, tandis que l'autre est né «selon la promesse», conformément à la promesse donnée par Dieu (v. 22-23). Paul compare ces deux fils à deux alliances: l'ancienne, fondée sur la Torah et l'observance de la loi, et la nouvelle, fondée sur la fidélité à Dieu et sur les promesses qui avaient été données dès Abraham et qui, selon l'apôtre, ne se sont accomplies que maintenant, après la venue du Messie (v. 24-31).
Une telle opposition, à première vue, sépare l'ancienne et la nouvelle alliance comme l'ancien et le nouveau peuple de Dieu. Mais l'apôtre ne parle pas de séparation; il veut seulement souligner ce fait: l'ancienne alliance, conclue déjà avec Abraham, ne peut trouver sa plénitude que dans cette alliance nouvelle, messianique, qui se conclut avec Dieu par Jésus-Christ. Les anciennes alliances ne sont ni abolies ni dévalorisées, mais, pour recevoir tout ce qu'elles peuvent donner, il faut se tourner vers Celui en qui elles ont reçu leur plénitude.
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