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RÉFLEXIONS pour Jn 6:1-41

Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades.
Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples.
Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul.
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer,
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit; Jésus n'était pas encore venu les rejoindre;
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait.
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher du bateau. Ils eurent peur.
20 Mais il leur dit : " C'est moi. N'ayez pas peur. "
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés.
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? "
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
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La lecture d'aujourd'hui nous permet de mieux comprendre ce que l'on appelle habituellement le « secret messianique » de Jésus. En parlant de lui, on entend le fait que Jésus lui-même, jusqu'aux derniers jours de son ministère terrestre, ne parlait presque pas directement de sa messianité, du moins pas ouvertement. Le récit de l'évangéliste nous ramène au miracle de la multiplication des pains (v. 1-14). La réaction à ce miracle fut manifestement une tentative de proclamer Jésus « roi », de faire de lui le chef d'un nouveau mouvement messianique (v. 15). Et ce n'est pas étonnant: selon les représentations généralement admises à cette époque, le Messie devait justement devenir roi, rétablir un État juif indépendant et y introduire des lois conformes à la Torah. Jésus, bien sûr, n'avait aucune intention de devenir le chef de quelque mouvement politico-religieux que ce soit.

Mais Jésus avait aussi une autre raison, plus importante, de cacher sa messianité. Il la dit lui-même directement à ceux qui étaient partis le chercher en Galilée: la plupart des hommes qui cherchaient à le rencontrer ne le faisaient pas parce qu'ils avaient soif du Royaume, mais parce qu'ils voulaient, en cas de besoin, toujours pouvoir recevoir gratuitement du pain (v. 26). Jésus, lui, leur parle de la vie éternelle et de l'essentiel sans lequel on ne peut y participer: la confiance en Celui que Dieu a envoyé dans le monde pour donner le Royaume aux hommes (v. 27-29).

Mais ils ne le comprennent pas. Ils lui demandent: où sont les preuves de la vérité de tes paroles (v. 30)? Et ils donnent aussitôt un exemple des preuves qui les convaincraient: la manne venue du ciel, comme au temps de Moïse dans le désert (v. 31). Jésus, de nouveau, leur dit que le Royaume est plus grand que n'importe quel miracle, et que le pain du Royaume est plus important que la manne (v. 32-33). Et de nouveau, ils ne le comprennent pas.

Ses auditeurs ne parviennent pas à saisir qu'avec la venue du Sauveur dans le monde une nouvelle époque a commencé, et que ce qui leur est arrivé sur la rive du lac de Génésareth n'était pas un miracle au sens où la manne en était un. Simplement, en étant avec Jésus, ils se sont trouvés dans le Royaume et ont vécu un certain temps selon ses lois; mais, manifestement, ils n'ont pas compris jusqu'au bout ce qui leur était arrivé. C'est pourquoi ils demandent du pain à Jésus et s'attendent à le recevoir comme autrefois leurs pères recevaient de Dieu la manne (v. 34). Et Jésus tente encore et encore de leur expliquer qu'il ne s'agit pas du pain, mais du Royaume et de cette plénitude de la vie divine qui y est donnée à chacun, de sorte que là aucune manne ne sera plus nécessaire.

Le miracle, c'est l'irruption du Royaume dans notre monde, la manifestation de ses lois là où, d'ordinaire, règnent des règles tout autres. Mais maintenant le Royaume entre dans le monde en le transformant, et le temps des miracles passe. Vient le temps du Royaume, ouvert à quiconque le cherche et veut y entrer.

Autres réflexions

 
Pour Jn 6:1-41
Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades.
Jésus gravit la montagne et là, il s'assit avec ses disciples.
Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
15 Alors Jésus, se rendant compte qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, s'enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul.
16 Quand le soir fut venu, ses disciples descendirent à la mer,
17 et, montant en bateau, ils se rendaient de l'autre côté de la mer, à Capharnaüm. Il faisait déjà nuit; Jésus n'était pas encore venu les rejoindre;
18 et la mer, comme soufflait un grand vent, se soulevait.
19 Ils avaient ramé environ vingt-cinq ou trente stades, quand ils voient Jésus marcher sur la mer et s'approcher du bateau. Ils eurent peur.
20 Mais il leur dit : " C'est moi. N'ayez pas peur. "
21 Ils étaient disposés à le prendre dans le bateau, mais aussitôt le bateau toucha terre là où ils se rendaient.
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés.
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? "
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
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N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et...  Lire la suite

N'est-il pas étrange que Celui qui vient des cieux se soucie de nourrir de pain les foules de Ses auditeurs et de Ses disciples? Est-ce pour cela qu'Il est venu? Pourtant, le miracle de la multiplication des pains pour cinq mille personnes est le seul miracle décrit par tous les évangélistes, et il est donc particulièrement important. C'est lui qui sert de point de départ à la conversation sur le vrai pain dont l'homme vit véritablement, le pain de vie.

Nous avons entendu depuis l'enfance que l'homme ne vit pas seulement de pain. Mais si nous essayons de comprendre ce qui compose notre régime spirituel, y trouverons-nous ce qui peut réellement rassasier le cœur, et non un substitut qui ne laisse qu'une gueule de bois et de la nausée?

Le Seigneur nous propose un tel pain. Ce n'est pas un enseignement, ni des commandements, ni la foi en Dieu: tout cela existait déjà chez les Juifs et existe dans beaucoup d'écoles spirituelles et de religions. Jésus parle du pain qui descend réellement des cieux et donne la vraie vie, la vie éternelle. Ce pain, c'est Lui-même.

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Pour Jn 6:5-14
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
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Jésus utilise manifestement chaque occasion pour montrer aux gens qui L’écoutent ce qu’est le Royaume. Et souvent ces occasions se trouvent liées au repas, à la nourriture, au rassasiement. Pour certains d’entre nous aujourd’hui, de telles manifestations du Royaume peuvent paraître...  Lire la suite

Jésus utilise manifestement chaque occasion pour montrer aux gens qui L’écoutent ce qu’est le Royaume. Et souvent ces occasions se trouvent liées au repas, à la nourriture, au rassasiement. Pour certains d’entre nous aujourd’hui, de telles manifestations du Royaume peuvent paraître « basses » et « dépourvues de spiritualité ». Mais il importe de se rappeler qu’un repas, en ce temps-là, n’était jamais une simple absorption de nourriture. Il commençait toujours par la bénédiction du pain et, s’il y avait du vin sur la table, du vin aussi. Sans une telle bénédiction, on ne se mettait pas à table. Et avec une telle approche, tout repas devenait sacré, car Dieu Lui-même était toujours invité à y prendre part. Et la fraction du pain, s’il y avait du pain sur la table, en était aussi une partie indispensable : car le pain, comme le vin, était en tout cas béni séparément. Avec une telle attitude envers le repas, celui-ci devenait une forme de communion avec Dieu, à laquelle participaient tous ceux qui étaient rassemblés à table.

Et Jésus, comme on le voit, s’en sert pour faire participer Ses auditeurs au Royaume, pour leur montrer ce que peut être la vie nouvelle dans le monde renouvelé. Bien sûr, les gens assis par terre dans l’attente du repas savaient parfaitement comment on bénissait le pain et le vin. Mais ils ne s’attendaient guère à ce que la bénédiction produise un tel effet. Et l’effet était manifeste : la nourriture qui semblait tout à fait insuffisante suffit pour tous.

Telle est la nature du Royaume, où la matière est entièrement soumise à l’esprit. Les auditeurs de Jésus ont commencé leur repas dans notre monde, encore non transfiguré, selon ses lois, et ils l’ont achevé dans le Royaume, selon les lois du Royaume. Il ne pouvait y avoir meilleur témoignage : il vaut toujours mieux voir une fois qu’entendre cent fois, et cela s’applique au Royaume plus qu’à toute autre chose. Bien sûr, il est peu vraisemblable que les gens qui écoutaient Jésus aient compris jusqu’au bout ce qui s’était passé. Mais ils ont reçu l’expérience de demeurer dans le Royaume, et une telle expérience ne s’oublie pas.

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Pour Jn 6:5-14
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
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Le texte sur la multiplication des pains est pour nous d'une importance incomparable, important liturgiquement, important théologiquement, important ecclésiologiquement. Nous ne cessons de le répéter. Il est simplement important, car c'est...  Lire la suite

Le texte sur la multiplication des pains est pour nous d'une importance incomparable, important liturgiquement, important théologiquement, important ecclésiologiquement. Nous ne cessons de le répéter. Il est simplement important, car c'est un lien vivant avec le Seigneur, qui s'accomplit pendant chaque liturgie. Cet événement est mentionné six fois dans l'Évangile, comme aucun autre. Nous comprenons que c'est une sorte de pont entre la Cène mystique et chaque liturgie.

Mais maintenant, nous voudrions regarder ce texte d'un autre côté. Le Christ dit : Je suis le pain de vie (Jn 6:48). Mais Il est aussi le Verbe incarné, car en Lui « le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1:14). Le Verbe et le pain... Guigues II le Chartreux terminait la lecture priante par cette prière : « Tu romps pour moi le pain de la Sainte Écriture, et, en rompant ce pain, Tu me donnes de Te connaître... » (D'après le livre d'E. Bianchi « La lecture priante de la Sainte Écriture »).

L'Évangile est un livre si petit par son volume, comme cinq pains sont peu nombreux, mais il rassasie quiconque y communie, et chacun y trouvera son sens propre, particulier, précieux et compréhensible pour lui seul, comme chacun reçoit son morceau de pain ; mais en même temps ce sera un sens en rapport avec le sens universel, comme chaque morceau est pris d'un seul pain.

Et non pas seulement un sens, mais des sens, qui se multiplient sans cesse, semblables aux pains. Ils se multiplient afin que nous ne défaillions pas et, finalement, ne mourions pas. Cela n'arrive avec aucun livre humain. Entre un livre humain et l'Évangile, il y a la même différence qu'entre le pain ordinaire que nous mangeons et cette prosphore qui, à elle seule, rassasie toute la paroisse.

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Pour Jn 6:5-14
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
Philippe lui répondit : " Deux cents deniers de pain ne suffisent pas pour que chacun en reçoive un petit morceau. "
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit:
" Il y a ici un enfant, qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ? "
10 Jésus leur dit : " Faites s'étendre les gens. " Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'étendirent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes.
11 Alors Jésus prit les pains et, ayant rendu grâces, il les distribua aux convives, de même aussi pour les poissons, autant qu'ils en voulaient.
12 Quand ils furent repus, il dit à ses disciples : " Rassemblez les morceaux en surplus, afin que rien ne soit perdu. "
13 Ils les rassemblèrent donc et remplirent douze couffins avec les morceaux des cinq pains d'orge restés en surplus à ceux qui avaient mangé.
14 A la vue du signe qu'il venait de faire, les gens disaient : " C'est vraiment lui le prophète qui doit venir dans le monde. "
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La multiplication des pains est un grand miracle en soi. Mais pour les chrétiens, le plus important est bien sûr que ce miracle devient...  Lire la suite

La multiplication des pains est un grand miracle en soi. Mais pour les chrétiens, le plus important est bien sûr que ce miracle devient la préfiguration d'un miracle bien plus grand : le sacrement de l'Eucharistie. Au long des siècles et jusqu'à la fin du monde, le Seigneur, sous l'apparence du Pain, nous donne en nourriture Lui-même, et, comme lors de la multiplication des pains, cette nourriture suffit pour tous.

Du fait que le Fils de Dieu devient Lui-même nourriture pour les hommes, la vie non seulement ne diminue pas, mais augmente dans le monde. C'est précisément pourquoi la Croix, sur laquelle le Seigneur nous donne Sa vie, est devenue pour les chrétiens synonyme de cet Arbre de vie que le Seigneur planta au milieu du paradis.

Et nous voyons encore dans ce miracle qu'il ne s'accomplit pas sans la participation des disciples : d'une manière ou d'une autre, chacun selon sa vocation, nous devenons tous participants et acteurs du sacrement. Les ministres ordonnés participent à l'Eucharistie d'une manière, les laïcs d'une autre, mais la place de chacun de nous dans l'Église du Christ dépend de façon essentielle de cette participation. Car, pour la multiplication des pains, il fallait aussi le garçon qui remit son pain au Christ, les apôtres, et ceux qui mangèrent ce pain béni.

Les théologiens orthodoxes du XXe siècle, principalement en émigration, ont créé tout un courant théologique, nouveau et assez original, qui a reçu le nom d'ecclésiologie eucharistique. Parmi ces penseurs figurent les pères Nicolas Afanassieff et Alexandre Schmemann, Jean Meyendorff et Cyprien Kern, et beaucoup d'autres. Grâce à leurs travaux, dans les discussions théologiques entre chrétiens, nous avons peut-être vu apparaître pour la première fois les arguments et les positions dont nous avions tant besoin depuis des siècles. L'essentiel pour nous dans leur héritage est l'idée que l'Église n'est pas simplement une institution hiérarchique au goût latin, ni simplement une communauté de croyants dans l'esprit du protestantisme. L'Église est davantage un événement qu'une structure, davantage une action qu'un état. Et cet événement, c'est l'Eucharistie.

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Pour Jn 6:5-6
Levant alors les yeux et voyant qu'une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : " Où achèterons-nous des pains pour que mangent ces gens ? "
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car lui-même savait ce qu'il allait faire.
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L'histoire du rassasiement miraculeux d'une grande quantité de personnes avec une quantité minimale de nourriture revient plusieurs fois dans l'Évangile. Dans le récit de Jean apparaît une nuance intéressante : en posant une question à Philippe, Jésus connaît déjà la réponse. Il sait Lui-même ce qu'Il va faire...  Lire la suite

L'histoire du rassasiement miraculeux d'une grande quantité de personnes avec une quantité minimale de nourriture revient plusieurs fois dans l'Évangile. Dans le récit de Jean apparaît une nuance intéressante : en posant une question à Philippe, Jésus connaît déjà la réponse. Il sait Lui-même ce qu'Il va faire. La question devient plutôt une sorte d'épreuve pour le disciple : et lui, qu'en pense-t-il ? On pourrait bien sûr l'interpréter comme une sorte de test de confiance envers le Sauveur Lui-même. Mais il ne s'agit pas seulement de la confiance de Philippe envers Jésus.

Il s'agit avant tout de savoir où, dans quel monde Philippe vit : dans le Royaume ou sur la terre non transfigurée. Car c'est cela qui détermine les possibilités. Et l'on ne peut devenir un véritable disciple du Sauveur que d'une seule manière : en partageant avec Lui Sa vie. La vie de ce Royaume qu'Il a apporté dans le monde. Lorsque cinq pains et deux petits poissons suffisent pour plusieurs milliers de personnes, il est évident qu'il ne peut s'agir que du Royaume : dans notre monde non transfiguré, cela est impossible. Mais ce n'est qu'un épisode, qui a touché les cinq mille personnes qu'il fallait nourrir et, bien sûr, les apôtres eux-mêmes. L'histoire évangélique est faite de tels épisodes. Mais qu'y a-t-il entre eux ?

Car les apôtres ont passé avec Jésus plus d'une année, et en dehors de ces moments où le Royaume se révélait à eux visiblement et sensiblement, eux aussi vivaient d'une manière ou d'une autre, communiquaient d'une manière ou d'une autre avec le Maître, pensaient et ressentaient quelque chose... Étaient-ils dans le Royaume tout le reste du temps ? La question de Jésus à Philippe est un test de séjour dans le Royaume. Philippe réagit comme un homme normal, ordinaire, vivant de la vie terrestre : il faut envoyer chercher des vivres dans la ville la plus proche, il faut de l'argent...

L'alternative ne lui vient tout simplement pas à l'esprit. Et cela signifie qu'il n'est pas question du Royaume dans sa vie à ce moment précis. Comme, vraisemblablement, dans la vie des autres disciples. Certes, très bientôt ils se souviendront du Royaume. Ils s'en souviendront à propos d'un nouveau miracle. Mais on ne peut pas devenir habitant du Royaume si l'on ne s'en souvient qu'après chaque nouveau miracle. Et Jésus veut réveiller Philippe, en lui indiquant quelque chose de plus grand que ce qu'il voit dans ce monde. Mais seul un miracle peut le réveiller. Le temps passera, tout sera autrement. Plus tard. Après la Pentecôte. Pour l'instant, c'est ainsi.

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Pour Jn 6:22-29
22 Le lendemain, la foule qui se tenait de l'autre côté de la mer vit qu'il n'y avait eu là qu'une barque et que Jésus n'était pas monté dans le bateau avec ses disciples, mais que seuls ses disciples s'en étaient allés.
23 Cependant, de Tibériade des bateaux vinrent près du lieu où l'on avait mangé le pain.
24 Quand donc la foule vit que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, les gens s'embarquèrent et vinrent à Capharnaüm à la recherche de Jésus.
25 L'ayant trouvé de l'autre côté de la mer, ils lui dirent : " Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? "
26 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés.
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
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Chaque croyant voudrait sans doute faire quelque chose pour Dieu. Quelque chose de bon, quelque chose qui Lui ferait plaisir...  Lire la suite

Chaque croyant voudrait sans doute faire quelque chose pour Dieu. Quelque chose de bon, quelque chose qui Lui ferait plaisir... Certains considèrent cela comme tout simplement impossible, d'autres travaillent avec zèle, essayant de faire quelque chose pour Lui.

L'erreur est dans la formulation même de la question. Quand nous faisons quelque chose pour Dieu, c'est NOTRE affaire, c'est nous qui le faisons nous-mêmes.

Dans la lecture évangélique d'aujourd'hui se pose la question fondamentale : que faire pour accomplir les oeuvres de Dieu ? Non pas des oeuvres pour Dieu, mais les oeuvres de Dieu. Et Jésus explique que tout est très simple : l'oeuvre de Dieu, c'est de croire au Fils de Dieu. Non pas simplement croire qu'Il a existé, qu'Il existe, qu'Il est vraiment le Fils de Dieu, mais croire en Lui : Lui ouvrir son coeur, L'accueillir comme son unique Sauveur. Non en théorie, mais en pratique. Et lorsque nous Lui ouvrirons vraiment notre coeur, nous pourrons accomplir les oeuvres de Dieu.

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Pour Jn 6:27-33
27 Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. "
28 Ils lui dirent alors : " Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? "
29 Jésus leur répondit : " L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. "
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
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Les auditeurs de Jésus ne Le comprennent pas toujours correctement : dans des mots familiers, depuis longtemps habituels, Il met souvent un sens tout à fait nouveau. Et souvent le sens nouveau qu'Il y met se révèle tout à fait inattendu, changeant ce que...  Lire la suite

Les auditeurs de Jésus ne Le comprennent pas toujours correctement : dans des mots familiers, depuis longtemps habituels, Il met souvent un sens tout à fait nouveau. Et souvent le sens nouveau qu'Il y met se révèle tout à fait inattendu, changeant ce qu'aujourd'hui nous appellerions le paradigme de la pensée.

Ainsi, on L'interroge sur les oeuvres de Dieu, en ayant en vue à peu près ce qu'aujourd'hui nous appellerions des obligations religieuses. On Lui pose une question sur les oeuvres de Dieu dans le sens où les maîtres de la Torah et les rabbins savants en parlaient souvent : pour observer la Torah jusqu'au bout, il faut accomplir les commandements et, en outre, faire encore ceci et cela. Mais Jésus parle de confiance, de relations avec Lui-même comme de l'oeuvre principale de Dieu. Et ce n'est pas étonnant : beaucoup de maîtres d'Israël eux-mêmes regardaient toutes les obligations religieuses comme un moyen d'établir et d'affermir les relations avec Dieu, considérant précisément cela comme l'oeuvre principale et unique de Dieu.

Et voici que maintenant est venu dans le monde Celui des relations avec qui dépend la possibilité non seulement d'établir des relations avec Dieu (cela était possible auparavant aussi), mais de participer à la vie du Royaume dans toute sa plénitude. Et on Lui demande quelles autres obligations religieuses il faut assumer afin que, lorsque le Messie viendra, on soit sûrement parmi ce reste qui L'accueillera.

Il en va de même pour le pain dont parle Jésus. Il leur parle de ce souffle de vie dont le Royaume est imprégné, et ils Lui répondent : eh bien, il y eut autrefois des temps où Dieu donnait à nos pères la manne dans le désert ; et Toi, que nous donneras-Tu ? Peux-Tu nous montrer quelque chose qui serait pour nous une preuve convaincante de Tes paroles ?

On voit que le problème principal ici est que ceux qui interrogent ne parviennent pas à voir l'essentiel pour lequel Jésus est venu dans le monde : le Royaume. C'est pourquoi ils L'interrogent sur beaucoup de choses qui n'ont pas de rapport direct avec le Royaume. Lui, encore et encore, tente de les ramener à l'essentiel : car le sens de Sa mission consiste précisément à faire participer à la vie du Royaume le plus grand nombre possible de personnes, afin que l'histoire du Royaume dans le monde ne s'achève pas avec Son ministère terrestre.

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Pour Jn 6:30-35
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
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Aujourd’hui, nous avons devant nous la première mort parmi les chrétiens (si l’on ne compte pas Ananie et Saphire comme chrétiens). Et le premier chrétien mourant est déjà un martyr. Le monde continue de rejeter le Christ et Ses disciples. Et si les grands prêtres avaient craint de mettre à mort le Christ Lui-même de leur propre autorité, sans les Romains, parce qu’Il...  Lire la suite

Aujourd’hui, nous avons devant nous la première mort parmi les chrétiens (si l’on ne compte pas Ananie et Saphire comme chrétiens — voir Ac 5:1–11). Et le premier chrétien mourant est déjà un martyr. Le monde continue de rejeter le Christ et Ses disciples. Et si les grands prêtres avaient craint de mettre à mort le Christ Lui-même de leur propre autorité, sans les Romains, parce qu’Il était trop aimé de beaucoup dans le peuple, après s’être débarrassés de Lui, ils ne font plus de cérémonies avec Ses disciples.

Le Sanhédrin, devant lequel paraît Étienne, entend une fois de plus des accusations ouvertes à son adresse : des accusations concernant la mort du Juste. Et ils en avaient déjà passablement assez ; ils l’avaient entendu de Pierre et de Jean au moins deux fois déjà (voir Ac 4:5–12», 5:27-32). Mais cette fois, ils n’ont pas tenu : ils ont été provoqués par le fait qu’Étienne leur a dit honnêtement ce qu’il ne savait pas seulement, mais voyait réellement. Lui, comme le Christ, témoignait au monde d’une réalité objective : le monde est dans le péché, mais Jésus a apporté le salut. Et le monde n’a pas besoin d’une telle vérité...

Quand le Christ disait : « S’ils M’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi », Il disait aussi : « Le serviteur n’est pas plus grand que son maître » (voir Jn 15:20). Étienne, homme rempli de « foi et de force », véritable disciple du Christ, dit avant sa mort presque les mêmes paroles que son Maître a dites sur la croix : il demande au Seigneur de pardonner à ses persécuteurs… Et l’Église, malgré tout, continue de grandir et de s’affermir, précisément parce qu’elle continue d’agir comme son Seigneur le lui a commandé et comme Lui-même a agi.

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Pour Jn 6:30-35
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
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Dans la lecture évangélique d’aujourd’hui, nous pouvons voir un comportement naturel, propre à tous les hommes. La foule, rassasiée...  Lire la suite

Dans la lecture évangélique d’aujourd’hui, nous pouvons voir un comportement naturel, propre à tous les hommes. La foule, qui a apaisé sa faim et écoute les paroles du Seigneur sur le pain de Dieu, « qui descend du ciel et donne la vie au monde », demande avec raison que ce pain ne finisse jamais. Et plus encore s’il s’agit de ce pain qui « donne la vie au monde » ! Comme cela ressemble à la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (voir Jn 4,5-30). Cette femme, ayant entendu parler de l’eau qui étanche la soif de telle sorte qu’on n’aura jamais soif, demande à Jésus : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et que je ne vienne plus ici puiser ».

Comme nous, les hommes, nous nous ressemblons dans nos désirs ! Dès que nous entendons parler de quelque chose de merveilleux, nous avons envie de nous l’approprier, d’y avoir directement part, surtout lorsqu’il s’agit d’un avantage direct. Ainsi, en tout homme, on peut trouver cette soif du pain et de l’eau miraculeux qui donnent la vie. Et dans les deux cas, le Seigneur prononce des paroles étranges : Lui-même est le pain dans un cas et l’eau dans l’autre. C’est précisément par le caractère inattendu de ces paroles et par leur sens qu’on peut conduire l’homme à un autre niveau, plus profond.

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Pour Jn 6:30-35
30 Ils lui dirent alors : " Quel signe fais-tu donc, pour qu'à sa vue nous te croyions ? Quelle œuvre accomplis-tu ?
31 Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur a donné à manger du pain venu du ciel. "
32 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel ; mais c'est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai ;
33 car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "
34 Ils lui dirent alors : " Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. "
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
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Un dialogue très intéressant se déroule dans la lecture évangélique d'aujourd'hui. Jésus dit que le véritable pain venu du ciel n'est pas la manne que Moïse donnait aux Juifs dans le désert...  Lire la suite

Un dialogue très intéressant se déroule dans la lecture évangélique d'aujourd'hui. Jésus dit que le véritable pain venu du ciel n'est pas la manne que Moïse donnait aux Juifs dans le désert, mais Lui-même, Jésus. Il est parfaitement évident qu'aucun de Ses auditeurs ne Le comprend. Il n'a pas encore été question du sacrement de l'Eucharistie. Jésus ne donne aucune explication précise sur la raison ni sur la manière dont Il est le pain. Il annonce simplement la vérité et donne aux hommes la possibilité d'entrer eux-mêmes en relation avec cette vérité. Il ne craint pas de ne pas être compris—bien que, de toute évidence, personne ne puisse alors Le comprendre. La parole de Jésus est simplement déposée dans le cœur, semée comme une graine. En son temps, elle portera du fruit. Cela est sans doute important pour nous : même si nous ne comprenons pas quelque chose dans l'Évangile, un jour Ses paroles nous deviendront compréhensibles. Même si notre interlocuteur ne comprend pas ce que nous disons de Dieu, s'il veut écouter, il vaut la peine de parler, en priant pour que Sa parole se révèle plus tard dans son cœur.

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Pour Jn 6:35-40
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
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Dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, Jésus dit : « La volonté du Père qui m'a envoyé est que je ne perde rien de tout ce qu'Il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour ». Ces paroles sont la réponse à une question classique, posée par...  Lire la suite

Dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, Jésus dit : « La volonté du Père qui m'a envoyé est que je ne perde rien de tout ce qu'Il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour ». Ces paroles sont la réponse à une question classique, posée par des personnes étrangères à l'Église : « Et qu'arrivera-t-il à mon amie si elle est morte sans avoir été baptisée ? » La volonté du Père céleste est que personne ne périsse. Mais il y a une précision importante : « de tout ce qu'Il m'a donné ». Qu'est-ce donc que ce que le Père a donné à Jésus ? Ce sont ceux qui L'ont accueilli dans leur coeur, ceux qui croient en Lui.

Mais alors, cela signifie-t-il que tous les incroyants sont condamnés ? Il n'y a pas ici de réponse univoque, mais nous savons une chose : la rencontre avec Dieu se produit dans la profondeur même du coeur humain. Personne ne pourra jamais déterminer quelles sont en réalité les relations avec Dieu de telle personne concrète, personne sauf Dieu, qui voit les coeurs. Seul le Seigneur qui connaît les coeurs peut dire à quel point un homme était proche de Dieu. Or la volonté du Père est que personne ne périsse ; nous pouvons donc espérer qu'il peut Lui suffire de la plus petite étincelle de foi, de la plus petite ouverture, pour ressusciter l'homme au dernier jour.

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Pour Jn 6:35-39
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
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Comment Jésus lui-même comprend-il les tâches qui se tiennent devant lui ? Ce qui frappe d'abord, c'est qu'il ne tente pas du tout de formuler lui-même des tâches. Il semblerait que Celui qui a accueilli en lui toute la plénitude de Dieu aurait pu être bien plus résolu, surtout...  Lire la suite

Comment Jésus lui-même comprend-il les tâches qui se tiennent devant lui ? Ce qui frappe d'abord, c'est qu'il ne tente pas du tout de formuler lui-même des tâches. Il semblerait que Celui qui a accueilli en lui toute la plénitude de Dieu aurait pu être bien plus résolu, surtout si l'on considère la détermination avec laquelle des hommes ordinaires formulent parfois les buts et les tâches de leur service de Dieu. Mais Jésus, étant le Messie, voit le sens de son service messianique dans le fait de n'avoir aucun but à lui et de ne se donner aucune tâche propre. Il s'en remet entièrement à la volonté du Père, et il n'a pas d'oeuvres qui lui soient propres. Et le Père, comme on le voit, lui fixe une tâche principale à laquelle tout le reste est subordonné : sauver le plus grand nombre possible d'hommes. Il n'est pas question du Jugement, ni de la condamnation des uns ou de la justification des autres. Bien sûr, les péchés de l'homme font obstacle à son salut. Mais, comme on le voit, même les justes ne peuvent compter sur le salut sans l'aide du Messie envoyé par Dieu dans le monde.

Comme dans toute opération de sauvetage, seul le salut de tous et de chacun peut être considéré comme un plein succès. Mais, comme on le voit, il existe certains obstacles qui peuvent empêcher ce plein succès. Les péchés commis par l'homme sont sans doute l'un de ces obstacles. Il y en a peut-être d'autres, mais ils dépendent apparemment peu, ou pas du tout, de l'homme. En revanche, la mesure du péché qui complique l'opération de sauvetage dépend d'abord de l'homme. Et cela n'a rien d'étonnant : car le salut, comme on le voit, est lié à la possibilité d'entrer dans le Royaume, dont Jésus ouvre la porte.

Dans son état actuel, le monde est condamné, et seul peut être sauvé celui qui saura entrer dans le Royaume en devenant une part de celui-ci. Là, la question du péché et de la justice devient décisive, car tout péché devient inévitablement pour l'homme un obstacle sur le chemin du Royaume. Mais Jésus permet, avec le consentement du Père bien entendu, à chacun de tout recommencer, de repartir d'une page blanche, en faisant une nouvelle tentative pour commencer sa vie à nouveau. À une condition : cette tentative ne sera pas entreprise dans le monde déchu, mais dans le Royaume. Ainsi, libéré du pouvoir sans partage que le péché exerce sur l'homme déchu, chacun pourra essayer de commencer une vie nouvelle au plein sens du mot.

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Pour Jn 6:35-39
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
36 Mais je vous l'ai dit: vous me voyez et vous ne croyez pas.
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
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« Celui qui vient à Moi, Je ne le chasserai pas dehors ». Pourquoi ces paroles donnent-elles l’espérance ? Parce que nous savons qui  Lire la suite

« Celui qui vient à Moi, Je ne le chasserai pas dehors ». Pourquoi ces paroles donnent-elles l’espérance ? Parce que nous savons qui vient à Lui. Tôt ou tard, bien sûr, tous viendront, et cela en soi encourage déjà. Mais nous savons que, parmi les disciples, personne n’était vraiment digne de son Maître. Les plus proches ne comprenaient pas grand-chose jusqu’à la fin. Seules quelques personnes « du dehors » comprenaient que le Christ les dépassait incomparablement, et pourtant elles venaient humblement à Lui. Ainsi, par exemple, le père du jeune possédé dit à Jésus : « Je crois, Seigneur ! Viens au secours de mon incrédulité » (Mc 9,24). Ou encore le centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que Tu entres sous mon toit ; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri » (Mt 8,8).

Et le Seigneur les accueillait réellement et répondait aux désirs et aux questions les plus secrets du cœur. Il ne se contente pas de ne pas chasser dehors ceux qui viennent. Il leur montre le chemin et marche Lui-même sur ce chemin. Il est le bon Pasteur, qui donne Sa vie pour les brebis (voir Jn 10,11). Il nous prend dans Ses bras et nous porte contre Sa poitrine (voir Is 40,11). Il nous conduira là où nous ne manquerons de rien (voir Ps 22,1). Il nous ressuscitera au dernier jour.

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Pour Jn 6:35
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
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Jésus Lui-même et tout ce qui est lié à Lui étaient perçus différemment par des personnes différentes. Lui-même, pourtant, ne parlait toujours que d’une seule chose : de ce Royaume qu’Il avait apporté au monde. Il sait qu’Il n’a rien d’autre, et qu’aucune autre tâche ne se tient devant Lui, sinon rendre le Royaume accessible à quiconque le cherche. En Se nommant « pain de vie », Jésus veut communiquer...  Lire la suite

Jésus Lui-même et tout ce qui est lié à Lui étaient perçus différemment par des personnes différentes. Lui-même, pourtant, ne parlait toujours que d’une seule chose : de ce Royaume qu’Il avait apporté au monde. Il sait qu’Il n’a rien d’autre, et qu’aucune autre tâche ne se tient devant Lui, sinon rendre le Royaume accessible à quiconque le cherche. En Se nommant « pain de vie », Jésus veut communiquer à Ses auditeurs une pensée simple, mais qui ne peut en aucune manière entrer dans leur conscience : Il leur a apporté la plénitude de la vie. Non pas une vie temporelle, qui existe aujourd’hui et demain n’existe plus, mais la vie véritable, celle qui n’a pas de fin parce qu’elle n’a pas non plus de commencement, demeurant tout entière en Dieu et se révélant dans Son Royaume. Comme on le voit, ceux qui écoutent Jésus ne comprennent pas du tout comment une telle vie peut exister. Des manifestations séparées et concrètes de cette vie leur sont plus habituelles et plus compréhensibles.

Par exemple, la manne : là, tout est plus ou moins clair, Dieu a accompli un miracle par Sa puissance, et une certaine partie, assez petite en somme, de cette vie qui s’ouvre maintenant au monde dans sa plénitude s’est trouvée liée à cette manne. Jésus, Lui, ne parle pas d’une partie, mais du tout. Mais ici surgit un malentendu : au regard terrestre ordinaire, ce tout est inaccessible. Il lui est invisible. Avec la manne, c’est plus simple : il y a là quelque chose de visible pour chacun, et ce visible change ses propriétés de telle sorte que l’action de l’invisible devient absolument indubitable. Mais la plénitude de la vie du Royaume se trouve totalement inaccessible à la vue physique.

Il faut ici autre chose : la volonté. C’est précisément la volonté qui détermine la vie spirituelle et l’état spirituel de l’homme. Et c’est seulement par la volonté que l’on peut voir et vivre cette plénitude de la vie du Royaume dont parle Jésus. Mais c’est précisément à cela que Ses auditeurs se trouvent totalement non préparés. Ils veulent de l’extérieur. Ils veulent des signes, de préférence surnaturels, qui deviendraient des preuves que Jésus est réellement le Messie. Or du Messie, on attend avant tout des miracles, semblables au rassasiement de milliers de personnes avec deux pains. Des miracles qui changeraient leur vie, mais pas radicalement. Et qui, à coup sûr, ne les changeraient pas eux-mêmes.

C’est pourquoi ils n’ont pas besoin du Royaume. Car on n’entre pas si simplement dans le Royaume ; il faudra changer, et sérieusement. Ceux qui écoutent Jésus veulent entrer dans le Royaume du Messie sans rien changer radicalement en eux-mêmes. C’est pourquoi ils n’ont pas besoin de la plénitude de la vie. À quoi leur servirait-elle si, dans leur état présent, la plupart de ceux qui écoutent ne peuvent même pas la voir ? La manne vaut mieux ici. Mieux encore : le pain miraculeux, qui suffit à tous, et gratuitement. Mais ce n’est pas le Royaume que le Sauveur a apporté au monde. Car celui-là ne sauve pas. Et il ne donne pas la vraie vie.

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Pour Jn 6:35
35 Jésus leur dit : " Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura jamais faim ; qui croit en moi n'aura jamais soif.
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C'est un sermon du Christ très difficile à comprendre. Ce n’est pas par hasard qu’elle a provoqué les murmures et discussions. «Le pain de vie» c’est quoi, est-ce un symbole? Apparemment, oui. Puisque le pain est une nourriture quotidienne...  Lire la suite

C'est un sermon du Christ très difficile à comprendre. Ce n’est pas par hasard qu’elle a provoqué les murmures et discussions. «Le pain de vie» c’est quoi, est-ce un symbole? Apparemment, oui. Puisque le pain est une nourriture quotidienne, ce qu'il faut chaque jour (rappelons nous de la prière «notre Père»), quelque chose qui est constamment nécessaire. Alors le groupe de mots «le pain de vie» signifie ce qui transfigure constamment notre existence à une vie complète, mais il faut aussi comprendre la famine et la soif au sens figuré comme inassouvissement spirituel (rappelons nous du quatrième «commandement de la béatitude»). Ceci a été bien interprété, n'est-ce pas ? Mais après cela, Jésus détourne tout, Il parle non seulement de croire en Lui, mais aussi qu’Il est la vraie nourriture. Les Versets du numéro 48 à 58 ne nous laissent pas la possibilité d'une interprétation purement spiritualiste. Il nous est dit pour que nous mangeons Sa Chair et buvons Son Sang, - aussi naturellement, comme les pères avaient mangé la manne, - et ainsi, la mort nous quitte, et nous obtenons la résurrection et la vie éternelle. Et il ne nous reste maintenant qu’un tout petit peu : cumuler dans notre cerveau et cœur tous ces deux compréhensions.

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Pour Jn 6:37-40
37 Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors;
38 car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39 Or c'est la volonté de celui qui m'a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
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Ce texte est pour le moins dur. D’un côté, le Seigneur dit qu’Il ne rejettera personne venant à Lui, et...  Lire la suite

Ce texte est pour le moins dur. D’un côté, le Seigneur dit qu’Il ne rejettera personne venant à Lui, et que la volonté du Père est de ne rien perdre, mais de ressusciter. Mais, d’un autre côté, quiconque voit le Fils et croit en Lui a la vie éternelle. Supposons que, pour la foi, tout soit en ordre chez nous ; mais peu de ceux qui ont vécu et vivent peuvent dire que le Seigneur leur est apparu personnellement dans la chair.

Regardons maintenant ce qui entoure ces trois versets, et nous nous trouverons exactement au centre du discours sur le Pain de Vie. Sur la Chair du Christ, qui deviendra pour nous la source de la vie éternelle. Notre tâche est de nous nourrir de ce pain et de contempler Dieu, qui s’est abaissé jusqu’à un état si sans défense afin de s’unir à chacun de ceux qui sont prêts à Le recevoir. Si nous faisons cela en Lui faisant confiance, Il nous ressuscitera nous aussi au dernier jour, comme Il l’a promis.

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Pour Jn 6:40-44
40 Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. "
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
42 Ils disaient : " Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? "
43 Jésus leur répondit : " Ne murmurez pas entre vous.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
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Poursuivant Sa parole sur le salut et la vie, le Seigneur nous dit aujourd’hui que la volonté de Dieu est que quiconque fait confiance au Fils de Dieu, quiconque...  Lire la suite

Poursuivant Sa parole sur le salut et la vie, le Seigneur nous dit aujourd’hui que la volonté de Dieu est que quiconque fait confiance au Fils de Dieu, quiconque, selon la parole du prophète et de l’apôtre, « invoquera le nom du Seigneur » — sera sauvé. Et à la fin du passage d’aujourd’hui, le Seigneur dit que peut venir à Lui celui que le Père attire. Hier, nous avons entendu Sa parole : la volonté du Père consiste dans le salut de tous. Ce n’est pas seulement l’espérance du monde et de l’homme. J’oserai dire que ces paroles du Christ sont l’unique espérance du monde ; tout le reste est tromperie. Et l’on ne peut que s’en réjouir, car le chemin difficile vers la vie est tout de même incomparablement meilleur que le désespoir.

Que répond-on au Christ ? Au fond, la réponse des Juifs se réduit à une formule grossière : « Et toi, qui es-tu ? » « Prouvez donc que votre Jésus est Dieu... » : voilà ce que les chrétiens entendent depuis des siècles. On ne peut pas le prouver, ne serait-ce que parce que ce n’est pas Lui qui nous appartient, mais nous qui Lui appartenons ; pourtant la question n’est même pas là. Une telle protestation contre les paroles du Christ signifie seulement que j’essaie de reporter sur Lui-même la responsabilité de ma défiance. Heureusement, l’Évangile nous donne l’exemple d’une position juste, lorsque l’homme ne remet pas au Christ la responsabilité de l’exploit de la foi, de l’acte d’espérance, mais Le prie de l’y aider en disant : « Je crois, Seigneur — viens au secours de mon incrédulité ».

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Pour Jn 6:41-71
41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : " Je suis le pain descendu du ciel. "
42 Ils disaient : " Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ? "
43 Jésus leur répondit : " Ne murmurez pas entre vous.
44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
45 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école vient à moi.
46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d'auprès de Dieu: celui-là a vu le Père.
47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle.
48 Je suis le pain de vie.
49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts;
50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas.
51 Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. "
52 Les Juifs alors se mirent à discuter fort entre eux ; ils disaient : " Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? "
53 Alors Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54 Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour.
55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson.
56 Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.
57 De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.
58 Voici le pain descendu du ciel ; il n'est pas comme celui qu'ont mangé les pères et ils sont morts ; qui mange ce pain vivra à jamais. "
59 Tel fut l'enseignement qu'il donna dans une synagogue à Capharnaüm.
60 Après l'avoir entendu, beaucoup de ses disciples dirent : " Elle est dure, cette parole ! Qui peut l'écouter ? "
61 Mais, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce propos, Jésus leur dit : " Cela vous scandalise ?
62 Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant?...
63 C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.
64 Mais il en est parmi vous qui ne croient pas. " Jésus savait en effet dès le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui était celui qui le livrerait.
65 Et il disait : " Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi, si cela ne lui est donné par le Père. "
66 Dès lors, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
67 Jésus dit alors aux Douze : " Voulez-vous partir, vous aussi ? "
68 Simon-Pierre lui répondit : " Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle.
69 Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. "
70 Jésus leur répondit : " N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l'un d'entre vous est un démon. "
71 Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote ; c'est lui en effet qui devait le livrer, lui, l'un des Douze.
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Le Christ s'est appelé lui-même pain, et cela seul était déjà difficile à comprendre pour ses auditeurs. Mais pour ceux qui se souvenaient des images inhabituelles propres aux discours prophétiques, il n'aurait pas été difficile de tenir les paroles sur le pain pour l'une de ces paraboles. Jésus dit que...  Lire la suite

Le Christ s'est appelé lui-même pain, et cela seul était déjà difficile à comprendre pour ses auditeurs. Mais pour ceux qui se souvenaient des images inhabituelles propres aux discours prophétiques, il n'aurait pas été difficile de tenir les paroles sur le pain pour l'une de ces paraboles. Jésus dit que son enseignement et lui-même sont aussi nécessaires que la nourriture quotidienne: pourquoi ne pas être d'accord avec cela?

Et une telle compréhension ne peut pas être dite fausse; cependant, elle est manifestement insuffisante. Depuis déjà vingt siècles, pour beaucoup de personnes qui n'acceptent le Christ que comme un sage et un moraliste, ses paroles sur la Chair et le Sang demeurent fermées et incompréhensibles, exactement comme pour beaucoup de ses auditeurs d'alors. Il suffit d'imaginer un Juif ayant fermement assimilé que la loi de Moïse interdit non seulement la consommation du sang, mais considère aussi comme souillant, et exigeant des rites de purification, tout ce qui est lié à l'écoulement du sang. Et soudain il entend parler de la nécessité de boire du sang, et encore du sang humain, et de plus le Sang de cet étrange prédicateur. Même pour une image prophétique, un tel appel sonne de manière trop scandaleuse!

Pour nous qui lisons l'Évangile bien des siècles plus tard, il est plus facile de voir qu'ici le Christ parle de l'eucharistie; mais il ne faut pas s'arrêter là. Le sens de l'eucharistie est profond et incompréhensible dans sa plénitude. Il n'est parfois pas inutile de se rappeler combien les anciens Juifs furent bouleversés en entendant pour la première fois l'appel de Jésus à manger sa Chair et à boire son Sang. Peut-être cela nous aidera-t-il à ressentir de nouveau ce qu'a été la Cène pour la première génération des disciples du Christ. L'évangéliste Jean, à la différence des autres évangélistes, ne mentionne pas que les disciples aient mangé le Corps et le Sang lors de la Cène. Mais les paroles du Sauveur qu'il nous a conservées sont tout aussi importantes pour comprendre l'essence de ce qui se passait alors.

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Pour Jn 5:30-6:2
30 Je ne puis rien faire de moi-même. Je juge selon ce que j'entends: et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
31 Si je me rends témoignage à moi-même, mon témoignage n'est pas valable.
32 Un autre témoigne de moi, et je sais qu'il est valable le témoignage qu'il me rend.
33 Vous avez envoyé trouver Jean et il a rendu témoignage à la vérité.
34 Non que je relève du témoignage d'un homme; si j'en parle, c'est pour votre salut.
35 Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière.
36 Mais j'ai plus grand que le témoignage de Jean: les œuvres que le Père m'a donné à mener à bonne fin, ces œuvres mêmes que je fais me rendent témoignage que le Père m'envoie.
37 Et le Père qui m'a envoyé, lui, me rend témoignage. Vous n'avez jamais entendu sa voix, vous n'avez jamais vu sa face,
38 et sa parole, vous ne l'avez pas à demeure en vous, puisque vous ne croyez pas celui qu'il a envoyé.
39 Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage,
40 et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie!
41 De la gloire, je n'en reçois pas qui vienne des hommes;
42 mais je vous connais: vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu;
43 je viens au nom de mon Père et vous ne m'accueillez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l'accueillerez.
44 Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique.
45 Ne pensez pas que je vous accuserai auprès du Père. Votre accusateur, c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espoir.
46 Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit.
47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? "
Après cela, Jésus s'en alla de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
Une grande foule le suivait, à la vue des signes qu'il opérait sur les malades.
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Parlant de l'essence de Son conflit avec les pharisiens, Jésus met au premier plan leur défiance envers Dieu. L'accusation paraît étrange...  Lire la suite

Parlant de l'essence de Son conflit avec les pharisiens, Jésus met au premier plan leur défiance envers Dieu. L'accusation paraît étrange : il s'agit pourtant de gens profondément religieux, prêts à beaucoup pour leur religion, y compris, s'il le fallait, au sacrifice. Certes, cette religiosité comportait parfois beaucoup de dureté ; la disposition à mourir pour sa foi voisinait souvent avec la disposition à tuer pour cette même foi. Mais l'une et l'autre choses se faisaient au nom de Dieu et de la foi !

Et pourtant Jésus parle de l'absence, chez Ses auditeurs, d'amour et de confiance envers Dieu. Qu'est-ce donc : une particularité de la religiosité pharisienne ? S'il en était ainsi, tout serait plus simple, surtout pour nous qui n'avons aucun rapport avec la religion des pharisiens. Mais l'affaire, à ce qu'il apparaît, n'est pas si simple. Car Jésus dit directement que ce n'est pas Lui qui juge les pharisiens qui Le rejettent, mais la Torah, dont ils essaient de L'accuser de violer les prescriptions. Et Lui répond que la Torah témoigne de Lui.

Une telle affirmation peut paraître étrange : dans la Torah, en effet, si l'on ne tente pas de l'interpréter avec des efforts forcés, rien n'est dit du Messie. Mais c'est précisément la Torah, sur laquelle se fonde le judaïsme, qui n'a jamais été contenue jusqu'au bout en lui, pas plus qu'elle ne se laisse contenir tout entière dans aucun cadre religieux. D'autre part, c'est justement la Torah, et avant tout, bien sûr, la Torah intérieure, que ces mêmes pharisiens ne pouvaient ignorer, qui aurait dû conduire les auditeurs de Jésus au-delà des limites de leur propre religion, en leur ouvrant quelque chose de plus grand, si seulement ils avaient été conséquents jusqu'au bout dans leur fidélité à la Torah.

Mais le malheur de toute religion est là : au début, elle stimule l'homme à la vie spirituelle ; puis, à un certain moment, elle commence inévitablement à lui faire obstacle dans cette vie, en fixant un plafond spirituel donné et en exigeant de ses adeptes un compromis entre ses exigences et ce à quoi Dieu appelle celui qui marche sur le chemin de la justice. Alors l'homme doit choisir entre Dieu et une religion si habituelle et si commode. Et Jésus voit que Ses auditeurs ont fait le choix de leur religion. Il dit que la Torah, qui indique le chemin vers le Royaume, deviendra désormais pour eux non un appui, mais un jugement. Comme pour quiconque rejette Dieu et la Torah au profit de quoi que ce soit, fût-ce même de sa propre religion. Quelle que soit cette religion.

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