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RÉFLEXIONS pour Jn 6:41-71

41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
42 Ils disaient : " Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? "
43 Jésus leur répondit : " Ne murmurez pas entre vous.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école vient à moi.
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d'auprès de Dieu: celui-là a vu le Père.
47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle.
48 Je suis le pain de vie.
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts;
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas.
51 Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. "
52 Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? "
53 Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
57 De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
58 Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "
59 Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm.
60 Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? "
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ?
62 Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant?...
63 C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
67 Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? "
68 Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. "
70 Jésus leur répondit : " N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l'un d'entre vous est un démon. "
71 Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; c'est lui en effet qui devait le livrer, lui, l'un des Douze.
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Le Christ s'est appelé lui-même pain, et cela seul était déjà difficile à comprendre pour ses auditeurs. Mais pour ceux qui se souvenaient des images inhabituelles propres aux discours prophétiques, il n'aurait pas été difficile de tenir les paroles sur le pain pour l'une de ces paraboles. Jésus dit que son enseignement et lui-même sont aussi nécessaires que la nourriture quotidienne: pourquoi ne pas être d'accord avec cela?

Et une telle compréhension ne peut pas être dite fausse; cependant, elle est manifestement insuffisante. Depuis déjà vingt siècles, pour beaucoup de personnes qui n'acceptent le Christ que comme un sage et un moraliste, ses paroles sur la Chair et le Sang demeurent fermées et incompréhensibles, exactement comme pour beaucoup de ses auditeurs d'alors. Il suffit d'imaginer un Juif ayant fermement assimilé que la loi de Moïse interdit non seulement la consommation du sang, mais considère aussi comme souillant, et exigeant des rites de purification, tout ce qui est lié à l'écoulement du sang. Et soudain il entend parler de la nécessité de boire du sang, et encore du sang humain, et de plus le Sang de cet étrange prédicateur. Même pour une image prophétique, un tel appel sonne de manière trop scandaleuse!

Pour nous qui lisons l'Évangile bien des siècles plus tard, il est plus facile de voir qu'ici le Christ parle de l'eucharistie; mais il ne faut pas s'arrêter là. Le sens de l'eucharistie est profond et incompréhensible dans sa plénitude. Il n'est parfois pas inutile de se rappeler combien les anciens Juifs furent bouleversés en entendant pour la première fois l'appel de Jésus à manger sa Chair et à boire son Sang. Peut-être cela nous aidera-t-il à ressentir de nouveau ce qu'a été la Cène pour la première génération des disciples du Christ. L'évangéliste Jean, à la différence des autres évangélistes, ne mentionne pas que les disciples aient mangé le Corps et le Sang lors de la Cène. Mais les paroles du Sauveur qu'il nous a conservées sont tout aussi importantes pour comprendre l'essence de ce qui se passait alors.

Autres notes

 
Pour Jn 6:44
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
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Dans ce verset se trouve la réponse à un paradoxe : le salut m’est obtenu par la foi en Jésus Christ, c’est-à-dire comme résultat de ma venue vers Lui comme Sauveur et Seigneur. Ainsi tout arrive à la suite de mon action, je me trouve au commencement de mon salut, et le Christ — n’est qu’un moyen. Jésus remet tout à sa place : au commencement de tout se trouve Dieu. Premièrement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais personne vers qui venir, car c’est le Père qui a envoyé le Fils dans le monde. Deuxièmement, si ce n’était...  Lire la suite

Dans ce verset se trouve la réponse à un paradoxe : le salut m’est obtenu par la foi en Jésus Christ, c’est-à-dire comme résultat de ma venue vers Lui comme Sauveur et Seigneur. Ainsi tout arrive à la suite de mon action, je me trouve au commencement de mon salut, et le Christ — n’est qu’un moyen. Jésus remet tout à sa place : au commencement de tout se trouve Dieu. Premièrement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais personne vers qui venir, car c’est le Père qui a envoyé le Fils dans le monde. Deuxièmement, si ce n’était pas Lui, je n’existerais pas du tout et il n’y aurait personne pour venir. Et troisièmement, c’est l’Esprit Saint qui procède du Père qui oriente notre cœur vers le désir d’aimer, de faire confiance et de chercher la vérité (cf. 1 Co 12,3).

Ainsi, Dieu est au commencement de ma vie, Dieu est au commencement de ma conversion, Dieu est au commencement de mon salut et — Dieu, qui a ressuscité Jésus Christ, est au commencement de ma vie éternelle.

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Pour Jn 6:44
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
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On trouve dans ce verset la réponse à un paradoxe : on obtient le salut par la foi en Jésus-Christ, c'est-à-dire après être venu à Lui comme au Sauveur et à Dieu. C'est-à-dire que tout se passe en conséquence de mon action...  Lire la suite

On trouve dans ce verset la réponse à un paradoxe : on obtient le salut par la foi en Jésus-Christ, c'est-à-dire après être venu à Lui comme au Sauveur et à Dieu. C'est-à-dire que tout se passe en conséquence de mon action, je me trouve au début de mon salut, et Jésus Christ est seulement le moyen. Jésus met tout en place: au début de tout – Dieu. Premièrement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais eu personne chez qui aller, puisque c'est le Père qui a envoyé le Fils au monde. Deuxièmement, si ce n’était pas Lui, je n’aurais même pas existé et personne n'aurait eu à venir. Et troisièmement, c'est le Saint-Esprit venant du Père qui dirige notre cœur vers le désir d'aimer, de croire et de chercher la vérité (voir 1 Cor. 12:3). Donc, Dieu est au début de ma vie, Dieu est au début de mon appel, Dieu est au début de mon salut et le Dieu, Qui a ressuscité Jésus Christ est au début de ma vie éternelle.

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Pour Jn 6:48-54
48 Je suis le pain de vie.
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts;
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas.
51 Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. "
52 Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? "
53 Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
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Il n'est pas étonnant que les paroles de Jésus sur Son sang et Sa chair, qu'Il donnera à manger à ceux qui croient en Lui, aient provoqué chez Ses auditeurs une perplexité tournant au murmure. Ils voyaient en Jésus un homme ordinaire, car les représentations juives traditionnelles, non seulement des prophètes mais aussi du Messie, supposent que...  Lire la suite

Il n'est pas étonnant que les paroles de Jésus sur Son sang et Sa chair, qu'Il donnera à manger à ceux qui croient en Lui, aient provoqué chez Ses auditeurs une perplexité tournant au murmure. Ils voyaient en Jésus un homme ordinaire, car les représentations juives traditionnelles, non seulement des prophètes mais aussi du Messie, supposent qu'il s'agit des hommes les plus ordinaires, que Dieu appelle à un moment de leur vie à un service particulier ; après cet appel, l'homme devient ce que Dieu veut qu'il soit, prophète ou Messie. Quant à la chair humaine et au sang humain, ils ne les associaient même pas au meurtre, mais à quelque chose de bien pire : le sacrifice humain, qui, du point de vue de la Torah, est non seulement meurtre et souillure, mais aussi la pire forme d'idolâtrie.

Or Jésus, s'adressant à Ses auditeurs, parle de ce qui devait leur être compréhensible, du moins au niveau du symbole ou de l'allégorie. En effet, la chair et le sang étaient, en hébreu comme en araméen, les symboles de la vie, de cette force vitale que chaque homme portait en lui tant qu'il était vivant. Bien sûr, s'il s'était agi d'un homme ordinaire, une telle affirmation, même comprise de façon allégorique, aurait laissé bien des questions : comment un seul homme peut-il distribuer sa vie à une multitude, peut-être même à tout un peuple ? Comment cela est-il possible ? Et que restera-t-il à celui qui la distribue ?

Mais si l'on se souvient de cette plénitude de Dieu que Jésus porte en Lui, de la plénitude de la vie du Royaume dont Il vit, tout se remet à sa place et devient compréhensible. Il peut réellement donner à chacun Sa vie, sans rien perdre Lui-même : car la vie du Royaume est aussi infinie que la plénitude de Dieu dont elle est la projection dans le monde créé. Et quiconque entre dans le Royaume partage réellement avec Jésus Sa vie, qu'Il partage volontiers et avec joie avec chacun. Il la partage afin que le Royaume ne demeure pas seulement Son bien, mais qu'il entre réellement dans la vie de ceux qui le cherchent. Et afin qu'à la fin des temps il entre jusqu'au bout dans le monde et s'y révèle dans toute sa plénitude, purifiant le monde du péché et le transfigurant.

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Pour Jn 6:53
53 Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
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En lisant l'Évangile selon Jean, un homme normal devrait presque constamment demeurer dans un choc existentiel. Qui est cet Homme? Un fou furieux? Un maniaque? Qui est-il pour proclamer de telles choses comme norme de vie?...  Lire la suite

En lisant l'Évangile selon Jean, un homme normal devrait presque constamment demeurer dans un choc existentiel. Qui est cet Homme? Un fou furieux? Un maniaque? Qui est-il pour proclamer de telles choses comme norme de vie?

Ou bien admettons un instant que toutes ses paroles sont vraies et qu'il est Dieu et Sauveur. Quel est donc ce Dieu qui appelle au cannibalisme, qui se propose lui-même comme nourriture, qui dit que la condition du salut est son sang qu'il faut boire? S'il est homme, il est malade. S'il est Dieu, comment comprendre ses paroles? Que veut-il de nous?

Toujours la même chose, et la comparaison avec le cannibalisme peut nous aider. L'homme commence à manger ses semblables lorsqu'il devient déjà fou de faim, lorsque la soif de vivre en lui est telle que rien ne peut l'arrêter. Jésus nous dit que c'est précisément ainsi que nous devons avoir soif de l'union avec Dieu, nous remplir entièrement de lui seul, en oubliant tout le reste. Vu de l'extérieur, cela aura bien sûr l'air d'une folie, de quelque chose d'étrange et d'indécent. Mais Dieu, venu mourir pour nous, dit que la vie n'est possible qu'à condition d'apaiser cette faim insatiable.

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Pour Jn 6:53
53 Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
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Une personne normale va être dans un choc existentialiste en lisant l'Evangile selon Jean dans la plupart du temps. Qui est cette Personne ? Délire de fou? Un maniaque ? Qui est-il pour proclamer une telle chose en tant que norme de vie?...  Lire la suite

Une personne normale va être dans un choc existentialiste en lisant l'Evangile selon Jean dans la plupart du temps. Qui est cette Personne ? Délire de fou? Un maniaque ? Qui est-il pour proclamer une telle chose en tant que norme de vie? Ou alors nous admettrons un instant que tous ses mots sont vérités. Il est le Dieu et le Sauveur. Qui est ce Dieu qui appelle au cannibalisme, se proposant comme nourriture, disant que la condition pour le salut est son sang, dont il faut boire ? S'il est une personne, il doit être malade. Et s’Il est Dieu, comment comprendre ses mots ? Que veut-Il de nous? Toujours une seule chose, la comparaison avec le cannibalisme peut nous aider. La personne commence à manger des semblables, lorsqu’il devient déjà fou de famine, lorsque la soif de vie en lui est telle que rien ne peut l'arrêter. Jésus nous dit c’est effectivement ainsi que nous devons avoir soif de la relation avec Dieu, nous remplir entièrement seulement avec Lui et tout oublier. Cela sera bien sûr perçu de coté comme de la folie, comme quelque chose d’étrange et d’indécent. Mais le Dieu, qui est venu mourir pour nous, dit que la vie est possible, seulement si l’on assouvit cette faim insatiable.

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Pour Jn 6:54
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
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Si nous n'étions pas si habitués à ces paroles du Seigneur Jésus, nous répéterions sans doute avec les disciples déconcertés : « Quelles paroles étranges, terribles ! ». Il vient de parler du pain céleste qui descend du ciel et rassasie quiconque en mange, et maintenant...  Lire la suite

Si nous n'étions pas si habitués à ces paroles du Seigneur Jésus, nous répéterions sans doute avec les disciples déconcertés : « Quelles paroles étranges, terribles ! ». Il vient de parler du pain céleste qui descend du ciel et rassasie quiconque en mange, et voilà maintenant que ce pain est Jésus lui-même et que les croyants doivent « mâcher sa chair » : ces paroles terribles et abruptes sont adoucies par la traduction russe. Et aussitôt le Seigneur dit aux disciples troublés que ses paroles sont esprit et vie, que c'est l'Esprit qui donne la vie et que « la chair ne sert de rien » (63).

Nous savons déjà que le message principal de l'Évangile de Jean est que « le Verbe s'est fait chair » et que la foi dans la venue corporelle du Fils de Dieu donne aux hommes la vie éternelle. D'autre part, la description même de la fraction des pains, « ayant rendu grâce, il rompit, distribua », ainsi que le rassemblement des restes du repas, relie le lecteur à la fraction du pain lors de la Cène. Ainsi l'évangéliste unit la foi en la chair du Fils de Dieu, la vie éternelle donnée par l'Esprit, et le repas eucharistique qui nourrit les fidèles.

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Pour Jn 6:56-69
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
57 De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
58 Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "
59 Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm.
60 Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? "
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ?
62 Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant?...
63 C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
67 Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? "
68 Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. "
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Que signifient les paroles du Sauveur sur l'impossibilité de venir à Lui si le Père n'attire pas? Une prédestination absolue?...  Lire la suite

Que signifient les paroles du Sauveur sur l'impossibilité de venir à Lui si le Père n'attire pas? Une prédestination absolue? La vanité de tous les efforts humains lorsqu'il s'agit de la vie chrétienne? Ou autre chose?

Bien sûr, il n'est pas question de prédestination absolue lorsqu'il s'agit du destin humain. Jésus ne nous dit rien de ce qui guide le Père lorsqu'Il conduit tel ou tel homme vers Jésus, ni dans quelle mesure Il tient compte, dans ce cas, des intentions et des désirs de l'homme. Mais tout le contexte biblique oblige à penser que Dieu tient tout de même compte du libre choix de l'homme, de sorte qu'Il ne traînera personne de force vers le Christ ou à la suite du Christ. Mais Il peut très bien se servir du désir sincère de celui qui cherche à trouver la vérité vivante.

Mais peut-être la question n'est-elle pas du tout de savoir selon quels critères Dieu guide l'homme sur tel ou tel chemin spirituel. Car Jésus Lui-même, semble-t-il, parle d'autre chose. On ne Le comprend pas; beaucoup s'en vont, troublés par Ses paroles. Il reste, manifestement, une minorité. Ces hommes ne peuvent pas partir parce qu'ils n'ont nulle part où aller. Dans le Christ, ils ont trouvé cette vérité vivante, ce sens même de leur propre vie sans lequel cette vie ne leur est déjà plus nécessaire, sans lequel elle leur est tout simplement impensable.

Cette unicité vivement ressentie et vécue du seul chemin spirituel possible, cette impossibilité de partir non pas parce que quelqu'un ou quelque chose retient de l'extérieur, mais parce que spirituellement il n'y a nulle part où aller, voilà l'action de Dieu. Il est impossible d'atteindre un tel résultat par les efforts humains; la nature humaine n'est pas portée à se pousser elle-même dans un piège, dans une impasse psychologique dont il n'y a qu'une seule issue. Naturellement, l'homme cherche toujours à se garder une alternative. Lorsqu'elle disparaît, nous avons presque toujours devant nous la conséquence d'une influence spirituelle extérieure sur la situation ou sur l'âme de l'homme: influence ténébreuse si l'absence d'alternative devient une impasse qui condamne à la mort; influence lumineuse si elle indique l'unique chemin qui mène au Royaume.

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Pour Jn 6:56-69
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
57 De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
58 Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "
59 Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm.
60 Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? "
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ?
62 Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant?...
63 C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
67 Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? "
68 Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. "
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La parole du Christ sur Lui-même comme Pain céleste, donné par le Père, est si incroyable que même certains des disciples préfèrent quitter le Maître. Il n’y a rien d’étonnant à cela : en nous regardant nous-mêmes et en regardant...  Lire la suite

La parole du Christ sur Lui-même comme Pain céleste, donné par le Père, est si incroyable que même certains des disciples préfèrent quitter le Maître. Il n’y a rien d’étonnant à cela : en nous regardant nous-mêmes et en regardant l’histoire de l’humanité, nous verrons que nous nous détournons très souvent du Christ précisément parce que Sa Parole dépasse notre intelligence. Apprendre à être fidèles à Dieu, dont les voies et les pensées dépassent infiniment nos voies et nos pensées, n’est pas si simple.

C’est pourquoi les paroles de l’apôtre Pierre, à la fin du passage d’aujourd’hui, retentissent comme une telle victoire, comme un éclat si lumineux de vérité : « Seigneur ! à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; et nous avons cru et nous avons connu que Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Nous aurions peut-être préféré un Dieu plus compréhensible, plus rationnel et, j’oserai dire, plus primitif — mais il n’y en a pas d’autre. Ainsi le choix qui nous est proposé est, comme le Seigneur Lui-même l’a dit au chapitre 30 du Deutéronome : « je mets aujourd’hui devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction ». Il importe toutefois que, sans ces paroles du Christ, mystérieuses et difficiles, nous n’aurions pas eu de choix, mais seulement la malédiction.

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Pour Jn 6:60-69
60 Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? "
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ?
62 Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant?...
63 C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
67 Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? "
68 Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. "
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Comme l’état des disciples écoutant Jésus est familier à presque chacun de nous. Malheureusement, il y eut des moments...  Lire la suite

Comme l’état des disciples écoutant Jésus est familier à presque chacun de nous. Malheureusement, il y eut des moments, et il y en a encore, où quelque chose en nous, même sans se manifester clairement, proteste contre la vérité du Seigneur. Le murmure se lève, et la pensée qu’Il veut pour nous le meilleur s’éloigne. Sa demande de confiance et de remise de notre vie commence à paraître irréalisable.

Et ensuite, comment lutter contre cela? Devant nous se dresse le choix qui s’est autrefois dressé, peut-être plus d’une fois, devant tout homme écoutant le Christ. Certains avançaient sans tenir compte des doutes et des troubles; d’autres, comme beaucoup de Ses disciples, « se retirèrent et n’allaient plus avec Lui » (Jn 6:66), incapables d’accepter Sa parole; d’autres encore luttaient. Ils ne laissaient pas toutes sortes de pensées troublantes étouffer les paroles anciennes de Jésus qui les avaient appelés à Le suivre; ils faisaient un pas dans l’inconnu et continuaient d’avancer, remettant leur vie au Seigneur.

Ainsi, dans de tels moments, le Seigneur nous invite nous aussi à manifester la confiance, en répétant intérieurement les paroles des apôtres : « Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle; et nous avons cru et nous avons connu que Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Jn 6:68-69).

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Pour Jn 6:65-66
65 Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
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Jésus comprend parfaitement que ce qu'Il dit ne peut être compris par la seule raison humaine. Il ne s'agit pas d'une complexité particulière de ce dont Il parle, mais du fait que de telles choses ne s'expliquent pas de manière purement théorique. Il est question d'une vie nouvelle, dont il est pratiquement inutile...  Lire la suite

Jésus comprend parfaitement que ce qu'Il dit ne peut être compris par la seule raison humaine. Il ne s'agit pas d'une complexité particulière de ce dont Il parle, mais du fait que de telles choses ne s'expliquent pas de manière purement théorique. Il est question d'une vie nouvelle, dont il est pratiquement inutile de parler si l'homme n'a pas au moins quelque expérience pratique de cette vie même. Au fond, tout ce que Jésus a dit à Ses disciples pendant Son ministère terrestre leur a été dit par avance. Pour ainsi dire, en vue de leur croissance.

En tenant compte de leur croissance spirituelle ultérieure. Pour le moment, il ne leur restait qu'à recevoir ce qui était dit dans la foi. Mais cela est volontaire ; c'est pourquoi Jésus propose à ceux qui le veulent de partir et de Le laisser. Il sait qu'Il ne pourra rien prouver à personne. Montrer, oui, en temps voulu. Et alors ceux qui verront ne verront absolument pas ce à quoi ils pouvaient s'attendre. Ce sera la meilleure preuve. Mais cela est pour l'avenir ; pour l'instant, il n'y a que la confiance.

Toutefois, elle n'est pas sans fondement. Ce n'est pas par hasard que Pierre parle des « paroles de la vie éternelle ». Les disciples de Jésus avaient déjà vu quelque chose. Ils avaient vu des signes manifestes de la présence du Royaume et de l'action de la force de Dieu. Des signes qu'auparavant ni eux ni personne d'autre n'avait eu l'occasion de voir. Et maintenant leur Maître dit quelque chose qui n'entre pas dans la conscience. Chacun des disciples se trouve alors devant un choix : accepter le Maître tel qu'Il est, ou partir.

Il dit des paroles impossibles, incroyables, parfois presque blasphématoires. Mais la force de Dieu est avec Lui, et le Royaume aussi est avec Lui. Il faut choisir. Choisir entre Dieu et les frontières et limites habituelles de la nature humaine, de la raison humaine, de la religiosité humaine. Croire à l'impossible est toujours une question de choix. Et seule la disposition à suivre Dieu malgré tout permet de croire. C'est pourquoi Jésus dit que si le Père n'attire pas l'homme, celui-ci n'est pas capable de s'engager lui-même sur un tel chemin.

Seul Dieu donne à l'homme les forces et l'assurance sur le chemin où conduit la foi en l'impossible. La nature humaine est ici impuissante. Mais c'était une leçon nécessaire : car il faudra entrer dans le Royaume de la même manière. De façon absolument impossible. À la suite du Ressuscité, ce qui est encore moins possible. Sur le chemin du Royaume, l'impossible, l'incroyable, ce qui ne tient pas dans la conscience se trouve sans cesse autour de nous. Et il vaut mieux s'y habituer d'avance, afin qu'il soit ensuite plus facile de marcher.

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Pour Jn 6:40-44
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
42 Ils disaient : " Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? "
43 Jésus leur répondit : " Ne murmurez pas entre vous.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
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Poursuivant Sa parole sur le salut et la vie, le Seigneur nous dit aujourd’hui que la volonté de Dieu est que quiconque fait confiance au Fils de Dieu, quiconque...  Lire la suite

Poursuivant Sa parole sur le salut et la vie, le Seigneur nous dit aujourd’hui que la volonté de Dieu est que quiconque fait confiance au Fils de Dieu, quiconque, selon la parole du prophète et de l’apôtre, « invoquera le nom du Seigneur » — sera sauvé. Et à la fin du passage d’aujourd’hui, le Seigneur dit que peut venir à Lui celui que le Père attire. Hier, nous avons entendu Sa parole : la volonté du Père consiste dans le salut de tous. Ce n’est pas seulement l’espérance du monde et de l’homme. J’oserai dire que ces paroles du Christ sont l’unique espérance du monde ; tout le reste est tromperie. Et l’on ne peut que s’en réjouir, car le chemin difficile vers la vie est tout de même incomparablement meilleur que le désespoir.

Que répond-on au Christ ? Au fond, la réponse des Juifs se réduit à une formule grossière : « Et toi, qui es-tu ? » « Prouvez donc que votre Jésus est Dieu... » : voilà ce que les chrétiens entendent depuis des siècles. On ne peut pas le prouver, ne serait-ce que parce que ce n’est pas Lui qui nous appartient, mais nous qui Lui appartenons ; pourtant la question n’est même pas là. Une telle protestation contre les paroles du Christ signifie seulement que j’essaie de reporter sur Lui-même la responsabilité de ma défiance. Heureusement, l’Évangile nous donne l’exemple d’une position juste, lorsque l’homme ne remet pas au Christ la responsabilité de l’exploit de la foi, de l’acte d’espérance, mais Le prie de l’y aider en disant : « Je crois, Seigneur — viens au secours de mon incrédulité ».

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Pour Jn 6:1-41
Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades.
Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples.
Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul.
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer,
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit; Jésus n'était pas encore venu les rejoindre;
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait.
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher du bateau. Ils eurent peur.
20 Mais il leur dit : " C'est moi. N'ayez pas peur. "
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés.
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? "
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
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N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et...  Lire la suite

N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et de Ses disciples? Est-ce pour cela qu'Il est venu? Pourtant, le miracle de la multiplication des pains pour cinq mille personnes est le seul miracle décrit par tous les évangélistes, et il est donc particulièrement important. C'est lui qui sert de point de départ à la conversation sur le vrai pain dont l'homme vit véritablement, le pain de vie.

Nous avons entendu depuis l'enfance que l'homme ne vit pas seulement de pain. Mais si nous essayons de comprendre ce qui compose notre régime spirituel, y trouverons-nous ce qui peut réellement rassasier le cœur, et non un substitut qui ne laisse qu'une gueule de bois et de la nausée?

Le Seigneur nous propose un tel pain. Ce n'est pas un enseignement, ni des commandements, ni la foi en Dieu: tout cela existait déjà chez les Juifs et existe dans beaucoup d'écoles spirituelles et de religions. Jésus parle du pain qui descend réellement des cieux et donne la vraie vie, la vie éternelle. Ce pain, c'est Lui-même.

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Pour Jn 6:1-41
Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades.
Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples.
Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul.
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer,
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit; Jésus n'était pas encore venu les rejoindre;
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait.
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher du bateau. Ils eurent peur.
20 Mais il leur dit : " C'est moi. N'ayez pas peur. "
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés.
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? "
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
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La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène à...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène au miracle de la multiplication des pains (v. 1-14). La réaction à ce miracle fut manifestement une tentative de proclamer Jésus « roi », de faire de lui le chef d'un nouveau mouvement messianique (v. 15). Et ce n'est pas étonnant: selon les représentations généralement admises à cette époque, le Messie devait justement devenir roi, rétablir un État juif indépendant et y introduire des lois conformes à la Torah. Jésus, bien sûr, n'avait aucune intention de devenir le chef de quelque mouvement politico-religieux que ce soit.

Mais Jésus avait aussi une autre raison, plus importante, de cacher sa messianité. Il la dit lui-même directement à ceux qui étaient partis le chercher en Galilée: la plupart des hommes qui cherchaient à le rencontrer ne le faisaient pas parce qu'ils avaient soif du Royaume, mais parce qu'ils voulaient, en cas de besoin, toujours pouvoir recevoir gratuitement du pain (v. 26). Jésus, lui, leur parle de la vie éternelle et de l'essentiel sans lequel on ne peut y participer: la confiance en Celui que Dieu a envoyé dans le monde pour donner le Royaume aux hommes (v. 27-29).

Mais ils ne le comprennent pas. Ils lui demandent: où sont les preuves de la vérité de tes paroles (v. 30)? Et ils donnent aussitôt un exemple des preuves qui les convaincraient: la manne venue du ciel, comme au temps de Moïse dans le désert (v. 31). Jésus, de nouveau, leur dit que le Royaume est plus grand que n'importe quel miracle, et que le pain du Royaume est plus important que la manne (v. 32-33). Et de nouveau, ils ne le comprennent pas.

Ses auditeurs ne parviennent pas à saisir qu'avec la venue du Sauveur dans le monde une nouvelle époque a commencé, et que ce qui leur est arrivé sur la rive du lac de Génésareth n'était pas un miracle au sens où la manne en était un. Simplement, en étant avec Jésus, ils se sont trouvés dans le Royaume et ont vécu un certain temps selon ses lois; mais, manifestement, ils n'ont pas compris jusqu'au bout ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi ils demandent du pain à Jésus et s'attendent à le recevoir comme autrefois leurs pères recevaient de Dieu la manne (v. 34). Et Jésus tente encore et encore de leur expliquer qu'il ne s'agit pas du pain, mais du Royaume et de cette plénitude de la vie divine qui y est donnée à chacun, de sorte que là aucune manne ne sera plus nécessaire.

Le miracle, c'est l'irruption du Royaume dans notre monde, la manifestation de ses lois là où, d'ordinaire, règnent des règles tout autres. Mais maintenant le Royaume entre dans le monde en le transformant, et le temps des miracles passe. Vient le temps du Royaume, ouvert à quiconque le cherche et veut y entrer.

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