28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
La courte parabole de Jésus sur les deux fils illustre on ne peut mieux l'une des lois fondamentales de la vie spirituelle : une intention véritable est celle que l'on mène jusqu'à son accomplissement. On pourrait bien sûr dire que même l'accord théorique de l'un des fils, qui s'était empressé d'exprimer sa volonté de suivre celle de son père, a son importance. On pourrait aussi faire remarquer que ce fils, qui finalement n'a pas tenu sa promesse, n'avait peut-être nullement l'intention de tromper son père. Combien de fois est-il arrivé à chacun de nous que des projets et des intentions apparemment bons restent finalement sans suite, non pas à cause de circonstances extérieures ni parce que nous y avions renoncé, mais simplement parce que nous les avions oubliés, sans même remarquer comment ni quand cela s'était produit ? Et cela arrive souvent précisément à des gens tout à fait respectables, convenables et prospères.
Mais ceux qui ne se distinguent pas par de telles qualités peuvent parfois, aussi paradoxal que cela paraisse, faire davantage de bien et se trouver plus proches du Royaume. Cela s'explique probablement en grande partie par le fait que les « publicains et les prostituées » mentionnés par Jésus savent parfaitement que tout ne va pas bien chez eux et qu'ils doivent se consacrer entièrement à la tâche qui leur est proposée, dès lors qu'une possibilité de changer quelque chose est apparue dans leur vie. S'ils la laissent échapper maintenant, une seconde occasion pourrait ne jamais se présenter. Et si ces gens décident de profiter des possibilités qui s'ouvrent à eux, ils le feront pleinement et en feront le but principal et le sens de leur vie. Leur volonté sera tout entière consacrée à la résolution d'une seule tâche. Ils ne disperseront pas leurs efforts ; rien dans leur vie ne pourra les détourner de l'essentiel, et si quelque chose se présente, ils n'y prêteront tout simplement pas attention, car ils savent ce qui les menace s'ils n'utilisent pas la chance qui leur est offerte. Leur volonté tend vers un seul but et se concentre sur une seule tâche.
Or c'est précisément la volonté qui détermine la qualité et le contenu de la vie spirituelle. Celui qui fait du Royaume son but principal le trouvera certainement. Une religiosité respectable, en revanche, peut ne pas être d'un grand secours, car toute religion est l'œuvre des mains et des esprits humains. Aucune religion n'a de rapport direct avec le Royaume, bien que celui-ci ne soit évidemment pas fermé aux gens religieux. Un « oui » indéfini peut rester indéfini pour toujours. Et un « non » bien déterminé peut se transformer en un « oui » tout aussi déterminé.
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
«Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions», tout le monde connaît cette sagesse populaire. Pourquoi en est-il ainsi? C'est à méditer cela que nous conduit la parabole des deux fils. Nous acceptons facilement en paroles de faire le bien, car nous tirons alors plaisir de la pensée de notre propre justice. Mais la constance, la patience, l'ardeur au travail nous manquent à tous. Et nous ressemblons aux graines tombées sur les pierres. «L'esprit est ardent, mais la chair est faible», dit le Seigneur à un autre moment. Mais réfléchissons aussi à ce don étonnant du repentir qui nous est donné. Il nous reste toujours la possibilité d'une page blanche. Il n'est jamais trop tard pour rejeter le mal.
D'ailleurs, l'hypothèse des bonnes intentions non accomplies du fils qui a dit «j'y vais» n'est qu'une des interprétations possibles. Un autre sens peut être la piété ostentatoire, qui permet de glisser à la surface de la vie sans pénétrer la profondeur de ses problèmes.
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
La grande difficulté de notre vie à vous et à moi tient sans doute au fait que nous savons trop bien ce que nous devons être. Et, chose très paradoxale, cela vient d’une chose aussi admirable que la connaissance et l’amour de la Loi.
Nous essayons sur nous le costume de la vertu, et nous nous plaisons beaucoup à nous-mêmes en le portant. C’est pourquoi il nous est si difficile de reconnaître devant les hommes notre faiblesse, notre indignité, notre péché. Il nous est même parfois difficile de refuser quelqu’un qui nous demande quelque chose, si nous ne pouvons pas satisfaire sa demande, parce que nous n’avons pas envie de nous mettre dans la position d’une personne qui n’a pas aidé quelqu’un dans le besoin. Ce rôle nous déplaît.
La parabole dont nous parlons aujourd’hui a de nombreux sens. Mais en voici un : être toujours parfaitement honnête devant soi-même et devant celui qui vous demande quelque chose ou s’adresse à vous pour quelque chose. On entend parfois dire que cette parabole montre que les actes sont plus importants que les paroles. En aucun cas. En réalité, le second fils a péché deux fois : une première fois en ne disant pas à son père la vérité sur son refus intérieur d’aller travailler, et une seconde fois en n’allant pas travailler. C’est donc au contraire une parabole sur l’importance des paroles (le premier péché) et sur l’importance des actes (le second péché).
Le premier fils a-t-il péché ? Il semble que non, tout de même. Oui, il a attristé son père. Mais il a été honnête en parlant de son refus, honnête dans la description de son état intérieur, même s’il ne pouvait pas ne pas comprendre que cet état était peu honorable. Efforçons-nous d’avoir la même honnêteté. Bien sûr, il faut tâcher de cacher aux hommes ses mauvaises pensées, pour ne pas les scandaliser ; il s’agit d’autre chose : ne pas promettre plus que ce que nous pouvons réellement faire. C’est difficile, car la demande dépasse toujours nos possibilités et l’on veut toujours être bon pour chacun ; mais comprenons que c’est impossible, et cessons de nous admirer nous-mêmes, car nous faisons souffrir ceux qui ne comprennent pas pourquoi nous avons été si bons, puis pourquoi rien n’en est sorti.
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
Dans ce conflit entre le Christ et les pharisiens apparaît avec le plus de clarté la différence entre leurs conceptions de la foi. Les pharisiens exigent de Jésus des arguments précis : Il doit montrer de façon manifeste « par quelle autorité » Il peut agir en maître dans le Temple. Cette exigence revient à demander une nouvelle preuve de la part de Dieu, un miracle. Au lieu de cela, le Christ les place devant une question fondamentale sur la foi, en prenant l'exemple de Jean, qui appelait le peuple à la conversion. En son temps, certains n'avaient pas besoin de preuves miraculeuses de la mission prophétique de Jean : ils avaient reconnu dans leur cœur la justesse de ses paroles. C'étaient ces « publicains et prostituées » (et beaucoup d'autres) qui étaient prêts à revenir vers Dieu, à se réconcilier avec Lui et à commencer une vie différente de la précédente. Mais si cette disponibilité fait défaut, il ne reste plus qu'à jouer au jeu des preuves et à discuter d'autorité...
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
Le Seigneur poursuit Son chemin vers le Golgotha, qui se fait déjà sentir dans Ses affrontements avec les grands prêtres et les anciens, dans Ses paraboles et Ses entretiens avec les disciples. Il est entré dans la ville comme Roi ; Il doit soit être accueilli par le peuple comme le Messie longtemps attendu, soit périr dans l'affrontement avec l'hypocrisie et la raideur des chefs et l'infidélité du peuple, dans le combat contre le royaume des ténèbres. Là où vient le Christ, il ne reste pas de place pour les compromis. Le figuier qui n'a pas porté de fruit se dessèche ; Israël, qui n'a pas entendu la prédication de Jean, ne peut recevoir le Sauveur. Il devient de plus en plus clair que le conflit ne peut se terminer que d'une seule manière : par la mort du Rebelle.
Nous, au même titre que les Israélites du début du premier siècle, nous trouvons au centre même des événements. Le Christ entre chez nous exactement de la même manière (ou entrera encore) qu'Il est entré à Jérusalem ; et Il se heurtera exactement de la même manière (ou s'est déjà heurté) à l'hypocrisie et à la raideur de notre cœur. Nous sommes, comme eux, toujours au bord d'un choix : tuer le Messie et se dessécher comme le figuier, ou Le recevoir, entendre Sa parole, devenir tels qu'Il veut nous voir, et obtenir Sa miséricorde et le Royaume.
18 Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. |
19 Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha, mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : " Jamais plus tu ne porteras de fruit ! " Et à l'instant même le figuier devint sec. |
20 A cette vue, les disciples dirent tout étonnés : " Comment, en un instant, le figuier est-il devenu sec ? " |
21 Jésus leur répondit : " En vérité je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. |
22 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. " |
23 Il était entré dans le Temple et il enseignait, quand les grands prêtres et les anciens du peuple s'approchèrent et lui dirent : " Par quelle autorité fais-tu cela ? Et qui t'a donné cette autorité ? " |
24 Jésus leur répondit : " De mon côté, je vais vous poser une question, une seule ; si vous m'y répondez, moi aussi je vous dirai par quelle autorité je fais cela. |
25 Le baptême de Jean, d'où était-il ? Du Ciel ou des hommes ? " Mais ils se faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : " Si nous disons : "Du Ciel", il nous dira : "Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui ?" |
26 Et si nous disons : "Des hommes", nous avons à craindre la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. " |
27 Et ils firent à Jésus cette réponse : " Nous ne savons pas. " De son côté il répliqua : " Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela. " |
28 " Mais dites-moi votre avis. Un homme avait deux enfants. S'adressant au premier, il dit : "Mon enfant, va-t'en aujourd'hui travailler à la vigne. " - |
29 "Je ne veux pas", répondit-il ; ensuite pris de remords, il y alla. |
30 S'adressant au second, il dit la même chose; l'autre répondit: "Entendu, Seigneur", et il n'y alla point. |
31 Lequel des deux a fait la volonté du père ? " - " Le premier ", disent-ils. Jésus leur dit : " En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au Royaume de Dieu. |
32 En effet, Jean est venu à vous dans la voie de la justice, et vous n'avez pas cru en lui ; les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n'avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. " |
La lecture d'aujourd'hui se compose de deux parties qui, à première vue, ne sont pas directement liées. La première raconte le figuier desséché (v. 18-22); la seconde rapporte l'entretien de Jésus avec les grands prêtres et les anciens dans le Temple (v. 23-32). Et pourtant il existe un lien entre ces deux événements, même s'il n'apparaît pas immédiatement.
Ce n'est pas par hasard que le récit du figuier desséché se termine par un entretien sur la foi capable, selon les paroles de Jésus, de déplacer les montagnes (v. 21-22). Manifestement, la foi n'est pas ici seulement la confiance en Dieu et en Celui que Dieu envoie dans le monde, mais aussi un certain état spirituel. Et la seconde partie du passage est justement consacrée à ce qui empêche l'homme d'acquérir et de garder cet état.
La conversation avec les grands prêtres et les anciens commence par une question déjà discutée plus d'une fois: qui a donné à Jésus l'autorité de faire ce qu'il fait (v. 23)? Jésus, comme cela s'est déjà produit, répond à une question par une question: le lavage, ou « baptême », pratiqué par Jean était-il vrai ou faux (v. 25)? Alors les interlocuteurs de Jésus se mettent à réfléchir à la réponse à lui donner (v. 25-27). Mais ce qui les préoccupe, manifestement, n'est pas la vérité du ministère de Jean, mais seulement la possibilité de sortir d'une situation délicate pour eux sans perdre la face. Finalement, comme il arrive souvent dans de tels cas, ils esquivent la réponse (v. 27).
Alors Jésus refuse lui aussi de répondre à leur question. Il n'y a là aucun jeu: avec une telle attitude, essayer d'expliquer quoi que ce soit à ces hommes serait réellement inutile. La vérité ne les intéresse pas; leur propre opinion leur importe davantage, quoi qu'ils disent de la vie spirituelle, de la pureté de la foi et d'autres choses du même genre.
La parabole des deux fils racontée par Jésus (v. 28-32) caractérise parfaitement la situation: on peut parler autant qu'on veut de foi et de vie spirituelle, mais s'il n'y a pas d'obéissance sincère à la volonté de Dieu, tout cela n'est que paroles. Et ce qui empêche l'obéissance, c'est le manque de résolution et d'intégrité intérieure.
En effet, on ne peut pas dire que les interlocuteurs de Jésus soient des hommes tout à fait incroyants. Mais leur foi n'est pas inconditionnelle; c'est une foi avec réserves et concessions. Et une telle foi vaut peu. Elle ne pourra certainement pas déplacer les montagnes. Une telle foi ne sert qu'à l'auto-consolation de ceux qui voudraient se considérer croyants sans rien sacrifier. Mais une telle foi n'a rien à voir avec le Royaume.
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