36 Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
Le plus important, sans doute, que l'Écriture sainte nous dise sur la fin du monde, c'est qu'elle viendra. Le Seigneur explique assez en détail aux disciples que la fin sera semblable à une moisson, lorsque la création portera son fruit au Créateur. Mais ce qu'il ajoute ensuite est également très important: nous ne connaissons pas l'heure à laquelle viendra notre Seigneur. Plus tard, après la Résurrection, le Sauveur le dira encore plus nettement: il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Il en résulte que nous devons connaître le fait même de la venue de la fin, puisque le Seigneur lui-même en témoigne, mais nous ne devons pas en connaître le moment. Bien plus, dans ses paraboles, le Christ nous appelle à être toujours prêts pour ce jour.
Les anciens chrétiens attendaient que la fin du monde vienne d'un jour à l'autre. Cette attente, d'une part, les animait et leur donnait la force de résister aux persécutions et aux tentations; mais, d'autre part, après deux ou trois siècles, elle devint la cause d'une certaine perplexité, d'une déception et d'une relecture de l'Évangile. À notre époque, nous avons tellement oublié l'essence même de la fin à venir que les dates et les signes de sa venue nous préoccupent davantage que ce que nous dirons au Jugement dernier.
Il s'agit sans doute de ceci: l'annonce de la fin des temps nous est nécessaire non pour définir autrement nos actions et nos actes. Il faut toujours vivre dans la justice de Dieu, le lendemain de la création du monde comme à la veille de sa fin. Le fait de l'achèvement à venir de l'histoire nous est plutôt nécessaire pour avoir une attitude juste envers ce monde et ses réalités. Les cieux vieilliront comme un vêtement usé, et avec eux disparaîtront le mal et les souffrances, la violence et le mensonge que nous introduisons dans la création. C'est à la fois le jour du jugement et le jour de l'espérance. Nous verrons le Christ, et nous verrons sa création dans toute la beauté qu'il avait pensée pour elle. En comparaison de cela, tout le poids des dépendances et des illusions qui envahit notre conscience et dont il faudra de toute façon nous séparer passe au second plan.
36 Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
37 « Comme les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. |
38 En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, |
39 et les gens ne se doutèrent de rien jusqu’à l’arrivée du déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. |
40 Alors deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé ; |
41 deux femmes en train de moudre : l’une est prise, l’autre laissée. |
42 « Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître. |
43 Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur devait venir, il aurait veillé et n’aurait pas permis qu’on perçât le mur de sa demeure. |
44 Ainsi donc, vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. |
45 « Quel est donc le serviteur fidèle et avisé que le maître a établi sur les gens de sa maison pour leur donner la nourriture en temps voulu ? |
46 Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! |
47 En vérité je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. |
48 Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : « Mon maître tarde. » |
49 Et qu’il se mette à frapper ses compagnons, à manger et à boire en compagnie des ivrognes, |
50 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; |
51 il le retranchera et lui assignera sa part parmi les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents. |
1 « Alors il en sera du Royaume des Cieux comme de dix vierges qui s’en allèrent, munies de leurs lampes, à la rencontre de l’époux. |
2 Or cinq d’entre elles étaient sottes et cinq étaient sensées. |
3 Les sottes, en effet, prirent leurs lampes, mais sans se munir d’huile ; |
4 tandis que les sensées, en même temps que leurs lampes, prirent de l’huile dans les fioles. |
5 Comme l’époux se faisait attendre, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. |
6 Mais à minuit un cri retentit : « Voici l’époux ! sortez à sa rencontre ! » |
7 Alors toutes ces vierges se réveillèrent et apprêtèrent leurs lampes. |
8 Et les sottes de dire aux sensées : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. » |
9 Mais celles-ci leur répondirent : « Il n’y en aurait sans doute pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez les marchands et achetez-en pour vous. » |
10 Elles étaient parties en acheter quand arriva l’époux : celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte se referma. |
11 Finalement les autres vierges arrivèrent aussi et dirent : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! » |
12 Mais il répondit : « En vérité je vous le dis, je ne vous connais pas ! » |
13 Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. |
14 « C’est comme un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur remit sa fortune. |
15 À l’un il donna cinq talents, deux à un autre, un seul à un troisième, à chacun selon ses capacités, et puis il partit. Aussitôt |
16 celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire produire et en gagna cinq autres. |
17 De même celui qui en avait reçu deux en gagna deux autres. |
18 Mais celui qui n’en avait reçu qu’un s’en alla faire un trou en terre et enfouit l’argent de son maître. |
19 Après un long temps, le maître de ces serviteurs arrive et il règle ses comptes avec eux. |
20 Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança et présenta cinq autres talents : « Seigneur, dit-il, tu m’as remis cinq talents : voici cinq autres talents que j’ai gagnés. » — |
21 « C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur ». |
22 Vint ensuite celui qui avait reçu deux talents : « Seigneur, dit-il, tu m’as remis deux talents : voici deux autres talents que j’ai gagnés. » — |
23 « C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur ». |
24 Vint enfin celui qui détenait un seul talent : « Seigneur, dit-il, j’ai appris à te connaître pour un homme âpre au gain : tu moissonnes où tu n’as point semé, et tu ramasses où tu n’as rien répandu. |
25 Aussi, pris de peur, je suis allé enfouir ton talent dans la terre : le voici, tu as ton bien. » |
26 Mais son maître lui répondit : « Serviteur mauvais et paresseux ! tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que je ramasse où je n’ai rien répandu ? |
27 Eh bien ! tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers, et à mon retour j’aurais recouvré mon bien avec un intérêt. |
28 Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. |
29 Car à tout homme qui a, l’on donnera et il aura du surplus ; mais à celui qui n’a pas, on enlèvera ce qu’il a. |
30 Et ce propre-à-rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. » |
31 « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors il prendra place sur son trône de gloire. |
32 Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs. |
33 Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. |
34 Alors le Roi dira à ceux de droite : « Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. |
35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, |
36 nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir. » |
37 Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, |
38 étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir, |
39 malade ou prisonnier et de venir te voir ? » |
40 Et le Roi leur fera cette réponse : « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » |
41 Alors il dira encore à ceux de gauche : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges. |
42 Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger, j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire, |
43 j’étais un étranger et vous ne m’avez pas accueilli, nu et vous ne m’avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m’avez pas visité. » |
44 Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : « Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir ? » |
45 Alors il leur répondra : « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait. » |
46 Et ils s’en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à une vie éternelle. » |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu’il dit à ses disciples : |
2 « La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié. » |
Les paraboles du Seigneur Jésus-Christ que nous lisons aujourd’hui nous donnent une espérance incroyable, que nous n’avons nullement méritée. Deux jours avant la Pâque, lorsque le Fils de l’homme fut livré pour être crucifié, Il montre à Ses disciples, sous différents angles, ce qu’est le Royaume des Cieux auquel Il nous a appelés.
Le Seigneur dit à Ses disciples qu’ils doivent veiller et se tenir prêts à rencontrer le Jour du Seigneur. Dans la parabole des dix vierges, Il dit que le Royaume des Cieux lui-même est semblable à des personnes qui attendent de rencontrer Dieu. L’essentiel de cette parabole est l’appel à attendre cette rencontre et à la désirer de tout son cœur.
La parabole des talents parle du don de Dieu accordé à chacun de nous. Ce don est comparé à une immense richesse : un talent représentait plus de vingt-cinq kilogrammes d’argent ! Et le Seigneur nous appelle à faire fructifier ce trésor inestimable. À en juger par la suite du texte, les talents ne désignent pas tant les aptitudes et les dispositions naturelles (ce sens appartient à un usage bien plus tardif, formé sous l’influence du Nouveau Testament). La parabole du Jugement dernier nous montre clairement que la principale richesse des hommes est leur capacité à se faire miséricorde les uns aux autres, comme Dieu Lui-même nous fait miséricorde. C’est là Son argent, qu’Il nous a confié pour le faire fructifier.
Et, bien sûr, la place centrale du passage que nous lisons revient à la parabole du Jugement dernier. Nous l’avons lue avant le Carême, et aujourd’hui ce texte nous révèle de nouveau ce qui compte le plus dans notre vie, ce que le Seigneur attend de nous et, surtout, où Il nous a donné rendez-vous.
32 « Du figuier apprenez cette parabole. Dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous comprenez que l’été est proche. |
33 Ainsi vous, lorsque vous verrez tout cela, comprenez qu’Il est proche, aux portes. |
34 En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. |
35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
36 Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
37 « Comme les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. |
38 En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, |
39 et les gens ne se doutèrent de rien jusqu’à l’arrivée du déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. |
40 Alors deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé ; |
41 deux femmes en train de moudre : l’une est prise, l’autre laissée. |
42 « Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître. |
43 Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur devait venir, il aurait veillé et n’aurait pas permis qu’on perçât le mur de sa demeure. |
44 Ainsi donc, vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. |
45 « Quel est donc le serviteur fidèle et avisé que le maître a établi sur les gens de sa maison pour leur donner la nourriture en temps voulu ? |
46 Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! |
47 En vérité je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. |
48 Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : « Mon maître tarde. » |
49 Et qu’il se mette à frapper ses compagnons, à manger et à boire en compagnie des ivrognes, |
50 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; |
51 il le retranchera et lui assignera sa part parmi les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents. |
Quelle que soit la fin décrite dans cette « apocalypse » évangélique, et quel que soit le moment où elle surviendra, il est peu probable que nous puissions apprendre à l'avance quoi que ce soit qui nous aide à mieux nous y préparer. Comme modèle de conduite juste, Jésus propose à Ses disciples l'histoire de l'intendant dans la maison de son maître. Cet homme faisait simplement son travail comme il faut, et son maître pouvait rentrer chez lui à tout moment et trouver chaque chose en ordre. Il ne s'agit donc pas d'un « manuel de survie » pour la fin du monde (quand surviendra-t-elle donc ?). C'est un modèle selon lequel les disciples du Christ peuvent « vivre et travailler » dès maintenant. Telle est toute la force des paroles de l'Évangile sur la préparation à la venue de Jésus : « Ne dormez pas, ne vous relâchez pas ! Vivez dès maintenant dans la réalité du Royaume qui vient ! »
32 « Du figuier apprenez cette parabole. Dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous comprenez que l’été est proche. |
33 Ainsi vous, lorsque vous verrez tout cela, comprenez qu’Il est proche, aux portes. |
34 En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. |
35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
36 Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
37 « Comme les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. |
38 En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, |
39 et les gens ne se doutèrent de rien jusqu’à l’arrivée du déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. |
40 Alors deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé ; |
41 deux femmes en train de moudre : l’une est prise, l’autre laissée. |
42 « Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître. |
43 Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur devait venir, il aurait veillé et n’aurait pas permis qu’on perçât le mur de sa demeure. |
44 Ainsi donc, vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. |
45 « Quel est donc le serviteur fidèle et avisé que le maître a établi sur les gens de sa maison pour leur donner la nourriture en temps voulu ? |
46 Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! |
47 En vérité je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. |
48 Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : « Mon maître tarde. » |
49 Et qu’il se mette à frapper ses compagnons, à manger et à boire en compagnie des ivrognes, |
50 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; |
51 il le retranchera et lui assignera sa part parmi les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents. |
Le passage d'aujourd'hui constitue la seconde partie du récit de Jésus sur la fin des temps, rapporté dans l'Évangile selon Matthieu. Et nous y trouvons l'explication de ce prétendu malentendu qui embarrassait déjà les représentants de la première génération chrétienne : l'histoire était terminée, mais Jésus, contrairement à la promesse donnée, ne revenait toujours pas. Ici, Il dit directement que tout ce dont Il a parlé aux disciples arrivera encore de leur vivant (v. 34 ; par « génération », selon le sens du mot grec, il faut entendre ici une génération).
D'autre part, au sujet des délais de Son retour, Il ne communique rien de précis aux disciples ; bien plus, Il dit que ces délais ne sont connus que du Père céleste (v. 36). Il devient alors évident que les événements marquant la fin de l'histoire terrestre et le retour du Sauveur pouvaient être séparés par un certain temps, dont la durée, à ce moment-là, était impossible à déterminer exactement. Jésus, à proprement parler, n'avait pas promis aux disciples qu'Il reviendrait dans la gloire de leur vivant ; Il leur avait seulement promis qu'ils seraient témoins de la fin de cette histoire dont ils avaient vu l'étape finale. Ensuite, il ne reste qu'à attendre le retour du Maître et, autant que possible, à ne pas se relâcher spirituellement (v. 37-51).
Ce n'est pas par hasard que Jésus compare Son retour à la situation décrite dans la parabole biblique du déluge : au temps de Noé, personne ne croyait sérieusement qu'une catastrophe fût possible, et seul Noé lui-même prenait au sérieux le danger suspendu au-dessus de l'humanité. Il est évident que l'on peut plutôt attendre le retour de Jésus précisément lorsque la majorité ne pense pas du tout à ce retour, plongée dans les affaires quotidiennes et ayant oublié le Christ, et peut-être même la vie spirituelle en général.
Mais pourquoi les délais restent-ils inconnus ? Jésus, parlant des délais, se réfère au fait qu'ils ne sont connus que du Père. Or tout ce qui est connu du Père Lui est connu aussi. Il ne reste alors qu'à supposer que, le jour où Jésus racontait à Ses disciples les derniers temps, les délais n'étaient pas encore connus du Père non plus. Cela serait tout à fait possible si, à ce moment-là, Il n'avait pas encore arrêté la date. Certes, pour Dieu le temps n'est pas une réalité autonome comme pour nous, mais toutes Ses décisions, si elles concernent notre monde, s'inscrivent tout de même dans le cadre des notions de passé et d'avenir qui nous sont familières. Et de notre point de vue, Sa décision sur le jour du retour de Jésus était alors encore une affaire d'avenir. Et il était encore trop tôt pour en parler.
Dieu n'a pas pour chacun un plan prédéterminé où chaque pas de l'homme serait connu d'avance ; s'il en était ainsi, le jour du retour du Sauveur aurait été connu et prédéterminé dès la création du monde. Mais Dieu laisse à chacun sa liberté. Et Il réalise Ses plans en tenant compte du libre choix de personnes concrètes. Or ici rien ne peut être prédit d'avance, du moins pour nous, les hommes, qui vivons dans un monde où le passé et l'avenir demeurent une réalité absolue. C'est pourquoi le jour du retour du Sauveur ne peut pas être prédit d'avance. Car, jusqu'à un certain point, il dépend du choix fait par chacun de nous.
32 « Du figuier apprenez cette parabole. Dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous comprenez que l’été est proche. |
33 Ainsi vous, lorsque vous verrez tout cela, comprenez qu’Il est proche, aux portes. |
34 En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. |
35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
36 Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
37 « Comme les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. |
38 En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, |
39 et les gens ne se doutèrent de rien jusqu’à l’arrivée du déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l’avènement du Fils de l’homme. |
40 Alors deux hommes seront aux champs : l’un est pris, l’autre laissé ; |
41 deux femmes en train de moudre : l’une est prise, l’autre laissée. |
42 « Veillez donc, parce que vous ne savez pas quel jour va venir votre Maître. |
43 Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur devait venir, il aurait veillé et n’aurait pas permis qu’on perçât le mur de sa demeure. |
44 Ainsi donc, vous aussi, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme va venir. |
45 « Quel est donc le serviteur fidèle et avisé que le maître a établi sur les gens de sa maison pour leur donner la nourriture en temps voulu ? |
46 Heureux ce serviteur que son maître en arrivant trouvera occupé de la sorte ! |
47 En vérité je vous le dis, il l’établira sur tous ses biens. |
48 Mais si ce mauvais serviteur dit en son cœur : « Mon maître tarde. » |
49 Et qu’il se mette à frapper ses compagnons, à manger et à boire en compagnie des ivrognes, |
50 le maître de ce serviteur arrivera au jour qu’il n’attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas ; |
51 il le retranchera et lui assignera sa part parmi les hypocrites : là seront les pleurs et les grincements de dents. |
Ceux qui réfléchissent aux temps du Second Avènement et du Jugement dernier accordent on ne sait pourquoi plus d'attention aux cataclysmes qui accompagnent ces temps de crise qu'aux paroles tout à fait claires de Jésus selon lesquelles, au moment attendu, la vie quotidienne normale continuera: ni les travaux habituels, ni les mariages, ni encore moins les repas ne seront interrompus. Les principaux bouleversements auront lieu non dans la croûte terrestre ou dans l'atmosphère, mais dans la vie des hommes, dans leurs âmes. Le choix que le Seigneur nous propose de faire s'accomplit déjà maintenant, et il s'accomplit dans le silence, sans être remarqué par la plupart de ceux qui nous entourent. Des gens tout à fait semblables font un choix, mais ils le font différemment. Jusqu'à un certain moment ils sont côte à côte, mais viendra l'heure de la séparation, où chacun prendra le chemin qu'il a choisi pour lui-même.
Il est intéressant qu'ici Jésus mentionne de nouveau le figuier, le donnant en exemple aux disciples comme capable de sentir les changements des temps; ces paroles nous obligent une fois encore à nous souvenir de l'autre figuier, celui qui n'a pas donné de fruits. Nous sommes, nous, appelés à être constamment prêts à porter des fruits et à les remettre au Seigneur.
13 Mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé. |
14 « Cette Bonne Nouvelle du Royaume sera proclamée dans le monde entier, en témoignage à la face de toutes les nations. Et alors viendra la fin. |
15 « Lors donc que vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, installée dans le saint lieu (que le lecteur comprenne !), |
16 alors que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, |
17 que celui qui sera sur la terrasse ne descende pas dans sa maison pour prendre ses affaires, |
18 et que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ! |
19 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! |
20 Priez pour que votre fuite ne tombe pas en hiver, ni un sabbat. |
21 Car il y aura alors une grande tribulation, telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu’à ce jour, et qu’il n’y en aura jamais plus. |
22 Et si ces jours-là n’avaient été abrégés, nul n’aurait eu la vie sauve ; mais à cause des élus, ils seront abrégés, ces jours-là. |
23 « Alors si quelqu’un vous dit : « Voici : le Christ est ici ! » ou bien : « Il est là ! », n’en croyez rien. |
24 Il surgira, en effet, des faux Christs et des faux prophètes, qui produiront de grands signes et des prodiges, au point d’abuser, s’il était possible, même les élus. |
25 Voici que je vous ai prévenus. |
26 « Si donc on vous dit : « Le voici au désert », n’y allez pas ; « Le voici dans les retraites », n’en croyez rien. |
27 Comme l’éclair, en effet, part du levant et brille jusqu’au couchant, ainsi en sera-t-il de l’avènement du Fils de l’homme. |
28 Où que soit le cadavre, là se rassembleront les vautours. |
29 « Aussitôt après la tribulation de ces jours-là, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. |
30 Et alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme ; et alors toutes les races de la terre se frapperont la poitrine ; et l’on verra le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et grande gloire. |
31 Et il enverra ses anges avec une trompette sonore, pour rassembler ses élus des quatre vents, des extrémités des cieux à leurs extrémités. |
32 « Du figuier apprenez cette parabole. Dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous comprenez que l’été est proche. |
33 Ainsi vous, lorsque vous verrez tout cela, comprenez qu’Il est proche, aux portes. |
34 En vérité je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela ne soit arrivé. |
35 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. |
36 Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul. |
37 « Comme les jours de Noé, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. |
38 En ces jours qui précédèrent le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, |
Parlant de Son retour et des derniers temps, Jésus met spécialement en garde Ses disciples et Ses partisans contre l’attrait des faux prophètes et des faux messies. Mais d’où pouvait venir un tel attrait chez ceux qui, semblait-il, avaient déjà tranché la question du Messie ?
La réponse à cette question pourrait se trouver dans les représentations traditionnelles de l’époque, tant du Messie que du Royaume. En ce temps-là, dans le milieu juif, l’idée était largement répandue que le Temple dans lequel Jésus prêchait deviendrait le Temple messianique. Quant aux représentations du Royaume, elles restaient encore proches de celles d’avant l’exil : dans la conscience religieuse de masse, le Royaume était perçu comme un État terrestre, même s’il était dirigé par le Messie qui en prendrait la tête. Et les apôtres, il faut le dire, n’étaient pas non plus libres de ce genre de représentations ; même le jour de l’Ascension, ils étaient encore persuadés que, cette fois enfin, leur Maître commencerait tout de même à bâtir cet État messianique dont ils attendaient si fortement l’apparition.
Or c’est précisément à la première génération de chrétiens, en partie, et à la seconde, surtout, qu’il revenait d’être témoins de ces événements tragiques mêmes dont Jésus parle maintenant ! La révolte messianique de l’an 70 apr. J.-C., la destruction de Jérusalem et du Temple devinrent pour le peuple non seulement une catastrophe nationale, mais aussi religieuse, car pour les Juifs elle signifiait qu’ils n’avaient finalement pas attendu le Messie, et pour les chrétiens, qu’Il n’était pas revenu avant la fin des temps comme Il l’avait promis. Dans une telle situation, la confusion et les hésitations auraient été tout à fait naturelles. Sans doute seraient apparus des « messies » autoproclamés, des « maîtres » ou des « prophètes » désireux de « corriger » ou de « compléter » l’Évangile. En effet, si le Temple est déjà détruit et que le Royaume n’est toujours pas venu, cela ne signifie-t-il pas que quelque chose a été manqué ? Peut-être le Fondateur de l’Église n’a-t-Il pas tout dit ou n’a-t-Il pas tout fait ?
De tels doutes pouvaient devenir, et sont effectivement devenus en leur temps, un terreau fertile pour toutes sortes de théories et de concepts utilisant le langage chrétien, mais n’ayant au fond rien de commun avec le christianisme. Bien sûr, la réponse principale, comme c’est d’ordinaire le cas dans l’Église, fut la nouvelle révélation reçue de Jésus au sujet de l’époque commencée, du sens spirituel des événements qui s’y produisent et de son achèvement, révélation qui a trouvé son incarnation dans le livre de l’Apocalypse. Mais Jésus juge manifestement nécessaire de prévenir Ses disciples et Ses partisans à l’avance. Car il est question de choses trop sérieuses : du Royaume et du salut.
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