28 Un scribe qui les avait entendus discuter, voyant qu'il leur avait bien répondu, s'avança et lui demanda : " Quel est le premier de tous les commandements ? "
29 Jésus répondit : " Le premier c'est : Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur,
30 et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
31 Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là. "
32 Le scribe lui dit : " Fort bien, Maître, tu as eu raison de dire qu'il est unique et qu'il n'y en a pas d'autre que Lui :
33 l'aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, et aimer le prochain comme soi-même, vaut mieux que tous les holocaustes et tous les sacrifices. "
34 Jésus, voyant qu'il avait fait une remarque pleine de sens, lui dit : " Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu. " Et nul n'osait plus l'interroger.
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Dans la vie spirituelle, la raison occupe souvent une place qui n'est pas la plus honorée. Nous veillons à bien agir, à suivre les commandements, à ne faire de mal ni à nos proches ni à nous-mêmes, et c'est excellent, car c'est justement de cela que parle la parabole du Jugement (Mt 25:31-46).
Nous sommes attentifs aux mouvements du cœur, aux sentiments: nous cherchons à compatir, à nous réjouir avec les autres, à aimer Dieu et le prochain. Le plus souvent, nous faisons appel à notre raison lorsque nous lisons l'Écriture. Là aussi, bien sûr, il importe de confronter sa vie à la Parole de Dieu, il importe de l'écouter et de l'entendre, comme Marie l'écoutait près de la crèche, « gardant toutes ces paroles et les méditant dans son cœur » (Lc 2:19); mais il n'est pas moins important de chercher à comprendre, de lire attentivement le sens.
Et nous le faisons réellement. Mais faisons-nous souvent attention à la manière même dont nous pensons? Estimons-nous cela important? Oui, bien sûr, à chaque office nous proclamons notre foi, nous énumérons les dogmes sur lesquels elle repose. Mais à ce moment-là, réfléchissons-nous souvent à chaque mot, en cherchant à comprendre pourquoi les Pères de tel ou tel concile œcuménique ont établi ces mots précisément comme le fondement de notre Église?
Il arrive que nous disions: tout cela peut être laissé aux théologiens; moi, je crois comme mon cœur me l'ordonne, car le fondement de la foi, c'est la prière, la Rencontre avec Dieu, la lecture de la Parole de Dieu. Bien sûr, tout cela est vrai. Mais l'entretien de Jésus avec le scribe montre bien que notre Seigneur estime la raison autant que les sentiments, la volonté orientée vers le bien ou les actes accomplis par amour.
Le scribe lui dit: « Tu as dit la vérité ». La vérité concerne la raison, la manière dont nous pensons, ce à quoi nous donnons notre accord. Ces paroles rapprochent déjà le scribe de Dieu, car lui et Dieu ont une seule et même vérité commune. Le scribe prononce des paroles qui affermissent sa foi. Nous ne savons rien de ses actes, de la manière dont il priait ni de la sincérité avec laquelle il parlait avec Dieu. Nous ne savons même pas dans quelle mesure il était attentif en étudiant l'Écriture, bien que son appartenance même aux scribes témoigne du fait qu'il consacrait beaucoup de temps à l'interprétation. Nous ne savons avec certitude qu'une seule chose: il comprenait l'essence de l'Écriture de la même manière que Jésus, et il adhérait par la raison à ses paroles. Et Jésus, « voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit: tu n'es pas loin du Royaume de Dieu ». Il en résulte que non seulement la prière, non seulement les bonnes actions, mais aussi la précision de la pensée nous rapprochent du Royaume.
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