18 Ces paroles que je vous dis, mettez-les dans votre cœur et dans votre âme, attachez-les à votre main comme un signe, à votre front comme un bandeau.
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Que veut dire l'auteur sacré lorsqu'il appelle à « attacher sur la main » et à « lier au-dessus des yeux » les paroles de la Torah ? À première vue, cet appel ne peut être compris que de façon allégorique, comme un appel à toujours avoir la Torah devant les yeux et à s'en laisser guider à chaque instant, en rapportant à elle chaque action. Mais si l'on tient compte des réalités historiques de l'époque où le livre fut écrit, on peut admettre que la compréhension littérale du texte a ici, elle aussi, son sens. Dans l'Antiquité païenne, les amulettes étaient extrêmement répandues ; on les portait souvent aux mains et sur le front, comme des talismans protecteurs. Et l'auteur du livre, manifestement, appelle à remplacer ces amulettes sacrées par une sorte de petites plaques ou médaillons portant un texte de la Torah.
À première vue, un tel remplacement paraît une simple formalité : il ne rendra pas automatiquement croyant celui qui porte des signes de ce genre. L'auteur ne rappelle pas par hasard que la Torah doit être présente avant tout dans le coeur de l'homme, en déterminant toute sa vie intérieure, son « âme ». Mais, en plus de la vie intérieure, il y a aussi la vie extérieure, qui à cette époque était imprégnée de paganisme, non seulement au niveau de l'État et de la société, mais aussi dans la vie quotidienne. Le paganisme formait cette trame de l'existence qui en déterminait la qualité quotidienne, et il était absolument nécessaire de purifier cette trame du paganisme. Bien sûr, remplacer des symboles par d'autres était loin de suffire. Mais se passer d'un tel remplacement était impossible.
En effet, la vie quotidienne de l'homme déchu est faite pour une large part d'habitudes à demi conscientes, de cet automatisme qui pousse souvent l'homme à agir avant d'avoir eu le temps de penser à ce qu'il fait, et même avant d'avoir compris qu'il devrait s'arrêter et réfléchir. Et l'environnement familier recrée de tels modèles de comportement, refermant un cercle dont il n'est pas du tout facile de sortir. Alors naît chez l'auteur sacré une pensée très compréhensible et naturelle dans une telle situation : et si, au sein même de cet environnement familier, là où l'oeil est habitué à voir des symboles païens connus, on plaçait à leur place quelque chose qui rappellerait non le paganisme, mais la Torah, non les dieux, mais Dieu ?
Bien sûr, un tel remplacement ne garantit encore rien en soi. Mais il offre au moins à chacun de ceux qui vivent dans ce cercle familier une chance supplémentaire d'en sortir. Et donc une chance de s'engager sur le chemin de la justice, qui conduit finalement celui qui le suit au Royaume.
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