32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
Pourquoi le Seigneur, qui répète si souvent lorsqu’Il accomplit des miracles « va et ne le dis à personne », accomplit-Il un miracle aussi manifeste, qui deviendra certainement connu de tous, et même une seconde fois ? Car pour manifester le pouvoir du Fils de Dieu sur la création, il aurait suffi de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains…
La question posée est très certainement mal formulée, et c’est important. Il n’est pas du tout évident que le Seigneur ait consciemment prévu cette situation. Le verbe grec du verset 29, à la différence du russe « s’assit », exprime une action non achevée : « étant monté sur la montagne, Il y était assis ». Et les foules vinrent à Lui… Ce que le Seigneur ne pouvait certainement pas faire, c’était leur refuser la guérison et la parole de vie ; ainsi, après la prédication, le soir arriva sans qu’on s’en aperçoive. Il n’a pas créé exprès la situation pour un miracle ; mais puisqu’elle s’est présentée, le miracle lui-même devient la suite naturelle de l’abondante miséricorde du Christ.
Il est également important pour nous que l’évangéliste conserve le récit de la seconde multiplication des pains pour la foule, nous donnant la possibilité de voir les traits essentiels de ressemblance dans la manière dont le miracle s’accomplit. À la différence de la première fois, les disciples ne disent plus avec scepticisme que deux cents unités romaines conventionnelles ne suffiraient pas pour une telle foule ; ils demandent au Maître : d’où aurions-nous assez de pain ? Et le Christ prend ce qui est là et rend grâce.
C’est précisément là, sans doute, le mot clé de tout le récit de ce miracle : l’action de grâce à Dieu. C’est elle qui se révèle être l’acte qui introduit le miracle dans le monde et efface la frontière entre la terre et le ciel.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s’assit. |
30 Et des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d’autres encore, qu’ils déposèrent à ses pieds ; et il les guérit. |
31 Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
34 Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous » — « Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. » |
35 Alors il ordonna à la foule de s’étendre à terre ; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s’en vint dans le territoire de Magadan. |
Le récit de la seconde multiplication des pains reprend en partie celui du premier repas de la foule, mais ils présentent aussi des différences. Seuls les détails diffèrent, mais c’est précisément grâce aux nuances que l’on peut découvrir beaucoup de choses.
Si, la première fois, le Christ, pris de compassion pour le peuple, avait Lui-même guéri tous ceux qui L’avaient suivi, cette fois les gens Lui amènent expressément de nombreux malades et infirmes afin qu’Il les guérisse. Il vient sans aucun doute en aide à tous ceux qui sont dans le besoin. Mais de plus en plus souvent, les gens considèrent le Christ comme Celui qui apporte une aide concrète, sans voir toutefois aucun autre sens à Sa venue dans le monde.
Si, la première fois, la question de la nourriture pour le peuple avait été posée par les disciples, cette fois c’est Lui-même qui exprime le désir de nourrir la foule. Il est étonnant que les disciples semblent avoir oublié le premier repas et ne comprennent pas où trouver du pain dans le désert. Pourquoi ? Est-ce parce qu’ils craignent de demander que se répète ce qui les avait tant frappés ? Ou bien ce qu’ils ont vu est-il réellement passé à côté de leur conscience ? Mais ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, de replonger souvent dans le quotidien après un événement important de notre vie spirituelle, si bien que l’expérience qui aurait dû nous bouleverser tombe dans l’oubli...
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s’assit. |
30 Et des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d’autres encore, qu’ils déposèrent à ses pieds ; et il les guérit. |
31 Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
34 Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous » — « Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. » |
35 Alors il ordonna à la foule de s’étendre à terre ; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! |
Comme ce qu'écrit Isaïe ressemble peu à ce qui se passe chez Matthieu... La guérison des malades et la multiplication des pains au désert semblent si éloignées de la vision du prophète. Quel que soit le verset que l'on prenne, tout est différent ! Et pourtant, ce qui se passe au désert, lorsque les aveugles voient, que les lépreux sont purifiés et que le Sauveur rassasie tous ceux qui sont dans le besoin, est précisément l'accomplissement des prophéties dans la vie. Quand les mots peinent à exprimer l'inexprimable, l'homme essaie de les faire entrer tant bien que mal dans sa propre compréhension. Ensuite, il lui devient difficile d'admettre qu'ils prennent vie autrement qu'il ne l'avait imaginé. Mais cela n'empêche pas Dieu d'accomplir Ses promesses et d'essuyer les larmes de tous les visages.
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s’assit. |
30 Et des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d’autres encore, qu’ils déposèrent à ses pieds ; et il les guérit. |
31 Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
34 Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous » — « Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. » |
35 Alors il ordonna à la foule de s’étendre à terre ; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! |
Les nombreuses guérisons que le Seigneur accomplit deviennent comme une illustration de la prophétie d'Isaïe: «Alors s'ouvriront les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds seront ouvertes. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue du muet chantera» (Is. 35:5-6). Nous voyons s'accomplir ce dont parle le prophète; nous voyons le Christ vaincre des maladies terribles, incurables selon notre compréhension. Mais le Seigneur ne le fait pas seulement pour montrer qu'Il est venu accomplir ce dont parlaient les prophètes; Il guérit les malades parce qu'Il aime chacun de ceux qu'on Lui apporte. Aux yeux du Seigneur, la vie de chacun de nous est précieuse. Nous voyons que le Seigneur ne donne pas seulement, le Seigneur donne avec abondance. Non seulement Il accomplit tout ce dont parlaient les prophètes, non seulement Il guérit les malades, mais Il prend encore soin que tous ces hommes soient nourris. Il s'inquiète que le difficile chemin du retour leur enlève leurs forces, leur enlève la joie de la guérison. Et le fait que les disciples n'aient avec eux que très peu de chose ne L'arrête pas. Et voilà que, par la miséricorde de Dieu, toute la foule de quatre mille personnes est nourrie, et il reste encore beaucoup.
Nous aussi, nous n'avons pas tant que cela à offrir à Dieu; parfois nous n'avons presque rien du tout, et chacun de nous est infiniment petit auprès du Seigneur. Alors nous avons honte: en vérité, que pouvons-nous Te donner, Seigneur? Mais le Seigneur nous montre comment notre petitesse peut devenir une source de nourriture, d'aide pour nos frères et sœurs. Seulement, ce ne sera déjà plus notre force, ni notre puissance: ce sera la force de Son amour, de Sa miséricorde et de Son Esprit.
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu’une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. » |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s’approchant, le priaient : « Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. » |
24 À quoi il répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » |
26 Il lui répondit : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » — |
27 « Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! » |
28 Alors Jésus lui répondit : « Ô femme, grande est ta foi ! Qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s’assit. |
30 Et des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d’autres encore, qu’ils déposèrent à ses pieds ; et il les guérit. |
31 Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
34 Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous » — « Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. » |
35 Alors il ordonna à la foule de s’étendre à terre ; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s’en vint dans le territoire de Magadan. |
Une fois encore, l'Évangile reprend le récit où Jésus distribue du pain au peuple, et désormais le sens intérieur de ce qui se passe est clairement indiqué. Entre les deux descriptions de repas, nous rencontrons une personne pour qui recevoir de Jésus ne serait-ce que les restes de ce pain signifie recevoir une vie renouvelée. C'est une femme païenne qui demande la vie non pour elle-même, mais pour sa fille mourante. Extérieurement, son dialogue avec Jésus ressemble à un concours d'esprit : Jésus esquisse une petite scène parabolique (les chiens et les enfants), et la femme s'insère habilement dans Ses images, prouvant ainsi son droit aux « miettes de pain ». Mais, en réalité, le Christ ne la loue pas pour une réponse ingénieuse, mais pour sa foi, car ce qui lui arrive est précisément un acte de foi : elle reconnaît en Jésus Celui Qui donne le pain de vie. Dans sa douleur et son besoin, les paroles du Christ sur le pain céleste, que les disciples comprenaient si difficilement (cf. Jn 6), deviennent pour elle parfaitement claires, et elle touche au mystère du salut, au mystère du pain de vie, le Christ.
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu’une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. » |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s’approchant, le priaient : « Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. » |
24 À quoi il répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » |
26 Il lui répondit : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » — |
27 « Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! » |
28 Alors Jésus lui répondit : « Ô femme, grande est ta foi ! Qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s’assit. |
30 Et des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d’autres encore, qu’ils déposèrent à ses pieds ; et il les guérit. |
31 Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
34 Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous » — « Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. » |
35 Alors il ordonna à la foule de s’étendre à terre ; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s’en vint dans le territoire de Magadan. |
La lecture d’aujourd’hui nous propose de nouveau deux épisodes qui, à première vue, ne sont pas directement liés entre eux : la guérison de la fille de la Samaritaine (v. 22–28) et le miracle de la multiplication des pains, semblable à celui décrit au chapitre précédent (v. 29–38 ; cf. Mt 14:13–21). Pourtant, il existe un lien entre eux. Et ce lien passe par le Royaume, dont la manifestation est à la base des événements décrits dans les deux épisodes. Car les miracles comme les guérisons mentionnés dans les récits évangéliques parlent toujours, au fond, d’une seule chose : du Royaume qui, selon la parole du Sauveur, « s’est approché ».
21 En sortant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. |
22 Et voici qu’une femme cananéenne, étant sortie de ce territoire, criait en disant : « Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David : ma fille est fort malmenée par un démon. » |
23 Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s’approchant, le priaient : « Fais-lui grâce, car elle nous poursuit de ses cris. » |
24 À quoi il répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » |
25 Mais la femme était arrivée et se tenait prosternée devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » |
26 Il lui répondit : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » — |
27 « Oui, Seigneur ! dit-elle, et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ! » |
28 Alors Jésus lui répondit : « Ô femme, grande est ta foi ! Qu’il t’advienne selon ton désir ! » Et de ce moment sa fille fut guérie. |
29 Étant parti de là, Jésus vint au bord de la mer de Galilée. Il gravit la montagne, et là il s’assit. |
30 Et des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d’autres encore, qu’ils déposèrent à ses pieds ; et il les guérit. |
31 Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces boiteux qui marchaient et ces aveugles qui recouvraient la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. |
32 Jésus, cependant, appela à lui ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu’ils restent auprès de moi et ils n’ont pas de quoi manger. Les renvoyer à jeun, je ne le veux pas : ils pourraient défaillir en route. » |
33 Les disciples lui disent : « Où prendrons-nous, dans un désert, assez de pains pour rassasier une telle foule ? » |
34 Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous » — « Sept, dirent-ils, et quelques petits poissons. » |
35 Alors il ordonna à la foule de s’étendre à terre ; |
36 puis il prit les sept pains et les poissons, rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples, qui les donnaient à la foule. |
37 Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui restaient on ramassa sept pleines corbeilles ! |
38 Or ceux qui mangèrent étaient quatre mille hommes, sans compter les femmes et les enfants. |
39 Après avoir renvoyé les foules, Jésus monta dans la barque et s’en vint dans le territoire de Magadan. |
Quand nous lisons dans l'Évangile que cette femme était cananéenne, cela ne signifie pas qu'elle était « de seconde catégorie », ou d'une origine mauvaise, ou qu'elle avait encore déplu à Jésus par quelque chose. Nous savons, pour l'avoir lu dans l'Évangile et simplement senti dans notre coeur, que Jésus est toujours prêt à aider et à guérir les pauvres, les pécheurs et les rejetés. Pour les premiers auditeurs de l'évangéliste, il était parfaitement clair qu'elle était une païenne authentique, c'est-à-dire qu'elle croyait aux dieux païens, les adorait et leur offrait des sacrifices. C'est précisément pourquoi le Seigneur soumet sa foi à une telle épreuve : pour l'aider elle-même à comprendre pourquoi elle s'adresse à Lui pour demander de l'aide, et non à ses dieux.
Ici, une ligne est comme tracée entre les représentations païennes de l'homme et le recours à Jésus, c'est-à-dire la prière. La prière au Christ, et au Père dans le Christ, est incompatible avec le paganisme. Or le paganisme lui-même n'est pas nécessairement la foi en d'autres dieux ; c'est aussi, chez les chrétiens, l'espérance tout à fait ordinaire placée non dans le Dieu unique, mais dans quelque chose d'autre : l'argent, ses propres capacités, son parti politique, le « on verra bien », etc. Le paganisme, c'est quand nous ne vivons pas pour Dieu, mais pour quelqu'un d'autre, le plus souvent simplement pour nous-mêmes. Si donc, étant de tels païens, nous voulons demander quelque chose au Christ, nous adresser à Lui dans la prière, il nous faudra, avec cette femme cananéenne, passer par une réévaluation complète de notre foi et comprendre pourquoi nous nous sommes tournés vers le Christ, et non vers nos idoles...
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